UN HÔPITAL A PARIS
Assez heureusement placé pour contempler dons « ton vrai jour le tableau des misères humaines , Je ••dirai franchement 80us quels aspects différents il - s’est offert à moi. ••
Marc-An t. Pftit , Discours sur les maladies observées à V Hôtel-Dieu de Lyon.
Pour bien connaître ce que c’est qu’un hôpital à Paris, et ce que c’est en grande partie que ce manège, si souvent ignoble, qu’on appelle clinique médicale dans ces mêmes hôpitaux , ce n’est pas assez d’aller tous les jours à la visite du matin du professeur ou du chef de clinique qui le remplace assez souvent , et d’entendre trois fois par semaine , pendant les dix mois que dure la clinique, ces discours arrangés et frangés qu’ils nous déclament plus ou moins pompeusement après la visite, sous le titre de leçons.
Pour connaître la valeur intrinsèque de cet enseignement clinique, la valeur si vantée de ce qu’on v donne pour des observations au lit du malade , et pour bien apprécier enfin la probité et la véracité scientifiques ou autres de tout ce qui s’y passe, il faut plus :
Il faut aller, long-temps avant le commencement de la visite , avant par conséquent que les veilleuses de nuit soient venues prendre le mot auprès des
malades ou le leur donner, interroger ces malades avant toute autre personne ; il faut ( et ceci est de première nécessité) connaître un interne ou un chef de clinique qui soit homme probe d’abord , et ensuite indépendant par caractère ou par position sociale, non ambitieux, franc et suffisamment instruit pour ne pas s’ébahir devant tout et ne pas croire tout admirable; il faut que cet interne ou chef de clinique soit encore votre ami et ait de la confiance en vous, pour vous ouvrir le sepidchretum des horreurs qui se passent dans la clinique ; il faut encore aller après la clinique, si cela vous est permis , voir les malades.
C’est après toutes ces uotions, prises minutieusement et patiemment , qu’on pourra connaître de quelle manière se font , s’écrivent et se publient ces observalions au lit du malade qui encombrent tous ces journaux et ouvrages qui vont courir le monde jusqu’à mon pays. C’est alors qu’on voit comment ces observations sont de purs romans plus fantastiques que les voyages de Cyrano de Bergerac, arrangées et maniées toujours dans un certain but de vanité, soit pour offusquer ou surpasser M. et M. un tel ou un tel , professeurs dans tel ou tel hôpital , soit pour faire briller certaine méthode préconisée comme neuve , progressive et infaillible : méthode qui doit aller étonner brouillamment et brillamment le monde dans les pages de quelque in -8" boursouffié
ou dans les colonnes infâmes d’un journal plus ou moins mercenaire, plus ou moins flagorneur, plus ou moins complaisant.
On sait et on connaît déjà assez bien maintenant, vu que le mensonge tombe toujours plus ou moins tard, quelle est la valeur réelle, comparée à la valeur nominale et d’agiotage , de certains ouvrages que l’époque , la ruse, l’adresse, quelque femme Voy. la Camaraderie de M. Scribe ) et quelquefois même la nullité des auteurs ont fait proclamer comme des chefs-d’œuvre.
On connaît déjà assez bien , je le répète , ces romans décorés de titres séduisants et médicaux , qui n’ont, entre autres défauts, que le défaut capital d’être doublement dégoûtants et nauséabonds par les matières qu’ils traitent et par l’immoralité qui les a crées, dans le but de mettre en évidence .Monsieur et Monsieur un tel ; et toute personne accortc ne regarde plus aujourd'hui les observations et les voyages médicaux de tels et tels Messieurs, décorés de ceci , barons de cela , etc. : personne ne lit plus ces barbouillages entassés en faveur de telle ou telle théorie hypothétique, et de telle ou telle méthode thérapeutique qui ne vaut pas davantage. El pourquoi suis je donc à dépenser de l’encre pour combattre des morts? Parce qu’ils ne sont mort» que pour l’Europe : dans mon pays , ils sont comme ces nombreux ossements de reliques des saints, à qui
toute personne sensée ne croit plus à Piome , et qui sont vénérés dans bien d’autres pays de la chrétienté.
Ah! s’il m’était permis de briser le sceau que la circonspection impose aux secrets confiés par l’amitié, combien d’attentats ne dévoilerais-je pas, ahn d’empêcher qu’on surprenne la bonne-foi de tous ces jeunes élèves à peine initiés aux connaissances médicales!... Combien d’irrévérences ne pourrais-je pas mentionner contre les préceptes du bon philosophe de Cos si invoqué et si peu respecté , et traité par ces thaumaturges de la médecine avec une insouciance et un dédain provenant sans doute de ce qu’ils ue l’ont point lu ou mal lu!... Et combien encore contre la morale, la religion, la charité chrétienne!... Mais, enfin, ce serait un sermon de larmes, comme nous disons chez nous, que de chercher à faire cette espèce de complainte , et beaucoup de personnes riraient peut-être encore aux dépens de la dignité et de la moralité de notre profession.
