OBSERVATION IV
(Trousseau)
Agée de soixante ans et depuis longtemps emphysémateuse, cette femme était entrée dans le service pour une bronchite accompagnée d’un mouvement fébrile et d'un état
(1) Traité de la syphitis, Fournier, p, 654.
de stupeur qui ne nous paraissaient point en rapport avec l'affection des bronches. Plusieurs jours de suite, l'auscultation fut pratiquée avec le plus grand soin pour rechercher si l'on ne découvrait pas quelque point péripneumonique ; enfin, après trois jours, on constata sur les jambes un érythème noueux et sur la face dorsale des mains un érythème papuleux. La malade, blanchisseuse de profession, avait eu plusieurs attaques de rhumatisme ; c'était pour s'être exposée au froid humide qu'elle avait contracté le catarrhe pulmopaire qui l’amenait à l'hôpital. Cette bronchite bientôt se généralisa, et le vingt et unième jour se terminait par la mort en se compliquant d'une double pneumonie hypostatique.
Devergie, lui aussi, a bien remarqué cette typhose, s’il est permis de l’appeler ainsi, quand il dit (1) que l’érythème papuleux est souvent l’expression d’une affection typhoïdique.
Pour compléter cette nomenclature, il nous reste à citer un cas d’érythème généralisé, emprunté à l’excellent mémoire de M. Teissier.