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nos (erres et nos maisons, et par conséquent dépouiller de leur propriété une foule de bons citoyens; c'est créer le mécontentement universel, et provoquer des insurrections au grand danger de l’État, au risque d’une confusion générale. Je ne doute donc pas que ce sage Conseil ne mette le bien-être et le bonheur de tout une nation de vrai croyants au-dessus de la fantaisie de quelque Erikasel qu'il ne repousse leur pétition. »
Le résultat fut, comme Martin nous l'apprend, que le Divan adopta la résolution suivante : La doctrine qui prétend qu’il est injuste de piller les Chrétiens et de les jeter en esclavage, est au moins problématique, mais l'inlétét de l’État à continuer cette pratique, est évident; par conséquent il faut rejeter la pétition. — Et en conséquence elle fut rejetée.
Et puisque des motifs semblables produisent en général dans l’esprit des hommes, des opinions et des résolutions pareilles, ne peut-on pas conclure de ce récit que les pétitions contre la traite adressées au parlement d’Angleterre, pour ne pas parler d'autres législatures, et les débats sur ce sujet, auront une même conclusion.
Mars 23, 1790. uistoricis.
A ces illustres amis de la liberté, il faut joindre un homme qui, moins connu en France, a laissé aux Etats-Unis un nom justement honoré ; c’est John Jay, un des principaux auteurs de la constitution, un des conseillers les plus chers de Washington. Jay fut toute sa vie le défenseur de l’émancipation; il la voulait, non comme une faveur, mais comme un droit. Jusqu'à ce que l’esclavage soit aboli, écrivait-il en 1780, les prières que f Amérique adresse au ciel pour la liberté, seront impies. Le mot est fort, mais il est juste (1). Jay mettait d’accord sa conduite et ses principes. A l’époque où il était à Paris, occupé de signer le traité de paix, on le voit rédiger l’acte suivant, où respire cet amour vrai de l’humanité, qui, au milieu de bien des erreurs, est la gloire du xviii® siècle. Nous sommes plus sages que nos pères, mais nous n’aimons pas comme eux la liberté ni la justice.
(1) Life of John Jay, New-York 1833; 1. 1, p. 230.