Outre que ce n’est pas l’affaire d’un Brésilien, et surtout d’un Brésilien de si peu de valeur que moi, de chercher à mettre en évidence les turpitudes parisiennes dans les hôpitaux, vices du reste sur lesquels tant de personnes respectables ont appelé la surveillance du gouvernemental ) ; outre
(1) Voy. le Rapport du Jury médical sur les hôpitaux
cela, dis-je, il n’y a rien que je déteste tant que le métier de censeur moral de qui que ce soit et de quoi que ce soit. Si j’ose même dire ici quelque chose en passant à ce propos, c’est parce que, ami de mon art et rempli de la persuasion que le ministère sacré du médecin ne comporte pas une moindre tâche que celui du sacerdoce, je me révolte dans mon âme , et j’éclate alors contre les abus infâmes qui souillent la plus digne, la plus noble des professions. Je le fais encore pour que , dans mon pays, ceux qui sont encore illusionnés puissent savoir à quoi s’en tenir s’ils lisent ce que je dis ici sine odio, sine iràj dans le plus pur amour du bien et de l’amélioration du sort de l’humanité souffrante; dans le désir, enfin , le plus désintéressé de faire prévaloir seule et entière la vérité , ou ces vérités acquises par moi souvent avec horreur et toujours avec douleur. Oui, telles sont les tristes convictions que fait naitre un long séjour dans celte Babylone Parisienne, qui, pareille aux corps composés de beaucoup d’éléments et toxiques, comme par exemple l’opium , ne commencent à être connus qu’après beaucoup d’analyses souvent réitérées , comparées , renouvelées ,
de Paris, en 18 jury où se trouvaient MM. Gueneau ,
de Mussy et Duméril, etc., tous médecins très-respectables et indépendants, ayant eux-mêmes des salles de clinique , etc.
bien appréciées Et encore , — voyez l’opium,
son histoire chimique n’est pas terminée.
À Dieu ne plaise qu’on puisse jamais voir, dans tout ce que je viens de dire, la moindre intention de ternir en quoi que ce soit la gloire hautement méritée de certains professeurs de clinique de l’école de Paris! Les Andral, les Chomel , les Récamier et les Fouquier sont encore là pour montrer comment on exerce , avec toute la dignité et la charité voulues, l’art médical dans une clinique. Et d’ailleurs, que pourront jamais mes réflexions pour influencer, même très-légèrement, la renommée des hommes élevés sur le pavoi médical?.... Telles ne sont nullement mes intentions. J’écris tout ceci , je le répète, pour mon seul pays, où je crois que mes idées, sincèrement exposées, pourront être utiles, quand ce ne serait que pour être mieux élucidées, amplifiées et avérées par des hommes de plus de capacité pour cela que moi.
Or, j’ose dire avec la franchise et la conviction d’un honnête homme médecin, qui désire avant tout le bien des malades, que même MM. Andral , Lhomel , Récamier, etc. , que je suis le premier à respecter très-profondément, font mal leur clinique , et la font mal sans que cela vienne seulement de leur faute.
Un médecin d’un hôpital devrait être exclusivement le médecin de son hôpital , et n’avoir à
soigner et à étudier jour et nuit que les seuls malades de la salle ou des salles de clinique qui lui sont confiées.
Sans cela, un hôpital sera presque toujours un établissement où la Nature a plus de peine à guérir qu’ailleurs, et où les soins peu assidus n’empêchent pas toujours de mourir.
Ce serait aux gouvernements à régler, à réglementer cela , et à rétribuer un médecin en proportion de son mérite , de sa position sociale , de son savoir, etc.
Une seule visite de deux heures, faite toujours le matin à GO ou 80 malades, n’est pas assez, n’est rien pour bien voir et bien traiter des maladies : trois ou quatre heures ne seraient pas trop. Le professeur Cairoli , de Pavie (clinique chirurgicale), passait trois et quatre heures dans ses deux salles, pas bien nombreuses, de l’hôpital de Pavie, et il y revenait encore dans l’après-midi : ainsi le faisait Hildebrand le fils, qui n’avait et ne voulait jamais dans son unique salle de clinique , pour l’instruction de ses élèves, que 12 à 2/i malades, choisis parmi les plus remarquables de ceux qui entraient à l’hôpital , et il revenait encore vers le soir. Le professeur de clinique ophthalmologique (Platner), et celui de clinique des accouchements (Lovati), agissaient de même. M. Rostan , et quelques autres professeurs de clinique à Paris, font une nouvelle
visite le soir ; mais à Paris cela fait exception. Messieurs les professeurs de Montpellier et ceux de Lyon ont cette louable habitude , et on ne peut que gagner avec cela , non-seulement pour le bien de l’humanité souffrante ( premier but de tout établissement nosocomial et premier devoir de tout médecin mais encore pour l’utilité de l’élève qui apprend, pour les véritables progrès de la science, et même enfin pour l’amour-propre bien entendu du professseur, qui pourra ainsi goûter la satisfaction de u’avoir à constater, à la fin de chaque année , que très -peu d’insuccès, grâce à ses soins plus assidus et à une surveillance plus attentive. Or, ce n’est que la plus grande durée de chaque visite, le nombre répété de ces mêmes visites , et la surveillance du professeur en personne sur l’exactitude et la sollicitude des internes, de la sœur, des infirmiers, du pharmacien , et sur la qualité des aliments, etc , qui peuvent amener ces heureux et toujours désirables résultats (1).
