‹ De l'épilepsie JacksonienneChapitre 5 sur 19 · ÉPILEPSIE VIBRATOIRE · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIE VIBRATOIRE

Sommaire.— Epilepsie partielle vibratoire.— EydroGépMUe prononcée à /a naissance, s'accentuant avec rage.—- Bien de particulier jusqu'à Vàge de 10 ans: céphalalgie très violente, douleurs atroces ; 16 jours après perte complète de la vue. -- Trois mois après, premier accès d'éçilepsio vibratoire avec prédominance très marquée à droite; pas d'aura.— Arrêts des accès pendant 8 mois; puis nouveaux accès précédés de céphalalgies intenses non localisées. — Augmentation constante du volume de la tête : affaiblissement progressif: mort. — Sarcome névroglique pesant 255 grammes, ayant pris naissance dans les couches optiques.

— Juliette M.,... est née le 19 Décembre 1873 à Alais (Gard); elle est entrée. aux Asiles John Bost de Laforce (Dordogne) le 15 Décembre 1885 dans la section des Epileptiques. .

Antécéffents : (Renseignements fournis par la mère. — Père, cultivateur, 38 ans, très vif, « comme la poudre », sobre, pas de syphilis, n'a jamais été malade.

\Perei, sobre, bien {)ortant^ 64 ans, n'a jamais été malade.

)rès vif, emporté, se met en colère à proposée rien, « très original )). — Mère^ 65 ans, pas de maladies antérieures, très active, caractère vif, mais doux, très maigre : Une fille morte du tétanos (t) à 31 ans, à ta suite d^une fausse couche de 7 mois, caractère très doux, très patient, a eu 5 enfants; trois qui se portent très bien ; un mort à 7 mois d'accidents de la dentition, fausse couche de 7 mois ayant entraîné la mort. Pas de névropathes, d'aliénés, de suicidés, de difformes, etc, dans la famille.J

Afére, 27 ans, cultivatrice, pas de maladies antérieures^ quelques névralgies, parait très intelligente, très vive.

I Père^ mort à 43 ans de chagrin à la suite de mauvaises affaires, après 11 mois de maladie. — Afére, 64 ans, très vive^ méchante, « très originale », personne ne fait rien à son goût dans la maison ou hors de la maison. Dix enfanta^ dont 6 morts ; utiQ fille à 22 ans, suite de couches ; un garçon de 15 ans, après quelques jours de maladie à la suite de fréquentes hémoptysies, a toujours été très faible ; les autres tout-à-fait jeunes ; aucun n'a eu de convulsions; les survivants sont bien portants, ont des enfauts qui se portent bien. Une fille à cependant perdu 3 enfants : une fille à 4 mois, cause inconnue, un 2' à 11 mois, mort de convulsions (il en avait eu depuis sa naissance), un 3* à 16 mois à la suite d'accidents de la dentition. Pas de manifestations nerveuses, d'aliénés, etc, dans la famille.]

Pas de Consanguinité. Cinq enfants tous vivants, Talnée est notre malade ; les autres ont toujours été bien portants, pas de convulsions; ils n'ont jamais présenté rien de particulier.

Notre malade : — La mère n*a rien éprouvé de particulier pendant sa grossesse qui a été bonne ; accouchement normal et à terme; l'enfant a été mise en nourrice à 8 jours : ((elle à toujours eu une grosse tète », hydrpcéphalie prononcée ; a été sevrée à un an, propre à 18 mois, a marché à 14 mois (?). Rien de particulier jusqu'à l'âge de 10 ans. Vers le J 5 Août 1883, elle se plaignit d'un mal à la tète très violent ; au bout de 15 jours de souffrances atroces, perte complète de la vue. Deux mois après, le 15 octobre, étant au lit, la nuit, Tenfant appela sa mère, poussa des cris vifs, vomit et eut les membres convulsés, surtout à droite; perte de connaissance : la crise dura de 15 à 20 minutes ; l'enfant eut 17 crises dans les 24 heures. Pendant 6 mois, c'est-àdire jusqu'à la fin d'Avril 1884, elle eut de 1 à 4 crises par jour jusqu'en juin 1884. Depuis cette époque jusqu'au 5 Mars 1885, elle n'en a pas eu, A partir de cette dernière époque les crises ont recommencé avec la mèm« fréquence

et la même intenftiié* Il n'y a jamais eu d'aara; aucun traitement n'a été institué.

15 Décembre 1885. État actuel : —• Tête très grosse, hydrocèphalique, exagération très considérable des Dosses occipitopariétales.

Circonférence de la calotte, 66 centimètres : 28,6 à gauche, 26,5 à droite.

Diamètre transversal 16 centimètres.

Diamètre antéro-postérieur. 20 —

Distance de la crête occipitale externe à la base du nez 89 —

Distance de l'extrémité supérieure du lobule de l'oreille droite, à l'extrémité supérieure du lobule de Toreille gauche .... 33 centimètres : 17 à gauche, 16 à droite.

La calotte crânienne parait très grande par rapport à la totalité de la tète, et elle représente un ovoïde à petite extrémité antérieure et à grosse extrémité postérieure et démesurément développée par rapport à Textrémité antérieure.

Le front est assez haut, 6 centim.; large, 18 centim.; les arcades sourcillières sont très prononcées : le? yeux sont comme dans une excavation. Face régulière, très petite à sa partie inférieure, nez épaté, yeux bleus pigmentés de îaMUQ '^ pupilles à peu près égales (la gauche parait légèrement plus petite que la droite) et démesurément dilatées ; on n^aperçoit qu^un]|2 millimètre à peine de l'iris; cfen^^ petites, bien rangées, excepté les canines qui sont déjetées en dehors ; voiite palatine régulière, symétrique, très profonde à la partie antérieure ; voile^ piliers^ amygdales^ réguliers, luette normale, un peu allongée ; cou très mince, 23 centimètres 5, assez long. — Thorax. Les épaules sont d'égale hauteur, les membres supérieurs sont très grêles : Circonférence du poignet D, 10 centim. ; du poignet G. 9 cent. 5 ; du bras au-dessus du coude, bras D. 13 cent., bras G. 12 cent. 6; tous les muscles sont atrophiés. Membres inférieur: Circonf. au-dessus de la malléole : jambe D. 12 cent. 3 ; jambe G. 12, 1 ; cuisse D. au-dessus du genou 19 centim., cuisse G. 18 cent. 6.

Digestion : — Appétit bon ; digestion facile ; pas de vomissements, pas ae diarrhée^ selles régulières, foie et rate normaux.

Respiration normale. Sonorité normale. — Circulation normale ; les vein,es de la peau sont en général très prononcées ; battements du cœur réguliers.

Sensibilité^ gënëraXe normsAe et éçale des deux côtés du corps. Vue nulle ; la malade ne distingue pas le jour de la

nuit ; une lumière très vive, celle d'une puissante lampe ou du soleil en face, ne donne lieu à aucune perception lumineuse. Ouïe, odorat, goût, conservés et normaux. — Peau terreuse, jaunâtre ; eheoeux châtains, assez abondants ; sourcils et cils noirs, les premiers sont très peu abondants.

Le pènil est glabre ainsi que tout le reste du corps. Organes génitaux externes bien conformés.

Intelligence : Juliette parait intelligente ; elle a quelque fois mauvais caractère ; ne sait ni lire ni écrire; chante assez bien des airs simples et populaires, — Poldu : 19 \i\\o^v. Taille: 108 centimètres.

Quelques mois après son entrée, Juliette a un peu engraissé ; son état général s'est bien amélioré : la coloration jaunâtre de la peau s'est modifiée; très fréquemment, sans crise, elle mouille son Ut, la nuit ; très souvent aussi elle se plaint de violents maux de tète qu'elle ne peut pas localiser,mais qui Tem pèchent de dormir et lui font pousser des cris de doaleur •. (( Aie ! ma tète, aie ! ma tète ! » Lorsque ces fortes douleurs existent. Tappétit diminue ; les pupilles, déjà fort dilatées se dilatent encore plus et masquent presque complètement Tiris.

