ET DES REPTILES
On a dit avec raison que le poumon des mammifères est composé d’une multitude de petits poumons analogues à celui de la grenouille. Nous pouvons aller plus loin et dire que le poumon de la grenouille
1 Par ex. : Hartmann dans Archiv de Reichert et du Bois Reymond 1 864 , p. 236.
se compose d’une multitude de poumons de salamandre. Chez cet animal le poumon est en effet réduit à sa plus grande simplicité et ne forme qu’un alvéole unique.
On nous objectera sans doute que la respiration d’un .animal à sang froid ne peut être comparée avec celle d’un mammifère, mais nous espérons montrer que là, comme partout ailleurs, la nature a travaillé d’après un même plan , et que la transition du poumon le plus simple au poumon le plus compliqué se fait pour ainsi dire insensiblement.
Nous avons jugé inutile de poursuivre nos recherches jusqu’au bas de l’échelle des êtres. Nous ferons cependant remarquer que chez les poissons les branchies sont recouvertes d’un épithélium complet formé de cellules pavimenteuses, non vibratiles, avec noyau et contenu finement granuleux. Nous l’avons vu très-nettement sur l’anguille.
Les branchies externes des amphibies dans les premiers jours de leur existence sont recouvertes de cellules vibratiles (Leydig). Plus tard leurs branchies internes ne possèdent plus qu’un simple épithélium pavimenteux et complet, que nous avons également observé chez le têtard de la grenouille.
Nous avons vu plus haut que Leydig n’a pas pu voir d’épithélium sur les gastéropodes. Eberth a cependant distingué nettement des cellules épithéliales sur 1 hélix pomatia , et nous-même avons trouvé un revêtement pavimenteux dans la cavité respiratoire de la limnée.
La vessie natatoire des poissons, que Milne-Edwards considère comme le représentant anatomique du poumon des mammifères, est revêtue d’un épithélium pavimenteux très-régulier.
Disons encore un mot de la loche d’étang [cobitis fossilis), dont il a déjà été question plus haut, et qui a la faculté d’absorber de l’oxygène par la surface intestinale, très-riche en vaisseaux sanguins. Cette bizarrerie de la nature nous surprend moins que les assertions de certains auteurs, qui refusent l’épithélium à cet intestin. Ainsi Leydig n’a pas pu le constater, et Zenker s’empare de ce fait pour le signaler comme
un argument irrésistible en faveur de la non-existence de l’épithélium pulmonaire.
Eberth, en examinant l’intestin de la loche d’étang, y trouve comme dans le poumon des mammifères, les capillaires à nu, et dans leurs mailles des cellules épithéliales isolées ou réunies par groupés. Ces cellules sont cylindriques, longues de 0mm,07 et larges de 0mm,012, avec un noyau distinct et un contenu granuleux.
Elenz démontre un peu plus tard que ces groupes de cellules cylindriques sont accompagnées de cellules plus grandes, qui remplissent les intervalles et s’étendent sur les capillaires.
Nous avons répété ces mêmes recherches et nous avons constaté, à l’aide du nitrate d’argent, un revêtement complet de toute la surface intestinale. Les cellules nous ont semblé entremêlées sans aucun ordre, tantôt égales et assez régulières, tantôt groupées de façon à ce que plusieurs petites cellules étaient entourées de cellules plus grandes.
On a souvent examiné le poumon des reptiles et en particulier celui de la grenouille qu’on se procure le plus facilement. Valentin et Purkinje admettaient dans le poumon de la grenouille un épithélium vibratile complet. Rainey le déclare incomplet. Brittan1 parle de deux espèces de cellules, les unes vibratiles, les autres pavimenteuses, mais il n’indique pas nettement leurs rapports. Plus tard d’autres observateurs (Leydig, Stannius) ont étudié la même question, et quelques-uns sont arrivés à des résultats plus précis (Arnold , Eberth et surtout Elenz).