CHAPITRE IV
SYMPTOMATOLOGIE
Après avoir analysé les travaux de MM. Bernhardt et Molle, rapporté les cas de MM. Couderc et Féré, et ex-
- posé nos observations personnelles, nous allons essayer
de dégager les principaux symptômes constitutifs de cette affection douloureuse.
Le premier qui nous frappe est ce symptôme douleur que nous retrouvons dans toutes les observations et toujours localisé à l’épicondyle. Nous l’appellerons avec M. Férèé Epicondylalgie de préférence au terme de névralgie épicondylienne qui lui a été donné et qui laisse supposer qu’un nerf important est intéressé.
Ce signe a la plus grande valeur ; à lui seul il suffit à mettre sur la voie du diagnostic. C’est un véritable signe pathognomonique.
L’épicondylalgie se manifeste de différentes façons : elle peut être spontanée, exister seulement à la pression ou bien encore être consécutive à la contraction des muscles épicondyliens.
Spontanée nous la trouvons dans les observations de MM. Couderc et Féré ainsi que dans plusieurs des nôtres.
IL ADS
Comme nous allons le voir plus loin, cette spontanèité :
se rencontre aussi bien dans les cas d’épicondylalgie subite que dans ceux qui sont le résultat d’une fatigue musculaire lente mais persistantede l’avant-bras. Le malade en venant consulter accuse une douleur parfois assez vive, existant sans contraction des muscles, et qu’il localise d’une façon très précise à l'extrémité de l’épicondyle.
La douleur parfois n’est pas spontanée et ne se trouve qu'à la pression, ainsi qu’en font foi les observations de M. le D' Molle. Jamais ilne l’a vue spontanée ce qui lui fait dire que les malades, si on les interroge sur la localisation de la douleur, ne peuvent indiquer un siège précis. Is montrent une région et non un point.
« Si l’on exerce, dit-il, une pression assez forte sur l’épi- « condyle, le malade est tout étonnè de ressentir une « douleur locale très vive qu’il n’a jamais ressentie spon- « tanément en cet endroit: au contraire toute palpation « dans la région antérieure externede l’avant-bras, siège « habituel des douleurs spontanées, ne réveille aucune « sensation désagréable: »
Si M. Molle ne signale pas cette douleur spontanée certainement ses malades ne la présentaient pas; car ceux-Ci sont assez explicites sur la spontanéité de leur douleur. Tout malade en venant consulter dit: « Tout mon mal est là » et en même temps il place son doigt exactement sur l’extrémité de l’épicondyle.
Si la douleur à la pression peut être dans certains cas la seule manifestation de l’épicondylalgie, par contre la douleur spontanée s’accompagne toujours de douleur à la pression,