Le 15 Février 1885 Juliette, qui avait déjà éprouvé de violentes douleurs de tète pendant plusieurs iours et plusieurs nuits, est d'une faiblesse extrême ; elle ne peut se tenir sur ses jambes, et n'a pas entièrement conscience d'elle-même. A toutes les questions que lui adresse Tinfirmiêre et que nous lui adressons, elle répond invariablement : (( Oui, mademoiselle; non mademoiselle ! » On ne peut obtenir d'autre réponse ; cependant elle pousse toujours des cris : « Aie ! ma tète, aie ! ma tète ! »

Description d'un accès, A une heure do l'après-midi, nous la raisons coucher ; à peine au lit, tous les muscles de son corps, sans exception, mais surtout ceux du côté droite sont agités de vibrations^ de secousses comparables aux secousses électriques ; ces vibrations durent plus d'une lieure. Au bout de ce temps, la malade s'étant mouillée, on veut la changer de linge ; une aide la prend dans ses bras. Juliette a alors une véritable crise qui débute parla main droite. Celle-ci est agitée de convulsions toniques qui gagnent bientôt l'avant -bras ; il se contracte et se fléchit sur le bras ; les muscles du bras entrent ensuite en convulsions: le bras s'éloigne du tronc, puis les convulsions gagnent la moitié droite de la face ; la bouche est déviée a droite, et forme un ovoïde à grosse extrémité à droite ; puis les muscles de la cuisse et ceux de la jambe droite sont convulsés, mais moins que ceux du bras. Ceci dure une minute envi-

ron. On replace immédiatement la malade sur le lit; les vibrations continuent dans le côté contracture et non dans Tautre; bientôt le côté gauche est lui-même envahi par les convulsions, mais beaucoup moins que le côté droit. Une minute environ après, les convulsions cessent, mais les vibrations persistent encore pendant quelcjues minutes; puis tout rentre dans l'ordre. L'enfant a Tair fatiguée ; la conscience est toujours dans le même état ; pas d'écume, pas de stertor, pas de coma.

A 4 heures «louvelle crise à laquelle nous n'avons pas assisté, mais tout-à-fait semblable à la première, précédée de vibrations musculaires ayant duré prés d'une demihetire.

Le lendemain Juliette est bien, elle se sent fatiguée, mais n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé la veille ; bien plus les crises ont eu lieu le 15 février; le lundi, et elle croit qu'il est dimanche, dernier jour où elle ait eu toute sa connaissance, lodure de Potassmm à la dose de un gramme par jour.

La malade reprend ses habitudes, se plaint toujours et assez souvent de violents i^aux de tète.

Le 8 Avril, nouvelle crise tout-à-fait semblable à la première.

La tète semble grossir ; la mensuration de la calotte nous donne 56 cent. 5 le 19 Avril ; c'est-à-dire une augmentation de un centimètre 1/2 dans 4 mois. Les bosses occipito frontales, ont l'air de s'accentuer, surtout la bosse Gauche.

Le 9 mai, trois crises^ absolument semblables aux premières observées, mais les Conoulsions débutent à Gauche au lieu de débuter à droite, comme auparavant ; elles finissent par s'étendre du côté Droit.

Le 18 Juin, une crise, débutant aussi à Gauche.

Le 24 Juin, 2 crises débutant encore par la main Gauche.

Le 7 Août nous relevons les mensurations suivantes :

Cirooiif érence de la calotte Diamètre transversal. . . .

Diamètre antéro-postérieur ;

Distance de l'extrémité su< périeure du lobule de l'oreille D, à celui de G. . .

Distance de la bosse occipitale à la base du nez. . :

Taille : 108 centimètres 5. -

57 centimètres: 27 cent*» à D., 29 cent» à G. IG centimètres , soit 1 centimètre de plus qu'en

décembre 1885 20 centimètres ; ce diamètre n'a pas augmenté.

35 centimètres ; soit 2 centimètres de plus qu'en décembre 1885, cette longueur se décompose en 18 centimètres à G.

et 17 centimètres à D., soit une augmentation équivalente de 1 centimètre de chaque bosse occipitale.

)9 centimètres ; cette distance n'a pas augmenté. Poidg: 16 kilos 6.

Le 13 Août, trois nouveaux accès absolument semblables aux précédents ; ceux-ci ont débuté par la main Droite.

Le 23 Août, cinq nouveaux accès présentant c^ussi les mêmes caractères et débutant par la main Droite, La conscience est à moitié abolie. Juliette répond assez bien aux questions qu'on lui pose, mais ne distingue pas la voix des personnes qui lui parlent. Elle répond invariablement : « Oui, rtiadeinoiselle », «non, mademoiselle». Les accès ont été précédés de violentes douleurs de tète, sans siège bien déterminé; ces douleurs persistent après la cessation des accès.

La malade s'affaiblit de jour en jour : elle ne peut plus se tenir sur ses jambes, ni même rester assise. On est obligé de lui faire garder le lit. L'appétit diminue ; Témaciation est extrême ; Tintelligence s'obscurcit de plus en plus. Cris hydrencéphaliques presque continuels.

La mort survient sans nouvelles convulsions le 10 janvier 1887.

Autopsie : 20 heures après la mort ; taille^ 109 centimètres ; poids ^ 15 kilos.

Circonférence de la calotte : 59 centimètres: 20 cent*^ à D., 30 cent®* à G.

Diamètre transversal. ... : 17 centimètres , soit 1 centimètre de plus qu'en

août 1886.

Distance de l'extrémité supérieure du lobule de l'oreille D, à celui de G. . . : 37 centimètres ; soit 2 centimètres de plus qu'en

août 1886, Le diamètre antéropostérieur, et la distance de la base occipitale à la base du nez n'ont pas augmenté.

Adhérences très tenaces de la dure-mère au niveau des sutures pariéto-frontales et pariétales ; la voûte crânienne n'a guère que 1 millimètre ou 1 millimètre et demi d'èpaiseur, excepté à la région frontale, à la partie tout-à-fait antérieure, au niveau des cellules ethmoïdales, et à la région occipitale, à la partie tout-à-fait postérieure, où Tépaisseur est de 3 à 4 millimètres.

Il s'écoule une certaine quantité de liquide citrin, situé entre le crâne et la dure-mère ; pas une goutte de sang ; les sinus sont complètement vides. Du liquide en plus grande quantité s'écoule après que la dure-mère a été incisée ; et après que le cerveau a été extrait de la boîte crânienne.

Cerveau : Poids 1 k. 470. Hémisphère gauche. — Toute la moitié antérieure du cerveau gauche est très ramollie ; surtout au niveau des 3* et 2« circonvolutions frontales dont la substance esttellement ramollie qu'il est assez difficile

de les distinguer nettement. Quant à la 1'* frontale elle est bien moins ramollie à sa partie externe aue les deux autres; sa partie interne, extrêmement amincie, donne issue à une tumeur sur laquelle elle est intimement liée. Cette tumeur qui se dessine assez bien au-dessous des frontales a comme refoulé en dedans THèmisphère droit dans sa partie antérieure et S' y est, pour ainsi dire, encastrée. Cet hémisphère mesure 25 centimètres dans le sens antèro-postérieur ; son diamètre* tranverse au niveau de la tumeur est de 12 centimètres 6, son poids, tumeur comprise, est de 778 grammes. Les Circonvolutions de la face convexe sont saines quoique cependant légèrement ramollies.

Tumeur : Elle est située dans le ventricule latéral audessous des Circonvolutions frontales dont elle occupe les 4;5 antérieurs; comme nous venons de le dire, elle est intimement liée â la partie interne de la l'* frontale ; elle semble, en arrière, avoir un pédicule à 4a partie antérieure de la couche optique à laquelle elle est intimement liée. On ne peut en effet la détacher sans enlever des fragments de substance nerveuse ; le tiers antérieur de la circonvolution du corps calleux est réduit en bouillie ainsi que le corps calleux lui-même à ce niveau. Le nerf optique est aussi en bouillie de ce côté, un peu moins de Tautre.

La tumeur a la forme et la grosseur d'un poing fermé d!adulte; son plus grand diamètre qui est transversal^ mesure 10 cent. 8 ; son diamètre antéro -postérieur mesure 7 cent. 5. Son poids est de 255 grammes, elle est comme bosselée sur presque toute sa surface.

Examen de la Tumeur. — Voici la note qui nous a été remise par M. Rochon-Duvigneau, préparateur d'Histologie pathologique à la Faculté de médecine de Bordeaux : ce A un faible grossissement, la tumeur peu riche en vaisseaux, se présente comme formée par une substance fondamentale fibrillaire parsemée d'un grand nombre de petites cellules à gros noyau fortement coloré. Les fibrilles de la substance fondamentale forment des faisceaux d'épaisseurs diverses^ orientés dans tous les sens.

(( A un plug fort grossissement on reconnaît : 1*" Que la paroi des vaisseaux est généralement normale ; 2*» que les cellules, très nombreuses, sont de petites cellules à gros noyau (donc peu de protoplasma) généralement arrondies, quelques-unes fusi formes ; 3<* la substance fondamentale est formée de fines fibrilles colorées en jaune par le picrocarmin et peu réfringentes (deux caractères par lesquels elles diffèrent des fibrilles conjonctives que lô picro-carmin colore en rose, etqui sont très réfringentes )*; 4^ comme élé-

ments accessoires, on rencontre une grande quantité de grains de subttianee colorante brune, uinorphe. provenant de la transformation d^anciennes hèmorrhagies interstitielles, comme il en existe de récentes en d'autres points de la tumeur.

(( En somme cette tumeur peut-être considérée comme un sarcome névroglique, à organisation névro^lique incomplète. Dans le vrai sarcome névrofflique (gliome) il existe un réseau de fibrilles qui n'est pas bien caractérisé ici lù.

