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la barbarie du Mexique? Et, à propos de l’esclavage, à quoi bon se plaindre qu’on a reçu de l’Angleterre cette lèpre qu’ou voudrait en vain rejeter ? La Virginie peut alléguer cette excuse; mais qui forçait d’établir l’esclavage dans le Texas, et sur qui retombe la responsabilité d’un pareil crime?
Dans cette lettre à M. Clay, qui s’était fait le défenseur de l’annexion, Channing s’élève à une hauteur de vues remarquable, et avec cette sûreté que donne l’étude des choses humaines, et surtout de cette loi de justice qui gouverne le monde, il prédit à ses concitoyens que cette conquête, qui leur parait si brillante, sera la ruine de l'Union.
« Par cet acte, dit-il, notre pays entre dans une carrière d'empiétements, de guerres et de crimes, et méritera et appellera sur lui le châtiment et la douleur. La prise du Texas ne restera pas un fait isolé, elle pèsera sur notre avenir; elle se rattachera par une nécessité de fera une longue suite de rapines et de carnages. L'annexion du Texas sera le commencement de conquêtes qui, si une juste Providence ne les frappe pas , ne s'arrêteront qu’à l’Isthme de Darien. »
Channing n’a vu ni la guerre du Mexique ni les expéditions de Cuba, il n’a pas entendu un ministre des affaires étrangères déclarer que les Etats-Unis aviseraient si l’abolition de l’esclavage changeait la situation matérielle de Cuba et mettait en péril la sécurité du gouvernement américain (1), il n’a pas vu le représentant de la plus grande des démocraties proclamer à la face du monde, la politique que la Russie affecte à l’endroit de la Turquie; mais Channing avait annoncé d’avance où la logique des événements mènerait fatalement la République. La moitié de ses prédictions s’est achevée, l’esclavage à poussé l’Amérique dans la voie des conquêtes; croire que l’autre moitié de ses craintes ue s’ac-
(1) Dépêche de M. Marcy à M. Sonic, ambassadeur eu Espagne, du 13 novembre 1 85 1 .