(t) Il faut bien réfléchir sur tout ce qu’a dit à ce propos, avec cette concision et énergie qui lui est naturelle , notre divin Hippocrate, dans le court mais précieux traité De decenti ornatu, que tout médecin devrait savoir par cœur, même ceux qui s’occupent de politique. 11 est remarquable que dans tout ce qui existe de plus important pour la médecine ou le médecin , ce grand génie s’est montré plus concis qu’en tout autre sujet , mais chaque phrase est un monde d’idées utiles.
Il ne faut jamais voir dans une salle de clinique un simple honneur rendu à son mérite , et un sim-
Depuis le paragraphe 10 jusqu’à la fin du traité précité (édition de Vander Linden , in-4°, Naples 1757 ) , on doit tout lire.
11 n’y dit pas seulement« Ingressu utere fréquenter, visita diligentiiis liis quœ. à deceptis per errorem fiunt occurrens ut mutentur. Faciliùsenimcognosces simulque expeditior eris. » Mais il ajoute encore, pour que même dans l’absence du médecin le malade ne souffre pas ;.« ut et in intcrvallis nihil te latent , «qu’on mette à côté du malade eos quijam ina'rte progressa fecerunt , quo ea quee ntilia sunl , addant , aut senne offerant , ut et in intcrvallis nihil te lateat. •
Les internes ou l’interne de garde est là , me dira-l-on , mais l’interne n'est et ne peut pas être le médecin, c’est celui-ci qni doit saisir le moment propice, cette occasio præceps, sur laquelle M. le professeur Golfin, de cette école, vient d’écrire avec tant de distinction parmi tant d’autres, cet ouvrage De l’occasion et de /’ opportunité eu matière thérapeutique , Montpellier 1839, et sur laquelle Hippocrate avait déjà dit outre les aphorismes: « Tempus est in quo occasio; occasio vert) in quâ tempus, non multum. » ( De præceptionibus in principio.) Or, à qui le devoir de saisir le timon au moment où il convient de s’en emparer pour éviter la tempête?
Je ne veux nullement et je ne peux pas douter du mérite et du zèle de Messieurs les internes. J'en connais de trèsrespectables sous tous les rapports; maison conviendra «pie bien des fois ils entrent dans l’hôpital pour apprendre et faire des progrès, et ne sont pas toujours tels que ceux que veut Hippocrate, c’est-à-dire, qui déjà « progressa fecerunt. Hippocrate ne veut pas encore qu’on laisse le malade dans des mains inhabiles: et vert) imperitis nunqnam qnicquam procura ndum coni in it tentes. » Et si
pie moyen d’augmenter sa renommée , ses revenus ou la masse de ses connaissances, qu’on vend après
cela arrive , que devient la victime? Demandez au malade ou plutôt interrogez le registre mortuaire de l’hôpital , car le malheureux est déjà peut-être dans le cabinet noir à attendre le scalpel investigateur.
Les internes des hôpitaux devraient être , selon moi , des docteurs en médecine et des plus habiles ; et outre que ce ne serait pas trop pour un de nos frères malade et malheureux, on suivrait ainsi l’usage très-judicieux de certaines universités d’Allemagne, où le nouveau docteur ne peut pas exercer librement en ville sans avoir préalablement pratiqué pendant quelque temps (un ou deux ans) dans un hôpital, et sous la tutelle d’un vieux praticien.
On a donné à Jacques, dernier ourang-outang que le beau climatde Paris a expédié , trois inembresde l’Institut, professeurs, etc. (MM. Duméril , deBlainvilleetFlourens), qui le visitaient trois fois par jour pour le traiter de la maladie dont il est mort. Gr, il me semble que nos semblables devraient intéresser un peu plus qu’un sujet d’histoire naturelle.
Quand Fodéré (je vais descendre plus bas encore puisque le mal est partout) n’a pas cru indigne de' ses occupations sérieuses un Manuel des garde-malades , etc., qui est déjà à sa seconde édition, il voyait bien toute l’importance de la question qui m’occupe jusqu’à ses derniers embranchements; et j’aime à croire que tout esprit clairvoyant louera au moins la pureté de mes intentions.
Il serait vraiment curieux et risible, pour ne pas dire autre chose , de confronter les qualités que Fodéré voudrait avec raison trouver dans un garde-malade, avec celles des infirmiers actuels des hôpitaux de Paris. — La Gazette médicale de Paris a publié dernièrement un feuille-
au libraire, ce qui revient aux revenus; il faut y voir avant tout et presque uuiquement un devoir imposé à sa profession par les lois de l’humanité , parcelles de l’état, et par celles non moins graves ni moins respectables du véritable progrès et de l’iustruction des élèves.
de ne me fatiguerai jamais de dire, même au prix de fatiguer ceux qui voudront avoir la patience de m’écouter et d’avoir le sort de celle qui a inutilement crié aux Troyens qu’on les trompait, que la profession de médecin est et doit toujours être un ministère saint et sacré d’abnégation et de dévouement ; elle ne doit jamais être un métier lucratif, d’ambition et d'égoïsme. Un médecin doit avoir toutes les vertus du meilleur prêtre, et il a très-
ton assez remarquable sur l’infirmier; mais elle n’a pas tout dit , parce que c’est la Gazette médicale de Paris.