Hémisphère droit : — Poids, 545 grammes. Diamètre antéro-postérieur, 22 centimètres ; diamètre transverse, 10 centimètres. Cet hémisphère est donc sensiblement plus petit eue le gauche. La partie inférieure des cht^onvolutions frontales léj^èretnent ramollies, est refoulée en dehors par la tumeur qui dépasse la scissure interhémisphérique ; les circonvolutions de la face externe sont saines^ et, à part un léger de^é de ramollissement ne présentent aucune lésion méritant une ' mention spéciale. Le ventricule latéral contient une assez grande quantité de liquide citrin, ainsi que le ventricule moyen.

Cervelet et Isthme : — Poids 147 grammes. Normaux.

Hien de particulier à noter dans les autres organes.

Parmi les Epilepsies partielles, et dans celles-ci, parmi les Epilepsies hémiplégiques propremcrit dites, il y en aune à laquelle on peut donner le nom dnpilepsie hémiplégique^ infantile^ sur laquelle nous ne nous étendrons pas longtemps, mais dont nous devons cependant dire quelques mots. Cette épilepsie a e'té étudiée par Cotard, Bourneville, Wuillamie', etc. ; elle débute chez de jeunes enfants par de convulsions, se répétant le plus souvent sous forme d'état de mal; elles sont, elles aussi, limitées à un côté du corps, ou tout au moins prédominent d'un côté à un haut degré.

Les convulsions sont suivies , plus ou moins rapidement, d'une hémiplégie du même côté, qui peut être plus ou moins complète et se complique le plus souvent d'arrêts de développement, de contractures, d'hémichorée, d'athétose, de troubles trophiques divers, enfin, mais rarement d'hémîanesthésie.

Après un temps indéterminé et très variable, surviennent des crises épileptiques souvent précédées

d'aura ; le malade sent venir son accès; il prévient, il peut, s'il lui est resté suffisamment d'intelligence, se garer d'une chute brutale. Ces crises sont parfois réellement partielles et- limitées au côté paralysé, surtout au début ; d'autres fois elles sont généralisées avec prédominance, des accidents du côté paralysé. ' Dans ce genre d'Épilepsîe, il est de règle, d'après M. Bourneville, lorsque les malades ont atteint une trentaine d'années, de voir les accès épileptiques s'éloigner de plus en plus pour disparaître complètement vers l'âge de 40 ou 5o ans (Wuillamié).

Il n'y a pas à la suite de TEpilepsie Jacksonienne, pas plus du reste que dans l'Epilepsie hémiplégique mfantile, la phase de sommeil stertoreux qui succède presque toujours à l'accès de mal comitial, car aussitôt que les Convulsions cessent, l'épileptique partiel reprend progressivement possession de ses facultés intellectuelles ; s'il a perdu connaissance pendant l'attaque il revient à lui, soit à l'instant même où la dernière convulsion vient de finir, soit après quelques, secondes à peine d'hébétude encore assez peu caractérisée. Il raconte avec netteté ce qu'il a ressenti au début; il indique avec précision le siège des Convulsions initiales et se souvient même de leur mode d^envahissement.

En revanche l'Epileptique partiel présente fréquemment avant et après ses attaques des phénomènes d'excitation cérébrale et de paralysie transitoire ou non dont nous allons nous occuper.

Etat anté-paroxysmal: — Outre le phénomène de VAura qui précède de bien près les accès Convulsifs de l'Epilepsie partielle, quelques malades ressentent parfois des jours ou des semaines avant l'accès certains symptômes caractéristiques : Les uns seront dépourvus d'appétit depuisrdeux ou trois jours ; les autres ressentiront une céphalalgie violente, avec sensation de brûlure sur la moitié du front, ou sur la région temporo-frontale, du côté opposé aux Convulsions, céphalalgie qui peut quelquefois persister depuis un an et demi;. des éblouissements dans l'œil du côté convulsé, deux ou trois. jours

avant chacune des attaques. Le plus souvent une lassitude générale, avec malaise, sans localisation distincte, une impression morale antérieure, une petite querelle de famille ayant amené la tristesse pendant deux ou trois jours, des sentiments de peur assez fréquents durant lesquels le malade redoute rapparition de la crise, une contrariété, le bruit monotone d'un chant lugubre, la vue d'un enterrement, pourront être la cause prochaine des crises ; d'autres fois elles reviendront régulièrement à chaque changement de temps, surtout si le temps devient orageux, à chaque époque menstruelle. Un. malade faisait remarquer à M. Pitres, que lorsqu'une attaque se produisait, il avait toujours dans la nuit précédente accompli l'acte conjugal.

Etat post'paroxysmal : — Indépendamment et en dehors des attaques, le malade peut encore présenter quelques troubles psychiques post-épileptoïdes, consistant en hallucmations de la vue et de l'ouïe; il peut souvent avoir des aèZ>^rr^//o«5 telles, qu'il ne reconnaît plus les personnes et les confond toutes ; souvent aussi il se figure avoir devant les yeux des machines, des obiets bizarres ; il voit des couleurs, du bleu, du rouge ; une de nos malades voyait un grand cercle jaune, et croyait apercevoir des petites bêtes dans toute la chambre ; d'autres croient apercevoir des personnes qu'ils connaissent, vêtues de blanc, ou des animaux réels ou fantastiques ; du côté de l'ouïe ce sont des bourdonnements d'oreilles, des sifflements de locomotives qui ont une durée variable.

Les attaques convulsives d'une certaine intensité sont le plus souvent suivies d'un besoin considérable de sommeil ; celui-ci est profond mais non réparateur, car Ip malade se réveille après plusieurs heures avec une lassitude extrême ; il ressent une fetigue excessive, un accablement complet; il est abattu, brisé ; il éprouve une céphalalgie intense, un malaise général qui le rendent impropre au travail ; il reste pendant une heure ou deux avec de la diplopie ; il a la vue trouble, un clignotement continu

et fatigant des paupières qui possible. Dans 1 intervalle des

rend la lecture im* accès les idées perdent de leur netteté, de leur lucidité, deviennent vagues ; Tintelligence s'obscurcit ; le malade est danis l'impossibilité d'établir des comptes, de faire des additions ; la mémoire s'affaiblit, surtout celle des faits récents. Un malade de Hirt, traité avec succès par l'application de vésicatoires au-dessus de l'aura, se sentit pendant longtemps, ' après la disparution des attaques, si mal à l'aise, si abattu et si incapable de travail qu'il eût préféré ses accès d'autrefois au bien être relatif actuel.

Immédiatement après l'accès, le malade éprouve souvent de la disphasiCy de l'hésitation dans le langage : s'il trouve facilement le mot qui est nécessaire à 1 expression de sa pensée, il a un embarras assez grand pour la prononciation des mots ; il parle avec difficulté, en bégayant, il a une façon de répéter les mots qui frappe au premier abord. Si au contraire, il a une certaine difficulté à trouver le mot propre, la parole devient lente, hésitante ; le malade cherche longtemps ses mots et s'impatiente de ne pouvoir exprimer nettement sa pensée. Il substitue un mot à un autre ; il dit, par exemple : « Je vous remenons », pour « je me rappelle >, ou émet des syllabes séparées appartenant à différents mots. Un malade de M. Pitres, commençait quatre ou cinq phrases, puis il s'arrêtait et disait : « Je ne me rappelle plus ». A ce moment il était incapable d'exprimer aucune pensée ; il ne cherchait même plus a le faire, et se contentait de répéter : « Ça me préoccupe ! ça me préoccupe ! » — Un autre malade avait après l'accès des vertiges et la sensation de chute dans le vide : un autre une sensation de pesanteur considérable à la nuque, presque aussitôt accompagnée d'une impression particulière, un vent violent qui parcourait la face postérieure du tronc, depuis l'extrémité inférieure des lombes jusqu'à la nuque.

