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QUATRIÈME CATARACTE

Entre Bahak et la quatrième cataracte, le cours du Nil n'est libre que sur une étendue de 4 à 5 kilomètres seulement, après quoi son

h\ ML, SOUDAN, Ér.YPTE

lit offre l'image d'un bouleversement cyelopéen où s'enchevêtrent les îlots et les rochers. Des masses de granit, de porfïhyn^ et de basalte, de toutes dimensions et de toutes formes, éveillent l'idée du c^iUiclysme et du chaos. L'eau tourbillonne et court au milieu de ce dédale de cluses et de rochers avec une rapidité vertigineuse; chaque passe dangereuse est suivie d'une autre semblable. Cette succession de rochers noirs et polis, qui constituent la cataracte et la rendent impraticable à l'étiage et très dangereuse en {)leine crue, est des j)lus imposantes. Le silence éternel qui rcîgne dans ces jKirages et que trouble seul le grondement des flots, l'aridité du sol et la solitude vaste et sauvage du site, tout concourt à frapper l'esprit d'une admiration mélangée de tristesse.

Bien que l'étendue de la cataracte ne déj)asse pas 6 kilomètres, il est difficile de la remonter à contre-courant en moins de six jours, soit un kilomètre par jour. La vélocité des eaux dans certains passages est extraordinaire, dans d'autres le, fond manque; sur certains points le halage est impossible {)ar suite de la multitude de rochers qui se dressent [)artout sur le j>ar(;oui*s des chenaux étroits et profonds; plus loin, il faut littéralement faire glisser les embarcations sur le sable ou sur le roc. Tenté avec des barques d'un certain tonnage, le passage de la quatrième cataracte n'est pratiquement ix)ssible que si, après les avoir débarrassées de leur chargement, l'on dispose [)our les haler d'un nombre d'hommes variant entre 50 et 1,500 suivant le cas.

TERAÏ ET GUÉRExNDID

Un bief de 3 kilomètres environ sépare le rapide de Teraï de la quatrième cataracte dont on peut le considérer conmie faisant partie. Aucune particularité im|)orlante ne le distingue de ceux qm le précèdent, sauf en ce qui concerne ses îles et îlots en majorité fertiles et partiellement cultivés par leurs habitants assez clairsemés. Sur les rives, les cultures sont insignifiantes et il ne saurait en être autrement, la vallée du Nil étant considérablement rétrécie par le voisinage des deux chaînes qui courent de chaque côté du fleuve.

Guéreudid termine la longue série de rapides qui s'étend entre Amboukol et Abou-Hamed. Ce huitième obstacle forme l'extrémité Ouest de ce que certains auteurs considèrent comme une même

RAPIDE DE TERAl

Échelle ---^^,;,,^

Distance de Khartcmm 710''

— de la 4* cataracte 3 -

— de Guérendid 20 -

— de Dongola 3i7 -

— d'Hannek . . 357 -

— d'Assouan 1.086 -

Longueur du rapide .7,000", •

Altitude en amont 258"-, 750

— enaval 256=500

Pente moyenne 0">,32Û

RAPIDE DE GUÉRENDID

Échelle -Î-.

Distance de Khartoum 730'"™- 6

— de la 4" cataracte - - - 24 — •

— deTeral 20 — 5

— deDongola --.296 5

— d'Hannek -.-336 __ 6

— deWady-Halfa 717-6

— d'Assouan 1,066 -^ h

Longueur du rapide 7,000", •

Alutude en amont 254'",250

~ en aval 248"',650

Pente moyenne 0",800

cataracte et qui, selon eux, aurait un développement de 85 kilomètres environ.