On a beaucoup écrit (et sur quoi n’a-t-on pas beaucoup écrit en médecine?) sur la manière de sc conduire près des malades. Je ne citerai qu’un volume in-4°, que j'ai ici sous la main , du célèbre savant Claudini , professeur de philosophie et de médecine-pratique à Bologne, et intitulé : Julii Cesuris Claudini medici , etc. De ingressu ad infirmas, Ilanoviœ 1627; l'édition que je possède est excellente, et a été donnée par Claudini avec d’autres traités de son père.
M. Dezeimeris fait mention de sept autres éditions. La mienne se distingue par ses tables ou index , et le volume est dans un état de conservation rare.
souvent (temporairement parlant) plus de responsabilité qu’un ministre de l’église.
Or, qu’on mesure de là l’étendue et la délicatesse des devoirs d’un médecin.
Je pourrais bien citer ici une foule d’autorités en faveur de ce que j’avance , et faire à tel propos étalage d’érudition , en commençant par Hippocrate, qui a tant de fois fait voir comment le médecin doit être compatissant , pieux , etc. , ce que savent trèsbien tous les hommes qui ont lu les œuvres de ce médecin sage et plein de respect pour sa religion. Mais puisque je me trouve à Montpellier, je citerai seulement le passage suivant du célèbre Arnauld de Villeneuve , médecin de celte Faculté, si riche non-seulement en médecins savants, mais aussi en médecins honnêtes et bons , ce qui ne vaut pas moins.
Arnauld deYilleneuve établit, dans son traité/)# simplicibus,. la médecine comme «un moyen théolo- » gique, ecclésiastique, mystique et moral, qui mène »et conduit sûrement au ciel les hommes que la #gràce de la vocation y appelle , parce que , le mé~ »decin ayant sou état devant les yeux et dans ses » mains , il se trouve disposé à l’exercice des œuvres » de miséricorde , et sent un penchant qui le .parte ».à la douceur, à la piété, à la charité, à la pureté »de mœurs, au culte de la vraie religion, de » l’évangile , et à la conquête de toutes les vertus. »
Ce passage est textuellement extrait de l'excellent petit ouvrage du médeciu d’Aignan , intitulé: Le preste médecin , ou Discours physique sur l'établissement de la médecine , avec un traité du café et du thé de France , selon le système d' Hippocrate. Paris, chez Laurent d’Houvy, etc. 1 v. in- 1 2 de 203 p. (1690).
Je conseillerai à tous mes compatriotes de lire avec attention ce petit ouvrage , assez rare et trèsprécieux , d’un médecin non - seulement plein de sentiments honorables et religieux, mais doué de beaucoup d’érudition; et puisque l’entraînement du sujet m’a conduit à parler de la lecture des bons livres, puisque j’ai parlé d’hôpital, d’hôpitaux et de médecins cliniciens , il serait utile de lire après l’article Hôpital du grand dictionnaire de médecine en 00 vol. , article écrit par
et ensuite celui très-bien fait pour le dictionnaire en 22 vol. parM. Pvaige de Lormes; il serait bon de lire , dis-je, ce que le savant philosophe , si ami de l’humanité, M. le baron de Gerando, a écrit sur dette intéressante matière dans son dernier ouvrage : De la bienfaisance publique, etc. 4 vol. in-8°, Paris
Je voudrais pouvoir reproduire dans cette thèse , et faire disparaître ainsi sa pauvreté , tout ce que ce chrétien philosophe a dit dans le 4e volume de cet excellent ouvrage , depuis la page 27 1 jusqu’à la page 450, dans tout le livre 3e. Ce livre constitue
le meilleur traité que je connaisse , et je crois pouvoir assurer le meilleur qu’on puisse avoir, historique, statistique, hygiénique, etc., sur les différents hôpitaux de tous les pays civilisés depuis les temps les plus anciens. Ce livre montre une immense érudition, telle que je l’entends et comme je voudrais qu’on en retrouvât dans tous les sujets dont on s’occupe. M. de Gerando y a fait briller son profond savoir, son admirable amour pour l’humanité tant de fois prouvé , et ses immenses connaissances en bibliographie.
.le ne peux résister au plaisir de citer de tout ce livre au moins les pages suivantes , dignes des plus éloquents pères de l’église.
«Avec quel religieux respect , avec quelle émo- » lion profonde on entre dans ces asyles où sont, «hélas! accumulées tant de douleurs, où la mort «promène sa faux d’une manière si redoutable, où r> tant d’existences utiles viennent invoquer une protection contre le danger qui les menace! Quelle «tendre sollicitude n’inspire pas la destinée d’un si «* grand nombre de nos frères, pour lesquels la souf- «france, la crainte, l’affliction viennent se joindre « aux maux de la pauvreté ! Quels vœux ne formons- «nous pas pour leur salut et pour l’adoucissement » de leurs peines ! Heureux celui qui peut se dévouer »pour une œuvre si belle !
