CHAPITRE II
Etiologie.
L’épididymite syphilitique tertiaire est une affection rare. Outre le cas qui nous est personnel, nous n’avons pu recueillir dans la littérature médicale française et étrangère que huit observations absolument indiscutables où le tertiarisme des malades est nettement démontré.
La cause primordiale de son développement est la syphilis.
Apparaissant à une époque qui varie entre deux ans (obs. IV) et vingt ans (cas de Berthole) après laccident primitif, elle semble atteindre de préférence les individus en pleine activité sexuelle, de 35 à 45 ans.
D’autre part, si l’orchite scléro-gommeuse est parfois l’apanage de la syphilis héréditaire, si elle a été constatée et étudiée par Gurling, Taylor, Henoch et Hutinel chez les tout jeunes syphilitiques, l’épididymite tertiaire paraît être exclusivement du domaine de la syphilis acquise.
Un certain nombre de causes président à son apparition, Depuis Ricord, tous les auteurs reconnaissent l’influence
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des excès vénériens sur le développement de la syphilis génitale. Bon nombre de cas que nous citons plus loin plaident en faveur de cette assertion à tel point que l’on pourrait appliquer à l'épididyme le mot de Valette : « Si les syphilitiques, hommes de cabinet, meurent de tumeurs cérébrales, les vérolés entachés du vice de paillardise sont très menacés de syphilomes testiculaires. »
Le traumatisme, la blennorragie, les inflammations antérieures en créant dans l’épididyme un locus minoris resistentiæ augmentent sa vulnérabilité. Aïnsi que l’a enseigné un des premiers, Desgranges (de Lyon), toute déviation organique est un pas fait vers une déviation organique plus grave.
De même qu’on a vu le carcinome succéder au sarcocèle syphilitique, de même nous constaterons dans les observations qui suivent que bien souvent le gonocoque ou le traumatisme ont favorisé ou réveillé la diathèse syphilitique.