ASSOCIATIONS MORBIDES ET ÉQUIVALENCES
A côté de l’épilepsie, il nous faut signaler les crises d’hystérie survenues tardivement chez des cardiaques. Armingaud,de Bordeaux, Giraudeau, ont rapporté quel-
.Ques observations où les crises s'étaient manifestées entre 40 et 50 ans, au cours de cardiopathies mal compensées et furent améliorées par le traitement toni-cardiaque.
Or, comme pour l’épilepsie essentielle, la règle veut que l’hystérie apparaisse dans l’enfance,à la puberté ou pendant l’adolescence, il peut donc être loisible dans ces crises d'hystérie tardive chez les cardiaques, d’'invoquer les troubles circulatoires encéphaliques comme cause de l'éveil de la névrose. |
Enfin, connaissant l’étroite parenté qui semble exister entre l’épilepsie et les psychoses les plus diverses, nous ne voudrions pas abandonner ce sufet sans parler des troubles mentaux présentés par certains cardiaques, à la phase de décompensation de leurs lésions et asso-
= (Et
ciés ou non à des phénomènes convulsifs, alternant parfois avec eux :
Simples épisodes passagers ; états qui menacent de devenir chroniques ou se prolongent de façon impressionnante.
La folie cardiaque, décrite dans tous les traités de cardiologie, englobe les délires les plus divers que l’on peut voir survenir au moment de l’asystolie ; mais nous voudrions plus spécialement mentionner les troubles psychiques si particuliers, dus au déséquilibre cardiovasculaire consacrant les troubles mentaux les plus variées admirablement décrits par Laubry :
On les rencontre soit au cours de l'insuffisance cardiaque, soit au cours de l'hypertension aiguë.
Dans un premier groupe de faits, ils varient des simples troubles du caractère : tendance à la neurasthénie de certains cardiaques ; idées de suicide (déjà décrites par Gelineau) jusqu'aux troubles mentaux transitoires, parmi lesquels nous signalerons :
1° La forme mentale des endocardites aiguës (délire transitoire, délire maniaque fébrile) (Eichhorsi) ;
2° Toute la série des troubles mentaux rapportés aux spasmes des hypertendus, ayant ou non présenté des phénomènes convulsifs :
"Troubles de la mémoire,
Confusion mentale transitoire,
Agilation maniaque, où la saignée et la médication hypotensive donnent, parfois, des succès remarquables,
Idées de persécution.
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Hallucinations visuelles et auditives ; survenant soit à l’état isolé, soit plus ou moins confondus, mais tous aussi éphémères, et, cependant, leur apparition n’en est pas moins sévère, intimement liée à la gravité de l’affection vasculaire qu’elle complique.
Dans un 2° groupe de faits, nous classerons :
1° Les délires semi-transitoires des asystoliques liés à l'insuffisance cardiaque et quien suivent les progrès où les rémissions, bien étudiés par les psychiatres : Regis, Arsimoles, Targowla, etc... ;
Ces troublent diffèrent des précédents :
Par leur genèse, car, aux troubles mécaniques, à la stase, se mêle une véritable intoxication des cellules cérébrales (théorie congestive).
Par leur évolution, leur ténacité et leur allure systématique.
Nous y ajouterons enfin :
2° Les troubles psychiques durables ; les vésanies cardiaques ;
Elles surviennent à une période moins avancée de la cardiopathie. |
Ici, l'insuffisance organique et la stase cérébrale sont en jeu, mais à un degré moindre et la tare cérébrale s’éveille et s’étire à son contact.
L'évolution de la psychose revêt alors une marche irrégulière et n’affecte que peu ou pas de parallélisme avec l'insuffisance cardiaque ; en somme, la tare est déchainée et elle évolue pour son propre compte.
3° Les troubles cérébraux profonds des hypertendus et de l’athérome sénile.
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Les troubles circulatoires des artério scléreux étant aussi capables de réveiller une psychose constitutionnelle dans ses deux phases :
a) Forme légère ou modérée des hypertendus de la cinquantaine ; c’est le tableau du psychasthénique ;
Parfois allure d’un début de P. G.
b) Forme grave des vieillards guettés par la démence totale.
Dans quelques cas très suggestifs, les troubles démentiels ont précédé ou fait suite à l'installation d’une épilepsie tardive chez les cardiaques ; troubles psychiques fréquemment de nature confusionnelle que l’on pourrail rapporter à des équivalents graves (0ddo, Targowla, Vullien et Combemale, ete...)
Là encore, nous n’entendons pas dire que les troubles cardiovasculaires seuls ont engendré la psychose, mais les troubles circulatoires encéphaliques qu’ils impliquent ont certainement contribué à donner libre cours à son éclosion chez des prédisposés.
Et nous retrouvons toujours les phénomènes congestifs ou anémiques, comme cause déchaînante de la névrose. Nous avons dépouillé les nombreux faits de troubles démentiels aggravés par l'insuffisance cardiaque progressive ou, au contraire, améliorés parallèlement à l’état du cœur ; de même, l’alternance des phénomènes Convulsifs et démentiels ou leur succession ; et c’est un argument de plus pour affirmer l’importance des troubles cardio-vasculaire dans l’éclosion et l’évolution des troubles épileptiques et psychiques. |