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esclaves. De là une politique d’ambition, qui s'est emparée du Texas, et qui convoite le Mexique et Cuba. Ce n’est pas par soif de conquête, par désir d’agrandissement (jue le Sud rêve d’expéditions injustifiables, c’est pour ne pas déeheoir. Cuba, annexée à la confédération, ne donnerait aucun avantage à la Caroline ; les propriétaires actuels de l’ile espagnole ne seraient pas dépossédés et deviendraient citoyens de l’Union ; mais Cuba pourrait se diviser en deux ou trois Etats indépendants, et l’esclavage aurait quatre ou six voix de plus dans le Sénat. Là est toute la question, ce qui nous semble et ce qui est une politique de conquêtes, passe là-bas pour une politique de salut.
On ne veut pas du Canada, car ce serait donner à la liberté des chances de plus; mais on veut du Mexique pour y rétablir l’esclavage, et ôter tout espoir aux partisans de l’émancipation.
Channing a vu le commencement de cette politique qui accuse un renversement complet dans les idées américaines, l’abandon de toutes les maximes et de tous les principes de la constitution. C’est en 1837, à l’occasion du Texas, qu’il a écrit la lettre à M. Henri Clay, qui termine ce volume. Tandis que de toutes parts on applaudissait à cet envahissement d'un pays libre par une poignée d’aventuriers, Channing eut le courage de défendre la cause du Mexique opprimé par la force, et il osa révéler la vraie pensée de la conquête. Ce que voulaient les Américains, ce n’était pas un nouveau territoire, les terres ne manquaient pas dans l’ancienne Louisiane, c’était étendre l’esclavage, éloigner de leurs frontières le voisinage dangereux d’un pays libre, trouver un écoulement pour les nègres du Maryland et de la Virginie. On a nièces exécrables motifs; ils sont vrais cependant et il reste à l’Amérique du Nord cette tache ineffaçable, qu’en plein xi\esiècle,ses enfants ont été conquérir une terre d’où le Mexique avait proscrit l’esclavage, et que leur premier acte a été d’v établir la servitude. Après cela comment parler de