A ces troubles se joignent quelquefois des troubles psychiques consistant en impulsions violentes qui poussent le malade malgré lui à commettre des

actes conscients, mais déraisonnables ; à bousculer, par exemple un passant en dehors du trottoir, tout en sachant bien que c'est un acte absurde, capable de lui attirer des désagréments. Le malade qui présentait ces troubles, observé par M. Pitres, était un jour « dans la rue occupé à se faire cirer, tenant par la main sa petite fille. Tout-à-coup il ressent un vertige giratoire. Il se dirige aussitôt dans un café voisin, et ouvrant la porte, dit à la maîtresse de l'établissement de ne pas s'inquiéter de ce qui allait se passer. A vrai dire, il n'éprouvait en ce moment aucune convulsion, et son bras gauche n'était nullement raide. Ayant alors demandé ce qu'était devenu sa fille, le maitre du café s'approcha de lui. Il crut au même instant reconnaître son propre frère, et se figura même qu'il lui disait (de sa voix ordinaire qu'il reconnaissait bien) : « Ne t'efifraye pas, ce ne sera rien, à quoi le malade répondait à son tour : — Ah! que je suis heureux que tu sois là, mon trère !» — En même temps de grands bruits (bruits d'usine), semblèrent retentir à ses oreilles, puis le malade revint tout-à-fait à lui, sans avoir perdu connaissance. Le tout avait à peine duré trois minutes. Pendant le reste de la journée, il se sentit très fatigué. » Soit avant, soit après l'accès, il lui arrivait aussi fréauemment d'avoir des hallucinafions analogues dans lesquelles son frère « était brusquement survenu devant lui, et lui demandait de ses nouvelles, lui donnant à son tour des siennes, et lui faisant voir une lettre qu'il tenait à la main en l'agitant. ». Une autre fois il se figura que son membre supérieur tout entier, sujet aux Convulsions, avait acquis un développement énorme en épaisseur et non en longueur. Voici une autre hallucination du même malade : « Vers deux heures de l'après-midi, raconte le malade, étant au milieu de la salle (d'hôpital), je me suis senti tout-à-coup transporté comme par enchantement à Villeneuve, (petit village, près de Béziers, où le malade avait travaillé autrefois). Là, j'ai vu mes anciens patrons qui, me regardant et me faisant signe avec les doigts, me dirent à plusieurs reprises ; « Tu ne

t'en sortiras pas.... tu ne t'en sortiras pas ! » — J'ai cherché alors à repousser de la main tous ces individus qu'il me semblait \ o.ir, bien que cependant je me rendisse compte que j'étais à l'hôpital, tout en n'y étant pas, et que j'eusse appelé plusieurs malades pour me secourir; mais toujours j'entendais les mêmes voix me dire : « Tu ne t'en sortiras pas.... Tti ne t'en sortiras pas ! i> Cela dura environ vingt minutes pendant lesquelles je marchai très vite d'un bout de la salle à l'autre. A la fin cependant, pris de peur, je me réfugiai vers mon lit et aussitôt j'éprouvai une sensation de déchirement au cœur qui me laissa sans force aucune ».

Ces hallucinations ne durent généralement que quelques minutes; cependant elles peuvent avoir une durée plus longue, puisque celle que nous venons de rapporter dura environ vingt minutes.

Quelquefois le malade devient irrascible, inquiet; il a des alternatives.de pleurs et de rires sans sujet. Enfin, on a observé après les accès répétés, surtout à la suite de l'état de mal épileptoïde, des troubles plus profonds et plus durables : ainsi M. Bourneville a observé un cas où le malade « avait été comme fou pendant un mois ; il ne reconnaissait que sa mère ; ne parlait pas, ou répétait : « Ah ! est-ce bête ! » Ses actes étaient niais. « Au bout d'un mois la raison était revenue comme auparavant ».

Paralysies transitoires : — Après l'attaque épileptoïde le malade peut être atteint de Paralysie plus ou moins étendue, et plus ou moins complète.

Ce phénomène avait été observé et remarqué par Saillant, et par Andry et Thouret en 1778-79; le premier avait noté que les parties convulsées, « devenaient plus faibles » après l'accès; les seconds avaient observé de V engourdissement^ de la fatigue^ et de V affaiblissement des membres convulsés qui étaient « privés de mouvements et de sentiment, comme si ces parties étaient paralysées »; enfin ils avaient aussi noté expressément de \diparalysie de la moitié du corps »; ce phénomène les

avait même beaucoup frappés, l^uisqu'ik disent 4ans leur rajpport^ oue ce; point mérite 'Une grande attentian ». Bravais a son tour, /étudiant YFpiïepsie Hénupiégiquej a signalé à la suite des accès, une ffidbîesse variable du côté où ont si^^é les Convulsions, et noté les paralysies consécw^ves aux Convulsions épikaptiformes. En 1841, Rpbert B«itley Todd étudia aans ses leçons cliniques T/f^i^/^if^/f Epileptique. < Un malade, dit-il, a une attaque 4ê nature manifestement épileptique, au sortir de laquelle il est hémiplégique. Généralement le côfé faralysé est celui qui a été seul convulsé ou qui a été plus violemment que Tautre », et il raiyp^otte 9 Observations tout-à-fait démonstratives. ÎMLai^ ce n est que dans les travaux de H, Jackson et de^ observateurs qui vinrent après lui que ces faits otà été particulièrement et complètement étudiés.

Les Convulsions peuvent se produire sur dei membres déjà complètement paralysés (Epile|)sie Hémiplégique), ou en partie guéris de leur hémiplégie : dans ces cas la paralysie est survenue sàn^ convulsions et le malade a commencé par être hémiplégique ou monoplégique avant de devenir épileptique ; dans d'autres cas les Convulsions peuvent se produire sur un membre, ou sur un côté, qui à la suite de Convulsions précédentes sont en partie ou totalement paralysés, et le plus |

souvent contractures et plus ou moins atrophiés {Epilepsie hémiplégique spasmodique infantile). Nous ne nous occuperons pas de ces caS et nous étudierons seulement les Paralysies post-épil^ptoîdes transitoireSy ainsi que les a appelées M. Dutil, qui surviennent après des accès d'Epilepsie partielle, surtout chez des malades atteints de Convulsions toniques qui, avant Taccès, n'étaient pas du tout paralysés, comme celui deiiotre Observation I, et qui, immédiatement après la crise, voient leurs muscles qui ont pris part aux Convulsions atteints de Paralysie.

Cette Paralysie siège sur les membres primitivementou exclusivement envahis par les Convulsions, et sur les muscles qui ont été atteints les premiers et 1 i

qui ont été le siè^e des Convulsions les plus fortes; son intensité varie depuis la Parésie la plus légère jusqu'à la perte de force absolue du membre, et diffère absolument des autres Paralysies hémiplégiques permanentes, quelles qu'en soient les causes, car elle est intimement liée avec les convulsions qui la provoquent; prenant naissance immédiatement après elles, et s'atténuant et disparaissant spontanément quand elles ont cessé, au bout d'un laps de temps qui peut varier de quelques minutes à quelques semaines.

Les Paralysies et les Convulsions partielles ne sont pas entre elles dans des rapports constants, car il peut y avoir des Convulsions épileptiformes sans Paralysies, comme aussi il peut y avoir de la Paralysie corticale sans Convulsions épileptiformes. Il n'y a pas non plus de rapports constants entre l'intensité des Convulsions et l'intensité de la Paralysie post-épileptoïde ; car la Paralysie peut être moins prononcée après de forts accès qu'après des petits ; cependant plus les Convulsions sont étendues, plus aussi la Paralysie peut être étendue. Si les Convulsions ne commencent pas subitement et si elles s'étendent lentement, elles sont plus limitées, et durent plus longtemps et la Paralysie consécutive est tout-à-fait localisée. C'est ce qui arrive quand on applique une ligature sur le membre convulsé, au-dessus de l'aura : les Convulsions sont le plus souvent arrêtées, mais le membre est alors constamment paralysé d'une façon temporaire après chaque crise; la Paralysie est alors plus marquée qu"elle ne l'aurait été si on avait laissé les Convulsions s'étendre librement, mais aussi elle est beaucoup plus limitée.

Si au contraire les Convulsions sont subites et s'étendent rapidement, ou se généralisent, il peut ne pas y voir de Paralysie ou, si elle existe, elle peut être très peu prononcée, très légère : elle peut se réduire à de la simple « faiblesse », mais elle est alors très étendue.

La Parésie et la Paralysie sont le plus souvent

flaccides : quelquefois cependant les attaques e'pileptiformes laissent après elles des ContractureSy douloureuses ou non, limitées aux membres envahis, principalement à la main, au poignet et aux oreilles. Ces contractures, comme !les Paralysies, se dissipent rapidement. On a aussi remarqué que lorsqu une Parésie ou une Paralysie passagère avaient succédé à une attaque, les Convulsions revenaient lorsque le malade voulait exécuter un mouvement volontaire, ou lorsqu'on explorait ces régions, principalement pour étudier un autre phénomène qui accompagne souvent les accès épileptiformes et qui marche de pair avec la Paralysie, nous voulons parler de Vexagé ration des Réflexes.