» C'est aux hommes de l'art, sans doute , quap-
• parlient d'abord la première pari de la louchante • mission qui doit accomplir ce vœu. Puissent ils » toujours y apporter les lumières et l'expérience néces- » saires / Puissent-ils y apporter aussi les dispositions » qui les rendront vraiment dignes d'un aussi noble
• ministère/» ( pag. 341.)
F.t à la page 344 :
«C’est surtout aux médecins des hôpitaux que «s’adressent les maximes des maîtres de l’art de
• guérir, lorsque, dans le ministère du médecin, ils
• comprennent la noble mission de consoler et d’en-
• courager le malade ; lorsqu’ils considèrent ces » influences morales comme un moyen puissant de
• guérison. Ici. pour le malade, à la souffrance
• s’unissent les peines de la pauvreté, les douleurs
• de l’àme, des impressions sinistres. De longs dis-
• cours ne sont pas exigés , ne seraient pas possibles, «mais un regard, un témoignage de bonté, un mot «d’espérance ranimeront le cœur d’un infortuné
• éloigné des siens, accablé de tristesse et peut-être
• aussi d’effroi ! »
Je finirai avec la page 360.
«Les soins de détails prouvent au malade l’af- » fection dont il est l’objet; ils lui font du bien. Ils «ont un mérite et une utilité de plus quand ils ex^
• priment des égards. Les égards! — Le pauvre,
• frappé parla maladie y a des droits particuliers à
• raison de son indigence elle-même : ils adoucissent
» son infortune , soutiennent son courage. Dieu nous » garde de jamais laisser le pauvre exposé au moindre » dédain dans l’asile où nous lui offrons l’hospitalité! » Tous ceux qui approchent le malade doivent con- » courir , chacun dans la sphère de ses fondions, à lui » procurer les bienfaits d'un régime moral propre à » adoucir ses maux et à les lui rendre salutaires .»
Oh! digne et vertueux de Gérando! que vous auriez à verser des larmes si vous aviez pénétré plusieurs fois en certains mouieuls dans ces mêmes hôpitaux de Paris ! Mais quoique vous ayez toujours porté, en le visitant, cette bienveillante mansuétude qui vous est si naturelle, vous ne les avez vus que comme membre du conseil-général des hospices: or, votre visite prévue a toujours inspiré un zèle momentané pour dérober à vos regards les plus hideuses misères.
.l’ai parlé de l’article de M. P\aige de Dormes ( Dict. en 22 vol. ), je ne partage pas entièrement les opinions de l’auteur. M. de Dormes trouve indispensable, outre le concours , que le temps d exercice des chirurgiens et des médecins des hôpitaux soit limité ( page 377 ); et les raisons qu’il donne en faveur de son opinion sont qu’en fournissant à un plus grand nombre d’individus l’occasion de pratiquer sur un vaste théâtre, on augmenterait le nombre des hommes habiles dans l’art de guérir. Arrivant dans les hôpitaux (continue l’auteur), h un âge qui
permel dos travaux assidus, excités par l’exemple de leurs devanciers, les médecins et chirurgiens s’euipresseraient de mettre à profit ( I ) leur heureuse situation, craignant d’en laisser tous les fruits à leurs successeurs. Ils ne se reposeraient plus sur leur inamovibilité, plus propre à engourdir (2) leur
(t) A profit de qui et de quoi?.... Ce mot profit et cette phrase :« fruits qu’on laisse à son successeur » , en me faisant rappeler beaucoup de choses que j’ai vues et que je ne dis pas, me font naître la bien déplaisante idée de cet industrialisme qui est si bien à l’ordre du jour. « L’industrie suit aujourd’hui la science comme l’ombre suit le corps » , dit la Gazette Médicale de Paris, du samedi 27 février 1841 , dans son feuilleton. Dans le même IV0 de ce journal (L oij- Compte rendu des séances de l’Académie de médecine), M. le pro fesseur Gerdy ne voit dans les nombreuses opérations pour la guérison du strabisme que le côté industriel.
(2) Le médecin chrétien, qui est celui qui connaît le mieux ses devoirs , ne s’engourdit jamais dans son travail : celui, au contraire, qui y cherche le profit et qui ne le trouve pas, se ralentit et se paralyse, parce qu’il n’a pas dans son esprit, pour l’éveiller et le ranimer, les paroles de l’Evangile : « Quiconque ayant mis la main à la charrue ,
• regarde derrière soi, n’est pas propre au royaume de
• Dieu » (Saint Luc, chap. 9, v. 62); «et quiconque aura
• quitté pour mon nom sa maison, aura la vie éternelle » (Saint Jean). Or, le médecin qui prodigue à ses malades ces soins du cœur et de l’esprit que les honoraires ne payent pas, et qui ne peuvent venir que d’une àme généreuse et compatissante, ce médecin-là n’espère la récompense de ce qu’il fait qu’en Dieu , et quand on espère en Dieu, et en Dieu seul, on ne se ralentit jamais. Quand on espère dans les hommes , quand on espère dans l’académie,
activité, à les rendre stationnaires, qu’à accroître la somme de leurs connaissances. Après douze ou quinze ans de pratique dans les hôpitaux, on a communément tout ce qu’il est donné d’y acquérir.
