‹ De l'epithélioma primitif de la rateChapitre 6 sur 12 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉNIE

Le point de départ de la maladie paraît avoir été, dans notre observation, une fièvre typhoïde; dans le cas de M. Colin, c’est à une chute sur l’hypochondre gauche qu’il faut vraisemblablement attribuer la cause de l’hypersplénie. Mais ce ne sont là, probablement, que des causes occasionnelles, et l’épithéliome primitif de la rate, comme toutes les dégénérescences de cette nature, doit pouvoir naître dans des conditions multiples et très diverses, plongées encore dans l’obscurité qui enveloppe toutes les questions d’étiologie. On sait d’une façon positive que la splénomégalie persistante est aussi insolite à la suite de la fièvre typhoïde qu’après les traumatismes de l’abdomen : il faut donc admettre qu’une autre cause inconnue préside à la néoplasie épithéliale du parenchyme splénique.

Quoi qu’il en soit de la cause primordiale et essentielle de cette néoplasie, si Ton cherche à se rendre compte du processus histologique qui donne naissance à l’épithéliome primitif de la rate, on se trouve en présence de deux explications différentes, fournies par les deux théories fondamentales sur le

développement des éléments anatomiques : la théorie du blastème ou de la formation cellulaire libre (Schleiden), Schwann, Ch. Robin) et celle du développement continu (Virchow).

La théorie du blastème, c’est la vieille théorie cellulaire d’après laquelle, au sein d’une matière amorphe quelconque.

les granulations moléculaires se groupent et s’agglomèrent de façon à former un noyau; si, autour de ce noyau, la matière amorphe se condense à son tour et se segmente, la cellule est constituée avec ses deux parties fondamentales, noyau et corps cellulaire. Cette doctrine, la plus simple de toutes, qui fut celle de Schwann et de Pouchet, est encore admise aujourd’hui et enseignée par Ch. Robin1. Elle a été combattue par Virchow2 qui lui oppose, pour le développement des éléments normaux et pathologiques, une autre théorie d’après laquelle toute cellule, sans exception, dériverait d’une autre cellule préexistante : omnis cellula a cellulâ. Selon l’anatorniste allemand, « la cellule est la forme élémentaire qui sert de base à tous les phénomènes vitaux; elle traverse tout le règne animal, restant toujours la même; on chercherait en vain à lui substituer autre chose, rien ne peut la remplacer3 ». Si l’on reste dans le domaine des productions pathologiques, on voit que, pour Virchow et ses adeptes, les débuts sont presque les mêmes pour toutes les néoplasies. Les choses suivent d’abord la même marche que dans les irritations inflammatoires; les éléments cellulaires du tissu-mère (presque toujours le tissu conjonctif, qui est le tissu germinatif par excellence) se multiplient par la segmentation des noyaux, et l’organe augmente de volume : à cet état, le tissu est encore indifférent et identique pour toutes les tumeurs; il est comparable aux états embryonnaires, quand, dans les premiers temps de la fécondation, se développe une masse de cellules, auxquelles il n’est pas possible de reconnaître ce qui adviendra de chacune en particulier. Les cellules, desquelles procédera le cerveau, ont la même apparence que celles qui deviendront muscles, tissu connectif ou épithélium4 ! Cette identité est, à vrai dire, tran-

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