Les îles et les rochers de Guérendid ne présentent que des difTicultés relatives, pendant les hautes eaux, à la navigation. En somme, c'est le vent qui s'op{)ose le plus fortement au libre parcours de toute cette partie du Nil, lorsque la crue en a recouvert tous les seuils. En effet, au-dessous d'AlK^u-Hamed, le Nil cesse de couler vers le Nord pour se diriger vers TOuest-Sud-Ouest jusqu'à ce qu'il ait atteint Dabbeh, à 60 kilomètres en avîd d'Amboukol. Or, comme le vent souffle presque constamment du Nord pendant près de neuf mois, il en résulte que, par suite de la direction du fleuve, ce vent favorable entre Assouan et Dabl)eh et entre Abou-IIamed et Khartoum, cesse de l'être à partir de Dabbeh et constitue un très sérieux obstacle pour les barques qu'il immobilise souvent.

Entre Guérendid et la cataracte de Hannek, le développement du Nil est de 357 kilomètres et la différence (rallitude de 20"*, 740. Entre ces deux points, la navigation est libre pendant toute Tannée. Néanmoins, il existe, dans certains endroits, et notamment à Abou- Harras, à 37 kilomètres de Merawi, des rochers à (leur d'eau, formant de dangereux écueils. C'est sur ces rochers que vint se crever rAbbas, petit vapeur en acier de l'escadrille de Gordon, (pie montaient le colonel Stewart, son chef d'état-major, et les consuls de France et d'Angleterre, MM. Herbin et Power, accompjignés d'un certain nombre de négociants grecs.

Les infortunés voyagcuirs avaient quitté Khartoum, investi par les rebelles mahdistes, le 10 septembre iS84, et accompli la partie la plus périlleuse de leur aventureuse traversée, lorsque l'Abbas toucha fatalement sur la pointe de l'un des rochers d'Abou-Harras. Traîtreusement attirés à terre, les voyageurs furent tous massiicrés, à l'exception de quelques marchands grecs qui, réduits en esclavage, durent abjurer.

Merawi et Amboukol, à 60 kilomètres en aval, sont deux localités où s'arrêtaient les caravanes venant de (îhendy ou de Berbère, à destination de Dongola. Les barques cpii remontaient le Nil y dé|)0saient leur chargement que l'on trans|>ortait, par le désert de Bayouda, dans ces deux dernières villes. C'est à Amboukol que le chemin de fer du Soudan, étudié par l'ingénieur anglais, M. Fowler, devait cesser de côtoyer le Nil pour aller rejoindre Motammeh, son point terminus.

A 60 kilomètres d'Amboukol, au point le plus Sud-Ouest de la grande courbe du Nil, se trouve DablKih, boui^de importante où

LE NIL ENTRE DONGOLA ET HANNEK (Piaiirhe JV* iS.)

aboutissaient les routes des caravanes de Khartoum, du Konlofan et du Dai'four. Kn aval de Dabijeli, le Nil change de direction et

LE ML ENTKK KHAHTOLM ET ASSOUAN M

se tourne vers le Nord; il |)asse devant Dongola-el-Agouz ou le Vieux, chef-lieu abandonné de la province du môme nom, remplacé par le nouveau Dongola cpie Ton a construit à 160 kilomètres en aval.

Des sables mouvants que doivent éviter les caravanes ont envahi la rive droite en face de Dongola; plus au Nord, les deux rives sont bordées de cultures et de |)alniiers, et des terrains nilotiques, abandonnés par suite de rabaissement du |)lan d'eau du Nil, s'étendent à l'Est sur une zone de 5 kilomètres de profondeur.

A 12 kilomètres de I)ongola-le-Neuf, le Nil se divise en [)hisieurs branches et contourne de véritables îles dont la plus grande, celle d'Argo, égale en étendue l'île de Moghrat, près d'Abou-Hamed. Argo est fertile et bien cultivée, comme les îles de moindre im|)orlance qui la séparent de la rive gauche.

