PIÈCE VII
Joséphine C..., 52 ans. — Cancer du pylore. ru Pylorectomie, le 13 août 1899, suivant le procédé de Billroth, première manière. — Mort le 5 septembre.
(M. Pierre Delbet.)
Examen macroscopique. — Je n'ai pu avoir sur les caractères macroscopiques de la pièce opératoire que des renseignements très brefs.
Il s'agissait d’un cancer de la région pylorique. En ouvrant l'estomac on apercevait une volumineuse végétation néoplasique placée au niveau de l'entrée du canal pylorique. Celui-ci était extrêmement rétréci et ses parois présentaient une épaisseur considérable.
Il existait des ganglions au-dessous du pylore ; ces ganglions étaient placés dans le grand épiploon, à une distance assez considérable de l'estomac. Ils étaient de très petit volume.
Examen histologique. — Je n'ai examiné personnellement que le paquet ganglionnaire ; mais, grâce à l’obligeance de M. le D: Lion qui a mis ses coupes à ma disposition, j'ai pu étudier le néoplasme lui-même.
I) Examen de la tumeur, — Deux fragments de la tumeur ont été examinés. L'un a été recueilli au niveau de l'extrémité stomacale du néoplasines l’autre a été prélevé au niveau de l'extrémité pylorique.
À) Sur la première coupe, on peutsuivre facilement la progression des lésions de la périphérie sur le centre.
1) La coupe n’a point cependant intéressé la muqueuse stomacale saine et, dès l'extrême limite du fragment examiné, cette muqueuse est déjà fortement altérée. Les parties superficielles de la couche glandulaire présentent pourtant un aspect à peu près normal. On note cependant une légère dilatation des glandes, une hypersécrétion muqueuse et une augmentation du tissu de soutien interglandulaire. Au même niveau, le fond des culs-de-sac est fortement altéré.
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Ils ont en grande partie disparu et sont remplacés par un amas presque homogène d'éléments épithéliaux, entre lesquels sont disséminés les éléments cellulaires de stroma normal de la muqueuse gastrique. — A ce niveau l'épithélium de la surface est conservé. La muscularis mucosæ et, a fortiori, les couches sous-jacentes sont encore intactes.
2) Lorsqu'on se rapproche du centre de la tumeur, on constate les modifications suivantes. Du côté de la surface interne de l'estomac, l'épithélium a disparu. La partie superficielle de la muqueuse est constituée en ce point par des formations pseudo-glandulaires, séparées par un stroma riche en éléments cellulaires de formes variées. Versles parties profondes de la muqueuse, certaines de ces formations pseudo-glandulaires subissent de notables modifications et se transforment en amas épithéliaux, absolument atypiques; mais la plupart subissent la dégénéresceece muqueuse. Cette transformation particulière est extrêmement étendue en ce point du néoplasme. Dans la plus grande partie de la coupe on à sous les yeux l'aspect typique de l’épithélioma à cellules muqueuses ; grands alvéoles, remplis par une substance claire et réfringente, donnant les réactions histo-chimiques du mucus et contenant quelques noyaux. En plusieurs points, il est facile de suivre les étapes de cette transformation muqueuse. On passe graduellement de l’acinus, simplement dilaté, avec revêtement régulier de cellules muqueuses, à l’alvéole rempli d'une masse presque homogène, en passant par l'étape intermédiaire, où on voit les cellules muqueuses tombées dans le centre de la cavité, mais encore bien conservées. Le stroma peu abondant s’atrophie par places et laisse communiquer entre eux les alvéoles dilatés.
À ce niveau, la muscularis mucosæ est détruite et la sous-muqueuse envahie. Les amas lymphoïdes de la muqueuse présentent une remarquable intégrité.
La musculaire et la séreuse sont intactes. On aperçoit cependant dans la musculaire la coupe de quelques traînées néoplasiques. La section de l’une de ces traînées est régulièrement arrondie ; étant données la forme et la situation paravasculaire de cette traînée, il est vraisemblable qu'il s'agit là d’un vaisseau lymphatique envahi.
B) Je n'ai pas pu avoir de renseignements précis sur l'orientation exacte de cette coupe, pratiquée au niveau de la portion pylorique du néoplasme. Elle a dû intérésser tangentiellement l'extrémité même de celui-ci. Les deux extrémités de la coupe présentent en effet des lésions beaucoup moins marquées que la partie centrale. |
Je n’insisterai pas sur les caractères du néoplasme, caractères qui sont identiques à ceux de la coupe précédente. Je ferai seulement remarquer que l'on rencontre dans la zone sous-séreuse le groupe de vaisseaux sanguins et que ces vaisseaux sont accompagnés par de multiples traînées épithéliales.
II) Ganglions.— J'ai examiné {rois des ganglions du groupe sous-pylorique. Un de ces ganglions était absolument intact. Les deux autres, au contraire, présentaient les lésions caractéristiques d'un envahissement au début. Des coupes multipliées m'ont été nécessaires pour que je puisse affirmer cet envahissement.
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Ce n'est que sur quelques-unes d’entre elles qu'on peut apercevoir des cellules cancéreuses, placées dans le sinus sous-capsulaire et aisément reconnaissables
à leur dégénérescence muqueuse, mise en évidence par les réactifs appropriés.