‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 55 sur 197 · PUITS · texte numérisé non relu

PUITS

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RESSOURCES EN EAU

Eau bonne et abondante.

Eau noirâtre, abondante, mais nuisible.

Eau en petite quantité, saveur désagréable. Eau en grande quantité, saveur désagréable.

DÉSERT DE BAYOUDA

Le grand Nil, au-dessous de Khartoum, décrit une courbe qui se dirige d'abord vers l'Est ; elle revient, au-dessous de l'île Moghrat, dans la direction de l'Ouest-Sud-Ouest jusqu'à Dabbeh, où le fleuve retourne vers le Nord. Les deux extrémités de cette courbe^, qui forme presque les trois quarts d'une immense circonférence, sont reliées par le grand Wady-Mokattam . La péninsule, ainsi délimitée par le wady et le fleuve, a 80,000 kilomètres carrés de superficie approximative; c'est le désert de Bayouda. De son centre s'élèvent: les « gebel » Maghagha, Gilif et Gakdoul, tous trois constitués par des masses éruptives, autour desquelles les roches de grès, liquéfiées par la sortie des laves, se sont épanchées sur le sable en scories siliceuses. Ces monts s'étendent du Sud au Nord ; ils forment les principales

arêtes d'une ossature dont les contreforts isolés se rencontrent çà et là dans les plaines. Les principales pentes du Gebel-Maghagha sont tournées à l'Est ; son plus haut sommet, colline de porphyre rouge arasée comme une coupole, s'élève au-dessus de sa base gréseuse à l'altitude de 1,000 à 1,100 mètres.

La partie occidentale du désert présente un étrange aspect ; formée de débris de grès ferrugineux que les pluies ont détachés des montagnes, elle est traversée par le lit sablonneux ou argileux des wady. Ces striures, d'une blancheur éclatante, se détachent vigoureusement de la couleur rouge foncé du sol.

Sur la gauche du Wady-Mokattam se dressent le Gebel-Simrieh, haute montagne de grès rose, et l'Om-Goubour à la base duquel passe la route du Kordofan à Dabbeh. Plus à l'Ouest, le grès se montre encore sous forme de massifs qui vont en s'abaissant au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du grand désert.

Tout l'espace que dominent Jcs montagnes est un pays montueux, parsemé de dépressions, où quelques mimosas verdissent pendant la saison pluvieuse. Celle-ci est irrégulière et les steppes du Bayouda sont parfois privées d'eau pendant deux années consécutives. Quelquefois, au contraire, de violents orages éclatent, même au cours de la saison sèche, et la pluie tombe à torrents pendant plusieurs heures, couvrant le sol d'une épaisse couche d'eau. Surprises par ces pluies diluviennes, les caravanes doivent s'arrêter et attendre un jour ou deux que l'eau ait été absorbée par l'infiltration et que le soleil ait durci la surface du sol, devenue trop glissante pour les pieds des chameaux.

La péninsule de Bayouda n'est pas aussi déserte que les steppes du Darfour, du Kordofan et de l'Atmour. Elle est habitée par les Hoçaniehs et les Kababiches. Cette dernière tribu élève de nombreux troupeaux, d'une belle et forte rac^ de bœufs à bosse, que l'on voit parfois venir se désaltérer sur les bords du Nil. Lorsque les pluies annuelles tombent normalement, les pâturages sont nombreux et luxuriants, surtout aux environs des puits dont le débit reste alors constant; mais, après une ou deux saisons sèches, les herbages, desséchés et brûlés, deviennent impropres à la nourriture du bétail qui est décimé par la famine.

Les deux voies les plus fréquentées du désert de Bayouda sont, à l'Est, la route de Motammeh à Amboukol, et, à l'Ouest, celle de Khartoum à Dabbeh. Cette dernière part d'Om-Dourman sur la rive

gauche du fleuve Blanc et côtoie le Wady-Mokattam ; elle a 300 kilomètres de longueur.

