DESCRIPTION DE LÉP1DERME
Face .superficielle. — On donne le nom d’ épiderme à la
couche superficielle de la peau, formant une lame mince et transparente qui se moule exactement sur les saillies de la surface externe du derme.
La face externe ou superficielle présente un grand nombre de sillons correspondant aux papilles du derme, irréguliers pour la plupart, mais disposés d’une façon très-régulière à la
(1) Rasekkow, Mcletemata, 1835,
(2) Aubry, Thèse de Strasbourg, tome II.
(3) Medical Centralblatt, 1864, n° 12. Virchow. Arch., tome XXX.
(4) Moleschott’s, Unters , XIX.
(5) Langerhans, Uebcr die nerven der menschlichen Haut in lirc/ww's arch., p. 44 et 325, 1868.
ÉPITHÉLIUMS PAVIMENTHÜX. '2S9
paume de la main et à la plante du pied. Outre ces sillons, l’épiderme présente de véritables plis importants à connaître pour le chirurgien, au niveau des articulations et vers la racine des membres, la plupart correspondant aux points les plus mobiles de la peau.
Un très-grand nombre d’orifices très-rapprochés les uns des autres, et variables selon les régions, se remarquent à la surface de l’épiderme , surtout lorsqu’on l’examine avec une loupe : ce sont les orifices des glandes sudoripares, des glandes sébacées et des poils. Les poils et les ongles, véritables appendices de l’épiderme, font sallie à sa surface. Enfin, dans beaucoup de points, des saillies, très-manifestes dans certaines occasions sur le vivant, se forment sous l’influence du froid. On a donné à ce phénomène le nom de chair de poule.
Face profonde ou adhérente. — Lorsqu’on enlève un lambeau d’épiderme sur un cadavre en putréfaction, ou à la suite d’une macération un peu prolongée, on trouve sur sa face profonde des dépressions et des filaments extrêmement nombreux.
Les dépressions ou fossettes, examinées à la loupe, sont légèrement coniques et correspondent aux papilles du derme, faisant saillie dans l’épaisseur de l’épiderme. Ces fossettes donnent à la couche profonde de l’épiderme une apparence réticulée sur laquelle nous reviendrons.
Les prolongements de la (ace profonde de l’épiderme ne sont autre chose que f épithélium des glandes et des follicules pileux entraînés par l’épiderme dont ils sont une dépendance. On voit, en effet, lorsqu’on enlève ainsi l’épiderme delà tête, tous les cheveux entraînés avec l’épithélium et leurs follicules.
Épaisseur . — L’épaisseur de l’épiderme varie, suivant les régions, entre 0mm,03 et 3"’m,75, ce qui tient surtout à l’épaisseur inégale de la couche cornée.
D’après Kôlliker :
» Elle varie entre 0mm,30 et 3"““,75, ce (pii tient surtout à
OliS ÉPITHÉLIUMS EM PAllTIGULIEK.
2/iU
l’épaisseur très-inégale de la couche cornée; dans la plupart des régions, l’épiderme a une épaisseur comprise entre 50 et
2*20 il.
» Pour ce qui est de l'épaisseur comparative de la couche muqueuse et de la couche cornée, je trouve qu’eti certaines régions la première l’emporte constamment sur la seconde ; c’est ce qui a lieu sur toute la face, au cuir chevelu, au périné, au gland, au scrotum, au mamelon, sur la mamelle, chez l’homme, aux grandes et aux petites lèvres, au dos et au cou.
» L’épaisseur absolue de la couche de Malpighi, à la base des papilles, varie entre 1 6 et 360 [x. Quand elle l'emporte sur celle de la couche cornée, elle atteint en moyenne 90 fx; dans les parties où elle est plus faible, 20 à h 0 y.. En beaucoup d’endroits, l’épaisseur de la couche cornée n’est (pie de 11 [x. tandis qu’ailleurs elle peut aller jusqu’à 2 millimètres et plus ; là où elle dépasse celle de la couche de Malpighi, elle comporte généralement de 220 à 900 /x; dans les régions où elle lui est inférieure, elle n’a que 20 pu — L’épiderme atteint sa plus grande épaisseur à la face palmaire de la main et à la face plantaire du pied. » (Krause.)
Adhérence. — L’adhérence de l’épiderme avec le derme est très-intime; à l’état normal, il est impossible de les séparer. Quelle est la cause de cette adhérence?
On peut invoquer la présence des prolongements fournis aux glandes et aux follicules pileux ; mais cette condition, quoique importante, n’est certainement pas suffisante pour expliquer ce phénomène. Nous verrons plus loin, en nous occupant de la texture et surtout du développement de l’épiderme, quelles sont les explications qu’on en peut donner.
ÉPITHÉLIUMS PAV1MENTÉUX.