INTRODUCTION
« En toutes choses désormais rien ne peut être nou- » veau que par la forme. »
C’est ainsi que M. Ch. Nodier commence son Traité des notions élémentaires de linguistique ; et certes , personne mieux que lui ne pouvait avancer cette vérité , lui qui sait tout et qui connaît depuis la petite herbe des champs (1) jusqu’aux vérités de la métaphysique la plus élevée.
Le sujet que j’essaie de traiter très-sommairement a été amplement approfondi par plusieurs auteurs d’un
(1) M. Ch Nodier, plus généralement connu comme philologue et poète que comme naturaliste , a étudié longuement et connaît à merveille la botanique et l’hisloire naturelle , surtout l’entomologie. C’est un trait de ressemblance que le poète français a de plus avec le grand poète de l’Allemagne que tout le monde connaît ( Goethe ).
Plus d’une fois, dans les conversations dont M. Nodier m’honorait et dont je n’oublierai jamais le charme et l’instruction variée et philosophique, il m’a étonné par l’étendue de ses connaissances dans les productions de la nature , qu’il sait si bien peindre avec sa parole éloquente , et surtout par la prodigieuse fraîcheur de sa mémoire, qui rappelle sans hésiter une foule de passages de Linné et de Bonnet, qu’il aime particulièrement, et une multitude de noms plus ou moins hérissés de grec et de latin , qui Sont pour lui un simple jeu.