Etat des Réflexes : — L'état des Réflexes après les accès d'Epilepsie Jacksonienne, a été étudié par MM. Westphal, H. Jackson, Neatby, Beevor, Gowers, Fr. Mûller, Charcot et d'autres observateurs. H. Jackson, dans notre Observation I, a constaté Texistence du Clonus du pied, et l'exagération très marquée du phénomène du genou, pendant la période de Paralysie, et du côté Paralysé. Ces phénomènes ne furent plus retrouvés après la disparition de la Paralysie. Neatby, Beevor et Gowers, cités par H. Jackson et Charcot, ont aussi observé que les réflexes sont, dans la majorité des cas, exagérés dans les membres atteints par les Convulsions, et ont, comme H. Jackson, quelquefois constaté le Clonus du pied. Westphal a cependant noté quelquefois Tabsence du phénomène du genou après les accès. Gowers a aussi observé un cas analogue où Tabsence du phénomène durait une minute au moins. Chez la malade de notre Observation IV, nous avons très nettement constaté l'exagération très marquée du phénomène du genou du côté paralysé immédiatement après Faccès et dans l'intervalle des accès, surtout pendant les premiers jours; de l'autre côté légèrement atteint par les Convulsions, mais non Paralysé, ce phénomène était aussi exagéré dès le début, mais à un degré moindre ; plus tard il devint normal de ce côté, tandis que le dixième jour après la Paralysie il nous

- 6ft-

aété pkisieurs fois impossible deJ'obtenir immédiatement après une crise:

Les autres réflexes tendineux du poignet et du cpi^de, ont été aussi trouvés, exagérés; nous n'avons^ pas eu roccasion de les observer chez mos malades.

Il y a donc certaines diiFérençes dans les Réflexes. Ce. phénomène n'a pas d'^illeur^ ét^ encore assez bien et assez, souvent étudié ppur en- tirer une. concjusion.

Aphasie p.osUépiJepJûîdip'. — D*i>Sr quelquesxas, eî particulièrement d^i^^, qeux où les ConvulwpD» sQjjt limitées au côté droite IL y a api^ès l'accès et avec la Paralysie une Aphasie tenlp^airQ^ qui, elk aussi, peut avoir des degrés et s'étçu4ire depuis la simple gêne, presque inappréciable de la parole et dç Tarticulation des mots, jusqulà l'Açhasie complète, et qui peut être considérée comme uneiorme djçiParalysie post-épileptolde.

L'A^ph^sie aprè^ les acc^Sx d/Ejp^lepsie parneUer ava^t été notéepar Àiîdry et Thour;et,.chez l'enfant dojît nous avonç résumé TObs^rvation (pjag. 21); ils di]sç|it .en propres termes^ qi^,. « l'enfant demeura sanspa.t'olayy pendant troi^isemaines et qu'au bout d^; ce temps « il recouvra Japqrole,,^K Bravais ne r^YÉUt point observée, pi^isqu'il dit expressément au sujet de Sébastien Roy : « la parole n est nullement gênée ».

Gette complication de J'Epilepsie partielle est, diaprée H. Jackson plusr fréquente, lorsque les accès commencent daiUs la main^ le côté^ la face ^ ou la lançue, EUe peut seproduir.e lorsque le^spasme est limjté à la jambe ; il faut alors qu'il soit très prono|icé, H. Jack§on n'a. trouvé qu'une seule fois de rA$)hasie après des accèçicoi^mtençant dans le pied.

Dans certains cas l'Aphasi^: se manifeste aussitôt aprèSique le malade a repris^ çonp,aiss:ance, après de. très forts accès. Dans dautres cas, elle peut survenir; sans qp'il y ait pefte do; connaissance. H. Jackson est d'avis que lorsque l'accès commence dans la face, dans la l^^ue^ ou ^ dans les deux, l'aphasie n'est, en quelque sorte, que de Vataxie

à^rarticuiàtiûn) car le malade' prôilonce utirAê^ lange cùùfiiB de sjllabes. Si i' Aphasie Vletit- aprè^ un accès ayanrson point dé départ dans la mairi ou dans lepfed, it arrive le plus souvent que lès môti^ sont bien artitulés^, mais, oii bien à faux cortlme le malade de M. Pitres qpî* disait : « JéVotis ramenons»', p(>ttt* « je merappelle », ou bien en plMSe^ courtes bien définiesy comme « très^fien », « çâ^me préoccupe », etc-

Dkns quelques cas d'Aphasie, toÊiV épîleptôîd^ (pae produite d'une autre façon, le malade est dans 1 îtnpossSjflité de^ faire sortir sa langue, lorsqu'on le lui commande, quoiqu'il la remue très bien, pour' manger, pour avaler, et qu'il la sorte- nâême en dehors du comfmandement et comme par. «accident ».

Nous^vons dit que l'Aphaste surveriàit partkùlièremem après (i) dés Convulsions épilepttforînes limitées au côté droit. On peut aussi Tobierver après des Convuhions dû côté gauche, cô qui s'observe dtos rHémorîhagie cérébrale chez les gauchers. Au' Congrès de Londres,, le docteur H^ermann \^b^r, de Londres, fit observer qu'il avait vu deux fois ce phénomène se produire chez un homme de^ 24 ans, atteint d'affection mitralè. Les attaques commençaient par des Convulsions et de la rigidité -de la jambe et du bras gauches; elles étaient suivies- d'inconscience momentanée et d'amnésie pendant deux minutes environ. Les accès étaient

(1) il y a cependant dés exceptions, car le IK' AHeh Sturgë, de Nice, a observé troi» cas^ qu'il a brièvement analysés an dmgtki de Londrei (page 20), dans lesqnel» TAphaste était un des phénomènes primitifs d'une attaque épileptiforme. Deux de ces cas se rapportaient à des femmes dont les crises commeliçaient pai* des contractions du côté' gauche de la -face; DantK un cas, lesTcoAvulsioais gagnaient' le bras droit ; la conniûssance n'était pas. abolie ; dansrl'autre cas, elleà envahissaient le bras et la jambe et il y avait perte de comiaissance. Dans les deux cas les malades perdaient l'usage de la parole aussitôt après le début des convulsions de la face. Questionnées après que l'accès fut passé, les deux* malades répondaient <{ qu'elles ne savaient pas » pourc[uoi elle ne pouvaient pas parler « mais qu'elles ne pouvaient pas trouver les mots.- » Le troisième cas était celui d'un homme dont les accès commençalesEt par la jambe droite, gagnaient le bras droit et ensuite le côté droit de la face. Tantôt il y avait perte de connaissance, tantôt il n'y en avait pas. Le malade disait qu'il perdait la parole lorsque les convulsions envahissaient la face. . ' •

suivis de faiblesse, allant jusqu'à la Paralysie du côté gauche, faiblesse qui disparut graduellement dans respace de 2 à 5 jours. L'Aphasie, bien observée de prime abord, disparut graduellement dans la quinzaine. Le malade en question se servait avec une égale facilité de ses deux mains. Il n'était pas cepenaant gaucher; il écrivait de la main droite. M. Brown-Séquard, a vu aussi des cas d'aphasie consécutive à des Convulsions du côté Gauche. Une de nos malades (Observation VII) eut de l'Aphasie complète pendant quelques jours, après avoir eu de ladisphasie dans l'état de mal épileptiforme avec Convulsions absolument limitées au côté gauche et débutant par la face.

Symptômes divers : — Le docteur Franz Mûller de Graz, a souvent observé des symptômes oculopupillaires accompagnant les Convulsions unilatérales. Dans i5 cas sur 18, il a observé sur Toeil du côté convulsé du rétrécissement de l'ouverture palpébrale et dans i3 cas il y avait en même temps rétrécissement de la pupille ; dans deux cas seulement elle était dilatée ; elle réagissait presque toujours assez promptement au moyen de l'éclairage et de l'obscuiité cornbinés, même lorsqu'il y avait des Convulsions peu prononcées. Nous n'avons jamais noté du rétrécissement pupillaire, mais une dilatation très marquée qui précédaitimmédiatement l'attaque. Chez nos trois malades ce phénomène était si marqué que toutes les fois que nous avons été auprès d'eux au moment des accès, nous, avons pu annoncer l'apparition de la crise quelques secondes avant son début, rien qu'en constatant cette dilatation soudaine et prononcée tant du côté convulsé que de l'autre. Le rétrécissement de l'ouverture palpébrale a été aussi constaté une fois par nous, mais il n'est jamais aussi considérable que dans les cas de Paralysie ordinaire de l'élévateur de la paupière. — Dans 7 cas, Mûller a aussi observé que le bulbe oculaire était alors profondément placé et comme refoulé dans la cavité orbitaire.

Tous ces phénomènes se produisaient sans qu'il y eût. rien d'anormal dans l'mnervation motrice des

yeux ; de même Texamen ophthalmoscopique fut toujours négatif, et la capacité visuelle centrale, ainsi que le champ de la vue n'étaient jamais altè-

res.

Westphal a observé plusieurs cas d'Hémiépilepsie avec de YHémianopsie\ MM. Charcot et Pitres, ont aussi observé un cas d'Hémianopsie latérale gauche avec Hémiplégie Gauche et attaques épileptiformes localisées à la face, au cou et au bras ; un cas intéressant â été observé par Pooley chez une malade atteinte d'attaques épileptiforme's à droite avec hallucinations de la vue ; le champ visuel était normal au premier examen ; plus tard on constata de FHémianopsie latérale droite à début soudain, guérie, puis revenue quelques jours plus tard.

