‹ De l'esclavage [Texte imprimé]Chapitre 26 sur 30 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

DES DEVOIES.

U reste quelques mots à dire en ce qui touche le devoir des États libres. Il faut que ces États sentent la responsabilité et le danger de leur position. Le pays approche d’une crise sur la plus grande question qu’on puisse lui proposer, une question non de profit ou de perte , non de tarif ou de banque , ou de quelque intérêt matériel , mais une question qui comprend les premiers principes de la liberté, de la morale et de la religion. Qui donc, cependant, songea la solennité de l’heure présente ? Qui donc étudie les vérités fondamentales , qui doivent déterminer les efforts particuliers et les mesures publiques ?

Le Nord a des devoirs à remplir envers le Sud et envers lui-même. Qu’il prenne la résolution de les remplir avec fidélité et impartialité., demandant d’abord ce qui est juste, et mettant une confiance absolue dans la droiture de sa conduite. Le Nord est tenu de condamner toute tentative qu’on ferait ici pour exciter l’insurrection dans le Sud, tout effort qui aurait pour objet de gagner l’esprit de l’esclave et de le disposer à la violence. On a le droit de recourir aux lois les plus sé-

vères qu’admettent les constitutions des différents États , et il faut les appliquer dans toute leur rigueur. Je ne crois pas, d’ailleurs , qu’il y ait besoin de lois nouvelles. Je crois qu’il n’y a jamais eu de moment où les Étals à esclaves eussent moins à craindre des États libres ; jamais le sentiment moral qui réprouve l’excitation à Ja révolte et la flétrit comme un crime n’a été plus universel , plus profond , plus inflexible qu’aujourd’hui. Si cependant, il faut au Sud quelques nouvelles preuves des intentions droites et amicales qui régnent dans le Nord , donnons-lui ces preuves aussi largement que le permettent l’esprit et le texte de nos constitutions. Bien plus, c’est un devoir pour les États libres, d’agir par l’opinion , quand ils ne pourront pas agir par la loi ; il faut qu’ils découragent l’agitation, qu’ils témoignent leur mécontentement pour les appels passionnés qu’on adresse aux ignorants, pour le blâme qu’on jette sans ménagement et sans choix sur les propriétaires d’esclaves. Cette obligation on l’a déjà remplie, on la remplira encore. Jamais le Nord n’a mieux compris sa responsabilité.

Mais il y a d’autres devoirs que les États libres peuvent trahir, et qu’ils ne sont que trop disposés à oublier. Ils sont tenus, non comme pouvoir public , mais comme individus, d’employer tous les moyens honorables pour abolir l’esclavage. Ils sont tenus d’encourager une discussion sérieuse, morale , religieuse , et qui fortifie l’opinion sans cesse croissante du monde civilisé et chrétien en faveur de la liberté. Ils sont tenus de chercher et de défendre les véritables droits de l’humanité, d’être fidèles à leurs principes en parole comme en action . et de ne jamais les sacrifier à l’intérêt

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