Cellules des couches profondes
3. Coupe verticale; — 4. Épiderme du bord libre de la paupière.
Fig. 24. — Développement d’un follicule pileux; — a. future couche cornée; — b. couche muqueuse; — m. bourgeon celluleux; — i.
paroi du follicule.
En effet, il s’exprime ainsi : « La manière dont ont lieu l’accroissement et la régénération de l’épiderme n’a pas encore été suffisamment étudiée, néanmoins s’il était permis de conclure d'après nos connaissances sur l’épiderme des amphibies et sur les épithéliums stratifiés (conjonctive), on pourrait considérer les cellules perpendiculaires les plus profondes du corps de Malpighi, comme le siège principal de la multiplication des cellules.
Tel paraît être aussi lavis de Schneider (2). On peut encore
(1) Kôlliker, l oc.cit ., p. 154.
(2) A Schneider, Wurzb. nat. Zeitschr., 1. 111, p. 165.
256 DES ÉPITHÉLIUMS EN PARTICULIER
citer deux opinions plus modernes, dont l’une appartient à Schron (1) et l’autre à Morat (2). Schrou croit que la couche cornée de l’épiderme serait produite par des glandes sudoripares et peut être aussi par des glandes sébacées; en un mot qu’elle serait le résultat d’une sécrétion de cellules cornées fournies par ces glandes. Mais on peut lui opposer plusieurs objections des plus sérieuses : d’abord que la couche cornée existe chez l’embryon avant le développement des glandes sudoripares, ensuite que des régions dépourvues de ces glandes possèdent cependant une couche cornée.
Le développement, d’après Morat, résulterait d’un phénomène plus complexe.
En s’appuyant sur l’étude de la formation de l’épiderme sur les cicatrices, il croit que la formation épithéliale est précédée par l’apparition d’un véritable tissu réticulé de nature conjonctive, développé aux dépens des bourgeons charnus. Entre les mailles de ce réticulum on constate dans le début une grande abondance de cellules embryonnaires. Ces dernières servant à constituer l’épithélium dermique, on aurait ainsi deux tissus : l’un de nature conjonctive, l’autre de nature épithéliale, ce dernier englobé dans les mailles du précédent; mais bientôt les cellules épithéliales prenant un accroissement rapide, étoufferaient pour ainsi dire la substance conjonctive réticulée intermédiaire. On voit par là que les vestiges du réseau primitif constitueraient les travées ou tissu intermédiaire aux cellules dont nous avons déjà parlé à propos de la texture de la couche de Malpighi.
D’après Colrat (3), qui a bien étudié cette évolution de l’épiderme, on trouverait au pourtour de la perte de substance en voie de cicatrisation, une zone distincte où les deux
( I ) O. Schron, Contribut. a l'anatomia délia cute humana. Tornio e Firenze, 1 8G5
(2) Loc. cit.
(3) Des greffes épidermiques , Montpellier, 1871.