Et c’est précisément alors (répondrai-je à M. de Lormes, même en adoptant son opinion), qu’il faut y maintenir le vieux praticien consommé ( s’il l’est , comme vous le dites, apres quinze ans), qui est arrivé au point ardu et difficile de bien connaître les maladies et de bien les traiter, puisque c’est alors qu’il peut être plus sûrement utile aux malades, premier but d’un établissement hospitalier.
Les villes et les saints hommes qui ont établi ou qui établissent des hôpitaux , ne les ont jamais institués et ne les instituent pas pour servir d’école ou pour être de « vastes théâtres à former des hommes habiles dans l’art de guérir », mais pour être des asyles sûrs et charitables où le malheureux puisse aller trouver le médecin le plus habile possible et déjà praticien consommé pour le guérir de sa maladie.
On ne réunit pas des malades comme on rassemble des animaux dans le cabinet d’un amphithéâtre , pour servir aux expériences d’anatomie
dans le professorat, dans le libraire , dans quelque malade de plus , la satisfaction de l’espoir ne manque pas d’éteindre le zèle. Qui manet in charitate in Deo manet et Deus in eo.
IG
comparée ou de médecine légale , et partant , à fins • truction du professeur ou des élèves.
Un hôpital pourra bien être et est bien en effet un lieu , une école d’ensenseignement éminemment utile et indispensable pour les élèves. Mais il ne l’est jamais mieux que quand un vieux praticien habile et zélé est à sa tète ou à la tète de chaque clinique: mais l’hôpital ne doit jamais être une école d’enseignement ou de profit quelconque pour celui qui traite les malades.
Ce dernier principe semblerait autoriser la voie déjà assez largement frayée par taut de médecins sans cœur, la voie aux expérimentations thérapeutiques , pour faire briller davantage sa clinique dans les seuls quinze ans que vous voulez lui donner pour se rendre habile ; c’est-à-dire, pour arriver à la célébrité aux dépens de l’humanité et des pauvres, desquels on se soucie d’autant moins que la voix de leurs parents ou de leurs amis, s’ils en ont , ne peut crier pour dire dans les salons et dans les cercles qu’on les a laissé mourir, ou même qu’on a précipité leur mort en voulant s’instruire à leur dépens.
Le médecin qui désire se charger sur son âme, d’après ses forces et son instruction déjà faite, de l’honorable responsabilité d’une salle de clinique , fait sans doute une très-belle action et ne cherche pas à y arriver pour faire du profit, quel qu’il soit,
scientifique ou autre , mais pour guérir des malades , en enseignant aux Jeunes élèves ce qu’ils ne savent pas encore, et que lui médecin doit déjà savoir très-profondément, d’abord, pour guérir, ensuite, pour enseigner. Je sais bien qu’il faut que le médecin soit payé, et il faut (je suis le premier à le dire ) qu’il le soit de manière à ne plus rien désirer, ni avoir besoin de plus rien; je sais qu’il y apprend tous les jours , tant cette médecine est vaste et variée , mais il ne faut jamais , au grand jamais , qu’il y entre avec l’idée préconçue d’y profiter d’aucune manière , je le répète.
On ne met pas chaque quinze ans un pilote dans an bâtiment , pour que tous les pilotes aillent apprendre , aux dépens du bâtiment et des passagers, les écueils, les bas-fonds, les tempêtes imprévues, les coups de vent, la promptitude dans les précauetdans la manœuvre, etc. Le maître du bâtiment, tionsqui ne veut pas perdre sa propriété, cherche, au contraire , le pilote le plus expérimenté et le moins jeune, qui ne vienne point faire son école pour s’instruire à son profit , mais qui puisse plutôt faire des élèves à son détriment.
Je ne parlerai pas dans ce moment du concours, que je n’approuve point pour cette place de médecin de clinique. La discussion de cette question m’amènerait trop loin, et je réserve pour un autre moment et des circonstances plus favorables la dis-
cussion de ce point très -important de l’enseignement. Je déclare que j’aime les concours, malgré leurs inconvénients nombreux et presque incorrigibles. La meilleure chose dans ce monde a ses défauts, surtout quand l’intégrité, l’intelligence et la religion n’y président pas.
Les cinq pages et plus de bibliographie que M. Raige de Lormes , si dignement chargé de la partie bibliographique de ce dictionnaire, a ajoutées à son article, sont précieuses pour tout homme éclairé qui sait apprécier l’utilité de cette branche indispensable des bonnes et complètes éludes médicales.
Qu’on me pardonne cependant, malgré ce qu’il me reste à apprendre en pareille matière, de dire mon petit mot de bouquiniste après un si savant bibliographe.
Il me semble qu’il serait utile, en faveur de la clarté et de la précision dans ces genres de renseignements, que les livres fussent classés par siècles , à commencer par les premiers de l’imprimerie, et ensuite par langues. Quelquefois il faudrait même commencer par des manuscrits , s’il y avait lieu d’en citer; peut-être même serait-il bon de commencer toujours ainsi.
Manuscrits — nationaux ou étrangers.
