‹ De l'Épididymite syphilitique: tertiaireChapitre 13 sur 26 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Allen, loc. cit.)

Syphilis il y a neuf ans. — Epididymite gauche, — Forme chronique gommeuse, totale. — Ouverture de la gomme et ulcération tertiaire typique du scrolum. — Amélioration rapide par l'iodure. Malade renvoyé avant guérison com-

plète.

F, A..., âgé de quarante ans, entre à l'hôpital le 7 février, s’attendant à ce qu’on lui enlève le testicule gauche. Son médecin de ville lui avait dit qu’il faudrait subir une opération. Le chirurgien de l'hôpital lorsqu'on enleva les vêtements du malade, dès ma première visite dit : «Je suppose qu’il n’y a qu’une chose à faire en ce cas, » Il avait déjà proposé la castration et le malade y aurait consenti au cas où j'aurais dit que c'était nécessaire. C'était un cas de gomme, englobant le scrotum et les-parties plus profondes. Si je mentionne les circonstances précédentes, c'est pour donner une idée du processus destructif que l’on avait déjà remarqué et des apparences présentées par la tumeur qui menaçait de faire des dommages encore plus considérables,

Le malade dit avoir eu, neuf ans auparavant, une syphilis qui ne fut traitée que pendant peu de temps et principalement avec de l’iodure de potassium que le malade se prescrivait souvent luimême, Il n’y avait eu aucun symptôme de la maladie pendant six ou sept ans, Il y a un an, le testicule gauche commença à gonfler ; mais cette tuméfaction était indolente et comme elle ne causait aucun ennui, rien ne fut fait jusqu’à il y a un mois.

C'est alors que la partie la plus basse du serotum sembla grossir rapidement et finalement se transforma en fistale purulente. Le malade suivit alors un traitement, mais l'augmentation de la tumeur et l'extension de l’ulcération amenèrent d’après lui son

médecin à lui conseiller de venir se soigner à l’hôpital; car il pensait l’ablation de la tumeur nécessaire. es

À l’examen du contenu du scrotum on trouva la queue de ’épididyme, grosse, ferme et nettement reliée à travers le tissu conjonctif à une ulcération profonde, d'apparence certainement gommeuse. La tête et le corps de l'organe formaient une masse semblable à du tissu épais de cartilage, d’un diamètre de plus de 9 centimètres ; ils se séparaient nettement du testicule qui paraissait souple et normal au toucher. La masse adhérente du tissu,qui. suppurait lentement et qui formait le fond de l’ulcère, fut gratté avec la cuiller de Volkmann et entourée de gaze au bichlorure.

L'iodure de potassium fut donné à la dose de quarante-cinq grains (2 gr. 25) graduellement augmentée, si bien que le 22 février, le malade consommait 3 drachmes.

3 mars. — L'ulcère avait cédé à ce traitement, combiné à des frictions mercurielles locales, sur plus de la moitié de son étendue, tandis que l’épididyme était nettement plus petit dans toutes ses régions ; revenu au quart environ de ses dimensions primitives ; mais sa dureté cartilagineuse avait persisté.

16 mars. — Le tissu qui unit les parties externes aux parties plus profondes est beaucoup moins ferme, et la masse extérieure ne peut pas être séparée de la queue volumineuse et dure de l’épididyme.

24 mars, — L’ulcère est presque guéri et l’infiltration dure qui l’entourait a beaucoup diminué. On diminua graduellement l’iodure qu’on avait donné pendant plusieurs jours à la dose de trois cents grains (15 grammes) par jour à cause d’une légère éruption iodique. On prescrivit journellement des bains de siège chauds, suivis de ce genre de massage connu sous le nom de pétrissage, massage combiné à la pression de l'organe, dans le but d’encourager l'absorption lymphatique. Ceci était fait pendant vingt minutes, matin et soir, dans le but de hâter la régression de la tumeur.

14 avril. — Testicule mou ; le globus major paraît encore ferme ; la tumeur ne présente plus qu’un sixième de la dimension qu’elle avait lors de l’admission du malade. L’ulcère est guéri.

Le malade est renvoyé, mais on lui conseille de continuer l’iodure jusqu’à ce que toute inflltration disparaisse,

VOD LE.

Après avoir rapporté cette observation, Allen ajoute qu’il était impossible de confondre l'affection de l'épididyme avec une gomme localisée dans le tissu cellulaire, gomme qui d'ailleurs aurait été parfaitement mobile sur la queue de l’épididyme. Et plus loin, il déclare lempressement de certains chirurgiens à pratiquer la castration dans les cas où il existe des ouvertures fistuleuses. — « C'est ainsi, dit-il, que Westrapporte deux observations de ce genre. Dans un cas le chancre remontait à quatre ans, dans l’autre à sept ans ; la castration fut pratiquée et l'examen des pièces révéla la présence de gommes disséminées dans les deux épididym43 et les deux testicules. Cela se passait en 1859. Aujour i'hui je ne doute pas que ces testicules eussent élé san ”:1 par l’iodure. »

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