SUR LE COMMERCE DES ESCLAVES
En lisant dans les journaux le discours que M. Jackson a prononcé dans le Congrès pour qu’on se ne mêlât pas de la question de l’esclavage, ou qu’on n’essayât pas de corriger la condition des esclaves, je me suis rappelé un discours semblable, prononcé il y a un siècle à peu près, par Sidi Mohamet Ibrahim, membre du divan d’Alger, discours qu'on trouvera dans le récit que Martin nous a laissé de son Consulat en 1687. Il s’agissait de repousser ht pétition de la secte nommée Erika ou les Purs, qui demandait l’abolition de la piraterie et de la servitude, comme étant deux choses injustes.
M. Jackson ne cite pas cette allocution; peut-être nel’a-t-ilpas vue. Si donc quelques-uns de ses raisonnements se trouvent dans ce discours éloquent, cela prouvera seulement que dans les mêmes circonstances, chez tous les hommes l’intérêt agit en tous pays et en tous climats avec une surprenante ressemblance. Yoici comment dans la traduction, s’exprime l’orateur Africain :
« Alla Bismilla, etc. Dieu est grand et Mahomet est son prophète.
» Ces Erika ont-ils considéré quelles seraient les conséquences de leur pétition, si on y cédait? Si nous ne faisons plus de croisières contre les Chrétiens, où trouverons-nous les commodités que fournit leur pays et qui nous sont si nécessaires? Si nous ne prenons plus les Chrétiens pour en faire des esclaves, qui
(1) Franklin, Essays. Loud. 1829, p. 217.