‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 7 sur 197 · LE NIL SOMMERSET ET LE BAHR-EL-GEBEL · texte numérisé non relu

LE NIL SOMMERSET ET LE BAHR-EL-GEBEL

(Planclie N^ 4),

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à peine et s'effondre brusquement, formant une chute |)er|)endiculaire de 50 mètres à laquelle on a donné le nom de Murchison. En aval, le fleuve reprend une largeur de 150 à 230 mètres et se jette dans TAlbert-Nyanza, à quelques kilomètres au-dessous de Magungo, par une embouchure souvent obstruée de papyrus et d'Mes flottantes et, pour cette raison, diflîcile à reconnaître.

La longueur totale du Nil Sommerset est d'environ 492 kilomètres, sa pente est de 598 mètres correspondant à une pente générale de 4 "',215 par kilomètre. A 2(35 kilomètres du Victoria-Nyanza, il reçoit

8 NIL, SOUDAN, I^IGYPTK

un affluent assez important, la rivière Koufour, qui se jette dans le fleuve au nord de Mrouli; il en re*;oit un second, en aval de Foweira^ le Kabouli qui coule du Nord-Est au Sud-Ouest.

Le la<'. Albert-Nyanza, découvcu't par sir Samuel IJaker et complètement exploré en 1877 par le colonel Mcison-Ifc^y (1) qui en (lr(*ssa la carte, a 150 kilomètres de longueur et 30 kilomètrc^s environ de largeur; son altitude est de 592 mètres au-dessus du niv(»au de la mer. Comme le Grand Victoria, ce lac est un des rt»gulateurs du Xil; il emmagasine penrlant la saison des |)luies um; |)arlie de la crue» du îVil Sommerset ainsi que les a|>ports de div(»rs torrents. Son niveau croît aloi*s de l"',20,é(|uivalant à une réserve dNîau de o,400 millions de mètres cubes. Sur toute son étendue ses eaux sont d'une remarquable pureté, leur ti*ansparence laisse» voir le fond même à travers des couches de 10 brasses.

Ce lac, comme toute la région qui l'environne», a ras|)ect morn<» et triste d'un désert; simf quelques canots que Ton rencontre amarrés sur ses rives, indice du voisinage des habitations, on iM)urrait, (mi le parcourant, se croire au milieu d'une vaste solitude. Sa [)arti(» Sud est couverte d'une végét<ition prodigieuse qui (»n a envahi l(»s bords et s'est avancée dans les eaux mêmes de ce grand bassin lacustre, ne laissant sur aucun jH)int la j)Ossibilité d'atterrir. Les pœmiers explorateurs qui l'avaient sillonné dans toutes les directions en avaient rapporté la conviction que le Nil Sommei*set ét<iil son unif|ue affluent. Cependant, le colonel Masv>n,(jui en a scruté toutes les anfractuosités, écrivait à ce sujet, le 29 août 1H77, au général Gordon :

Khartoum...

.... J'entrai enfin dans un large fleuve aux eaux rougeâtres qui se dirigeait vers le Nord avec un très faible courant ; il n'était pas couvert de végétation flottante, mais il semblait porter à sa surface un peu de matières sèches, des débris de bois et de paille flottant verticalement, ce qui indique un long séjour dans Teau. La largeur de ce cours d*eau est d'environ 400 mètres, les rives en sont hautes, très accentuées et couvertes de forêts. Par suite du manque de fond (2),

(i) Officier américain au scrviœ do l'Ég^ptc.

(2) En 1877, les pluies furent raïus à l'Equateur; le niveau de rAllx^rt-Xyanza ne s'éleva pas à la hauteur accoulunié4\ L explomlion du colonel Mason eut, sans doute, été plus fructueuse au |)oint de vue dc^ découvertes si ks eaux avaient atteint leur hauteur normale et lui axaient permis de s'avancer plus a\ant sur le fleuve dont il ne put explorer que l'embouchuix*.

je ne pus le remonter que pondant une heure, le bateau touchait à chaque instant. 11 me parut qu'une masse do végétation interceptait le passage vers le Sud...

Étant donnés la crue de l'»,20 que subit le lac, et dont il vient d'être question, et les débils du Somnierset et du Bahr-el-Gebel, il est probable que l'Albert-Nyanza est aussi alimenté par un autre cours d'eau que TelTluent du lac Victoria, et (|ue renil)oucliure visitée par le colonel Mason est celle de Ténussiiire du Nyanza-d'Usangara, lac situé au Sud-Sud-Ouest, à 90 kilomètres de l'Albert et donl laltitude est d'environ 1,100 mètres et l'élendue [)robable de 0,800 kilomètres carrés.

Le cours de cet émissaire a d'ailleurs été hypothétiquement tracé sur plusieui^s Cxirles nouvelles; il part de la pointe Nord du Nyanzad'Usangara et vient se jeler dans la |)ai'tie Sud de l'Albert-Nyanza, formant ainsi le trait d'union naturel tMilre ces deux lacs dont la configuration est sensiblement identique. De iiouvcîlles découvertes viendront, peut-être, un jour confirmer cette, hypothèse, (jui a souvent été discutée, et faire la complète lumière sur la question des principales sources du Nil blanc dont la branche maîtresse est, sans conteste, formée par les eaux qui s'épanchent du Vicloria-Nyanza par le Nil Sommerset(l).

Le golfe d'émission de l'Albert-Nyanza se trouve à 20 kilomètres de rembouchure du Sommerset, son seul golfe d'admission connu.

A sa sortie de l'Albert-Nyanza, c'est-à-dire vers le 29*^ degré de longitude Est et le 2** 7' 34" de latitude Nord, le Nil prend le nom de Bahr-el-Gebel, ou fleuve des montagnes. Sur un parcours de 445 kilomètres et jusqu'à 37 kilomètres en amont de Dufllé, le fleuve n'est, pour ainsi dire, (pie la continuation du lac; sa profondeur varie entre 5 et 12 mètres et sa largeur entre 3,500 et o,000 mètres. La vitesse de son courant dépasse à peine O'",2o par seconde, ses

(1) Les dernières explordlions de Stiinley sont venues confirmer colle hyix)lhèsc. Suivant ce voyageur, le Nyanzii-d'Usangai'a, ou Nyanza méridional, est mis en communication par un coui's «l'eau, le Semliki, qui vient délK)Uchcr dans rextrémilé Sud de l'AIbi'rt-Nyanza. I^ Nyanza méridional est le réceptacle «le tous les coui's d*eau du bassin Sud-Ouest du Nil, k^quels sont alimentés par les neiges et les eaux des monls Rouwenzore. On |)eut, en conséquence, considérer la question des sources du Nil comme définitivement résolue.

bords, couverts de gigîintosques papyrus, sont toujours d'un accès difficile et son dévelop|)ement est de 408 kilomètres depuis son ix)int d'émission jusqu'à (iondokoro où son altitude est, suivant les uns, de 535 mètres, et de 537 suivant les autres. Dans ce parcours le Bahr-eI-Gel)el monte de 0",70 à 1 mètre dans la saison des pluies: sa pente kilométrique moyenne est d'environ 0"»,2279, en partie compensée par cinq rapides : ceux de Fola, Yerliora, Goudji, Makédo et Garl)o. C'est au-dessus de Fola que s<» prononce la diffén.*nce de pente existant entre la plaine <le DuHIé et c(»ll(» de (iondokoi-o.

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