SYMPTOMATOLOGIE — MARCHE — DURÉE — TERMINAISON
L'impossibilité de reconnaître le cancer primitif des sublinguales et de le différencier du cancer de la muqueuse du plancher buccal nous force à comprendre dans un même ensemble symptomatologique et l'épithélioma du plancher de la bouche et l’épithélioma des ‘sublinguales.
Nous étudierons d’abord brièvement les caractères symptomatiques des tumeurs qui restent limitées à l'appareil glandulaire sans sé propager aux Ussus voisins. Ce néoplasme se présente, au début, sous la forme d'une petite tumeur verruqueuse de la grosseur d’un pois, le plus souvent mobile, indolente, d’une consistance dure et dont le siège anatomique est exactement celui de la grenouillette sublinguale. Située dans le plancher buccal, la tumeur fait de bonne heure salle dans la bouche où elle soulève la langue, dont les mouvements commencent à être singulièrement gênés. Ressemblant à ce point de vue aux chondromes, certains épithéliomas, tout en formant parfois des tumeurs très volumineuses, restent longtemps encapsulés, suiventune marche chronique et ne contractent pas d’adhérences.
Cette variété de tumeurs, limitée à la sublinguale seulement, quoique existant réellement, est loin d’être aussi fréquente que la forme dont nous allons nous occuper et dont nous emprunterons une partie de la description à un article publié par Verneuil !.
L’épithélioma des glandes sublinguales, dit Verneuil, occupe le plancher de la bouche. Il apparaît sous la forme d’un ulcère linéaire plus ou moins grand, en forme de tranchée, reposant sur une base indurée qui constitue la tumeur. Les bords de cette ulcération sont rouges, durs, tuméfiés, anfractueux, irréguliers, saignant au moindre contact; le fond est grisâtre, bourgeonnant et laisse suinter un liquide visqueux plus ou moins abondant, d’une odeur souvent fétide. Lorsque le mal a fait un certain progrès, les indurations s'étendent au loin, jusqu’à comprendre le périoste du maxillaire inférieur dans une étendue plus ou moins variable. Le frein et les bords de la langue sont atteints par la prolifération néoplasique ainsi que la muqueuse du plancher de la bouche et des gencives. Les ganglions sous-maxillaires s’engorgent, grossissent et deviennent rapidement durs et perceptibles à la vue. Les ganglions sus-hyoïdiens médians sont très souvent envahis. En résumé, le cachet complet du cancer existe et aucune autre maladie ne peut être confondue avec l'épithélioma de la glande sublinguale, ni les kystes, ni les chondromes. Au milieu de tous ces symptômes locaux, apparaissent des doüleurs vives, térébrantes et presque continuellementressenties par le