‹ De L'Envahissement Du Système Lymphatique Dans Le Cancer De L'Estomac Et De Ses Conséquences ChirurgicalesChapitre 32 sur 43 · PIÈCE III · texte numérisé non relu

PIÈCE III

Benoit B..., 59 ans, gastrectomie, le 3 mars 1899. Guérison.

(M. Hartmann.)

Examen macroscopique. — La portion enlevée comprend onze centimètres d'estomac et deux centimètres de duodénum, les mensurations ayant été faites sans tenir compte de la rétraction.

Cette pièce ressemble beaucoup à la pièce I. L’estomac a une coloration normale sur la plus grande partie de son étendue. Mais toute la région de la petite courbure est occupée par une plaque blanche et nacrée. De cette plaque . se détachent des travées qui pénètrent dans l'épaisseur du petit épiploon épaissi et lardacé. A la palpation, le pylore et la petite courbure présentent une consistance beaucoup plus ferme que normalement,

L'index introduit dans le duodénum ne peut franchir le pylore.

L'’estomac est ouvert longitudinalement par une section parallèle aux courbures et occupant le milieu de la face postérieure. On constate alors que le vestibule pylorique contient une grosse végétation cancéreuse, implantée sur la face antérieure de l'estomac. Cette végétation est sessile et n’est pas mobile sur les plans sous-jacents. Elle est extrêmement molle, presque difluente. Au niveau de sa base la muqueuse stomacale est épaissie et il est difficile de fixer macroscopiquement la limite des parties envahies. Le pylore est extrêmement rétréci ; la muqueuse pylorique est remplacée par un tissu dur, résistant et inégal.

L'examen macroscopique de la paroi, au niveau de la section exécutée pour ouvrir l'estomac, montre que les tuniques stomacales, normales au niveau de l'extrémité gauche de la pièce, s’épaississent graduellement lorsqu'on s’avance vers le pylore. À ce niveau, la sous-muqueuse est considérablement augmentée de volume et forme une bande nacrée de plusieurs millimètres d'épaisseur. De cette bande se détachent des travées d'aspect analogue qui s’enfoncent dans la musculaire, elle-même très hypertrophiée. Le duodénum à un aspect absolument normal. Les lésions semblent s'arrêter brusquement au niveau du pylore.

La recherche des ganglions de la petite courbure, rendue extrêmement difficile par l’envahissement en bloc et l’incorporation à l'estomac de tous les éléments de la région, n’a pas été assez prolongée pour permeltre d'affirmer catégoriquement l’absence de ganglions à ce niveau. Il existe deux ou trois ganglions sous-pyloriques du volume d’un haricot.

Examen histologique. — J'ai examiné histologiquement : 1) la périphérie de la tumeur au niveau de sa zone d'extension vers le cardia; 2) un

ganglion.

I) Tumeur, — La coupe, pratiquée à la limite du néoplasme, intéresse la

totalité de la paroi gastrique. ; L'examen à un faible grossissement montre que la lésion porte surtout sur la

muqueuse et la sous-muqueuse qui sont considérablement épaissies. Les autres tuniques sont, au contraire, peu touchées.

1) La muqueuse et la sous- Her présentent des lésions variables suivant le point considéré.

A) Dans la portion de la coupe, qui répond au centre du néoplasme, tous les éléments de la HRUAUeuse normale ont disparu. L’épithélium de la superficie fait défaut ; il n'y a plus trace de muscularis mucosæ et il est impossible de savoir ce qui appartient à la muqueuse et à la sous-muqueuse. Le tissu néoplasique est formé de cellules épithéliales et d’un stroma. Les cellules épithéliales forment des groupes peu volumineux ; la plupart de ceux-ci comprennent 6 à 8 éléments cellulaires ; mais les cellules néoplasiques sont parfois associéès au nombre de deux seulement. Chacune de ces cellules possède un noyau volumineux, prenant fortement les colorants. — Le stroma présente un développement considérable et prédomine de beaucoup sur les formations épithéliales. Il est constitué par une substance fondamentale homogène dans laquelle sont placées des cellules conjonctives jeunes, polymorphes, mais le plus souvent fusiformes. Au niveau de la surface libre du néoplasme, il existe une infiltration embryonnaire extrêmement marquée.

B) Dans la partie de la coupe qui répond à la périphérie du néoplasme les lésions sont moins avancées. La muscularis mucosæ, bien visible, encore que perforée par de nombreuses traînées néoplasiques, indique nettement les limites réspectives de la muqueuse et de la sous-muqueuse. La muqueuse contient de nombreux boyaux épithéliaux. Mais ici l’épithélium de revêtement de la surface interne de l’estomac est conservé. On retrouve également quelques culs-de-sac glandulaires ; mais la plupart de ces culs-de-sac présentent un revêtement à plusieurs couches formé par des cellules qui tendent individuellement à prendre les caractères des cellules néoplasiques. — Au niveau de la sous-muqueuse, le néoplasme présente un aspect analogue. On trouve ici, entre les boyaux épithéliaux, des amas de cellules arrondies, présentant tous les caractères des amas lymphoïdes, placés normalement au-dessus de la muscularis mucosæ.

2) La musculeuse est légèrement hypertrophiée. Elle a conservé sa disposition générale normale. Elle contient quelques trainées épithéliales qui forment des travées placées perpendiculairement à la surface libre de l'estomac et placées de Ne le long des vaisseaux.

) Dans la couche sous-séreuse, on aperçoit de rares amas de cellules ge sis

En résumé, il s’agit d’un carcinome atypique, à stroma très abondant, mais formé par du tissu conjonctif qui n’est pas encore adulte,

Il) Ganglion, — J'ai examiné le plus volumineux des ganglions du groupe sous-pylorique.

Ce ganglion est dégénéré et contient de nombreuses trainées épithéliales, présentant les mêmes caractères qu'au niveau de la tumeur gastrique. Le tissu ganglionnaire, au niveau des points non envahis, est remarquablement conservé et ne présente pas traces de lésions inflammatoires.

Res

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