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CHAPITRE VII

De la nature de Terrear

On définit généralement l'erreur une privation ou une négation. — Elle est une privation si on a égard à la connaissance vraie que Tesprit est capable d'atteindre et qu'il n'atteint pas. Elle est une négation si on considère l'imperfection naturelle de la pensée qui ne lui permet pas de s'élever à la vérité.

On peut dire encore que l'erreur est une privation, en tant qu'elle résulte du mauvais usage de nos facultés ; une négation, en tant qu'elle a pour cause leur limitation.

Qu'il y ait une privation dans toute erreur, c'est ce que doit nécessairement admettre quiconque croit l'esprit humain capable d'arriver, de quelque manière que ce soit, à la vérité. Si l'esprit humain, pouvant connaître le vrai, ne le connaît pas, il lui manque quelque chose, il est privé d'un bien auquel, en quelque sorte, il a droit.

Mais dire simplement que l'erreur est une privation.

c'est dire qu'on se trompe quand on ne connaît pas la vérité. — On échappe à cette tautologie si on dit que Terreur n'est qu'une privation, que nous nous trompons uniquement parce que nous ne connaissons pas toute la vérité. — Telle est la thèse qu'ont soutenue la plupart des métaphysiciens dogmatiques. Il fautTabandonner si on estime que l'esprit ne peut atteindre directement les choses en soi.

I. — La doctrine que l'erreur n'est qu'une privation s'entend d'abord en ce sens que, si nous croyons une chose fausse, c'est uniquement parce que nous n'avons pas actuellement présente à l'esprit l'idée qui exclurait la pensée fausse.

Il doit en être ainsi dans toute doctrine où on considère l'adhésion de l'esprit comme déterminée par la valeur intrinsèque et logique des choses pensées. — Une idée incomplète, dans la mesure où elle est pensée, entraîne la croyance, et cette croyance dure jusqu'au moment où une croyance plus forte, amenée par une idée plus claire, vient se substituer à elle.

Mais, s'il est vrai, comme nous avons essayé de le montrer dans le chapitre précédent, que la croyance est dans une certaine mesure indépendante de l'idée, on ne peut plus dire qu'il suffit que l'idée vraie apparaisse pour que la croyance erronée disparaisse. L'acte de volonté qui constitue la croyance fausse peut

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se prolonger même en présence de l'idée vraie ; on peut s'obstiner dans Terreur.

Il faut donc considérer le jugement faux comme tout aussi positif que le jugement vrai. Ce n'est point en eux-mêmes, c'est par une détermination extrinsèque qu'ils diffèrent.

II. — Il reste à se demander si l'erreur mentale, la synthèse fausse, en tant qu'elle est représentée et abstraction faite de toute croyance ou adhésion, peut être considérée comme n'étant qu'une privation.

C'est encore ce que devaient soutenir les métaphysiciens dogmatiques. S'il est donné à l'esprit humain de connaître les choses par intuition, si la pensée, infaillible par nature, va droit à l'être, la représentation ne saurait être fausse. Penser le faux, c'est toujours penser, et par conséquent connaître une chose qui est ; la pensée, vraie en elle-même, ne peut être fausse que par ce qu'elle néglige ou ignore.

Cependant, pour expliquer l'erreur, les mêmes philosophes ont distingué l'entendement et l'imagination. L'entendement seul est infaillible, mais souvent on croit entendre alors qu'on ne fait qu'imaginer. — Se tromper, c'est, alors qu'on imagine, être privé de l'idée vraie que l'entendement pourrait avoir.

Comment ce mode de la pensée qui est l'imagination peut coexister avec l'entendement, c'est un point sur lequel on ne s'explique guère. — De plus, il est diffî-

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cile de comprendre comment Tabsence seule de Tidée vraie peut avoir pour résultat de nous faire prendre le faux pour le vrai. Un être qui serait entièrement privé d'entendement ne croirait pas entendre, et, par suite, ne se tromperait pas, du moins de la môme manière que nous.

Mais cette explication de Terreur fût-elle admissible, elle serait encore insuffisante. Elle ne s'applique, en effet, qu'à l'erreur logique. L'entendement n'est infaillible que si on le définit la faculté d'enchaîner à priori des idées d'après le principe de contradiction. — Mais, si on admet la distinction établie ci-dessus entre la vérité logique et la vérité empirique, il faut expliquer l'erreur empirique comme on a expliqué l'erreur logique.

Suivant les métaphysiciens dogmatiques, appliquer la méthode expérimentale, c'est connaître par imagination, car les lois de la nature ne sont pas établies par voie démonstrative. — Si donc on admet la légitimité de cette méthode, si on croit que l'imagination ainsi définie peut s'élever d'elle-même à la vérité, si d'autre part elle est sujette à l'erreur, on ne peut plus dire qu'elle se trompe uniquement parce qu'elle est privée des idées vraies de l'entendement ou de la raison. — Il faut donc, ayant défini la vérité autrement que les dogmatiques, chercher aussi une autre explication de l'erreur.

