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COLORATION DE L ÉPIDERME

La coloration de l’épiderme est extrêmement variable, et pour indiquer une différence nette entre ses principales variétés , nous étudierons ses modifications selon les races , selon les individus, selon les différents points du corps, et enfin, dans certains cas pathologiques. D’une façon générale, la coloration de l’épiderme tient à la présence plus ou moins abondante de granulations pigmentaires propre à la couche muqueuse.

On peut ajouter de plus que ce sont les cellules les plus profondes, celles qui sont appliquées immédiatement sur le derme qui sont les plus colorées, et enfin que cette matière colorante diminue dans les cellules de cette couche à mesure qu’on se rapproche de la superficie. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que les cellules de la couche cornée ne contiennent plus aucune trace de pigment.

Distinction des races, suivant la coloration.

On distingue, au pointde vuede la coloration del’épiderme et par suite de la coloration générale de la surface du corps, quatre races assez distinctes (2) :

1° /lace noire ou éthiopienne ;

(1) Complu rendu de l’ Acad, des sciences , Il juin 1860.

(2) Une citation de Primer bey extraite de Vogt montrera bien l’importance réelle de la coloration de la peau dans l’étude des races humaines : « La couleur noir

ÉPITHÉLIUMS PAVIMENTEUX.

2° Race rouge ou indien ne ;

3° Race jaune ou mongole ;

4° Race blanche ou caucasique.

A propos de la différence de coloration des différentes races, il est important de savoir si elle est due :

Soit à l’accumulation plus abondante de pigment dans chacune des cellules profondes, soit à la plus grande quantité de cellules pigmentaires dans les couches successives, soit enfin à la qualité elle-même des pigments.

Les différents auteurs qui se sont occupés de ces questions ne les ont pas toutes résolues de la même façon.

Les uns, et ce sont les plus nombreux, la considéraient comme le résultat de l’absence ou de l’abondance, au contraire, des granulations pigmentaires.

Sappey (1) n’adopte pas cette opinion, et étudiant comparativement les cellules pigmentaires dans la race noire et dans la race blanche, il arrive à cette conclusion :

« Dans toutes les races, les cellules pigmentaires sont constituées suivant le même type; dans toutes, elles se composent des mêmes éléments; dans toutes, les granulations colorées sont également nombreuses; seulement à mesure que se rapproche la noire vers la blanche, elles s’atrophient de plus en plus au point de se réduire à l’état de simples molécules, et semblent alors disparaître; en s’atrophiant, elles se déforment ;

velours est excessivement rare : ordinairement ce sont différentes nuances de brun, qui produisent entre elles de fort beaux tons, ou de gris qui ont alors toujours un affreux aspect cadavérique. Mais si le pigment, qui est disposé dans la peau, et souvent même dans les organes internes du nègre, paraît être de même nature que la matière colorante des taches de rousseur et des points bruns de la peau des Européens, cela ne veut pourtant pas dire que jamais un Européen hâlé par le soleil, jauni par une maladie de foie, ou noirci par le mal des vagabonds ou par la faim, parvienne à ressembler aux variétés claires de la race nègre. La distribution égale de la couleur sur le corps entier, son état de saturation, pour ainsi dire, sur les points aussi bien couverts que découverts du corps, rendront toujours facile la distinction sous ce rapport même à l’exclusion des autres caractères. »

(1) Sappey, Anat. descript., t. III, p. 580.

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et on se déformant elles perdent leur réfringence, cause première de ieur coloration. »

On voit donc que pour cet auteur la grande différence consiste dans le volume et la réfringence des granulations de la cellule pigmentaire. Elles deviennent tellement petites dans les cellules de la race blanche, qu’il faut une observation trèsattentive pour les découvrir.

Dans les races intermédiaires, les granulations augmentent ou diminuent de volume suivant qu’elles se rapprochent plus de la race noire ou de la race blanche.

Legros (1) prétend que la peau du nègre est envahie par le pigment noir, celle du mongol (race jaune) par le pigment jaune, celle du peau-rouge (indien) par le pigment rouge.