Plusieurs auteurs ont aussi signalé et nous a\ ons observé chez une de nos malades de très fréquents vomissements dans les premiers jours de Tétat de mal épileptiforme ; la malade ne pouvait garder aucune espèce de boisson, ni chaude, ni froide. Ces vomissements s'arrêtèrent le troisième jour.

Quant à l'état de la température^ sous l'influence des accès isolés elle ne s'élève que de quelques dixièmes de degrés, un degré au plus ; des mensurations faites par Mûller et souvent répétés dans les conduits auditifs, ainsi qu'à la face, ne démontrèrent aucune différence sensible entre les deux moitiées de la face ; de même il n'existait entre les deux côtés aucune différence dans la tension vasculaire. Quand les accès se multiplient et constituent un véritable état de mal, la température s'élève assez sensiblement au-dessus de la normale, mais nous ne l'avons jamais vu dépasser 38**5, chiffre maximum noté aussi par M. Bourneville.

En outre, dans l'état de mal épileptiforme, le malade, bien qu'hébété, ne tombe pas dans le coma tandis que dans l'état de mal épileptique classique, la température, s'élève rapidement de plusieurs degrés et le malade est plongé dans le cpma le plus profond.

Le 4Q<<teur Giaiipand a publié Fol^ôervation d'u»e .malç^k qui indépendamment de )a teate^r du pouU sîgfi^lée 4'abord par M. Charco*, pyis par MM. Bourneville, Tripier, Blondeau et Tnichet, sous k nom de -pouls Jent avec crises épileptiques, avait du côté du gœur, des troubles rhytaoïiques caractérisés par des tapements deux ou trois fois plus nom* breux que ceux qui étaient perçus par la radiale. A l'approche de chaque crise d'Epilepsie Jacksonnienne, on constatait chez cette malade, de la façoo la plus nette, un ralentissement plus marqué du pouls et sa suspension pendant la dufée de la crise.

Pour terminer ce chapitre nous donnerons une Observation prise par nous dans notre service, et qui a présenté quelcjues particularités intéressantes.

Observation iv (personnelle, résumée).

Snfsmt naturel. — Convulsions dans la première enfance; intelligence très peu développée et mise en éveil par la musique: on arrive à faire lire la malade après plusieurs aunées de travail.

A r&ge de 26 ans apparaissent des vraies crises d^épilepsie, accès convulsiiîs généralisés, sans prédominances d%ucun côté du corps, survenant par séries.

A rage de 35 ans, douleur frontale et fronto^pariétahe gauche, sans coups^ sans blessure d'aucune espèce, HS accès œMdilemie Jacksonienne à droitej débutant par I4 face, puis s'étendant au membre supérieur B. et ensuite au membre inférieur D. Aphasie Gomplète, mais n'ayant duré que quelques jours. Paralysie transitoire du membre inférieur D.

L'Epilepsie vraie suit ensuite son cours habituel.

Douze mois plus tard réapparition dé la Céphalalgie, 24 accès épileptiformes dans une nuit ; puis 4 mois après, mêmes accidents, série de 271 accès épileptiformes en 12 jours. — Description d'un accès. — Sensibilité générale considérablement diminuée, surtout du côté convulsé. Exagération des réâexes. Paralysie transitoire des membres D. — Disphasie. 4 mois plus tard, nouvelle série de 258 accès énilevtiformes en 7 jours. Les Convulsions débutent toujours par la face; elles s'étendent ensuite au

membre supérieur Droite puis âu membre inférieur du même côté^ comme auparavant Pendant les derniers Jours elles s'étendent à ff., mais elles sont peu prononcées de ce côté.

Mort. — Abcès du cerveau, de la grosseur d'une noisette, au niveau de la partie inférieure et corticale du tiers supérieur de la Frontale ascendante G. Adhérences de la duremère au cerveau, au-dessus de Vabcès sur une étendue de 3 centimètres dans le sens antéro-postérieur et d'un demi centimètre de largeur. L'inâammation de la dure-mère et les adhérences s'étendent un -peu sur VEémisphère D.

Atrophie de VEémisphère â, poids, 427 grammes; le droit pèse 510 grammes,

Caroline D.... née le 28 Octobre 1849 à la Clinique de Paris, enfant naturel, aucun renseignement sur la mère. Un certificat médi<îal, daté du 30 juin 1853, constate que Caroline « est très sujette aux Convulsions ». A cette époque elle était dans un état d'Idiotie è i^eu près complète ; elle fut ramassé dans les rues de Paris ; « elle était affreuse à voir et ressemblait plutôt à un petit monstre, qu'à une créature humaine ». Pendant bien des mois elle résista à tousles efforts deM. John Bost, Thommedévouéqui lui avait donné asile dans sa propre maison et qui « s'occupa de son éducation ». La musique lui vint en aide. Caroline apprit de petites mélodies, au son de l'harmonium, puis prononça quelques mots et enfin on put, après bien des mois, lui apprendre à lire.... puis à coudre. L'intelligence est toujours restée bien au-dessous de la moyenne: Caroline se développa physiquement et intellectuellement, et grandit sans avoir d'autres accès convulsifs.

Vers le milieu d'août 1875, à 26 ans par conséquent, apparurent des crises d'Epilepsie vraie et tout-à-fait caractérisées, sans prédominance d'aucun côté : pas d'aura ; cri initial, perte subite de connaissance, convulsions, généralisées, écume à la bouche, stertoF, coma, etc. ; ces crises survenaient quelquefois par séries de 4 ou 5, parfois même de 10 dans une journée ; quelquefois elles étaient isolées, avec des intervalles de rémission complète allant jusqu'à 60 jours.

Nous ne Tavons observée que depuis la fin de 1883, mais des personnes des Asiles qui avaient vu ses accès depuis le début jusqu'à cette époque nous ont positivement affirmé qu'ils ont toujours présenté les mêmes caractères.

Du 1*' Janvier 1884 au 5 Novembre de la même année, la malade a 40 accès d'Epilepsie vraie.

Le 5 Novembre 18S4, la malade qui se plaignait dei plusieurs jours truite vialente douleur au niveau de la b^ froutale gauche et de la suture franto-pariétale du mi coté (sans a^oir reçu de coup sur cette région^ et sans a fait de chute)» deux accès dans lesquels les CouvuUi sont absolument localisées à droite, saim cri iniliaL II subitement déviation conjuguée des deux yeux à gaut rotation de la tête à gauche \ convulsions des mu5 innervés par le Facial inférieur droit, presque en m temps ((quelques secondes après) \ convulsions du raen supérieur droit; puis convulsions moins marquées du ni bre infèrieui* du tnéme c6tè. Le lendemain et les jour^ vants les mêmes accès se répètent avec une assez grn fréquence. Aphasie passagère, mais complète; Parai transitoire du membre supérieur D.; Parèsie du meti inférieur D,

Du 5 au 21 Novembre, il a été noté 248 accès èpih formes. Notre attention, à cette époque, n'étant pas pc sur ce sujet spécial, nouî5 n'avons malheureusement observé ce cas avec tout le soin désirable.

La malade reste sans crises d aucune sorte du 22 vembre 1884 au 27 Janvier 1885 ; puis apparition des a d'Épi lepsîe vraie.

Le 11) Octobre J885 réappariiion^ à l*état aigu d céphalalgie fronto-pariétaîe ; crise d'Épilepsie vraie, si de iîl accès épi lepti formes dans la nuit du 14 ; puis accès d'Épilepsie vraie revienneat comme à "l'habit toutefois un peu plus fréquents.

Le 1'" Février 1S86, la Céphalalgie frotito- pariétale sans avoir complètement disparu^ avait cependant diminué, apparaît de nouveau avec une grande intem violente crise d^Epilepsie vraie.

Le 2 Février 5 accès d'Épilepsie vraie ; la céphals augmente encore.

Le 6 Février, à 7 heures du soir, violente crise d'Épile vraie ; six minutes environ après, première crise èpil forme, suivie de 36 autres pendant la nuit. Vers mù après des accès survenant toutes les 20 minutes envi on s'aperçoit, en mettant la malade à la garde robe qu traînait un peu la jambe droite, et que son bras droit i complètement Parnlysè fParalysie flasque ï.

Les Convulsions commencent toujours par la fac droite et s^étendent ensuite au membre supérieur droit y a peu de spasme de la jambe D.; quand le membre si

rieur D. est entré en Convulsions, la Jambe D. se fléchit sur la cuisse, et est le siège de très légères Convulsions toniques. Deux jours plus tard, les convulsions sont beaucoup plus marquées dans le membre inférieur D. La Jambe se fléchit sur la cuisse, puis tout le membre est jeté dans l^abduction et prend part aux Convulsions.

Description (ïun accès : — La malade qui a déjà eu un assez grand nombre d'accès, est dans la position suivante : Couchée dans son lit ; tous les membres dans Textensiôn complète et sans la moindre roideur. Le membre supérieur droit collé le long du tronc, les doigts légèrement fléchis, le pouce pendant en dedans, accolé à la pomme de la main ; ce membre est dans l'impossibilité absolue d'accomplir aucun mouvement volontaire, si ce n'est un mouvement très léger et très peu accentué de tout le membre en liloc. Pas de roideur, ni de contracture.