Tels et tels : citant la bibliothèque , l’époque , le numéro, quelques notions surce qu’ils contiennent.
( iai )
Ensuite :
15e siècle.
Langues orientales.
Langues classiques — grec et latin.
Tels et tels ouvrages : avec un très-court aperçu de ce qu’ils contiennent ou de l’esprit dans lequel ils ont été écrits.
Langues étrangères rivantes: — russe, hollandais, polonais, allemand , anglais , italien , espagnol et portugais.
Toujours avec quelques très -brèves notions sur chaque ouvrage.
Langue française.
Idem .
Voilà la formule , par exemple , pour le 1 5e siècle. 11 n’est pas nécessaire de dire qu’on suivrait aussi l’ordre chronologique et successif des années.
De telle manière , on suivrait ou on descendrait siècle par siècle jusqu’au nôtre : ce serait comme un tableau synoptique aidant à l’étude de l’histoire de la médecine. On aurait soin d’ajouter à chaque année, depuis l’apparition de ces journaux plus ou moins vendus et l’ouverture des académies , les recueils académiques ou autres, avec les dates et les noms des auteurs des articles qu’ils renferment, ainsi que les journaux à une seule feuille et les nombreux dictionnaires, etc. Qu’on me pardonne cette petite exigence en faveur de la clarté , de
l’économie du temps et de la facilité du travail, pour celui, par exemple, qui ne voudrait faire des recherches que dans un seul siècle ou dans une seule langue.
Quant aux éclaircissements que je demande sur chaque ouvrage, ils sont très-utiles et presque indispensables à celui qui veut faire choix de tel ou tel auteur parmi plusieurs autres. Sans cela, la liste des livres ne serait qu’un simple catalogue de libraire : et encore les libraires ajoutent-ils souvent quelque chose, à laquelle on ne doit presque jamais croire. Du reste, ces renseignements se trouventdans tous les Manuels de libraires , Traités de bibliographie , comme ceux bien connus de Brunet et de Debure, et surtout dans la France littéraire de Quérard, pour une bonne partie de la bibliographie française , etc. etc.
Quant aux manuscrits , que du reste je ne fais qu’indiquer, s’il y a lieu de les citer, ce qui pourra très -bien arriver plus d’une fois, puisque dans les nombreuses et riches bibliothèques de la seule ville de Paris (sans excepter celle de l’école de médecine , où se trouvent ceux des savants „ Goulin , Sanchez, Andry, etc. ) , il existe une grande quantité de manuscrits scientifiques précieux , principalement à la bibliothèque du roi et à celle de l’Arsenal ; et quand il n’y en aurait qu’un seul , il peut être d’une telle nature à jeter un grand jour sur l’histoire d’une découverte, et enfin sur la mé-
decioe du temps, sinon sur celle de tous les âges ( I j-
Quant aux manuscrits, dis -je, tous les érudits savent où on peut aller en prendre connaissance.
(1) Il serait bien à désirer que M. le prof Kühnholtz , bibliothécaire dans la belle bibliothèque de cette Faculté, qui a déjà si bien servi à l’avancement et à la propagation des études historiques en médecine, par son bel ouvrage sur l’histoire de la médecine et la bibliographie médicale (Montpellier 1837, in -8°), voulût publier une notice sur les manuscrits scientifiques qui peuvent se trouver à la bibliothèque de l’Ecole ou dans les diverses bibliothèques publiques et particulières du département de l’Hérault. M. le professeur Kühnholtz peut accomplir cette tâche mieux que personne , et il sait bien que ce serait un grand service rendu à l’étude de la bibliographie des sciences. Ee savant et laborieux Desgenettes , dans ses Eloges des académiciens de Montpellier, rappelle que les manuscrits de plusieurs d’entre eux sont restés dans le sein de leurs familles. M. Kühnholtz donnerait ainsi l’exemple à plus d’un bibliothécaire endormi sur ce point important de la bibliographie des sciences en France , et il suivrait en même temps l’impulsion donnée à ce genre de travaux par MM. Paulin Paris et Marsan.
N’est-ce pas chose déplorable que de voir, par exemple,
• à Paris, les manuscrits du savant, laborieux et si malheureux Goulin déjà perdus, et de lire à ce propos, dans le dictionnaire historique de M. Dezeimeris (art. Goulin): « Nous ignorons en quelles mains ont passé ces ouvrages qui avaient surtout pour objet l’histoire de la médecine » ? Sans la notice de Suc, nous n’aurions pas même conservé un petit aperçu sur les remarquables travaux d’un savant dont l’infortune n’a jamais attiédi l’ardeur, et qui a vécu jusqu’à 71 ans, luttant avec l’adversité et ne cessant jamais d’être utile aux hommes par ses précieuses recher-
Les catalogues imprimés ou manuscrits de la bibliothèque du roi , ceux de celles de l’Arsenal et de Sainte-Geneviève , sont les principales sources.