Quant à la plus grande abondance des cellules par couches successives, nous voyons seulement Todd et Bowman (2) insister sur ce fait : que la couleur plus foncée de la peau dans certains points, paraît tenir à la quantité plus considérable de matière colorante dans toutes les couches. De même que nous verrons la coloration de la peau se modifier sous des influences très-diverses, telles que l’exposition à l'air et à la lumière, la grossesse, etc., de même, nous devons signaler une différence selon les âges : la plus curieuse est celle qui regarde le nègre à sa naissance.

« Le nègre nouveau- né ne présente pas la couleur de ses parents : il est d’un rouge mêlé de bistre et moins vif que celui du nouveau-né d’Europe. Cette couleur primitive est cependant plus ou moins foncée selon les régions du corps. Du rougeâtre, elle passe au gris d’ardoise, elle correspond enfin à la couleur des parents, plus ou moins promptement, selon le milieu dans lequel le négrillon grandit. Dans le Soudan , la métamorphose, c’est-à-dire le développement du

(1) Legros, in annotât. Riclict. Traité prof, d'anat. chirurg., 1873, p, 10.

(2) Anal, p/u/siol. , t. i. p. 1 1 T: ,

fiPmiÊr.lIJMS PAVIMENTEUX.

pigment, est ordinairement achevée au terme d’une année, en Égypte, au bout de trois ans seulement (I). »

On connaît très-bien les distinctions à établir au point de vue de la coloration de l’épiderme entre les individus d’une même race, tels que les blonds, les bruns, les roux, etc.

Différences dans certains points du corps et sons des influences diverses. — L’épiderme des organes génitaux, du mamelon, est toujours plus coloré que sur le reste du corps. Cette distinction, qui représente une loi presque absolue, est stable, tandis qu’on peut en établir une grande quantité d’autres qui reposent sur des causes passagères ; aussi sont elles-mêmes extrêmement variables.

Comme le dit Larcher (2) : « Le marin, par exemple, à quelque nation qu’il appartienne, a toujours l’épiderme proprement dit plus ou moins noir, et d’une manière générale, tous ceux qui ont passé quelque temps sur les bords delà mer en reviennent toujours avec une peau plus ou moins basanée. Mais il n’y a rien de commun entre celte couleur d’emprunt, acquise par l’épiderme proprement dit, et la couleur caractéristique du pigment se transmettant d’âge en âge sous les climats les plus différents. Il semble bien évident que l’épiderme et le pigment qui colore les cellules du corps muqueux sont réciproquement dans les conditions d’une parfaite indépendance. La dépouille épidermique d’un reptile abandonnée à elle-même, et retraçant encore la forme de l'animal, est incolore, transparente. Quant aux cellules pigmentaires, un épiderme nouveau les recouvre déjà ; leur coloration aussi est déjà plus vive ou plus intense; plus (pie jamais alors, le serpent noir est noir, le lézard vert est vert, etc. »

Le hâle qui colore le blanc peut quelquefois décolorer le nègre.

(1) Pruner-bey in Vogt, Leçons sur l'homme.

(2) Larcher, Du pigment île In penn dans les rares humaines. ( Journal île Robin, 1867, p. 42.)

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Pour Sappey (1), l'influence de l’air, du soleil , provoquerait une hypertrophie temporaire du pigment. Les taches de rousseur, la coloration noire passagère de l’aréole du sein et de la ligne blanche chez la femme pendant la grossesse, ainsi que la coloration brune de la face au môme moment, seraient des phénomènes du môme ordre.

