ÉPITHÉL1U MS P A VI ME1N T EUX
zone le nom de zone épidermoïdale.
Nous avons vu quel rôle ce réticulum paraît jouer dans la tormation des vacuoles de la pustule variolique.
Mais il ne nous suffit pas de connaître le développement de l’épiderme et son accroissement chez l’adulte ; nous devons encore l’étudier lors de son apparition chez l’embryon.
L’épiderme se développe chez l’embryon aux dépens du feuillet externe du blastoderme, auquel il se substitue, et on le trouve déjà constitué chez un fœtus de cinq semaines, par une double couche de cellules. Voici la description et le mode d’évolution qu’en donne Robin (1). Les cellules composant la rangée superficielle de l’épiderme du fœtus sont remarquables parleur grandeur et leur régularité, elles sont minces, transparentes et pauvres en granulations moléculaires. Elles ont un noyau volumineux, de Üm,0t0 à 0m,012, sphérique ou ovoïde, et présentant deux nucléoles chez les jeunes embryons. Au commencement du troisième mois, le noyau fait une saillie à la face externe des cellules, s’arrondit et acquiert une largeur de 0m, 020 à 0ra, 025. Les noyaux ont alors une largeur égale aux deux tiers de la cellule qui les contient, surtout dans l’épiderme des pieds. Dans les autres parties du corps, leur largeur est la moitié de celle de la cellule.
Bientôt, la portion adhérente de la cellule se rétrécit, devient pédiculée, et vers le cinquième ou sixième mois, le pédicule se détache, en entraînant le noyau, et il reste à la surface de la cellule une tache pâle, rugueuse, ovale ou circulaire, large de O1", 003 à 0U‘, 005.
Vers le huitième mois, tout le phénomène est accompli, et les cellules superficielles n’ont plus de noyau.
Pour les cellules plus profondes, elles ne perdent pas leur noyau de la même façon ; celui-ci disparaît par atrophie pro-
(1) Robin, Journ. de Brown-Séquurd, 1861, p. 228.
DES ÉPITHÉLIUMS EN PARTICULIER
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gressive. Telle est l’indication sommaire de cette évolution, pour l’étude de laquelle nous renvoyons à l’article cité.
Quant au pigment du réseau de Malpighi, il n’est produit d’une manière sensible, môme dans les races de couleur, qu’après la naissance. Chez le nègre, les bords des ongles, l’auréole du mamelon et les parties génitales prennent une teinte foncée dès le troisième jour, le pigment n’envahissant les cellules de toute la surface du corps que vers le cinquième ou le sixième jour (Kolliker). Sappey a constaté l’existence du pigment chez un fœlus de six mois, et, d’après lui, chez tous les nouveau-nés le pigment peut être facilement observé.
La formation des deux couches de l’épiderme est-elle simultanée, ou, au contraire, la couche cornée succède-t-elle à la première?
Kolliker ne se prononce pas à ce sujet; il dit seulement que chez l’embryon, dès la cinquième semaine, on trouve deux couches de cellules qui forment la première trace du réseau de Malpighi et de la couche cornée.
Sappey est plus affirmatif, et indique nettement que la couche superficielle se développe consécutivement à la couche de Malpighi, et qu’elle représente cette dernière modifiée et dégénérée.
Frey (1) dit d’une façon très-nette que l'épiderme et la couche muqueuse de Malpighi sont représentés, même dans la période embryonnaire, par deux couches de cellules bien distinctes.
L épiderme forme, a la surface du corps de l’embryon, une masse blanchâtre, visqueuse, mélangée à de la graisse et connue sous le nom de vernix caseosa.
Au microscope, on y trouve des écailles épidermiques et très-peu de granulations graisseuses.
(1) Loc. citât., p. 184.
ÉPITHÉLIUMS PAVIMENTliUX.
Mue. — Valentin (1) et Burdach (2) signalent la possibilité d’une mue embryonnaire, mais il n’y a là rien de certain.
D’autre part, il est prouvé que l’épiderme se régénère pendant la vie. Les membranes muqueuses à épithéliums pavimenteux stratifié sont constamment couvertes d’un enduit muqueux qui n’est en grande partie qu’une couche de cet épithélium mort et transformé.
On sait, du reste, que ce phénomène de la mue est extrêmement variable, depuis la desquamation insensible qui se passe en tout temps à la surface de l’épiderme chez l’homme, jusqu’à la chute de toute la couche cornée, chez les reptiles, par exemple.