Il a été un moment question de rendre à la culture les terres alluviales que n'inonde plus le Nil et dont la su|)eriicie totide est évaluée à 420,000 feddans (50,400 hectares), au moyen d'un canal avec prise sur la rive droite, en aval des sables mouvants, et embouchure au-dessous de la calai*acte de Ilannek. Celte dérivation vM été utilisée à la fois [)ar l'irrigation et par la navigation. Aucune suite ne fut donnée à ce projet. Entre Dongola et Assouan, j)our obtenir des parcelles de terre plus facileuKînt cultivables que celles en bordure sur chacpie berge, les rivt^rains, qui ont depuis longtem[)s vu leurs terres délaissions par les eaux d'inondation, s'en sont créé d'autres en établissiint perpendiculairement au Nil et dans le lit même du fleuve, partout où s<i largeur le permet, des épis en pierres sèches, véritables ouvrages cyclopéens, dont plusieurs ont jusqu'à 100 mètres de longueur, (hîs épis, enlreU^nus avec soin, se colmataient jHindant la crue; à la baisse des eaux ils laissaient à découvert des terrains d'une grande fertilité. Depuis la guerre, un certain nombre de ces é|)is ont été détruits ou partiellement emportais.

Quoi qu'il en soit, les superficies cultivables ne suffisant plus aux besoins des habitants, et l'arrosiige des terres au moyen d'eau du Nil devenant de plus en plus pénible, par suite de l'abaissement du niveau du fleuve, les natifs ont graduellement abandonné les travaux agricoles. Un grand nombre d'entre eux ont émigré vers rÉgy|)te, d'autres se sont faits (chameliers ou bateliers et, avant la révolte du Soudan, la culture, presque exclusivement pratiquée [)ar des femmes.

se trouvait réduite, dans la province de Dongola, à ses plus minimes proportions.

Un auteur a écrit que les Nubiens ont poussé fort loin l'application de cet axiome de Diogène : « Savoir et pouvoir se contenter de peu. » Aussi, dit-il, la majeure partie de leur terre est en friche, et cet état de choses avait empiré depuis que le gouvernement, à la suite d'une mesure administrative, ému des plaintes des contribuables de la province de Dongola, avait diminué l'impôt foncier. Les Barbarins (1), ne cultivant leurs terres que lorsqu'ils y sont forcés par une nécessité quelconque, s'empressèrent de laisser en friche une partie de leurs champs.

Les nécessités auxquelles ils obéissent sont :

1« El-Hak-el-Miri, l'impôt à l'État;

2® El-Hak-el-Aèche, nourriture de la famille et du bétail;

3* El-Hak-el-Nisseh, part des femmes;

4^ EI-Hak-el-Merisseh, grains pour la fabrication de la bière.

L'impôt payé à l'État étant la plus dure de ces nécessités et l'acquittement de cet imjxit étant abaissé de moitié, ils diminuèrent, en conséquence, leurs cultures dans la mesure proportionnelle à l'allégement de l'imiJÔt.

N'est-ce pas traiter tro[) durement les riverains du Haut-Nil que mettre sur le compte de leur indolence l'almndon dans lequel ils laissent les excellentes terres que cultivaient leurs ancêtres? Cet aliandon n'est-il \ms la conséquence fatale de l'abaissement des eaux qui n'arrivent plus à la surface du sol que par un travail excessif et hors de proportion avec les résultats attendus ?

Les Dongolawiehs ont couvert les lx)rds du fleuve de dattiers dont la culture demandant peu d'eau, est pour l'habitant du Soudan et celui de l'Egypte ce que le bambou est aux Chinois. Il se nourrit de son fruit, fabrique des cordes de ses fibres (liflTeh) qui lui servent, en outre, d'instrument de toilette : c'est avec le « lifleh » qu'il se frictionne au bain. De sa feuille on confectionne les couffms em|)loyés surtout pour le transport des terres et du sable dans les travaux de terrassement ; de ses branches on fait des « cafîis », grandes cages pour les volatiles ou pour le transport des objets légers. Son tronc fibreux sert de char|)ente aux huttes de terre des habitants de

(1) Barbarin ou Burbari (plur. Barbara), nom que se <lonnent les babilanls Ho la Nubie.

PLANCHE B» n.

HANNEK. — TROISIÈME CATARACTE

Échelle -~~

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jlboil/ Ritmâi/

Dongola et résiste mieux que les bois ordinaires à l'attaque des termites.

