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FORMATION ET NUTRITION DE LÉPIDERME

On ne sait que très-peu de chose sur les lois de formation de l’épiderme, mais on ne peut guère chercher la cause de la croissance de l’épiderme que dans les propriétés vitales des cellules elles-mêmes.

Ruysch et Albinus (1) ont prouvé qu'aucune influence du dehors, ni compression, ni évaporation, ni oxydation, n’est la cause du développement épidermique. Ils ont fait voir, en

(1) Acad, annotai lit». I, cap. v.

23Ü DLS ÉPITHÉLIUMS UN PARTICULIER.

effet, que chez des embryons de un pouce de long, l’épiderme de la plante des pieds et de la paume de la main surpasse déjà celui des autres parties du corps en épaisseur.

« Ce n’est pas non plus le derme qui contient la cause en vertu de laquelle les cellules épidermiques se métamorphosent de telle ou telle manière. Il détermine seulement la forme générale de l’épiderme, qui en suit les élévations et les enfoncements, et qui, par cette raison, change d’aspect toutes les fois que le derme lui-même subit des dégénérescences.

» Après une perte de substance, au lieu de papilles nerveuses, de glande et de follicules pileux, etc., il ne se produit qu’un tissu cellulaire dense, lisse, moins riche en vaisseaux, et c’est aussi pour cela que l’épiderme qui recouvre les cicatrices est lisse, luisant et blanc » (Henle).

Mais il est certain, cependant, que le derme a un rôle important à remplir pour la formation et l’accroissement de l’épiderme, rôle qui est dû aux vaisseaux de cette membrane. L’épiderme, en effet, est complètement dépourvu de vaisseaux, malgré l’opinion, de Schirôn (1), qui admet dans la couche de Malpighi des canalicules très-fins formant un réseau entre les cellules. Mais ces canaux, même pour cet auteur, n’auraient rien de commun, ni aucune connexion avec les vaisseaux sanguins.

Tous les observateurs s’accordent donc pour considérer l’épiderme comme uu véritable parasite vivant à la surface du derme. Aussi, voyons-nous les causes pathologiques agir d’une façon spéciale, non-seulement sur l'épiderme, mais sur chacune de ses couches, selon l’énergie de leur vitalité propre. Sous l’influence d’un vésicatoire, l’irritation des cellules de la couche de Malpighi amène chez elles un trouble de nutrition qui se traduit par la transsudation d’une telle quantité de liquide, que la transpiration insensible à travers l’épiderme

(1) Moleschott’s Unters , 1. IX.

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ne peut suffire à l’éliminer, et que ce dernier, à cause de son imperméabilité, se trouve décollé, soulevé sous forme de cloche bulleuse. Si l’irritation est moins vive, la couche cornée est simplement détachée de la couche profonde, et tombe alors par lambeaux ou par squames, comme à la suite de brûlures, fièvres éruptives, etc.

Dans tous ces cas, la surface cornée, qui à l'état normal vit encore faiblement aux dépens de la couche de Malpighi, s’en trouve complètement séparée, aussi elle ne se recolle jamais et se desquame toujours. Mais il peut arriver aussi qu’une irritation continuelle, une pression par exemple, en exagérant la vitalité des cellules profondes et hâtant leur momification, les fasse se développer en plus grande abondance et se transformer plus rapidement en cellules cornées. Alors l’épiderme s’épaissit en un point, comme dans le cor ou sur une surface plus étendue, comme dans les callosités des mains de certains ouvriers.

A propos de la formation et de la nutrition en général de l’épiderme, on pourrait citer un grand nombre de faits trèsintéressants pris dans la série animale. On sait que la position, l’exposition à l’air jouent un grand rôle dans le développement et la forme des coquilles chez les mollusques.

Dans les espèces qui vivent dans une position verticale* le corps enfoncé dans le sable et les tubes respirateurs dirigés haut, les deux valves se développent en général symétriquement. Dans les espèces qui vivent couchées à plat, les deux valves offrent rarement la même forme, et les écailles restent plates, etc., etc.

Je reviendrai, du reste, sur cette question en parlant de l’épiderme dans la série animale.

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