Véritable fleuve sans eau, au moins pendant la majeure partie de Tannée, œ grand Wady possède de nombreuses ramifications secondaires, pour ne psis dire des affluents. Les plus nombreux, qui viennent de l'Est, sont : les Wady Wakholou, Gomorou, Abou-Anchir, Abou-Hassim, Héglig, Abou-Gouloud, Alx)u-Sial et Abou-Salama qui drainent la partie Ouest du Bayouda. Les « khirûn » El-Laban, El-Hamad et les Wady El-G'hanem et Abou-Ban écoulent dans le tronc principal les eaux qu'ils reçoivent du Nord-Est du Kordofan. Ces eaux, qui gagnent soulerrainement le Nil, alimentent de leurs nappes les puits creusés que l'on rencontre sur la route aux endroits ci-après :

80 kilomètres d'Om-Dourman.

dOO — —

A Guebra . . .

Abou-Ouchane à

El-Mellah . .

El-Gouma. .

El-Guebri. .

Goutoua. . .

Abou-Shol

Ce chemin traverse, sur certains points, des sables mouvants qui ralentissent beaucoup la marche des caravanes et fatiguent outre mesure les chameaux. On le parcourt en neuf ou dix jours.

La route de l'Est a 289 kilomètres de développement; elle peut être franchie en soixante heures avec un bon dromadaire. Les caravanes effectuent le voyage en huit jours. Sauf sur deux points, les puits sont suffisamment rapprochés pour qu'il soit inutile de faire provision d'eau. Entre Motammeh et les puit^^ d'AlK)u-Kléa, on traverse une plaine jonchée de blocs de grès d'une aridité désespérante pendant la saison sèche. Les pluies la transforment en un immense tapis de verdure où se rassemblent de grands troupeaux d'antilopes, de gazelles et de gracieuses chèvres du Soudan. A 89 kilomètres du Nil, on passe entre le Gebel-Nousf et le Gebel-Argoun qui précèdent les dunes d'El-Gose, monticules de sable que le vent transforme et déplace suivant qu'il souffle du Nord ou du Sud. Aussi la route change-t-elle souvent d'aspect; elle est incommode et serait dangereuse si cette région sablonneuse avait plus d'étendue.

Aux dunes d'El-Gose succède la belle vallée d'El-Qalem, bien ombragée, riche en pâturages et fréquentée par des troupeaux nombreux de bœufs et de chameaux. Elle est limitée, au Nord, par le Grebel-Gakdoul à la base duquel existe une immense grotte entourée de hautes murailles de granit où viennent s'accumuler les eaux de pluie. Ce réservoir, facilement accessible, est le rendez-vous des animaux sauvages, ainsi que des bœufs et des chameaux qui s'y rassemblent. Ils en souillent le contenu, qui devient vite imbuvable, et contracte une odeur repoussante. Quittant le Gebel-Gakdoul, on longe la base du Gebel-Gilif, puis on entre dans une plaine porphyrique bordée à l'Ouest par les monts Roukka, Achir, Debayehel-Kebir, et à l'Est par le Gebel-Cherkaweh. Elle précède le Wadyel-Mia, vallée à l'extrémité de laquelle la route se bifurque : le chemin qui va à Merawi suit le Wady-Abou-Doum, celui qui aboutit à Amboukol continue par le Khor-el-Ghanem et le Wady-Abou-Gir.

En partant de Motammeh, on rencontre de l'eau aux puits suivants :

Abou-Kléa . . .

. à 37 kilomètres du Nil.

Gakdoul ....

Abou-Haroti . .

Gebel-el-Kelb . .

El-Haweyat. . .

Hambaki ....

Maffok-Kakart .

Entre Amboukol et Dongola, les routes qui longent le Nil font un nombre considérable de détours pour éviter les montagnes dont les massifs s'écartent et se rapprochent fréquemment des beiges. Elles sont, en outre, hérissées d'obstacles et, par conséquent, peu fréquentées. Les caravanes arrivant à Amboukol, Dabbeh et Abou-Gossi y déposent leurs charges qui sont expédiées par le fleuve dont la navigation est libre jusqu'à la cataracte de Hannek, en aval de Dongola.

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