‹ De L'Envahissement Du Système Lymphatique Dans Le Cancer De L'Estomac Et De Ses Conséquences ChirurgicalesChapitre 5 sur 43 · CO · texte numérisé non relu

CO

en son milieu, un centre germinatif. Il s’agit donc d’une formation absolument comparable aux follicules des ganglions lymphatiques. Comme ces derniers, les follicules de la muqueuse opposent une résistance considérable aux cellules néoplasiques, même quand cellesci ont complètement envahi le sinus sous-capsulaire (1).

Les formations diffuses portent le nom de points lymphatiques. Leurnombre et leur forme sontdes plus variables. Elles sont constituées par un réticulum adénoïde dont les mailles contiennent de nombreux lymphocytes. Mais ce réticulum n’a pas de limites nettes et se continue insensiblement avec le tissu conjonctif voisin, comme il est facile

F1&.2. — Formations adénoïdes de la muqueuse gastrique (d’après GAREL).

1. Tube glandulaire., — 2, Tissu réticulé. — 3. Cellules lymphatiques.

de s’en rendre compte sur les coupes traitées parle pinceau. (V.fig. 2.)

Ces formations adénoïdes diffuses entourent les culs-de-sac sécréteurs des glandes gastriques et peuvent mème se prolonger dans les espaces interglandulaires, jusque vers le sommet de ces espaces. Garel a montré que les glandes, ainsi entourées par le tissu adénoïde, présentaient des modifications essentiellement caractérisées par la réduction des culs-de-sac sécréteurs et la dilatation des cryptes muqueuses.

Lymphatiques musculo-séreux. — Les lymphatiques de la cou-

(1) Il est intéressant de rapprocher cette résistance des points folliculaires à l’épithélioma de la facilité avec laquelle ils sont touchés dansles processus infectieux. (CHAUFFARD.)

che musculaire apparaissent dans les espaces interfasciculaires sous forme de conduits irrégulièrement calibrés, qui mériteraient le nom de trajets ou de lacunes si leur endothélium partout continu ne nous fixait sur leur valeur morphologique et ne nous démontrait qu'il s’agit de capillaires. Ces capillaires forment, dans toute l'épaisseur du muscle gastrique, un vaste réseau général, décomposable en plusieurs réseaux secondaires, placés dans les plans qui séparent les différentes couches musculaires. En dernière analyse, tous ces vaisseaux lymphatiques aboutissent à un dernier réseau, placé dans le tissu cellulaire sous-péritonéal. (V. fig. 4.)

Ce réseau sous-péritonéal affecte une forme variable suivant les points considérés. Très serré au niveau dela partie moyenne du corps

F1G. 3. — Tronc lymphatique sous-séreux de l’homme imprégné par le nitrate d'argent (pièce de gastrectomie).

de l'estomac, il présente des mailles plus larges au niveau du pylore, du cardia et dans le voisinage des courbures. Du réseau partent des troncs collecteurs. Ceux-ci, aisément reconnaissables à leur volume plus considérable, présentent un aspect bosselé qui tient à la présence de valvules en leur intérieur. Leur paroi, très mince, contient quelques rares fibres musculaires. {V. fig. 3.)

- Ces collecteurs peuvent être répartis en trois groupes : les uns se dirigent vers la petite courbure, d’autres vers la grande courbure, d’autres enfin se convergent vers le centre de la grosse tubérosité.

I. — Les collecteurs du premier groupe (1) sont les plus importants et les plus volumineux. D'après Sappey, on en compterait

(1) Troncs supérieurs ou convergents (SAPPEY).

pe —

ordinairement de six à huit. J'ai vu leur nombre varier du simple au triple suivant les sujets. La plupart de ces troncs convergent vers les ganglions de la petite courbure, groupés, comme nous le verrons plus loin, autour du point où l'artère coronaire aborde la petite courbure. Leur direction varie suivant leur origine. Les collecteurs nés du corps de l'estomac sont sensiblement verticaux, ceux qui émanent du vestibule pylorique sont obliques en haut et à gauche; les troncs, issus du pylore, courent parallèlement à la petite courbure. Par contre, les lymphatiques, émanés du cardia ou de la zone souscardiaque, descendent obliquement en bas et à droite vers le point de convergence commun. D'une façon générale, tous ces troncs ont donc une direction parallèle à celle des vaisseaux coronaires.

Cependant un ou deux vaisseaux très grêles, émanés de la partie toute supérieure du pylore, se portent de gauche à droite vers l’artère pylorique et vont rejoindre les troncs efférents des ganglions rétro-pyloriques.

IT. — Les collecteurs du 2° groupe ou collecteurs de la grande courbure, sont plus nombreux mais plus grêles que les précédents. Leur nombre varie de 12 à 18 sur les pièces que j'ai injectées. Ils accompagnent d'ordinaire, mais pas forcément, les branches que les vaisseaux gastro-épiploïques envoient à l'estomac. Tous ces collecteurs vont aboutir à un groupe de ganglions, placés au-dessous du pylore. (V. p. 28.)

Les lymphatiques, issus du pylore ou du vestibule pylorique, gagnent rapidement ces ganglions par un trajet vertical ou légèrement oblique. Quant aux autres troncs collecteurs, nés du corps de l'estomac, au lieu de se porter directement en bas et à gauche avec une obliquité variable suivant leur situation, ils descendent verticalement jusqu'au niveau de l’arcade vasculaire qui longe la grande courbure ; là ils changent brusquement de direction et courent parallèlement à cette arcade. Chemin faisant, ils se fusionnent en deux ou trois troncs qui s’anastomosent entre eux et viennent aboutir finalement aux ganglions sous-pyloriques.

IT. — Le troisième groupe comprend tous les troncs émanant de

CE oc

la grosse tubérosité (1). A cause de la rapidité avec laquelle se putréfie la grosse tubérosité, je n'ai pu injecter ces troncs que trois

77 UE Lee we

, FIG. 4, — Vue générale du réseau sous-péritonéal,} injecté par la méthode de Gerota, 1. Pneumogastrique gauche. — 2, Ganglions précardiaques. — 3. Pneumogastrique droit. — 4. A. Coronaire stomachique. — 5. V: Coronaire stomachique. —

- 6, Ganglion petite courbure. — 7, Artère hépatique. — 8. Artère pylorique. — 9. Ganglion sous-pylorique. — 10. Veine gastro-épiploïque droite allant se jeter dans la veine colique moyenne.

fois seulement. Leur nombre m'a paru varier de 3 à 6. Ils se portent

(1) Sappey réunit les lymphatiques de ce groupe à ceux du précédent sous le nom de éroncs lymphatiques inférieurs ou divergents.

Page 1