‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 18 sur 197 · DU 15 AOUT · texte numérisé non relu

DU 15 AOUT

Des chiffres ci-dessus, il résulte que l'acide phosphorique ainsi (jue la potasse existent en pro|X)rtions considérables dans les deux échantillons. Ces deux agents sont, \yar excellence, les éléments auxquels le Nil doit ses principes fécondants.

On a vu précédemment que la crue du Bahr-el-Azrac s'annonçait normalement vingt ou vingt-cinq jours environ avant celle de l'Abiad. Ce[>endant, l'élévation des eaux dans la première bninche n'est pas considérable pendant celte» période, et Ton peut dire que le véritable flux se produit prescpie simultanément dans les deux tronçons. C'est, d'ailleui's, de la conjonction des deux Nils qu(î résultent les crues les plus favond)les aux irrigations de l'Egypte. Dans les premiei*s jours de juin, lorsque la crue du Nil blanc est en retard, la violence du courant dans la branche abyssine (»st telh», que les eaux du fleuve Blanc sont refoulées hum au-dessus de leur i)oint de jonction. Lorsqu'il y a concordance, l(»s deux Nils ne mélangent intimement leurs eaux qu'à plus de vingt kilométrées en aval de leur confluent.

L'eau du fleuve Bleu est excellente à tous les moments de l'année. On sait qu'elle charrie de l'or en quantités appréciables, surtout audessus du Sennaar. Les indigènes n'ont aucune connaissance s|)éciale qui leur permette d'exploiter méthodiquement les terrains aurifères de Gheziret-Sennaar, du Dar-Bertat et de la vallée de Toumat. Pendant le Kharif, ils emploient un grand nombre d'esclaves au lavage des alluvions roulées par le Nil. La main-d'(puvre ne leur coûtant jX)ur ainsi dire rien, l'extraction de l'or, dans ces conditions, ne laisse pas que de leur être profitable.

Des confins de l'Abyssinie à Khartoum,*les contrées traversées par le Nil bleu et ses affluents sont plus fertiles et mieux cultivéï^s que les terres du bassin du Nil blanc. Les premières, formées d'alluvions d'origine volcanique déposées pendant les débordement.s annuels, sont très riches. Elles sont le grenier où viennent s'approvisionne!* les autres provinces du Soudan. On n'y rencontre que deux vai'iélés de sol, tous deux d'excellente qualité, bien que de comj)osition dillérente. L'un est rouge, poreux, facilement divisible dans le Fazoglou : il est un jxîu plus grisàti^e dans le Sennaar. C'est le vériUible terrain du blé et de toutes les céi'éales en général. Le deuxième est noirâtre et riche en matières oi^aniques. Malgré sa force j)roductrice énorme, les indigènes le cultivent peu; ils l'utilisent surtout comme pâturages.

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