La saveur de son fruit est connue et, dans le désert, à défaut d'autre chose, le Nubien nourrit son dromadaire du noyau des dattes qu'il a précieusement conservé à cet effet. Le sobre animal s'en contente momentanément. Le Dongola possède 600,000 palmiers . produisant annuellement 100,000 ardebs de dattes (environ 200,000 hectolitres). Dans cette province on cultivait peu de blé ou d'orge, mais la culture du doura (sorgho) était pratiquée sur une grande échelle. On y récoltait également deux sortes de haricot: le loubieh et le cheringueke, un peu de « bahmiehs » (ouekehs), un peu de ricin, de coton et des couines.

Avec le ricin se faisait l'huile réservée à la toilette des dames de Dongola; de la fibre du coton chacun fabriquait des toiles pour son usage particulier, et de plus fortes pour la voilure des barques.

Les Dongolawiehs ne possèdent que très peu de bestiaux et sont privés de sel. Ils se procurent le beurre, qu'ils vont chercher au Sud, en échange de leurs dattes; quant au sel, ils le remplacent par le natron qui donne à leurs aliments un goût difficilement supportable pour un palais européen.

Cette province est ravagée par un fléau permanent, la termite, qui a causé de graves dommages à ses habitations et à ses cultures. Les matières textiles ou ligneuses en contact avec le sol sont envahies et détruites en une seule nuit. Des voyageurs, non prévenus, n'ont plus trouvé à leur réveil qu'un lambeau de cuir à la place de chaussures quittées la veille. Des rabots et des varlopes en cormier, essence presque aussi dure que le gaïac, ayant séjourné quelques jours seulement à Dongola, enfermés dans des caisses, ont été trouvés, à l'ouverture, complètement évidés ; il n'en restait plus qu'une mince enveloppe se brisant sous la moindre pression.

HANNEK, — TROISIÈME CATARACTE

D'autres îles moins importantes succèdent à Argo; la plus considérable est celle de Wabia qui forme la tête du grand rapide cormu sous le nom de cataracte de Hannek. Les approches de ce grand rapide sont signalées par une colline abrupte et isolée, l'Abou-Fat-

meh, qui se dresse sur la rive droite et sert de jioint de repère aux mariniers. Après Wabia viennent, du côté Est, les îles de Tonilx)us, Dabayeh et Kayette; au centre, l'île d'Abadine, et à TOuest, Daparteh et Maggioura.

La chaîne arabique, qui s'était considérablement écartée du fleuve dans les parages de Dongola, s'en rapproche à Hannek où ses rochei's le traversent, allant se souder, à TOuest, aux collines avancées des montagnes libyques.

Pendant les hautes eaux, la cataracte disparaît et ne se distingue des autres parties du Nil que par un courant plus violent qui s'accentue encore au Lokoli, seul jwssage conseiTant, môme à cette é|X>que, la physionomie d'un raj)ide et qui ne laisse jias d'être dangereux. Cependant, la moitié Ouest du lit présente toujours un enche- } vètrement de courants, de contre-courants, de tourbillons et d'écueils

' parsemés de jolies îles verdoyantes que l'on peut visiter à pied sec

I pendant l'étiage.

Lorsque les eaux ont baissé, le Nil arrive à Hannek, partagé en deux grandes branches : celle de l'Est forme quatre chenaux serx)ndaires, celle de TOuest n en forme que trois. Ces se])t chenaux vont être successivement décrits.

La branche Est se bifurque, à la ix)int(î sud de l'île Tombons, en deux tronçons, l'un à l'Est, l'autre central. Le tronçon Est ou de la rive droite, bien que barré de roches par le travers de l'île Tombons est navigable jusqu'à l'île de Dabayeh; là il se sul)divise en deux passes : celle qui côtoie la berge et File de Kayette est totalement

