‹ De l'épilepsie JacksonienneChapitre 16 sur 19 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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Nous n'avons vu jusqu'à présent que Tattaque d'Epilepsie partielle, ses prodromes, ses conséquences, les lésions qui la provoquent; mais nous n'avons pas encore vu Tépileptique. Nous ne savons pas comment il vit, comment il meurt, quel âge il a, quelles sont les maladies dont il souffre. Il y aurait là toute une série de tableaux cliniques à tracer ; essayons d'en esquisser quelques uns.

Nous avons déjà parlé de VEpilepsie hémiplégique infantile (pag. 51), nous n'y reviendrons pas.

Dans certams cas, les Convulsions Jacksoniennes appartiennent à l'histoire de la syphilis tertiaire. Un certain nombre d'années après les accidents primitifs de la syphilis, après même un traitement régulier et régulièrement suivi, le malade présente diverses manifestations syphilitiques (gommes nombreuses, carie des os, exostoses, etc.), ou bien il se croit complètement guéri : lorsqu'il ressent un beau jour du malaise, de la prostration des forces, de l'inaptitude au travail ; il est sans appétit, éprouve des troubles dyspeptiques, il maigrit, tombe dans un état cachectique assez prononcé, qu'aucune lésion viscérale ne semble motiver, et caractérisé par une pâleur terreuse de la face ; enfin survient une céphalalgie spéciale, occupant presque toujours un espace circonscrit à la région fronto-pariétale, Puis, sans signes précurseurs, autres qu'une exacerbation de cette céphalée, surviennent des secousses

rhythmiques d'un ou de plusieurs membres du côté opposé à la céphalalgie, de Taphasie, de la paralysie transitoire, enfin tous les symptômes que nous avons déjà décrits. Le médecin diagnostique une syphilis cérébrale, institue un traitement antisyphilitique des plus énergiques qui, le plus souvent, fait cesser les convulsions.

D'autres fois l'épileptique jacksonien sera porteur d'une tumeur corticale ou méningée. Le tableau sera alors bien différent : ce ne sera pas après une longue hémiplégie, comme dans la sclérose encéphalique infantile, ce ne sera pas en concordance avec une syphilis ancienne que les accès éclateront ; mais après quelques jours ou quelques semaines d'une céphalée persistante, après quelques troubles intellectuels, moteurs ou sensitifs, plus ou moins mal définis, la première attaque convulsive surviendra, suivie bientôt d'attaques nouvelles. Cependant les phénomènes cérébraux s'exagèrent et s'accentuent, les convulsions débutent toujours par les mêmes membres, les mêmes muscles ou groupes musculaires; une sorte d'état de mal épileptiforme se déclare; après quelques jours de convulsions, de paralysie transitoire ou permanente, tout rentre à peu près dans l'ordre ; le malade reprend ses occupations, ses habitudes ; mais quelques semaines, quelques mois, (quelques années après, la céphalalgie reparaît plus intense ; les convulsions se reproduisent, débutent quelquefois par des points du corps diff^érents de ceux primitivement envahis dans les accès antérieurs; puis les accès s'étendent, ils se généralisent même, et le malade meurt dans le coma, ou en état de mal, ou emporté par une attaque apoplectiforme. A l'autopsie on découvre une tumeur cérébrale, un abcès du cerveau ou de ses enveloppes, avec des lésions de différents âges, qui expliquent fort bien la marche des symptômes, observés et même certains faits qui paraissaient, au premier abord, ou inexplicables, ou contradictoires.

La méningite simple ou tuberculeuse, une encéphalite, un ramollissement du cerveau, une petite

hémorrhagie corticale ou méningée, peuvent aussi donner naissance à l'Épilepsie Jacksonnienne.

Une variété des plus intéressantes de TÉpilepsie partielle reconnaît pour cause le traumatisme. Le malade fait une chute sur la tête, est renversé par une voiture, a la tête comprimée entre deux corps durs, reçoit un coup de pied de cheval, etc., on constate une fracture en éclats, avec enfoncement. Une esquille détachée du crâne et enfoncée dans les circonvolutions, un caillot étalé sous la dure-mère, peuvent comprimer Fécorce et provoquer les convulsions qui, dans ce cas, sont précoces et suivent de près l'accident; les fragments osseux sont enlevés, la plaie guérit, les convulsions cessent, tout rentre dans Tordre. Mais les traumatismes céphaliques ont aussi des conséquences plus lointaines. Quelquefois le malade devient hémiplégique après son accident ; petit à petit la paralysie disparaît (d'autres fois il n'y a pas du tout de paralysie) ; quelques semaines après il est tout à fait remis de son accident et n'y pense plus. Au bout de trois ans, quatre ans, cinq ans, sous l'influence de causes bien difficiles à apprécier, se développent des plaques de pachyméningite sur les points anciennement intéressés par la blessure, ou bien un kyste cicatriciel, resté jusqu'alors inoftensif, peut s'agrandir et déterminer autour de lui de l'encéphalite. Alors éclatent des accès d'Epilepsie Jacksonnienne que, ni le malade, ni sa famille [ne rattachent à une blessure depuis longtemps oubliée, et sur le diagnostic fjathogénique desquels le médecin pourra s'égarer, s'il n'interroge pas minutieusement les antécédents du malade; mais qui lui seront d'une grande utilité pour le traitement, surtout pour le traitement chirurgical.

Enfin, nous l'avons vu, l'Epilepsie Jacksonienne peut survenir, soit chez des sujets atteints de pleurésie purulente, au moment des injections intrapleurales, soit à la suite d'une injection hypodermique irritante, soit chez des brigthiques sous l'influence de l'urémie, soit chez des diabétiques ou de jeunes enfants présentant certaines affections de l'oreille interne.

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