‹ De L'EpicondylalgieChapitre 12 sur 31 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

R..., 37 ans, maître d’armes au 6° hussards.

Rien à signaler dans les antécédents du malade. Il y a un mois, c’est-à-dire au commencement de juin 1896, le malade se fait une lésion tout à fait analogue à celle qu'il a eue il y a cinq ans. Après un assaut très long, il reste une grande raideur dans son avant-bras droit et une ou deux heures äprès, il est pris d’une vive douleur et observe un petit gonflement, ayant pour siège un point situé au niveau de l’épicondyle.

Cette douleur s’exagère très notablement à la pression et s’irradie à la face postérieure de l’avant-bras, sur un trajet de 10 à 12 centimètres suivant la direction du radius, la main étant dans la supination.

Tous les mouvements exigeant une pronation forcée et l’ex-

tension de la main sur l’avant-bras augmentent la douleur, Tou-

Rivière 2

Re

tefois ja pronation faite doucement et sans poids dans la main demeure indolore.

Le malade ne peut soulever un poids relativement léger sans que la douleur se fasse sentir vive.

De même quand il serre son poing et surlout quand il fait une opposition assez forte entre le pouce d’une part, et l'index, etle médius de l’autre, il réveille sa douleur.

Le malade serre un peu moins de la main droite que de la main gauche.ll incrimine les parades de seconde ou de « prendre ; de flanc » au sabre comme étant les seules causes de sa lésion. Ces mouvements d’ailleurs lui sont complètement impossibles et quand il les essaie lui procurent les douleurs les plus aiguës,

Sensibilité à la piqûre égale des deux côtés,

Venu à la clinique électrothérapique pour se faire traiter le malade est soumis dès le début àl’action du courant galvanique dont l'intensité est portée à 15 et même 20 milliampères. —

Chaque séance d'électrisation a une durée de 15 minutes. À la suite de 4 de ces séances le malade essaie de reprendre la planche, mais il ne peut la tenir longtemps bien qu'il constate une amélioration notable et une douleur beaucoup moins vive.

Les mouvements de pronation et surtout ceux/d’adduction et d’extension lui sont encore doulonreux. La parade de sixte et toute parade frappant dans le vide occasionne de la souffrance.

A cette époque tout en continuant les applications du courant galvanique à 45 milliampères d'une durée d'un quart d'heure, il est soumis après cette première application à un badigeonnage faradique de cinq à dix minutes.

L'amélioration s’est accentuée tous les jours, et après sixséances de ce nouveau traitementle malade quittait la clinique complètement guéri.

Nous l'avons revu au commencement de rovembre au moment

où il venait de faire un assaut de deux heures il n’accusait à la

PR NE PT PP IE PR DS TETE ve

suite de ce long exercice qu'une légère gêne qu'ilne pouvait qualifier de douleur tellement c'était peu sensible. Sa guérison ne

peut donc laisser le moindre doute.

Page 1