En réalité, à quelque point de vue qu'on l'envisage, l'erreur ne se réduit pas à une simple privation.

En effet, dire qu'elle n'est qu'une privation, c'est admettre : 1*^ que la synthèse fausse, dans ce qu'elle a de positif, est vraie ; 2® qu'outre cette partie positive, il n'y a rien dans la synthèse fausse qui soit représenté à l'esprit et actuellement pensé.

La première de ces propositions est plausible. On a dit souvent qu'il n'y a pas d'erreur absolue, et que toute erreur contient une part de vérité. Ainsi encore les systèmes, a-t-on dit, sont vrais dans ce qu'ils affirment et faux dans ce qu'ils nient. En fait, on peut mettre au défi une personne quelconque d'imaginer une erreur qui ne contienne aucune part de vérité. Ce n'est jamais au hasard que nous associons deux idées, c'est toujours sous l'influence d'un souvenir, d'une expérience passée. Les intermédiaires qui établissent ce rapport peuvent nous échapper ; l'analyse les retrouve. C'est ce qu'ont mis en lumière les philosophes qui se sont occupés des lois de l'association des idées. Sans rappeler l'exemple célèbre de Hobbes, Hamilton a ingénieusement exprimé cette vérité : « Si « des billes de billard sont placées en ligne droite, se « touchant l'une l'autre, et si on pousse une bille contre « celle qui forme la tête de la ligne, qu'arrivera-t-il ? « Le mouvement de la bille lancée ne se divise pas « dans la rangée des billes ; l'effet auquel nous aurions « pu nous attendre à priori n'arrive pas, mais l'impul- « sion se transmet, à travers les billes intermédiaires, « qui restent chacune en place, à la bille située à

« rextrémité de la ligne, et cette bille seule suit Tim- « pulsion. Il semble qu'il se passe souvent quelque « chose de semblable dans le cours de la pensée : une « idée suggère immédiatement une autre idée dans la « conscience ; la suggestion agit à travers une ou « plusieurs idées qui ne se présentent pas elles-mêmes « dans la conscience, (i). »

Ainsi les rapprochements même les plus bizarres ont toujours leur raison d'être dans des connaissances antérieures. Le fondement de Terreur actuelle peut être inaperçu et caché dans les profondeurs de Tinconscient ; il existe toujours. — Autrement, les mots qu'on assemble n'auraient aucun sens ; la synthèse ne serait pas une erreur, mais un non-sens. — On pourrait dire que toute erreur suppose un raisonnement au moins inconscient, si ce n'était par un regrettable abus de mots qu'on donne le nom de raisonnement à ces associations d'idées toutes spontanées, et si les mots raisonnement et inconscient pouvaient être réunis. — Mais il reste vrai que toute erreur suppose un rapport intelligible à priori ou donné à posteriori entre des notions ou des choses. Il n'est pas d'erreur, même dans la folie la plus extravagante, qu'on ne puisse expliquer. Sans doute, il serait téméraire de s'engager à rendre compte de toutes les erreurs qu'un homme peut commettre. Les rapports des choses sont innombrables, et il faudrait être dans la conscience de

(1) Lect. on metaphys.j I, 352 et 353.

chaque individu pour discerner tous les aspects sous lesquels les phénomènes peuvent se présenter à lui. Mais tout esprit, en réfléchissant sur lui-même, peut retrouver Torigine de ses erreurs.

Cependant, conclure, comme on le fait si souvent, de ce que toute erreur contient quelque chose d'intelligible, qu'elle contient aussi une part de vérité, c'est être dupe d'une illusion. Il y a ici une équivoque sur le sens du mot vérité. Dans certains cas, une synthèse fausse contient une partie de la vérité dont elle tient la place, par exemple si je dis que tous les cygnes sont blancs. — Dans d'autres cas, il y a dans la synthèse fausse une partie positive qui est vraie sans être une partie de la vérité qu'elle est censée représenter ; vraie en elle-même, elle est une partie, non de telle ou telle vérité particulière, mais de cet ensemble de vérités qu'on désigne sous le nom de la vérité. C est une autre vérité, comme dit Platon, qu'on met à la place de celle qu'on croit posséder. — C'est ce qui arrive si je dis que le soleil est à six cents pieds de nous. Il est vrai que le soleil nous paraît, et doit nous paraître à six cents pieds ; c'est un fait d'expérience qui s'impose à tout esprit semblable au nôtre, en tant qu'il fait usage de ses sens.

