‹ De l'épiderme et des épithéliumsChapitre 10 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La première découverte importante sur la nature et la structure de l’épiderme est due à Malpighi (1) (1687).

En étudiant la cuticule qui recouvre la langue du bœuf après l’avoir soumise à la cuisson, il découvrit que cette membrane était composée de deux couches: l'une superficielle, plus épaisse, transparente, l’autre plus profonde. Voici la description qu’il donne de cette dernière :

« Elle se constitue par une substance glutineuse, étendue principalement à la partie supérieure de la langue, et d’une consistance moyenne, blanche vers la surface qui correspond à la séparation des deux membranes, mais noirâtre vers celle qui touche la face interne. »

Il donna à cette couche qu’on a appelée depuis couche de Malpighi , le nom de corps réticulaire , «à cause des orifices nombreux qui sont le résultat de l’arrachement des papilles. Mais cet auteur n’en décrivit pas la nature épithéliale.

Antonius Leuwenhœck (2) (1722) le premier, remarqua que l’épiderme est formé par des écailles juxtaposées comme les pièces d’une mosaïque, et que ces écailles, se déplaçant de dedans en dehors, sont repoussées de l’économie après un certain laps de temps.

Albinus (3) (1734) fait voir que le corps de Malpighi n’est pas perforé ou réticulé comme le pensait celui-ci, mais qu’il forme une couche continue s’enfonçant dans les anfractuosités disposées entre les papilles.

Winslow (1758) (h) s’occupe surtout des prolongements

(1) Malpighi, De lingua, 1687.

(2) Arcana nature? (1722), t. III, p. 47.

(3) Albini, Academie, annotation., lib. prim., page 23, édit. 1734.

(4) Exposifio structura • eorporis humani. Tome I, page 113

ÉPITHÉLIUMS PAVIMENTEUA.

do la face profonde de l’épiderme arraché, qui sont constitués par les glandes sudoripares et les follicules pileux.

Haller (1765) (1) n’ajoute rien de bien important à la question. 11 faut arriver en 1781, époque a laquelle Fontana (2j constate et figure les cellules de l’épiderme de l’anguille avec leurs noyaux arrondis.

Dans la période suivante, Bichat (3) appelle corps réticulaire un lacis de vaisseaux extrêmement déliés, un système capillaire formant avec les papilles une couche intermédiaire au chorion et à l’épiderme, et qui pour lui était destiné en partie au sang, en partie à la matière colorante. Erreur manifeste qui fut bientôt réfutée par Purkhinje, lequel généralise le fait observé par Fontana : il enseigne que tout épiderme est formé de cellules à noyaux, mais sans faire de distinction pour la couche cornée qui n’en possède pas.

Enfin, Henle (/t), en 1837, adopte la même description, multiplie ses recherches sur l’homme et sur les animaux, suit ces cellules dans toutes les transformations qu’elles subissent depuis leur naissance jusqu’il leur chute, étudie leurs variétés de forme, de volume, d’arrangement réciproque dans les divers tissus, et enfin expose dans ses Symbolœ ad unatomiam villorum, l’histoire la plus complète de l’épiderme qui ait paru jusqu’alors.

Nous ne ferons que citer pour mémoire l’opinion de Breschet et Boussel de Yauzème (5). Ces auteurs considèrent le réseau de Malpighi et l’épiderme comme le produit secrétoire de deux appareils glandulaires situés dans l’épaisseur de la peau, et qu’ils nomment F un appareil blennogène,

(1) Prima linea phgsiologiœ, 1765.

(2) Fontana, Imité du venin de la vipère, t. Il, p. 254. PI. I, lig. S, 9, 10, 11.

(3) Bichat. Ânat. génér. (Système épidermoïde).

,/p Anatomie générale , trad. Jourdan. Paris, 1843.

(5) Recherches ■■sur le tégument cutané ( Annales des sciences naturelles), 2e série, p. 267 et 321.

DES ÉPITHÉLIUMS EN PARTICULIER

l’autre appareil chromatogène, le premier sécrétant une matière cornée, et le second un pigment. Depuis ces travaux, un grand nombre d’anatomistes perfectionnèrent l’étude des détails remarquables de la structure épidermique.

Raschkow (1) étudia les téguments extérieurs et l’épiderme de la gencive.

Valentin découvrit le nucléole dans les cellules épithéliales de la conjonctive, et parla le premier de l’épithélium des vésicules séminales , et de l’épithélium des membranes séreuses.

Aubry (2) publia un travail important sur la couche de Malpighi.

Enfin, les travaux de Max Schultze (3), de Schron (h) sur les aspérités des cellules de 1a. couche de Malpighi s’engre • liant mutuellement, ainsi que le travail de Langerhans (5) sur les terminaisons des nerfs dans l’épiderme, complètent la série des travaux les plus importants sur cette question.

Page 1