Krauss, Arch. d’Anat. Path
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résulteraient soit de la confluence de cellules épithéliales, soit de la multiplication de certains noyaux.
Ici, il n’y a pas à discuter leur origine ; elles sont nettement tuberculeuses et ont toutes leurs noyaux à la péri-
phérie.:.…. Il y aurait peut-être eu alors inoculation de tuberculose sur un épithélioma..……. Nous ne voulons pas
approfondir la question, nous nous sommes déjà assez détournés de notre étude (mais nous avons cru intéressant de signaler ce fait curieux et rare!. Nous concluons seulement en disant que les néoplasies d’origine muqueuse envahissant les sublinguales sont les cas les plus fréquents. Nous pourrions citer d’autres examens histologiques. Ce mode d’envahissement est suffisamment connu pour que
nous n’insistions pas davantage.
Nous essayerons d'étudier maintenant les tumeurs malignes primitives des sublinguales qui y restent localisées et celles qui se propagent secondairement au plancher buccal, et nous chercherons à démontrer que la muqueuse n’est pas toujours le point de départ de ces vastes épithéliomas qui occupent le plancher de la bouche. |
Toute glande en grappe est formée par la réunion d'un grand nombre de culs-de-sac glandulaires qui communiquent {ous avec un appareil excréteur. Ces culs-de-sac sont des sortes d'ampoules formées d’une membrane mince que tapisse intérieurement une couche d’épithélium, et qui est toujours le même à l’état normal, dans tous les culs-de-sac de la même glande et dans les glandes de même nom.
1. Un cas de coexistence de la tuberculose et du cancer a été observé dans une tumeur du sein. (Voir: Laubie et Bengués, Société d'anat. et de physiol. de Bordeaux, 1898).
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On peut comparer les phénomènes pathologiques qui se passent dans une glande en grappe dégénérée à ceux que l’on observe dans une glande en tube. Verneuil! qui, le premier, s’est beaucoup occupé de la question, les a très bien décrits dans les tumeurs des glandes sudoripares.
«Les éléments anatomiques de l'épithélioma remplissent les glandes dans presque toute leur étendue, et les distendent d’une façon notable; leurs culs-de-sac, devenus globuleux, finissent par se perforer, et les produits morbides s'infiltrent alors dans les parties voisines. La lésion débute par des bosselures ; à la coupe, on trouve des petits corps vermiformes jaunâtres, friables, d'aspect caséeux. Suivant le degré d’altération, la matière de ces petits corps, composée de cellules serrées les unes contre les autres est contenue dans des tubes ou sortie au dehors. »
Ces données générales sur les épithéliomas des glandes, peuvent aussi bien, ce nous semble, s’appliquer aux néoplasmes des glandes sublinguales; et, outre les néoplasies qui peuvent provenir des tissus voisins, nous croyons que l’on peut rencontrer au niveau des sublinguales des tumeurs provenant directement de l’épithélium glandulaire. En un mot, y a-t-1l dans ces glandes des {tumeurs primitives du type épithélial salivaire”?
Nombre d’auteurs ont étudié et diagnostiqué histologiquement des épithéliomas tubulés de presque toutes les glandes salivaires et buccales. On s’est peu occupé
1. Verneuil, Étude sur les tumeurs de la peau, in Archiv. Med., 1854.
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des néoplasmes primitifs des sublinguales. Pourquoi ? Probablement parce que la dégénérescence s'étend rapidement aux tissus voisins, et que au point de vue clinique et thérapeutique, on distingue mal les tumeurs du plancher de la bouche, des néoplasies sublinguales primitives. L’analogie peut nous faire admettre a priori que l'épithélioma tubulé existe dans les glandes sublinguales.
Verneuil (nous l’avons cité plus haut) r a vu se développer dans les glandes sudoripares, et a fort bien décrit ce processus.
Dans un remarquable travail sur les PR du voile du palais (Société de chirurgie, 1897), Berger cite quelques cas de lésions épithéliomateuses de forme tubulée des glandes du palais. En voici un exemple : «C’est une tumeur de nature épithéliale, représentant un épithélioma tubulé; mais la lésion est à des stades divers. Il semble qu’on soit en présence de culs-de-sac glandulaires de forme assez régulièrement arrondie mais agrandie et renfermant une quantité anormale de cellules de forme cubique dans l’intérieur. Les tubes sont remplis de cellules à gros noyaux cubiques ».
Cette tumeur est à rapprocher des tumeurs des glandes labiales, des glandes molaires; et, comme nous savons que les petits groupes aberrants des sublinguales, répandus sous la muqueuse du plancher de la bouche, ont la même structure histologique que les autres glandes buccales, nous pouvons affirmer que l’on peut y trouver des épithéliomas tubulés.
L'épithélioma tubulé de la parotide est aussi admis par Verneuil (Revue hebdomadaire des hôpitaux de
1872) Rindfleisch, Cornil et Rauvier, etc. !. La néoplasie prend alors naissance dans l’épithélium des ” canaux excréteurs; elle est formée par des cylindres bourrés de cellules épithéliales, ramifiés dans tous les sens et anastomosés entre eux, qui envahissent peu à peu la glande et même les tissus voisins.
La glande sous-maxillaire elle-même a été atteinte d’épithéliomas tubulés. Jouliard, Pousot, dans leurs thèses sur les tumeurs des sous-maxillaires, en citent plusieurs exemples.