I obstruée de blocs de granit roulés les uns sur les autres dont les

cimes viennent alïleurer les plus haut(»s eaux et former une barrière infranchissable ; le courant de la deuxième passe, bien que trt»s violent, n'empêche pas les barques de la remonter de préférence au tronçon central qui ne possède pas, comme la dernière, des chemins de halage d'un abord accessible. Cette deuxième passe va déboucher en aval du quatrième rapide du tronçon central qui comprend également deux chenaux : le premier longe d'al>ord la rive gauche de Tombons et Dabayeh et passe ensuite entre ces îles et celle d'Oungo fK3ur aller déboucher en amont du quatrième rapide. Le deuxième chenal est le plus important de toute la cataracte ; il court sur le côté gauche de l'île d'Abadine, dont Text rémité Nord, bordée de rochers de granit, fait partie de l'énorme banc (jui traverse le fleuve de TEst à l'Ouest et dont les crêtes multiples émergent, divisent le courant et

PLANCHE No 18.

HANNEK. — TROISIÈME CATARACTE

Échelle des longueurs -jj~^

Échelle des hauteurs \^

MO

irr Coupe Lon^tudinale

2°î**(onpe Lonç'itiidinalc

2'^^Rapide

d après Goltberû

3 "^Coupes Tranîîvprsales des Rapides

3™* Rapide

4^.« Rapide

Distance de Khartoum . . . 1 ,1 SO ^^'^'

— de la 4« cataracte . 361 — 5

— deDongola . 40 — -

— de Kaybar 68 — »?

— deWady-Halfa 581 - <>

Longueur de la cataracte

Altitude en amont

— en aval Pente moyenne . . .

constituent les rapides de Hannek. Cette passe principale se rapproche d'abord de la rive gauche par un coude brusque qui la rejette en aval vers la rive droite; elle comprend sept rapides. Des trois premiers qui se suivent au-dessous de l'île d'Abadine, le troisième est le plus dangereux. Aussitôt ce dernier franchi, on rencontre en travers du courant un rocher, menaçant écueil difficile à éviter même pendant les haute» eaux. Viennent ensuite trois bancs de roches ne comportant qu'une brèche formant rapide; le plus difficile, celui du Nord, est connu sous le nom de Lokoli. C'est par ce passage que s'écoulent la majeure partie des eaux du fleuve qui ne trouvent j)as suffisamment d'issues à l'Est ou à l'Ouest où leur cours est encombré d'îlots, de roches et de bancs de sable.

L'aspect du Lokoli est terrifiant, c'est cependant la seule passe dont se serve la navigation à la descente comme à la montée; la première est vertigineuse, la seconde ne peut s'opérer pour les barques à voile que lorsque souffle avec force un vent favorable.

La branche Ouest est divisée en trois chenaux par les îles Abadine, Dagarteh et Magipura. Les approches du premier chenal sont faciles et profondes; mais bientôt le fond se relève, les rochers surgissent de toutes parts et le rendent si dangereux qu'à moins d'y être entraînées par une fausse manœuvre les barques ne s'y hasardent jamais. A l'étiage il n'y reste plus que des flaques d'eau entourées de blocs de granit noir à la fois pittoresques et majestueux. Les deux derniers chenaux entre les îles Dagarteh et Magioura et entre cette dernière et la rive gauche sont impraticables en crue ; celui qui longe la berge est complètement à sec aux basses eaux. A cette époque, la navigation s'arrête en face de l'Abou-Fatmeh, en travers de l'île d'Abadine, par suite des rochers et des bancs de cailloux roulés qui se découvrent et sont séparés les uns des autres par des bas-fonds larges et profonds, et même par des crevasses tortueuses qui s'enfoncent jusqu'au cœur du banc de granit. Une seule de ces cluses peut être suivie pendant les basses eaux si l'on dispose d'un très [)etit canot.

D'après Gottberg, qui a fait une étude spéciale et très consciencieuse des cataractes de Kaybar et de Hannek, la longueur totale de cette dernière serait de 6,470 mètres; la difl'érence de niveau entre l*amont et l'aval de 3™, 20 en hautes eaux, soit une pente d'environ 0™,50 par kilomèti*e, et à l'étiage de 5°»,52o, soit une pente kilométrique moyertne de O^jSSS, se répartirait comme suit :

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