On a encore l’ouvrage du professeur Marsand sur les manuscrits italiens des bibliothèques de Paris. On a l’ouvrage si précieux et non encore terminé sur les manuscrits de la bibliothèque rovale, parM. Paulin Paris. On, a enfin, l’ouvrage de ce savant allemand 1 vol. in-4° ,
imprimé , je crois , à Leipsick , qui a rendu compte de tous les manuscrits existant dans les principales
ches : qu’il suffise de citer les volumes in-f° qu’il a laissés écrits de sa main sur l’histoire de la médecine , et que personne ne s’est soucié de chercher. Au reste , toutes les recherches ne se font pas facilement à la Faculté de Paris. Pour connaître les écrits du bon et savant portugais Sanchez , j’ai eu bien de peine à la bibliothèque de cette Faculté. Ces manuscrits , que personne ne connaît et qui forment trois volumes in-f° , sont écrits en latin , en français et en portugais ; ils renferment , outre les brouillons , notes et additions pour les ouvrages déjà imprimés (et M. Dezeimeris ne les. cite pas tous), une collection d’observations sur les maladies des Cosaques et autres peuples de la Russie centrale, leurs guérisons, leurs mœurs , etc.
M. Kühnhollz a promis, pag. 261 de son ouvrage précité, « d’indiquer les erreurs graves qui déparent l’atlas de M. C. Broussais. » Un bon atlas historique et bibliographique de la médecine , et seulement de la médecine française, est un ouvrage nécessaire qui manque à la librairie médicale , obérée par tant de futilités. M. Kühnholtz , mieux que d’autres, peut remplir cette lacune.
bibliothèques de l’Europe ; ouvrage précieux , où même les manuscrits de la bibliothèque de l’académie royale des sciences de Lisbonne ne sont pas oubliés J’ai eu occasion de le consulter à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris , et j’ai pu me convaincre qu’on y peut puiser des notions très -utiles, nonseulement pour les littérateurs, mais encore pour les personnes qui s’occupent de sciences.
Quant aux langues orientales, les sources ne sont ni moins nombreuses, ni moins connues. On a les Recherches asiatiques publiées eu Angleterre , ainsi que plusieurs autres ouvrages de prix sur ce même sujet, publiés dans ce pays d’orgueil fastueux et de misère. On a le journal de la société asiatique qu’on publie à Paris, rue Taranne; les journaux anglais de Calcutta et autres ; les Mélanges asiatiques de M. de Sacy (2 vol. in- 8°), où se trouvent, entre autres notions médicales, des détails sur l’acupuncture (I). On possède toutes les publications si précieuses de la société de la propagande de Rome , et le nombreux recueil des lettres des missions étrangères (il en existe déjà plus de 20 volumes). On a encore le journal des voyages, et les ouvrages dernièrement publiés à Paris sur la Chine , celui traduit dé l’anglais de David , et celui de M. Paulthier
(I) M.Cloqueta écrit un volume in-8° sur cette matière, qui a aussi occupé M. Valentin , auteur d’un voyage médical en Italie.
( 2 vol. in -8°), plein de recherches érudites et savantes, et qui fait partie de Y Univers yiüoresque de F. Didot. Mentionnons encore les précieux ouvrages des premiers prêtres qui ont voyagé en Chine et dans l’Inde au moment de la découverte , et surtout ceux des Jésuites espagnols ou portugais, maîtres dans tous les temps sur ces matières , et enfin les voyages des hommes savants ou autres qui se sont transportés par besoin ou dévouement dans des pays éloignés, sans excepter le véridique et naïf Belloni, et ce célèbre Fernaù Mondez Pinto, portugais, quelquefois trop ami du merveilleux : son ouvrage a été traduit en français par un certain Silveira ( I vol. in-4°).
Ces rapides indications suffiraient, à la rigueur, jrour les langues et les choses orientales; mais pour les autres langues, quelle mine inépuisable!
Ces seuls catalogues des li! d* «o-ie^es de
la prodigieuse A Me« n • (et qucop r un seul de ces catalogues est un gros vol iii-8", petit caractère , comme j’en ai plus d’un ), ceux de la fameuse foire biblique j qui se tient annuellement à Leipzig, et les nombreux traités de bibliographie publiés depuis Haller, suffiraient ad salielalem ; mais n’allons pas si loin. On pourrait extraire du Dictionnaire historique de M. Dezeimeris et de celui d’Eloy (édition en 3 gros vol. in 4"), qui n’est pas toujours à dédaigner malgré ses fautes et le dédain affecté de
M. Dezeimeris; on pourrait, disons-nons, extraire de ces deux ouvrages beaucoup de notices sur des médecins russes , polonais , hollandais ( pour ceuxci , Eloy surtout est précieux ). Brokaus et Avenarius (de Paris publient, depuis quelques années, un catalogue très - remarquable de la librairie en France. On consulterait encore avec intérêt le journal de la librairie de Beuchot , celui de
(de Genève) qui analyse les ouvrages, celui de la librairie française et étrangère de Treiittel et Wiirlz , et enfin le bibliographe ou revue de bibliographie universelle qui contient les analyses de tout ce qjii se publie dans l’univers, en sciences, lettres ou arts, par un Italien qui a récemment ouyert à Paris un salon littéraire très remarquable, où l’on
trouve tous les principaux journaux et revues littéraires et scientifiques de tous les pays du monde, etc., etc.
Mais je m’arrête quoique je sois loin d’avoir
épuisé mon sujet.