Le membre inférieur droit, dans l'extension complète, accolé au membre inférieur gauche. La jambe droite ne peut que se fléchir à angle droit en appuyant fortenient le talon contre les couches du lit. elle ne peut, dans l'extension complète, se soulever au-dessus du drap inférieur; ce mouvement est possible si le genou est plie sous un angle de 25° environ.

La paupière droite ne peut s'ouvrir qu à demi^paiâ de troubles de la vision.

Au moment où la crise éclate la tète est portée à droite par un mouvement de rotation ; la face est dirigée en haut et à droite. Mouvement de déviation conjuguée de-s yeux du côté droit, la paupière droite s'ouvre complètenjent, le globe oculaire devient saillant, et regarde en haut et à droite. La paupière gauche s'ouvre moins forte mtînt et l'œil regarde en haut et à droite. La commissure labiale droite est fortement déviée à droite et en bas, tandis que la commissure gauche est déviée mais moins fortement en haut et à droite : les deux lèvres forment une ouverture à passer le pouce ; Convulsions des muscles innervés jmr le facial inférieur droit. Au bout de deux secondes la jambe droite se fléchit à angle droit, le talon traînant contre les couches, et se porte en dehors du lit dans une demi abduction. Le membre supérieur droit est immédiatement après porté par un mouvement spasmodique en dehors ; le pouce fortement fléchi dans la paume de la main, les autres doigts sont aussi fortement fléchis dans la paume de la main et recouvrent le pouce. Le membre contracture, dans l'extension complète, reste quelques secondes dans l'attitude du crucifiement^ puis s'élève tout d'une pièce, parallèlement à

Faxe du corps, au-dessus de Tèpaule, et est ramené au de deux secondes dans la position tnitiale, collé contr long du corps, mmn médiocrement contracture.

Tout côt ensemble de symptômes dure environ 20 se des, puis la jambe fléchie et dans la demi-abduction, i surtout le pied droit, sont agîtes de Convulsions cloni' qui s'étendent qucîrjues secondes après à Tavant-bras ' la main droite, mais à un degré bien moins marqué. Convulsions durent une dizaine de secondes, puis le cî revient; la nudade ouvre les yeux et répond aussitôt distinctement aux questions qu*on lui pose sans emba de la langue.

La contracture cesse immédiatement, la jambe di pend en dehors du lit^ flasque ; le membre supérieur r est aussi très ftasqtie ; le pouce reste encore dans la pa de la main, recouvert par les autres doigts; cependai est très facile de le retirer et d'eu opérer Textension i que celle des antres doigts.

Côié gauche : ^ — Au moment où la crise comme mais quelques secondes ajirésque lebras etlajambedr ont commencé à se coutractnrer, lebras gauche s'éc du trono assez fortement; l'avant-bras fléchi un peu qu'à angle droit sur le bras ; le coude en haut à la haii u sommet de la tète, la face externe du bras en arriùr face antérieure de l'avant-bras en avant^ la face paltn de la maip &n avant, rexirémité des doigts à la naissi du cou ; le dos de la main aiipuyé contre la joue gam Ce mouvement n'a rien de convulsif, il se fait lentemen membre supérieur reste dans cette situation et non traatiiré, tout le tcm[»s de raitaque, puis, celle-ci finie, un mouvenieTit très lent, et suns aucune saccade^ ^ prendre la position qu'il occupait primitivement, c'e dire^ dans Vextension complète, le long du corps^ ou î la demi flexion, Tavant-bras sur le Thomx.

Au moment où la jatnhe droite se fléchit et se cont ture, mais en se mettant dans l'abduction^ la jambe giii se fléchit aussi k angle droit, le talon appuyé sur couches du lit ; elle est un peu contractnrée, niais m que la droite, à Tarticulation du genou; elle garde c position tout le temps de Taccès, sans être agitée d'ai mouvement tonique ou clonique ; puis, Tattaque finie met dans la position première, l'extension complète, \ être jetée en dedans ou en dehors comme la droite, phénomène du genou est très exagère à droite ; beauc moins à gauche, après Taccès,

Après Taccès auquel nous assistons la malade, a un

d'assoupissement ; elle se plaint de sa douleur frontale at fronto-pariètale gauche. Cette douleur qui persiste dans rintervalle des accès s*exagère par la pression et siège immédiatement en dessous et un peu en dedans de la bosse frontale gauche ; à cet endroit, la pulpe du pouce recouvre le point douloureux. Au niveau de la suture fronto-pariètale gauche, elle est plus étendue et plus vive.

Au moment où les Convulsions cloniques envahissent U ambe droite, et le bras droit, tout le côté droit de la face, es paupières, les lèvres et tous les muscles de la moîtiè inférieure droite de la face sont aussi pris de Convulsions cloniques. Ces Convulsions ainsi que celles des membres^ sont d'abord peu fortes, puis s'accentuent, et agitent, à lit fin, la jambe droite, la face à droite, et le bras droit tb mouvements convulsifs moins rapides, mais plus étendus. Quelquefois cependant les Convulsions cloniques manquant absolument ou à peu près, et il n'y a que des Convulsions toniques.

-Température Axillaire 38o3. La sensibilité est presque abolie à droite; diminuée à gan^tiii.

Le 7 février, 41 accès. -

Le 8 février ,26 accès. -

Le 9 février, 8 accès.—

Le 10 février, ôaccès.-

Le 11 février, 24 accès. - Le r2février,24accès - Le 13 février, 8accès.-

Le 14 février, 26 accès.- Le 15 février, 17 accès.- Le 1() février, 38 accès .- Le 17 février, 18 accès. -

-Temp.Ax.38«4.

Temp.Ax.38«3.

-Temp.Ax.38«2.

-Temp. Ax.380 4.

-Temp.Ax.38«3.

-Temp.Ax.38«3.

-Temp.Ax.38<»4 -Temp.Ax.38«4, -Temp.Ax.38«,5 -Temp.Ax.38o4.

10 grammes de Bromure

de Potassium.

10 grammes de Bromure

de Potassium.

10 grammes de Bromure 1

de Potassium.

Suppression du Brom™.

id.

10 grammes de Bromure

de Potassium.

. Suppression du Brom' id.

id.

10 grammes de Bromure

de Potassium.

La sensibilité à la chaleur ^ l^u froid, à la douleur, est toujours diminuée à droiïe, moins à gauche.

Le 18 février pas d'accès, 10 grammes de Bromure de Potassium, état demi comateux, sans perte de connaissance. La Paralysie est toujours stationnaire ; la malade prend un peu de potage -, elle a un peu -de difficulté pour avaler. Temp. Ax. 38" 3.

Le 19 février et les jours suivants, absence complète des accès ;"Vétat demi comateux persiste. Temp. Ax. 38".

Le 22 février la malade commence à fléchir Pavant-bras sur le bras, mais ne peut pas du tout soulever le bras dans l'extension^ la sensibilité est à peu près normale sur tout le corps, elle est cependant un peu diminuée à droite. Il existe un peu d'embarras^ très léger, de la langue. L'œil droit est toujours dans le même état : les paupières fermées, et ne

pouvant presque pas s'ouvrir au commandement. La jambe droite est toujours très faible, mouvements impossibles. La pression, même modérée, au niveau de la bosse frontale gauche produit toujours une assez forte douleur. Temp. AX.38M.

Le 23 février la malade peut un peu soulever son bras, lorsqu'il est à moitié fléchi ; Tœil droit, s'ouvre un peu plus ; la langue est moins embarrassée. Le réflexe du genou droit qui depuis le début des accès était très prononcé, ne Test plus autant ; il en est de même de celui du genou gauche. La malade s'est plainte toute la nuit de vives douleurs dans toute la jambe droite.

Le 24 février, la malade porte son bras droit assez difficilement au niveau de sa bouche, mais ne peut ni le soulever, ni le changer de place sans le fléchir à moitié. Les paupières de l'œil droit sont aux trois quarts ouvertes : il existe encore, mais très peu, d'embarras de la langue. Impossibilité de se tenir debout, ni de marcher ; la jambe droite se fléchit bien, mais ne peut être soulevée sur un plan horizontal sans se fléchir ; les douleurs sont moins accusées dans ce membre. Le phénomène du genou est toujours exagéré.

Le 25 février, les mouvements du côté droit sont plus faciles; C... peut marcher avec l'aide d'une autre personne, seulement elle marche en fauchant ; elle peut avancer sa jambe droite, en faisant un eff'ort pour faire un pas.

Les mouvements du bras sont à peu près complètement revenus. Il existe encore un peu de gène de l'articulation. Le phénomène du genou est prononcé.

Le 27 février, les mouvements sont plus faciles, C... se tient debout seule ou presque seule.