L’homme peut présenter dans certains cas, et surtout à la suite de certains phénomènes pathologiques, tels que la scarlatine, une desquamation très-étendue, la couche cornée se détaché alors par lambeaux. —La desquamation épidermique commence chez le fœtus et contribue, comme nous l avons vu, à la formation de l’enduit caséeux ou smegma embryonnaire. Chez quelques mammifères (le paresseux), cet épiderme fœtal se détache d'une seule pièce sans se désagréger, et le fœtus se trouve enfermé dans son ancienne enveloppe comme dans un sac qui ressemble à l’amnios (3). Chez le fœtus humain, au contraire, les choses se passent d’une manière toute différente, et l'étude des phénomènes de cette desquamation acquiert en médecine légale une importance telle que nous devons nous y arrêter un instant (à).
Au moment même de la naissance, la peau du nouveau-né est rouge, mollasse, lisse et recouverte par un enduit blanchâtre, graisseux et impénétrable, principalement formé de lamelles épidermiques. Quelques heures après la naissance, la peau
(1) Valentin, Entwieckelungsgeschichte, p. 274.
(2) Burdach, Traité de physiol. Paris, 1 839, l. III, p. 277.
(3) Milne Edwards, Leçons- de physiol. , t. X.
(i) V. Briand et Chaude, iiitid. lég.
DES ÉPITHÉLIUMS EN PAIÎTIGUM EU.
devient plus ferme en même temps quelle paraît plus terne. Mais l’exfoliation ne commence jamais avant le deuxième jour, et coïncide avec l’apparition d’une légère teinte ictériquede la peau, puis on voit bientôt apparaître à l’abdomen, à la base de la poitrine, des sillons, des plaques irrégulièrement fendillées, premiers indices de l’exfoliation qui est en pleine activité du troisième au cinquième jour ; on voit le travail s’irradier sur toute la surface du corps, atteindre successivement l’aine, l’aisselle, et enfin les membres, pour se terminer par les pieds et les mains. Tantôt l’enduit se détache par larges plaques, tantôt par petites écailles ; on voit le derme rose, recouvert d’une couche mince et transparente, le nouvel épiderme.
L’observation de ce phénomène permet d’affirmer que l’enfant n’était pas mort-né. Mais il faut constater que cette ex foliation est naturelle, et que ce n’est point un soulèvement morbide de l’épiderme; or, à l’état naturel, en s’exfoliant, l’enduit est sec, fendillé ou roulé sur lui-même, tandis que sous l’influence d’une cause morbide, il existe toujours entre lui et le derme une quantité plus ou moins grande de sérosité.
La rénovation épidermique perpétuelle est dû reste un fait important à connaître pour concevoir comment l’épiderme, membrane tout à fait inextensible, peut recouvrir toujours le derme (Kôlliker) (1).
Quant à la manière dont l’épiderme croît en surface, il est constant, comme Harting (2) Ta fait remarquer, que les dimensions des petites squames épidermiques sont à peu près les mêmes chez le fœtus et chez l’adulte ; par conséquent le grossissement des éléments épidermiques doit entrer pour très-peu de chose dans l’explication de l’agrandissement de la
(J) Mikr, Anat., t. Il, paragr. 21.
(2) lied ion: lias micrométriques , p. /i 7.
ÉPITHÉLIUMS PAVLUÉNTLUX.
surface de l’épiderme. — Nous dirons, pour terminer, que ce phénomène se retrouve dans toute la série animale à des degrés variables, et qu’on le constate même sur les végétaux dontlacuticule extérieure représente l'épiderme (platane, bouleau, etc.)
Mais il faut remarquer que toujours, lorsque la mue se produit, l’épiderme corné est complètement reformé avant la chute du précédent.
Beaucoup d’animaux ont une mue périodique. Chez l’insecte, la mue n’existe qu’à la période embryonnaire, pendant les métamorphoses; à l’époque du développement parfait, la desquamation est continuelle comme chez l’homme. Il en est de même chez les poissons, dont la cuticule se désagrège, absorbe de l’eau et forme à la surface du corps une matière glaireuse : celle-ci est également constituée par le produit de la sécrétion de certaines cellules épidermiques plus volumineuses que les autres (cellules de Leydig).
RÉGÉNÉRATION 1)E l’ÉPIDERME.
Les faits les plus curieux concernant cette question ont été fournis par l’étude des greffes ou transplantations épithéliales; il n’y a donc que peu de chose à ajouter ici à ce que j’ai dit dans la première partie de ce travail.
