CATARACTE DE WADY-HALFA
Dans chacun des rapides précédemment décrits, le fleuve forme, en amont, une espèce de cuvette ou de bassin étranjçlé dans sa partie inférieure par le rapj)rochement des chaînes arabique et libyque et limité par un seuil qui traverse le Nil et relie les deux chaînes. Les eaux s'accumulèrent autrefois dans ces Imssins jusqu'à ce que, par leur pression, elles aient pratiqué, dans le Imrrage naturel, des brèches que leurs érosions ne cessèrent d'agrandir. En aval, le lit du fleuve s'épanouit; des chenaux plus ou moins accessibles et en nombre plus ou moins grand circulent au milieu des rochers avec une vitesse qui varie en raison directe de la difl'érence des niveaux d'amont et d'aval et en raison inverse du nombre de brèches existant dans le seuil, le tout encaissé dans des lierges s'élevant de 40 à 150 mètres de hauteur au-dessus des eaux.
La cataracte de Wady-Halfa fait exception à cette règle générale en ce qui concerne sa partie antérieure. On n'y constate aucun rapprochement des chaînes bordières;qui ne cessent de courir parallèlement au fleuve; aucun point culminant n'en dénonce l'approche dont on n'est averti que par h bruit retentissîint de Teau qui se brise sur les rochers. Au lieu d'être resserrée, la caUiracte s'étend sur une largeur et une longueur considérables; les rochers qui la constituent et qui appartieiment évidemment à Tune ou à l'autre chaîne semblent avoir accidentellenjent émergé sur ce point. Us sont d'origine éruptive : ce sont des granits complets, des porphyres et des basaltes à clivages rliomboédriques inclinés, formant des angles de 35 degrés et se subdivisant à l'infini. Ces rochers existent sur une longueur de 16 kilomètres, entre Anikeh et Abousir, et sur 3 kilomètres de largeur; ils divisent le fleuve en une longue série de rapides dont la pente totale est do 17 mètres. On a compté ([uarante-deux îles dans la cataracte