RAPIDE DE DAL
Entre Amara et Dal, les rives sont basses, |>eu accidentées et la contrée est, en général, plus ouverte qu'entre Amara et Kayhar. La rive droite comporte d'im[)ortantes cultures bordées de nombreux dattiers ; la végétation diminue ceiKîndant au delà de Sanké. La rive gauche ne cesse pas d'être stérile. Les îlots et les rochers dont le fleuve est hérissé n'empêchent pas la navigation d'être libre toute l'année. Le Nil se resserre sensiblement avant de rencontrer les îles Magrakeh et Ferkeh, en aval desquelles il s'élargit et change complètement d'aspect. II est bordé à TEsl et à l'Ouest i)ar des montagnes dont les contreforts s'avancent parfois jusqu'au l)ord de l'eau et surgissent de son lit sous forme de blocs de granit d'énormes dimensions, accumulés les uns sur les autres, s'élevant à 70, 80 et môme 90 mètres au-dessus des eaux. Le courant se préci[)ite furieusement à travers ces blocs et contourne de grandes îles; celles de Syr et de Dal ont plusieurs kilomètres de longueur. Recouvertes, pour la plupart, d'une couche de limon dont la végétation s'est emjmi'ée, on y rencontre une espèce de saule inconnue plus au JVord, ainsi que quelques traces de culture.
Les barques qui se disj)osent à franchir le ra|)ide de Dal suivent d'abord la rive gauche, coupent ensuite le fleuve en diagonale et, passant entre les îles Syr et Dal, se dirigent vers la rive droite qu'elles longent jusqu'à ce qu'elles se retrouvent en eau calme. Ce môme chemin est également suivi à la montée; c'est entre les deux îles que se trouve le point le plus dangereux, comme l'attestent les carènes brisées que l'on rencontre aux a[)proches. Les dahabiehs poussées par un lx)n vent peuvent le franchir à la voile; les barques chaînées doivent être allégées d'une partie de leur fret et peuvent alors remonter le rapide dont la traversée dure le plus communément de cinq à sept jours.
Dal s'étend sur une longueur de 42 kilomètres, sa largeur moyenne est de 1,300 mètres, il atteint 3,000 mètres dans sa partie inférieure. Ce rapide comprend à l'étiage sept chutes dont une de 4", 20 de hauteur; à cette éjx)que, la vitesse du courant y est d'environ 6 mètres {)ar seconde. Toutes ces chutes disparaissent i)endant les hautes eaux et l'on peut dire que, de Kaybar à Dal, le Xil est navigable pendant six mois chaque année.