Et l’on se tait sur les épithéliomas primitifs des sublinguales quand on ne va pas jusqu’à les nier.
Cependant, de toutes les glandes salivaires, c’est bien dans la sublinguale que l’on devrait trouver surtout l’épithélioma primitif. Tandis que la parotide et la sousmaxillaire peuvent donner naissance à nombre de tumeurs mixtes, la sublinguale, elle, semble ne pouvoir être le siège, en fait de tumeurs malignes, presque exclusivement que de l’épithélioma. A quoi tiennent donc ces différences si marquées entre trois glandes appartenant à un même groupe anatomique et physiologique? Nous croyons qu'il faut en chercher la raison dans leur différence de structure, non pas dans celle du üssu glandulaire qui est à peu près le même, mais dans celle du stroma conjonctif qui l'entoure. L’épaisseur et l’adhérence de l’aponévrose, les prolongements nombreux qu’elle envoie entre les lobes, l'abondance du tissu conjonctif périlobulaire et périacineux dans la parotide, contrastent en effet avec l'absence de membrane d’en-
1. Vallas et Siraud en ont décrit un cas typique (Province médicale, 1896).
M. Huwwgrr. — De l'Épithélioma sublingual. 3
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veloppe de la sublinguale et la rareté des éléments conjonctifs qui la pénètrent. La sous-maxillaire avec son aponévrose d'épaisseur variable, mais jamais adhérente au tissu glandulaire et son stroma conjonctif lâche et peu abondant, tient le milieu entre ces deux glandes.
Aïnsi la prédominance du tissu glandulaire dans la sublinguale doit-elle faire penser à l'existence des tumeurs épithéliales proprement dites, explication d’autant plus plausible que la muqueuse du plancher de la bouche est presque toujours envahie par le néoplasme.
La clinique vient nous donner quelques preuves en faveur des néoplasies primitives sublinguales, et dans les quelques observations que nous relatons, nous avons trouvé plusieurs cas où la tumeur avait débuté par une élevure assez prononcée siégeant au lieu anatomique de la sublinguale avant d’envahir totalement le plancher buccal. Nous relatons aussi des cas où la tumeur était limitée à la glande sublinguale sans retentissement
dans les tissus voisins.
At. Ogserv. I (in thèse de Margnat). — C’est un malade qui entre à l'hôpital pour se faire traiter un épithélioma des deux sublinquales. Le mal a débuté par une tumeur siégeant à la place de la glande sublinguale (Pas d'examen histologique, le malade n'ayant pas été opéré).
Ogserv. IT (in Capmas). — Homme porteur d’une tumeur du plancher de la bouche qui a débuté par une
1. Les numéros de ces obserxations correspondent à ceux des observations cliniques relatées dans notre thèse.
LÉ RES UR petite grosseur. Verneuil fit alors le diagnostic d’ épithélioma de la sublinquale droite.
Osserv. IV (in Faure). — Affection ayant débuté il y à deux mois par une fumeur siégeant dans la glande sublinquale. Diagnostic : épithélioma secondaire du plancher buccal.
Osserv. V (in Le Dentu et Delbet). — Épithélioma récent du plancher de la bouche ayant débuté par une production sous-muqueuse très dure, mobile sur les parties profondes, et s’étant rapidement ulcérée.
B. Ogserv. DE VERNEUIL. — Cas où la glande sublinguale était presque entièrement mobile. On pouvait la soulever comme une tumeur isolée. Verneuil fait le diagnostic d'épithélioma. (Nous n’avons pas pu trouver l'examen histologique). Après avoir enlevé la tumeur, on la vit reparaître et se propager rapidement.
Ogserv. I (in Margnat). — Tumeur située au lieu anatomique exact de la glande sublinguale. Diagnostic : épithélioma de la sublinquale qauche (pas d'examen histologique que nous ayons pu trouver).
Ogserv. IX (in Gross et Rohmer). — Tumeur nettement épithéliale siégeant dans la sublinguale droite. — (Pas d'examen histologique).
Pour résumer tout ce que nous venons de dire, 1l nous semble que les données anatomiques et comparatives des glandes du système salivaire, les observations d’épithéliomas primitifs de quelques glandes acineuses
et les résultats d'examens cliniques, peuvent nous permettre, sinon de conclure, tout au moins d’avoir une forte présomption en faveur de notre idée, à savoir que toutes les tumeurs épithéliomateuses des sublinguales ne prennent pas forcément naissance sur la muqueuse du plancher buccal, mais qu’elles peuvent bien débuter dans les conduits excréteurs.
C'est là, d’ailleurs, l'opinion de Verneuil, qui prétendait que « toutes les tumeurs épithéliomateuses du plancher buccal naissaient dans les glandes sublinguales, dont les canaux excréteurs étaient trouvés à l'examen microscopique bourrés de cellules épithéliales. » Sans aller jusqu’à admettre ce point de départ à l'exclusion de tout autre, nous nous croyons assez autorisé du nom de ce maître pour conclure à l'existence de l’épithélioma primitif des sublinguales proprement dites ou des groupes aberrants, tout en faisant une réserve sur la rareté de ce fait et en remarquant l’absence presque totale d'examens histologiques de ces tumeurs, dans la littérature scientifique.