Mais il s'en faut de beaucoup qu'il en soit toujours ainsi. Soit, par exemple, cette erreur : L'or potable est un remède universel. Si on cherche à expliquer ce préjugé, on arrive aisément à concevoir comment l'or, qui

d'ordinaire procure les plus grands biens, a paru capable d'assurer le plus grand de tous, la santé (i).

— Voilà une association d'idées parfaitement intelligible ; peut-on dire qu'elle soit vraie à quelque degré?

— Il n'y a pas ici, comme dans les cas précédents, une nécessité logique ou expérimentale qui nous contraigne à former cette synthèse. Tout esprit peut la former ; nul ne le doit. Il est possible en un sens, et pour une pensée incomplète, que l'or potable soit un remède universel ; ce n'est vrai en aucune façon.

Cependant, suivant certains philosophes, tels que Spinoza, si une chose est pensée ou imaginée, il y a pour cela des raisons nécessaires ; par suite, elle est vraie en un sens. — Mais soutenir une pareille thèse, c'est supprimer toute différence entre le possible et le réel ; c'est,onra vu, nier Terreur plutôt que l'expliquer.

On ne peut donc pas dire, à prendre les termes dans leur rigueur, que dans toute pensée fausse il y ait une part de vérité. La synthèse fausse peut être entièrement autre que la vérité, n'avoir rien de commun avec elle ; elle ne se réduit donc pas à une simple privation. Elle est une pensée positive, la pensée d'une autre chose que ce qui est, et qui n'est pas.

Mais, en supposant même que dans toute erreur il y eût toujours une partie positive qui fût vraie, il ne s'ensuivrait pas que tout ce qui est positif soit vrai.

(1) StuartMill, Log,, liv. V, m, 3.

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En effet, dans une synthèse fausse quelconque, il y a autre chose que le rapport de certaines représentations unies par la pensée. La synthèse n'est erronée que si elle est pensée comme vraie, c'est-à-dire si Tesprit la revêl des caractères d'universalité et de nécessité qui constituent la vérité. Par exemple, il n'y a pas d'erreur si je me borne à rapprocher par l'imagination l'idée du soleil et l'idée d'une distance de six cents pieds. Car il est certain que le soleil m'apparaît à six cents pieds ; l'erreur commence au moment où je pense que le soleil est à six cents pieds. De même, je ne me trompe pas en rapprochant les idées d'or potable et de remède universel, mais en concevant la relation ainsi aperçue par moi comme devant s'imposer à tous les esprits. — Le caractère d'universalité et de nécessité attribué à une synthèse mentale est constitutif de l'erreur.

Or, comment soutenir que ce .caractère n'est pas positif? — Dira-t-on qu'il est compris, dans le rapprochement même des éléments de la synthèse, que toute relation entre plusieurs notions nous apparaît immédiatement comme universelle ? — Il en est malheureusement ainsi dans la plupart des cas, l'observation des enfants et des peuples primitifs le prouve : ils généralisent en même temps qu'ils imaginent. — Il n'en reste pas moins vrai que généraliser et imaginer sont deux opérations différentes, et on se trompe, non en tant qu'on imagine, mais en tant qu'on généralise. Au

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reste, Tunion primitive des deux opérations peut être rompue ; les mêmes choses qui sont d'abord pensées comme nécessairement unies peuvent être représentées comme de simples hypothèses, ou comme un jeu de rimagination ; c'est même ce qui arrive pour toute personne instruite par l'expérience des dangers que présentent les généralisations trop hâtives.

Au moment donc où je pense comme vraie une synthèse fausse, je vais au delà de ce qui m'est donné. Je détourne de leur destination naturelle certains modes de la pensée pour les appliquer à des choses auxquelles ils ne conviennent pas. Si je me trompe, c'est parce que je mets dans ma pensée plus qu'il ne faut, et non parce qu'il me manque quelque chose ; je pèche par excès plutôt que par défaut. — En d'autres termes, si on appelle raison ou entendement la faculté de penser sous forme d'éternité, sub specie seternitatis, j'unis en une seule et même opération l'imagination et la raison. C'est à tort que, pour rendre compte de l'erreur, on distinguerait la raison de l'imagination, qu'on chargerait ensuite, comme un bouc émissaire, de toutes les fautes de l'esprit. Je ne me trompe pas quoique je sois un être raisonnable, me^is parce que je suis un être raisonnable.

