‹ De l'epithélioma primitif de la rateChapitre 4 sur 12 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

L'examen macroscopique ne fournit aucun renseignement important sur la nature de cette hypersplénie spéciale, qui présente, à première vue, l’aspect commun à toutes les rates hypertrophiées.

Mais l’hypertrophie atteint ici des proportions considérables : dans notre observation, la rate mesure en longueur 37 centimètres ; sa largeur est de 23 centimètres, son épaisseur de 10 à Tl centimètres environ. Il faut reconnaître cependant que ces dimensions ne sont pas absolument extraordinaires, et qu’on peut rencontrer des rates, aussi volumineuses dans l’impaludisme et dans la leucocythémie.

Le poids est en rapport avec le volume : 4lv, 770 dans notre

cas.

La rate conserve, malgré sa lésion, une surface lisse et unie , régulière, sans aucune bosselure.

Sa forme générale rappelle celle d’une rate ordinaire, agrandie dans tous ses diamètres, avec ses scissures naturelles amplifiées. En observant l’organe en place, dans la cavité abdominale, on voit que le déplacement, nécessité par l’hypertrophie, s’est produit par une sorte de mouvement de bascule qui a porté l’extrémité inférieure en avant, de sorte que, de verticale, la rate est devenue presque horizontale, avec un bord supérieur concave et un bord inférieur convexe : Il en résulte que sa face externe est maintenant antérieure et sa face interne postérieure; le hile, au lieu d’être sur une ligne verticale, est oblique en bas et à droite; le bord antérieur est devenu supérieur et le bord postérieur inférieur.

DE L’ÉPITHÉLIOMA PRIMITIF

La couleur de la rate hypertrophiée, tant à l’extérieur que sur les coupes, est violacée, de nuance un peu plus pâle que le tissu splénique normal. On voit, à la superficie, un certain nombre de taches blanchâtres, se prolongeant sous forme de cônes dans l’épaisseur de l’organe : ce sont des infarctus, semblables à ceux que l’on rencontre d’habitude dans toutes les rates hypertrophiées.

Le parenchyme splénique, dans sa totalité, est induré, sclérosé, de consistance uniforme dans toutes ses parties. On peut le couper en tranches minces très résistantes ; il n’y a pas de boue splénique.

Quand on examine attentivement à l’œil nu, ou mieux avec une faible loupe, les coupes de la rate à l’état frais, on voit que sa coloration violet-pâle est coupée dans tous les sens par des stries blanchâtres entrecroisées, qui subdivisent très nettement et assez régulièrement l’organe en une infinité de lobules très petits : Ces stries représentent les travées du réticulum normal, épaissies par l’hyperplasie et la sclérose. Je reviendrai d’ailleurs sur cette lésion, à propos de l’examen microscopique.

De tous les autres organes, le foie est le seul qui présente une altération spéciale, en rapport avec la splénopathie. Il est notablement hypertrophié, induré et sclérosé. Ses lésions sont celles d’une cirrhose diffuse , qui ne se rattache ni au type de la cirrhose commune, ni à celui de la cirrhose hypertrophique. On constate une hyperplasie conjonctive généralisée, tant intra que péri-lobulaire, mais il n’y a pas de lobulisation ni de rétraction fibreuse, comme dans la cirrhose vulgaire, il n’y a pas non plus de néoformation de canalicules biliaires, comme dans la cirrhose hypertrophique ordinaire. C’est une cirrhose hypertrophique de forme particulière, caractérisée uniquement par la phlegmasie interstitielle de toutes les travées et de tous les tractus conjonctifs du parenchyme hépatique. Cette lésion irritative du foie est très vrai -

DE LA DATE

semblablement secondaire , car l’observation clinique montre, de la façon la plus évidente, que l’hypertrophie hépatique est postérieure à l’augmentation de volume de la rate. J’ajoute immédiatement, pour n’avoir pas à revenir sur l’altération du foie, que les cellules hépatiques ne semblent pas participer à l’inflammation chronique de l’organe, et que la plupart d’entre elles conservent leur apparence, leur forme et leur couleur normales.

Cette hépatite interstitielle est la seule lésion qu’on puisse rattacher à la maladie de la rate. On ne trouve ni tumeur, ni dégénérescence pathologique d’aucune sorte, dans aucune partie du tube digestif ; les ganglions mésentériques, ceux du hile du foie ou du hile de la rate, comme, d’ailleurs, ceux de toutes les autres régions du corps, ne sont ni hypertrophiés ni dégénérés.

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