‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 8 sur 197 · PARTIELLE · texte numérisé non relu

PARTIELLE

ENTRE

Le lac Albert et Dufflé

MKTRES

DIS EN Kl

par kilom

Du filé et le rapide de Fola ....

Le rapide de Fola et celui d'Yerbora.

— Yerboraetcelui de Goudji

— Goudji etcelui de Makédo

— Makédo et les deux Garbo

— Garbo et Gondokoro . .

Le rapide de Fola ou huitième catîiracte est située à l'extréniité de la grande courbe décrite par le fleuve en aval de Dufflé, à [9o kilomètres de TAlbert-Nyanza et un peu en amont du conflu(»nt d(» TAsoua. Là, son lit est obstrué de rochers se terminant en un plan incliné formant un angle de descente d'environ 12 degrés; sur uik» longueur de IT) kilomètres, la dénivellation est de 14 mètn^s et la vitesse du courant telle que Fola est infi*anchissable à toult»s les époques de l'année. D'autre part, au-dessous dt^ s<i jonction avec l'Asoua, le fleuve se rétrécit, ses deux berges s'élèvent eu escarp(v ment, le dominent de 10 à 12 mètres et s'enfoncent à pic dans les eaux. Coupées de nombreux torrents, ses rives sont d'un accès difficile qui rend tout halage impossible. Inmiédiatement en aval, la profondeur générale du Bahr-el-Gebel est de o", 50, sa vitesse moyenne

de 2",40, et, encaissé comme en amont entre deux escarpements rocheux, il a seulement 45 mètres de largeur. Ces mesures, prises pendant les basses eaux, correspondent à un débit de SoO mètres cubes par seconde. Pendant la crue, le niveau s'élève de 4 mètres à 4">,60 au-dessus de l'étiage.

Cette j>artie du bassin est rocheuse, stérile et couverte de broussailles.

Le rapide de Yerbora, dont les rochers divisent le fleuve encourants partiels d'une assez grande violence, se trouve entre Laboréet Mougie; celui de Goudji, entre Mougie et Kirrie, ainsi que celui de Makédo, entre Kirrie et Beddin, que Ton appelle encore septième cataracte, et où le Nil forme deux chutes à pic de deux mètres, sont franchissables toute Tannée. Il en est de même des deux Térémo-Garbo et Djenkolo-Garbo que Ton désigne aussi sous Icî nom de rapides de Beddin et qu'une cinquantaine de kilomètres séparent de Gondokoro. Ces cinq barrages naturels complètent l'action régulatrice du lac Albert en s'opposant à la fuite trop rapide des eaux. Aussi le Bahr-el-Gebel éprouve des oscillations bien moins importantes que celle^s du Nil proprement dit et se» mainti(»nt longtemps au-dessus de l'étiage, par suite de l'émission lente de ses eaux, presque aussi bien réglée qu'elle pourrait l'être par le génie humain.

La région des rapid(»s est traversée à l'Est et à l'Ouest par un grand nombre de torrents et diverses rivières qui viennent se jeter dans le fleuve et former sur ce |)oint un centre d'une certaine importance dans l'hydrologie du haut bassin du Nil. De ces affluents, les plus importants sont, sur la rive droite : le Jaïfi, l'Ouniyameh et l'Asoua, et sur la rive gauche : le You, le Keja et la Lima.

Le Jaïfl et l'Ouniyameh sont deux rivières à régime constant comme l'Asoua, cours d'eau considérable que l'on a supposé être une dérivation du Nil Sommerset ou un effluent du lac Victoria- Nyanza. Il prend en réalité sa source dans les montagnes au Nord et près de ce lac; il a 100 mètres environ de largeur, sa profondeur en crue est de 4 mètres et à l'étiage de 0,75 ; son embouchure se trouve immédiatement au-dessus de la cataracte de Fola : elle est, comme cette dernière, encombrée de rochers. Le You et le Keja sont deux rivières à régime torrentueux; pendant la saison des pluies, cette dernière monte de 4"", 50 à 4", 75; son lit est rocheux et sa pente rapide. La Lima, moins im|3ortante que l'Asoua, est néanmoins un puissant cours d'eau apportant au Nil, qu'il rejoint entre Kirrie et Beddin, d'énormes quantités d'eau pendant la saison pluvieuse.

Entre les rapides et Gondokoro, l'aspect gwlogiqiie do la contrée est des plus variés: on y rencontre du minerai de fer en al)ondanc^; la roche est généralement granitique, composée de syénile, de gneiss à clivages rectilignes mêlés de schiste micacé dans les l)asses vallées. Çà et là, des veines de basalte à l'état de décomj:)osition .percent le sol en grande partie dénudé. D'immenses bancs de (juailz, ros(» et blanc, formant de véritables murailles, se prolongent à l'Est et à l'Ouest parallèlement au fleuve.

A Gondokom, le Nil coule à travers des plaines de formation argileuse dans lesquelles son lit s'est enfoncé de 8 mètres au-dessous du niveau général des terres. Sa profondeur varie entre 2 mètres et 4'",50, et son débit entre 550 et 4,200 mètres cubes i>ar seconde. Sa laideur, durant les hautes eaux, est l)eaucouj) plus considérabh» [wir suite du peu d'inclinaison de ses berges. Dans les plaines à faible pente qu'il traverse en aval des rapidc^s, le fleuve si» divise» cmi un certain nombre de branches latérales dont la |)ortée n'c^st {wls exactement connue. Cependant, si tgutes les eaux qui tombent dans la région des lacs en communication avec le Nil empruntaient le lit du Bahr-el-Gebel, son débit serait vingt ou trente fois plus considérable. Mais, on l'a vu, il se produit à la surface du Victoria, comme au-dessus du lac Albert, une énorme éva|)oratioii (pii rétablit l'équilibre entre leurs re(x4tes d'eau et le débit de leur unique eflïuent, et alimente les pluies que reçoivent les diflen^ntes parties du bassin su|)érieur du Nil. Par infiltration, il doit, s^ms doute, se produire également d'immenses pertes; mais il serait inq>ossible d'indiquer, môme très approximativement, les quantités d'eau qui vont ainsi alimenter les nappes souterraines que la sonde i*encontre dans les déserts du Nord-Ouest et du Nord.

Le graphique suivant démontre : que la plus forte des crues d(»s trois années 1876-1877-1878 ne s'est pas élevée à |)lus de 2 mètnvs au-dessus de l'étifige moyen; que l'écart maximum entre leurs cotes a été de 0",80, que les eaux de 1877 sont retombées en juillet bien au-dessous de la cote qu'elles avaient atteinte en mai, chute qu'il faut attribuer au manque presque total de pluies consUUé dans la région du Nil Sommei'set et de l'Albert-Nyanza. On remarqueni, en dernier lieu, que la décrue de 1876 s'est maintenue élevée plus longtemps que celles des deux années qui l'ont suivie.

On a souvent observé qu'à la suite de pluies violentes, h» niveau du fleuve montait subitement de 0"s70, 0°^90 et même de 1",20.

Ces crues passagi'res, qui se sont pnxluites deux fois en d876 et une fois en 4878, ont une durée très courte; elles disparaissent avec la même rapidité qu'elles se produisent.

Vers le 0° degi-é, à 1,200 kilomètres en aval du lac Albert, le fleuve traverse une rt^ion presque constamment recouverte [mr les eaux.

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