Le 28 février, elle marche seule avec un peu de balancement du corps ; le bras droit exécute assez bien tous les mouvements, mais la malade ne peut pas encore serrer bien fort.

Le 1®' mars, la malade a un peu de faiblesse générale du côté droit, mais elle a repris à peu près ses habitudes.

La Céphalalgie esta peu près disparue. Les Réflexes des genoux sont redevenus normaux. La malade n'a pas de nouveaux accès, soit d'Épilepsie vraie, soit d'Épilepsie partielle jusqu'au 25 mai.

Le 2 juin 1886, réapparition de la Céphalalgie aux points habituels ; 16 accès épileptiformes pendant la nuit. Paralysie des membres du côté droit. Les accès débutent toujours par la face, mouvement de rotation de la tête à Droite, suivi de déviation conjuguée des yeux, puis ils

s^ètendent au membre supérieur D., puis au membre inférieur D. Ils sont beaucoup plus prononcés dans celui-là que dans celui-ci. Il en est de même de la Paralysie, et de Tanesthésie : cette dernière existe à gauche, mais elle est bien moins prononcée. Réflexe du genou D., excessivement exagéré, exagération moins prononcée à gauche. Il n'existe pas de clonus du pied, ni d'un côté, ni de l'autre, même immédiatement après l'accès. Temp. Ax. SS*" 4. Le 3 juin, 30 accès épileptiformes. Temp. Ax. 38* 5, Le 4 juin, vésicatoire circulaire au-dessus dn poignet D. de 1 centimètre 1/2 de largeur; 33 accès épileptiformes. Temp. Ax. 38° 3. La malade est dans un état comateux peu prononcé ; il est cependant assez difficile de la réveiller complètement :. elle s'est beaucoup mouillée. Temp. Ax. 38» 4.

Le 5 juin, la sensibilité déjà diminuée à gauche est encore diminuée de ce côté ; il faut, pour la réveiller, de très forts pincements soit à droite siot à gauche. Pas de clonus du pied, ni de la main, immédiatement après la crise : phénomène du genou très exagéré à droite ; moins prononcé à gauche. Le vésicatoire est enlevé, il a beaucoup donné ; on enlève l'épiderme ; pansement à la pommade cantharidée. Le pansement passe inaperçu, par la malade, elle n'accuse aucune douleur; elle est cependant bien éveillée ; à 9 heures 45 du matin, après le pansement du vésicatoire elle a une crise épileptiforme très forte à droite; après cette crise elle ne revient pas à elle ; elle ne prête aucune attention à ce qu'on lui dit, et est dans un état voisin du coma. Les paupières droites sont complètement fermées; les ga'iches s'ouvrent et se ferment alternativement ; elles ne réagissent pas à la lumière et à Tobscurité combinées ; la bouche est légèrement entrouverte ; la respiration est normale. Cet état dure jusqu'à dix heures 30 ; à ce moment survient un accès épileptiforme : l'accès a les mêmes caractères que précédemment, seulement le bras droit reste plus longtemps dans la position qu'il occupait à la fin de l'accès. Dans les accès antérieurs il venait se mettre immédiatement le long du corps, aussitôt après la cessation des Convulsions; cette fois-ci il ne revient que quelques minutes après reprendre cette position. Quelques secondes après la fin de l'accès la connaissance revient ; la malade se plaint de son vésicatoire. — A 11 h. 50, accès unilatéral très violent : Le bras droit n'est agité que par des Convulsions toniques ; il n'est pas soulevé au-dessus du plan du lit, mais reste collé le long du côté droit : Convulsions toniques de la jambe droite, rigidité de ce membre. Le bras gauche est agité de quelques Convulsions cloniques; la

jambe gauche est à moitié fléchie. — Floquet immédiatement après Taccès. Le pouce de la main droite, est encore recouvert par les autres doigts, 15 minutes après l'attaque, vomissements ; 34 accès dans la Journée. Temp. Ax. 38*5.

Le 6 juin, pas do phénomène de transfert de Taura, ou de la paralysie ; on applique un deuxième vésicatoire au-dessus du premier de même forme et de même largeur ; le premier suppure toujours. — A 8 h. 55 du matin, nous observons de la dilatation très marquée et subite des deux pupilles ; quelques secondes après la crise éclate; le pouce reste replié dans la paume de la main droite et recouvert par les autres doigts, sans contracture aucune du membre, jusqu'à 9 heures 36 moment où éclate une nouvelle crise ; le bras droit est soulevé au niveau du coude : pendant ce mouvement la main s'ouvre et le pouce se dégage, puis, 2' secondes après, le bras retombe le long du corps, et le pouce revient se replier dans la paume de la main. Convulsions toniques aux membres droits et cloniques à gauche. Ceux-ci, restent après la crise demi-fléchis ; le bras presque horizontalement au nivwau de Ténaule; le coude un peu plus haut ; Tavant-bras complètement fléchi sur le bras. 41 accès épileptiformes, Temp. Ax. 38" 5, La Paralysie est toujours aussi prononcée à droite.

Le 7 juin, à 10 heures 20 du matin, les deux pouces sont encore fléchis dans la paume de la main quelques minutes après Taccès. Anesihésie complète de la main droite, de la partie externe et antérieure du bras : un fort pincement ne produit pas de douleur accusée par la malade ; l'anes thésie est moins prononcée à la face interne du bras- droit, la piqûre d'une épingle produit un peu de contraction des doigts, et fait exécuter quelques mouvements saccadés de la jambe et de la cuisse droite. Anesthésie très peu marquée des membres gauches. L'état comateux de la veille n'existe pas ; la malade voit, eniend, comprend, parle même, quoiqu'il (iiille la presser beaucoup pour répéter un mot ; langage non altéré, 32 accès épileptiformes dans les quels le côté gauche est pris de Convulsions cloniques peu prononcées, pas de Paralysie, ni de Parésie à Gauche. Temp, Ax. 38° 1. — Les vésicatoires sont toujours entretenus ; 8 grammes de Bromure de Potassium, o grammes de Bromure de Sodium et 4 grammes de Bromure d'Ammonium.

Le 8 juin, 38 accès, réflexe du genou droit moins marqué, La Paralysie est la même : Temp. Ax. 38'' 3.* Polybromures. ,

Le 9 juin, 24 accès. Temp. Ax. 38** 2. Continuation des Polybromures, comme ci-dessus.

Le 10 juin, les accès ont complètement disparu; état demi comateux. Suspension des Polybromures.

Le 11 juin et jours suivants, pas d'accès ; le coma s'accentue, la respiration devient suspirieuse, brève ; la dèglutiticin est presque impossible. La face devient violacée. Ventouses sur la poitrine, sinapismes, etc.

Mort le 13 au matin dans le coma complet.

Autopsie. 12 heures après la mort : Tète normale, ne parait pas asymétrique. Boite osseuse crB.n\enneiTés mince, surtout à gauche ; soudure des sutures latérales ; pas de lésions iraumatiques ou néoplasiques des os du crâne.

La calotte étant enlevée et les membranes complètement intactes, on voit au premier coup d'œil que l'hémisphère gauche est plus petit que le droit. Au niveau du tiers supérieur des Circonvolutions ascendantes existe une petite tumeur faisant saillie au dehors, de la grosseur d'une noisette. Cette tumeur est 'molle, fluctuante.

Une ponction donne issue à une petite quantité de pus bien lié, inodore, provenant d*un abcès siégeant à la partie superficielle et inférieure du tiers supérieur de la Frontale ascendanto. dans la substance grise.

Les Hémisphères cérébraux étant enlevés, avec la duremère, on constate qu'il y a sur l'Hémisphère gauche adhérence de la dure-mère au cerveau, sur une étendue de 3 centimètres environ dans le sens antéro-postérieur et sur un demi contimètre de largeur au niveau du tiers supérieur et externe des Circonvolutions ascendantes, et presque au niveau du sillon interhémisphérique. Au même niveau, sur l'Hémisphère opposé, et connme faisant suite aux adhérences du côté gauche, quelques légères adhérences. En ce point des deux Hémisphères, mais surtout à gauche, toutes les méninges présentent les signes évidents d'une inflammation récente ; la dure-mère est rouge, épaissie, parcourue par des arborisations vasculaires fines et nombreuses.

La décoi tication de l'Hémisphère gauche au niveau de l'abcès est absolument impossible ; on enlève en ménie temps un peu de substance corticale. Cette dernière est ramollie sur une assez grande étendue.

L'Atrophie porte sur tout l'Hémisphère gauche en général : Dans son ensemble, il est plus court et moins large <\\ie l'autre hémisphère ; son poids est de 427 grammes. L'Hémisphère droit pèse 510 grammes.

Les ventricules du cerveau ne contenaient que quelques gouttes de sérosité.

Le reste de l'encéphale ne présentait aucune altération Appréciable. Les noyaux gris centraux étaient sains.

Page 1