Colora lions plus lancées clans les phénomènes pathologiques, — La maladie d’Addison offre un type de cette augmentation de coloration généralisée. La généralisation de la coloration peut s’étendre môme à l’épithélium des muqueuses, faisant suite au corps muqueux de la peau, telles que la conjonctive, la muqueuse buccale, etc. C’est toujours dans la couche muqueuse du réseau de Malpigbi que se trouve accumulée la matière colorante. Une ligne de démarcation bien tranchée, qui suit les couches du corps muqueux, sépare les couches bronzées des couches intactes ; disposition analogue à celle qu’on trouve chez les nègres et les hommes de couleur; toutefois, dans les cas où ce phénomène est très-prononcé, la pigmentation peut atteindre l’épiderme dans ses couches les plus superficielles, mais il n’existe rien que deux ou trois observations de ce genre dans la science (B. Bail (2).

Un grand nombre de faits curieux de coloration anormale de l’épiderme trouvent leur place ici ; la coloration [de la peau par le nitrate d’argent à la suite d’un long traitement de l’ataxie locomotrice par ce sel ; la coloration de l’épiderme en brun noir chez les plombiques, à la suite de l’usage des bains sulfureux. Fourcaud de l’Espagnery (3) et Bérenger-Féraud (/j ) observent et rapportent des cas de coloration persistante de la peau par des lavages et des frictions au sous-acélate

(1) Loc. citât.

(2) B. Bail. Article Bronzé (maladie), Dict. encyclop. des sciences med., t. XI, page 81.

(3) Gazette des hôpitaux, 1863, p. 156.

(4) Gazette des hôpitaux, 1864, p. 16.

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de plomb, suivies d’emploi de bains sulfureux. Dans le cas de Bérenger-Féraud, la coloration persista plus de deux ans. Il est certain que dans ces cas il se fait dans l’épiderme un dépôt de sulfure de plomb noir.

Les cas de coloration pathologique de la peau sont extrêmement nombreux et constituent tantôt une caractéristique de

la maladie connue sous le nom de maladie d’Addison et tantôt ne sont qu'un phénomène accessoire.

L’ictère est le résultat du dépôt de la matière colorante de la bile dans tous les tissus el également dans la couche profonde de l’épiderme; cette matière colorante subissant des modifications chimiques qui amènent des colorations variant du jaune intense au brun, en passant par le vert. On ne connaît pas d’une façon très-nette la cause de cette coloration spéciale de l’épiderme et delà peau qui constitue la coloration cachectique. Enfin, pour terminer, nous dirons que Érasme Wilson (i) signale l’épuisement nerveux et l’hypochondrie comme jouant un grand rôle dans la production de pigmentations anormales. Cet auteur signale également dans certains

cas pathologiques une coloration bleue.

Beigel (2) a signalé la coïncidence fréquente de pigmentation exagérée de la peau avec certaines affections du système

nerveux.

l^pidernie dans la série animale.

Chez les animaux les plus inférieurs, il y a homogénéité de structure entre les parties superficielles et sous-jacentes du corps : il en est de même chez l’embryon humain. Mais si l’on remonte dans l’échelle des êtres, ou si l’on examine l’être à mesure qu’il se perfectionne, on voit cette homogénéité

(1) Brig-lit, Medical Journal, janvier 1863, p. 4 et 30.

(2) Albinismus und Nigrismus, par Beigel. Virchow’ s Archiv., XL1I1, h, p. 529 et XLIV, 4, p. 382. 1868.

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disparaître, les parties superficielles se condenser en constituant un revêtement particulier, le tégument. Le tégument, et l’épiderme en particulier, au point de vue anatomique, peut donc être considéré comme un organe de perfectionnement. D’autre part, tandis que la peau, chez les vertébrés, joue surtout un rôle protecteur et ne leur fournit que secondairement des organes appropriés à la défense, chez les invertébrés elle constitue la charpente du corps, le véritable squelette; et si l'on descend plus bas dans la série animale, on voit ce tégument devenir l’organe locomoteur, respirateur, etc., et jouer le rôle principal dans la vie de l’individu. De sorte qu’on peut dire qu’à cette simplification de structure correspond une complexité de fonctions.

L’épiderme, chez l’homme, est constitué par deux couches. Ces deux couches restent séparables dans presque toute la série animale, et ce n’est que chez les zoophytes les plus inférieurs qu’on ne trouve plus qu’une simple surface distincte du reste de l'individu par la présence de cils vibratiles abondants, surtout autour de la cavité buccale, et appropriée aux fonctions de locomotion, de nutrition et de respiration.

