‹ De l'épithélium pulmonaireChapitre 5 sur 10 · AMPHIBIES. TRITON (SALAMANDRE AQUATIQUE · texte numérisé non relu

AMPHIBIES. TRITON (SALAMANDRE AQUATIQUE

Le poumon du triton est constitué par une seule grande vésicule, ayant la forme d’un tube allongé et ne présentant aucune espèce de repli à l’intérieur. Le vaisseau principal se prolonge en ligne droite

1 British and foreign medic. chirur. Review. July, 1857, p. 204.

jusqu’à l’exlrémité du poumon, en envoyant des deux côtés des rameaux, qui, par leurs subdivisions, forment un réseau régulier et assez serré.

Eberth1 a étudié le poumon du triton. Il tuait l’animal par le chloroforme, et examinait le poumon deux heures après, en le plaçant dans un mélange de solution d’albumine et de sel marin ou de phosphate de soude. Il voyait alors des noyaux arrondis, isolés ou réunis par groupes de deux à cinq, et placés dans les interstices des capillaires. Ces noyaux mesuraient 0mm,011; réunis par groupes ils n’étaient séparés les uns des autres que par de petites fentes, quelquefois même ils se touchaient et ressemblaient alors à un grand noyau divisé en deux par une cloison.

En plaçant pendant quelque temps le poumon dans un mélange de glycérine et d’eau salée, Eberth reconnaît que lorsqu’on dilue de nouveau la solution, il se sépare de la surface interne du poumon une membrane excessivement mince (cuticule), dont on peut isoler quelques lambeaux en la raclant avec un scalpel. En examinant ces lambeaux, Eberth y retrouve les noyaux placés dans les mailles des capillaires, et, en colorant la préparation avec du carmin ou de l’iode, il arrive à voir les contours des cellules épithéliales, mais toujours très-vaguement.

Conclusion d’Eberth : Poumon tapissé par une cuticule formée de cellules épithéliales, aplaties, cornées, unies intimement. Les noyaux de ces cellules remplissent les mailles des capillaires.

Elenz, au moyen du nitrate d’argent a vu les cellules épithéliales en place. Mêmes conclusions qu’Eberlh.

Nous avons répété les mêmes expériences d’après le procédé d’Elenz et nous sommes arrivé à des résultats identiques. Voici la disposition que nous avons constatée (fîg. 1).

Lorsque le nitrate d’argent n’a pas agi trop longtemps, on remarque

1 Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie , voy. plus haut.

que les mailles des capillaires sont brunâtres, tandis que les capillaires eux-mêmes sont à peu près incolores. Le réseau vasculaire est assez serré pour que le diamètre des mailles ne dépasse pas celui des capillaires; il est en moyenne de 0mm,020 à 0mm,025. Les cellules épithéliales sont également presque incolores, finement granulées et leurs contours seuls apparaissent sous forme de lignes noires très-déliées. Leur grandeur est assez variable; elles mesurent en moyenne 0mm,03. Les noyaux sont presque toujours placés vers l’une des extrémités de la cellule et dans l’interstice des capillaires, comme Eberth l’a déjà démontré. L’on comprend facilement qu’ils se rassemblent en groupes lorsque plusieurs cellules se rencontrent au niveau d’un même interstice. Ils deviennent plus apparents lorsqu’on traite la préparation par le carmin.

En étudiant ces noyaux sur une préparation fraîche, on voit qu’ils sont ovalaires, un peu aplatis à l’endroit où ils touchent les parois de la cellule, finement granuleux, et contenant à leur centre un petit nucléole brillant. Leur grand diamètre mesure 0mm,012.

Il est facile de démontrer que ces noyaux appartiennent réellement aux cellules épithéliales. D’abord leur nombre correspond à celui des cellules, et puis on les retrouve dans les lambeaux d’épithélium qu’on obtient sur le poumon frais sous forme de membrane amorphe (Eberth), tandis qu’ils ont disparu dans les mailles des capillaires privés de leur membrane protectrice. Une fois traité par le nitrate d’argent, le revêtement épithélial devient plus adhérent, et ne se détache plus comme sur le poumon frais. Cependant nous avons pu en obtenir quelques lambeaux, en plaçant la préparation entre deux lames de verre, après l’avoir humectée avec de l’eau sucrée. En séparant les deux lames au bout de quelque temps , de petites portions de l’épithélium restent collées à la plaque qui a été en contact avec la face interne du poumon, tandis qu’on retrouve sur l’autre plaque des lambeaux analogues provenant de la plèvre.

La tendance qu’ont les noyaux de se réunir par groupes serrés, au s. 4

niveau des mailles du réseau capillaire , peut s’expliquer facilement. Dans la plus grande partie de leur étendue les cellules sont aplaties, sans contenu, et leurs parois exactement appliquées l’une contre l’autre. Au niveau des mailles elles forment une petite poche , dans laquelle se loge le noyau et qui s’enfonce dans l’espèce de réceptacle compris entre deux capillaires voisins. En pliant un petit lambeau de la cuticule, de façon à avoir une vue de profil de sa face interne, on constate en effet que les noyaux ne sont pas placés dans l’épaisseur de la membrane, mais qu’ils font relief à sa face interne et semblent y être simplement collés.

Celte disposition explique encore pourquoi un noyau paraît quelquefois dépasser le bord de la cellule qui le renferme, et empiète sur le contour de la cellule voisine. Le dessin schématique (fig. 6), représentant deux cellules épithéliales vues de face et leur coupe suivant la ligne AB, fera facilement comprendre notre pensée.

Quand on a soin d’étaler le poumon la face interne en haut , on voit que l’épithélium forme la couche la plus superficielle. Pour celui qui sait manier le microscope, ce fait suffit pour distinguer l’épithélium pulmonaire de l’épithélium pleural. Pour avoir une preuve plus concluante on peut colorer en même temps les surfaces interne et externe du poumon, en plongeant tout l’organe dans la solution de nitrate d’argent. La préparation devient alors moins nette, mais avec un peu d’attention on parvient à distinguer successivement les deux couches épithéliales, en faisant varier le foyer. Les cellules de la plèvre sont beaucoup plus grandes que les cellules du revêtement interne ; elles mesurent 0rara,045; leurs contours sont plus grossiers et plus ondulés. Leur noyau (diamètre 0mm,02) dépasse également de beaucoup celui des cellules pulmonaires (fig. 2).

Entre les deux couches d’épithélium et sous les capillaires on aperçoit les noyaux des fibres musculaires lisses qui forment une tunique complète. Ces noyaux sont allongés, fusiformes, longs de 0mm,03 à 0mm,04, parallèles entre eux et à direction transversale.

La salamandre terrestre, l’axolotl (Eberth) présentent une disposition à peu près semblable.

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