‹ De l'Épididymite syphilitique: tertiaireChapitre 12 sur 26 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Allen, — Syphilis de l'épididyme. American journ. of medic. sciences. Avril 1894.)

Syphilis tertiairé. — Chancreil y a dix ans. — Épididymite subaiguë,gommeuse,totale. — Suppuration de la gomme épididymmaire, — Amélioration rapide. — Guérison.

M. J.., cinquante ans, homme robuste entre à l’hôpital le 14 janvier 1893. ?

Il y a deux ans, urétrotomie périnéale pour rétrécissement suivie d’un succès complet.

Syphilis il y a dix ans,

Deux mois avant d’entrer à l'hôpital, léger traumatisme du testicule droit à la suite duquel on rémarque un gonflement souple et douloureux nécessitant un repos au lit pendant quelques jours.

L'examen révéla une tumeur scrotale deux fois grosse comme le testicule normal que l’on mit sur le compte de l’épididyme seul, La queue (globus minor) était confondue avec le tissu conjonctif ét adhérait à la peau du scrotum. La peau qui recouvrait cette masse dure et résistante, devint graduellement violacée et finalemeut s’ulcéra et livra passage à un pus léger, liquide comme de l'eau, par un petit pertuis qui, pendant plusieurs semaines, joua le rôle de fistule de suppuration. On trouva la tumeur de l’épididyme si irrégulière, si pleine de noyaux, lorsque la tuméfaction du scrotum diminua; elle provoquait si peu de gêne et une absence si complète de douleur à ce moment que l’on pensa aussitôt se trouver en présence d'une tuberculose de l'organe. La formation fistuleuse consécutive ne fit que confirmer cette opinion, Cependant à cause des antécédents on pensa qu’on pouvait avoir affaire à un cas d’épididymite syphilitique, le traumatisme agissant simple-

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ment comme cause prédisposante du développement de cette manifestation locale de la syphilis.

En conséquence, on prescrivit dès le début du protoiodure de

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mercure; mais bientôt les symptômes de la stomatite apparurent. On administre alors de l’iodure de potassium ; dès lors diminution graduelle de la tumeur, la suppuration semble se tarir et la fistule se fermer.

En février, éruption iodique sous forme d’érythème; on associe la belladone à l’iodure. ce qui permet de continuer le traitement ioduré,

En outre, on administra des bains de siège chauds suivis du massage de l'épididyme et des tissus auxquels il était relié et on continua jusqu’à ce que le malade fût renvoyé guéri le 2 avril.

La fistule s'était fermée : L’épididyme (qui ne présentait plus à ce moment d'infiltration) avait presque repris son volume normal et son contour régulier (la peau du serotum était saine en apparence) et il ne restait plus qu'une bride fibreuse, semblable à un cordon s'étendant de la région de la queue de l’épididyme au tissu conjonctif sous- cutané.

Cette observation est de la plus grande valeur : 1° elle nous montre l'importance du diagnostic de l'affection qui nous occupe et la confusion possible avec la tubercu lose épididymaire ; 2° elle met en évidence laction déterminante du traumatisme ; 3° elle nous apprend enfin que l’épididymite syphilitique tertiaire après un début inflammatoire peut ensuite évoluer silencieusement comme toute tumeur gommeuse, et déterminer des formations fistuleuses par où s’écoule le liquide caractéristique.

I/observation qui suit n’est pas moins concluante sous ce rapport.

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