Deux cas peuvent se présenter :
1" Le derme est intact;
2° Le derme a été détruit plus ou moins complètement ou plus ou moins profondément.
Dans le premier cas, la régénération se fait complètement comme à la suite de l’application d’un vésicatoire volant ; ou dans les vésicules bulleuses après la chute de la pellicule.
La couche cornée est alors presque seule soulevée, et sa reproduction se lait par modification successive des cellules
DLS ÉPITHÉLIUMS EN PARTICULIER.
superficielles de la couche muqueuse, comme dans 1 état physiologique.
Si la couche muqueuse a été détruite profondément, la régénération paraît se faire de proche en proche, en commençant par les bords, et s’avançant, soit par zones, soit même par de véritables presqu’îles vers le centre de la perte de substance. Mais, le plus souvent, cette régénération ne résulte pas de dépôts épidermiques qui se forment directement dans le fond de la plaie ; elle tient à ce que l’épiderme tout entier se développe dans la profondeur (Kôlliker).
Si nous examinons maintenant le second cas, celui dans lequel le derme a été plus ou moins complètement détruit, le phénomène devient plus complexe. Tous les auteurs, et surtout Panas, (1) répètent qu’on trouve alors à la surface de la cicatrice une pellicule épidermique nouvelle complète, mais qui ne présente ni saillies, ni dépressions, car le nouveau derme n’a pas depapilles.il signale seulement le peu d’épaisseur de cet épiderme nouveau et sa fragilité. Mais on ne sait rien encore de bien précis sur la façon dont s’opère la régénération, si ce n’est qu’elle vient toujours du bord de la perte de substance par une espèce de bourgeonnement en nappes, de l’épiderme resté sain à la périphérie.
Cependant, Morat (2), dans son travail, cherche il en donner l’explication.
Plusieurs auteurs se sont occupé des différences de coloration des cicatrices, et par conséquent de leur épiderme, suivant les races.
Bichat et Cruveilher croyaient que les cicatrices des nègres étaient complètement blanches; mais Béguin, chirurgien major de la marine impériale qui a étudié avec soin les cicatrices des nègres, en tenant compte du genre et de la date de la blessure, ne partage pas cette opinion. Pour lui, les cica-
(1) Panas. Thèse d'agrégat., 1863, p, 8.
(2) Loc. citât.
filMTHl'XIUMS PAV1MENTEUX.
Irices qui succèdent à cio grandes déperditions de substance se colorent graduellement, et en général, finissent par acquérir après un temps variable une couleur plus ou moins foncée, tantôt plus noire, tantôt moins noire que celle de la peau environnante.
Descbarnps (1), dans son mémoire sur les cicatrices des races humaines, n’admet pas complètement les conclusions de Béguin qu’il trouve trop absolues. Pour lui, les cicatrices des nègres sont naturellement noires et par exception blanches; elles restent blanches, surtout quand elles ont été soumises à des violences extérieures prolongées (Béguin). Labat assure avoir observé des cicatrices incolores après de fortes brûlures chez le nègre.
Dans la race blanche les cicatrices ordinairement blanches peuvent devenir accidentellement colorées. On trouve dans Celse (2), (pii s’est beaucoup occupé des cicatrices colorées et de leur traitement, des renseignements très-curieux sur ce sujet.
Fabrice d’Aquapendente décrit des cicatrices noires, noirâtres, ci trines, vertes, rouges, livides et blanches.
D’après les auteurs du compendium et Follin (3), on voit parfois des cicatrices noires survenir à la suite de plaies pansées avec du taffetas d’Angleterre noir. Ces auteurs ne désignent pas quel est le tissu qui était la cause de cette coloration; Panas (/j), en parlant de ces faits, ajoute : « 11 est à présumer qu’en pareil cas, une certaine partie de la substance colorante du taffetas s’est insinuée clans la solution de continuité et reste enfermée dans le tissu cicatriciel, comme
(1) Deschamps. Mémoire sur les cicatr. color. et. incol. des races humaines. Union médicale , 1861.
(2) Celse. livre V, sect. 26, p. 291, édition Fouquier et Rathicr.
(3) Follin, Pathol, externe, t. 1, 361.
(4) Panas, Des cicatr. vicieuses et des moyens d'y remédier. Thèse d’agrégat., 1863, p. 31.
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cela arrive pour les grains de poudre incrustés dans 1 épiderme. »
De Quatrefages (1) relate certains faits d'après lesquels des cicatrices noires se développeraient chez des blancs, principalement dans certaines contrées, telles que l’Abyssinie et Madagascar.