Chez les actinies l’on rencontre, dit Milne Edwvards, un épiderme composé de deux couches : 1° L’une superficielle, transparente, à cellules arrondies, faiblement unies entre elles; 2° L’autre profonde, à cellules pigmentaires.

Ces deux couches épidermiques, pour peu quelles soient distinctes, conservent dans toute la série animale les caractères différentiels si tranchés qu’elles présentent chez l’homme, l’une profonde, jeune, vivante, constituant par sa structure et ses fonctions l’épiderme proprement dit; l’autre ancienne, privée de vie, résultant en quelque sorte du résidu de la première.

Mais dans chaque espèce animale, chacune de ces deux couches subit des modifications particulières appropriées à ses nouvelles fonctions, et que nous allons rapidement passer en revue.

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Lit couche de Malpighi, partie vivante de l’épiderme, est le siège de la pigmentation qui donne à l’homme sa couleur; c est elle également qui contient le pigment chez les divers animaux. C’est elle qui constitue la substance fondamentale des poils et des tubes qui forment parleur réunion le sabot du cheval, la corne delà vache. La cuticule épidermique, celle qui tombe et se renouvelle, constitue l’étui.

C’est encore dans la couche de Malpighi ou son analogue dans la série animale que se passent les phénomènes de cliitinisation et de calcitication (insectes et crustacés). Là se développent les écailles du poisson, l’écaille de la tortue, l’écaille des mollusques.

En tin, c’est à une hypertrophie pathologique des éléments de cette couche qu’est due la formation des perles.

La lamelle la plus superficielle de l’épiderme qui se dessèche et se désagrégé constamment sous l’action de l’air, et qu’on appelle cuticule ou couche cornée, se retrouve dans beaucoup d’espèces animales.

Chez les poissons, on la trouve recouvrant les écailles et se mêlant à la viscosité sécrétée par des utricules volumineuses et profondes»

Chez 1 huître, la coquille est recouverte par une couche mince d’épiderme ordinaire, véritable cuticule, en continuité avec celle des parties adjacentes et molles du tissu sous-cutané : c’est ce qu’on appelle le drap marin. Ces mêmes cellules superficielles, desséchées et désagrégées, recouvrent comme une fine poussière les ailes du papillon et leur donnent par des jeux de lumière leurs tons irisés.

Souvent, chez les articulés, tandis que la couche plus profonde devient ecaillcuse ou se chitinise. celte cuticule superficielle reste molle et recouvre la carapace comme un vernis. C’est la cuticule qui porte les cils vibratiles. Chez tous les animaux à couche pigmentaire elle sépare celte couche des

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milieux extérieurs, et son épaississement exagéré peut enlever ;i la peau sa coloration.

Cette couche superficielle est formée de kératine, matière azotée ressemblant beaucoup à l’albumine coagulée.

Chez certains animaux, ces cellules cornées s’hypertrophient normalement et constituent par exemple les châtaignes de la face interne des jambes du cheval, les plaques écailleuses de laqueue des rats, les callosités ischiatiques de certains singes.

Cette môme hypertrophie pathologique constitue les cors et les durillons de l’homme, et peut, chez le nègre, enlever à la peau sa coloration foncée en recouvrant d’une couche trop épaisse la couche pigmentaire sous-jacente.

Enfin, pour terminer ce qui a trait à la transformation de l’épiderme dans la série animale, nous rappellerons que la partie solide de certains zoophytes, le corail, les mailles de l’éponge, par exemple, est constituée par un véritable épiderme solidifié par l'adjonction de parties calcaires ou d’éléments élastiques, cornés, assez analogues à la soie.

