CHAPITRE VII
Traitement.
L’agent thérapeutique par excellence est l’iodure : « le spécifique de la période tertiaire. » Mais, il ne faut pas l’employer seul.
Fournier, dans son livre sur le Traitement de la syphilis, s'exprime ainsi :
« Si l’iodure constitue un merveilleux effaceur d’accidents, il n’est pas au même degré un guérisseur de la syphilis. Z/ laisse revenir comme on dit en langage familier. Le mercure au contraire sauvegarde plus sûrement l'avenir.
Il faudra donc, en présence d’une épididymite tertiaire associer les deux médicaments, l’iodure comme agent curatif, le mercure comme agent préventif.
En instituant le traitement mixte, nous donnerons la préférence à la méthode qui administre séparément le mercure et l’iodure. Les doses des deux médicaments pou-
EL 0e vant ainsi être gradués suivant les indications et la tolérance du malade.
Si nous rejetons les préparations pharmaceutiques dans lesquelles les deux médicaments sont associés (sirop de Gibert, sirop de Boutigny, solution de Ricord), c’est que de l’avis de tous les malades elles sont d'une saveur abominable et souvent mal tolérées. D'ailleurs, elles contiennent sous une grande quanti té une trop petite dose de médicament actif.
Agir d’une façon énergique et continue jusqu’à disparition complète de la tumeur: telle sera notre ligne de conduite. Tous les auteurs sont d'accord aujourd’hui pour dispenser largement l’iodure de potassium aux malades. Que de patients, en effet, ont eu à souffrir de la timidité de certains praticiens dans l’administration du médicament ! Le diagnostic de la lésion étant nettement établi, on .commencera par prescrire d'emblée 4 grammes d'iodure, en augmentant graduellement la dose sans craindre d'arriver aux chiffres de 8 à 10 grammes, si les effets curatifs tardent à se manifester. Les accidents de l’iodisme sont rares somme toute; et, s’ils se produisent, l'administration de la belladone permettra d’atténuer les effets toxiques de l’iodure et de continuer la médication.
Quant au mercure on peut le prescrire sous forme de pilules de Dupuytren ou de Ricord (2 à 3 par jour) et mieux encore en frictions d’onguent napolitain (4 grammes). Celles-ci, souvent bien tolérées par le malade, assurent une imprégnation régulière de l’organisme, Cest d’ailleurs la méthode conseillée et mise en pratique par les syphiligraphes lyonnais (J. Rollet, Diday, Gailleton, Augagneur, Et. Rollet.)