Il est vrai que peut-être nous n'attribuerions pas à la synthèse fausse ce caractère de généralité si nous avions présents à l'esprit les faits ou idées qui, apparaissant plus tard, seront inconciliables avec elle ; en

ce sens, Terreur suppose une privation. — Toutefois, si l'acte de généralisation a pour condition Tabsence de certaines notions, on ne peut dire que cette privation suffise à expliquer Tacte de généralisation en lui-même. Comment ce que je ne pense pas actuellement pourrait-il me contraindre à penser quelque chose? Quelle est cette réaction de la pensée absente sur la pensée présente, de ce qui n'est pas sur ce qui est ? De ce que j'ignore les raisons qui m'empêcheront plus tard de considérer ma synthèse comme vraie, il ne s'ensuit pas que je doive la considérer dès maintenant comme vraie ; si je m'en tiens à ce qui m'est donné, je la considérerai comme une hypothèse.

En réalité, si on les envisage l'une et l'autre dans leur origine, la vérité et l'erreur ne sont pas radicalement différentes. L'esprit n'est pas dans un état différent, comme l'ont admis tant de philosophes, lorsqu'il pense la vérité et lorsqu'il pense l'erreur ; la raison et l'imagination ne sont pas deux facultés hétérogènes et contraires, elles s'exercent ensemble. L'esprit, en luimême, est indifférent au vrai et au faux ; il pense l'un comme l'autre. La raison n'est pas une infaillible intuition ; elle n'est pas enchaînée à l'être et immobilisée dans la contemplation de l'être. Elle est une forme abstraite et mobile, également capable de s'attacher à ce qui est et h ce qui n'est pas. Mais, si cette mobilité est la mère de nos erreurs, il ne faut pas oublier qu'elle est aussi la condition de la découverte du vrai. G'estgrâce

à elle que l'esprit humain peut dépasser le moment présent, anticiper sur Tavenir, prévoir le vrai avant de le connaître. En effet, dans tout ordre de connaissances, Tesprit procède par une série de tâtonnements et d'hypothèses. Même dans les mathématiques, qui semblent être le domaine de la pensée continue, lorsqu'on procède analytiquement, n'est-ce pas toujours par une vue de l'esprit, par une anticipation spontanée, qu'on entrevoit la vérité avant de la démontrer? Résoudre un problème, n'est-ce pas aller chercher, parmi un grand nombre d'idées, celle qu'on rattachera ensuite, à l'aide du raisonnement déductif, aux données de la question ? N'est-ce pas le privilège du génie d'aller droit, et comme d'un seul bond, guidé par un sûr instinct, à l'idée vraie? N'est-ce pas le lot des esprits médiocres de s'égarer dans des chemins qui n'aboutissent pas ? Si les raisonnements géométriques forment une chaîne, n'est-il pas vrai que Tesprit en saisit d'abord les deux bouts, sauf à retrouver ensuite les anneaux intermédiaires? Et apprendre ce que d'autres ont trouvé, n'est-ce pas, comme l'a profondément montré Platon dans la célèbre leçon du Ménon, retrouver par soi-même les raisons déjà découvertes? — De même, sans les sciences expérimentales, les belles études de Claude Bernard (i) nous ont mon-

(i)Inirod. à la médec. expérim., pp. 43 et 5; (Paris, i865\ — Cf. E Caro, la Métaphysique et les sciences (Revue des Deux Mondes, i5 novembre 1866). — P. Janet, la Méthode expérimentale et la physiologie {Revue des Deux Mondes, i5 avril 1866) .

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tré que c'est, en dernière analyse, par une hypothèse, par un élan spontané de la pensée, que la vérité est devinée avant d'être confirmée par l'expérience. — Ainsi encore dans les sciences historiques, le génie du savant évoque et ressuscite en quelque sorte, par la puissance de l'imagination, les figures qu'il veut décrire. Si les textes, si les documents ont quelque signification pour lui, c'est à condition qu'il les confronte sans cesse avec l'idée que d'avance il s'est formée du personnage qu'il veut peindre, rectifiant et modifiant celle-ci par ceux-là, éclairant et vivifiant souvent ceux-là par celle-ci. — De quelque côté qu'on se tourne, comprendre c'est toujours deviner. La vérité n'est jamais qu'une hypothèse confirmée ; Terreur n'est jamais qu'une hypothèse démentie.

Bien loin donc de se placer du premier coup et comme de plain-pied dans l'absolu et au cœur de l'être, la pensée s'adapte, s'accommode par une série de tâtonnements et de modifications successives à la réalité qu'elle veut représenter. — Elle est essentiellement discontinue ; elle procède par bonds, s'élançant hardiment dans l'inconnu, essayant toutes les routes, s'égarant souvent dans ses courses aventureuses, mais capable aussi, c'est là sa récompense, de trouver le bon chemin parmi tous ceux quf s'ouvrent devant elle. — La même activité, exubérante et hardie, qui l'emporte souvent loin du but, est aussi capable de Ty

conduire ou de l'y ramener ; elle ne se trompe que parce qu elle doit trouver d'elle-même la vérité, et pour ainsi dire la créer à nouveau ; et ce qui fait sa faiblesse est aussi ce qui fait sa force.

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