Mais il ne faut pas confondre avec le tissu épidermique la couche tégumenteuse de certains rhizopodes. Ce tégument membraneux est constitué par une membrane gluante, ex-

crétée, laquelle ramasse des grains de sable ou autres corpuscules étrangers, les agglutine et devient ainsi une enveloppe résistante. Il y a quelque chose d'analogue dans la conformation de la coque solide des arcelles et de certains mollusques.

Appendices épidermiques .

Les poils et les ongles sont des produits épithéliaux comme l’épiderme : c’est à ce point de vue que nous croyons devoir en parler ici. Quant aux glandes sébacées et sudoripares, leur rôle physiologique, leur développement et leur rapport avec

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l’épicier me justifient un rapprochement que sembleraient n’autoriser de prime abord ni leur structure, ni leur situation. C’est pourquoi nous en dirons aussi quelques mots. Dans tous les points de leur histoire, depuis leur naissance jusqu a leur mort, par leur structure comme par leurs usages, les poils et les ongles présentent avec l’épiderme l’analogie la plus complète : et cette analogie devient plus frappante encore, si on poursuit la comparaison dans l’échelle des êtres.

Le tégument externe présente en quelque sorte deux surlaces : 1 une extérieure, libre, qui est le siège de formation de l’épiderme ; l’autre rentrante, formée de dépressions plus ou moins profondes, plus ou moins nombreuses, où s’implantent les poils et les ongles.

Les dépressions qui logent les poils s’appellent follicules.

La meilleure idée qu’on puisse se faire d’un follicule est de supposer que les deux couches tégumentaires aient été refoulées sur certains points en forme de godet, puis que le tond de ce godet se soit soulevé de façon à former un bouton pédiculé entouré d’un sillon circulaire. Si l’on examine la structure de ces différentes parties, saillies ou enfoncements, on y retrouve tous les éléments des deux couches tégumentaires.

C’est l’épiderme refoulé qui forme le fond du sillon, se continuant d’une part avec l’épiderme de la surface dermique, d’autre part, arrivé au fond du sillon, se relevant sur la saillie centrale en changeant un peu d’apparence. En effet, les cellules s’aplatissent, perdent leur noyau, et constituent une mince pellicule qui remonte jusqu’au dehors, formant au poil une véritable gaine écailleuse.

Au-dessous de ce revêtement épidermique du follicule pileux qu’on nomme épiderme du follicule dans le sillon, gaine interne de la racine sur la proéminence, on rencontre partout le chorion tégumentaire, composé de tissu conjonctif vasculaire et d’une tunique amorphe ; c’est ce chorion qui constitue

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le bulbe qui soutient et nourrit la racine du poil, comme le derme nourrit et soutient l’épiderme.

De môme que l’épiderme proprement dit, l’épiderme folliculaire peut être séparé en deux couches : l’une externe, analogue à la couche muqueuse de Malpighi, pigmentée comme elle (Kolliker l’appelle plus spécialement épiderme du follicule); l’autre interne, cornée, mais différant assez notablement de la cuticule épidermique, et diminuant d’épaisseur à mesure qu’elle s’enfonce dans le follicule. Sur la racine du poil, X analogue de la couche de Malpighi est la substance molle, muqueuse, à cellules nucléées et peu cohérentes, qu’on regarde comme formant en propre la racine du poil ; la couche cornée s’y continue également en devenant la pellicule ou gaine de la racine.

Si nous poursuivons celte comparaison dans la tige du poil, nous retrouvons encore les mêmes éléments : la cuticule du poil, composée de cellules aplaties, imbriquées, incolores, rep résente la couche cornée; la substance fondamentale, à cellules allongées , donnant au tissu une apparence fibroïde, pigmentaire, représente le corps de Malpighi, sauf la couche la plus profonde, qui trouve son analogue dans l’axe du poil formé de cellules polygonales.

Les poils diffèrent beaucoup entre eux par leur longueur et leur consistance, sans parler de leurs différences selon les régions du corps.

Caractères extérieurs des poils. — La qualité des cheveux en consistance et en forme est un caractère très-important. Pruner-Bey, a constaté que plus le cheveu est aplati, plus il s’enroule; que plus il s’arrondit, plus il devient lisse et roide. Les Papous, d’une part, les Japonais de l’autre, présentent les deux extrêmes.

La température a beaucoup d’influence sur le développement relatif des poils longs et roides, ou jarres, et des poils courts et soyeux, ou duvet des animaux. C’est ainsi, par

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exemple, que les chevaux arabes ont le poil court et brillant, et que les chevaux de Norwége ont la toison longue et touffue.

Nous verrons tout à l’heure la même influence s’exercer sur la coloration.

La différence de consistance tient aussi au développement relatif de la moelle et de l’écorce. Les soies roides du porc surit pauvres en substance médullaire ; la substance corticale est au contraire très-mince dans les poils de la chèvre. Les épines de quelques mammifères sont de véritables poils à écorce très-épaisse. Chez certains rongeurs même (Échimyo) il existe des épines mêlées aux poils ordinaires.

La coloration des poils est due au pigment que renferment les cellules de leur couche fondamentale. Elle est influencée aussi par la présence de vacuoles remplies d’air dans la substance médullaire et même corticale. Ces vacuoles sont surtout abondantes dans les cheveux blancs.

La couleur des poils varie d’une partie à l’autre du corps. Chez presque tous les mammifères elle est plus intense à la face dorsale qu’à la face inférieure du corps, moins exposée à la lumière.

Mais elle diffère surtout d’une race à l’autre. On peut rapporter la coloration des cheveux à trois types principaux : le blond, le noir et le rouge-feu. Le blond est spécial aux hommes du Nord; le noir aux méridionaux. Les cheveux rouges contiennent une huile d'un rouge jaunâtre, les cheveux noirs une huile d’un gris verdâtre qu’on en peut extraire au moyen de l’alcool.

Le genre de vie semble influencer la répartition des couleurs sur les poils des animaux. Les taches sont réparties symétriquement chez les animaux à l’état sauvage; elles sont irrégulières chez les animaux domestiques. C’est dans les pays chauds que les couleurs sont les plus vives. Dans les

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pays froids, les poils sont d’un brun roux en été, grisâtres ou même blancs en hiver (ours polaires, albinos).

Le système pileux jouant surtout un rôle protecteur, il n’est pas étonnant que la terre, le climat, le genre de vie, exercent sur lui une énorme influence.

Si on l’examine dans la série animale, on voit qu il ne fournit pas seulement une protection contre la déperdition de la chaleur, mais que c’est cà lui qu’appartiennent désarmés d’espèces diverses : piquants du porc-épic, cornes du rhinocéros, qui ne sont que des poils agglutinés. Plus bas encore, dans l’échelle des êtres, il s’approprie à des rôles plus nombreux encore, protection, locomotion et même respiration, en modifiant sa structure. Chez les chétopodes, il y a trois sortes de poils, lamelleux, longs et résistants, chaque genre étant approprié à une fonction (protection, locomotion et défense).

Aux poils sont annexés directement deux sortes d’organes :

1° De petits muscles arrectores pili, qui vont du derme à la face profonde du follicule. Ces muscles se retrouvent dans beaucoup des transformations que subit le poil, en compliquant son usage, dans la série animale. Ils existent dans les épines du hérisson, ils sont annexés au piquant du porc-épic, aux poils des chétopodes, etc....

2° Les glandes sébacées, dont les culs-de-sac glandulaires, sont plus ou moins profondément situés n’appartiennent pas à l’épiderme ; mais ces glandes naissent en même temps que les poils, par des bourgeonnements du bulbe pileux. Elles s’ouvrent dans le follicule, dont le revêtement épithélial se prolonge dans leur cavité avec ses deux couches. Leur produit de sécrétion, sorte de desquamation des cellules les plus internes de leurs culs-de-sac, très-riche en matière graisseuse (matière sébacée), est d’abord versé dans la cavité folliculaire, il s’écoule ensuite au dehors, en lubrifiant la racine du poil, le poil lui-même et se répandant sur la peau. Les

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