‹ De l'Espagne et de ses chemins de ferChapitre 3 sur 167 · DESCRIPTION SOMMAIRE DE L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION SOMMAIRE DE L'ESPAGNE

§ 1. — De sa situation géographique et de sa superficie. ~ De sa population. — De sa di?isioQ physique et administrative.

L'Espagne est bornée au nord par les Pyrénées, qui la séparent de la France, et par le golfe de Gascogne ; au sud par la Méditerranée et par l'océan Atlantique ; à Test par la Méditerranée, et à Touest par le Portugal. Elle forme avec ce dernier pays une péninsule nommée Ibérique (1). .

(1) Cette péninsule ne tient donc au continent européen que par les Pyrénées, longues d'environ 550 kilomètres.

Sa largeur est de 905 kilomètres, et sa longueur de 1,132^ (!)• La population est d'environ 20 millions d'habitants, ainsi répartis : près da 16 millions sur le continent espagnol et les îles voisines; 11,100,000 à Cuba, sur lesquels on compte 7 à 800,000 esçla^è^; 50,000 à Puerto-Rico ; 2 à 3 millions auï? îles Philippines et dans leurs dépendances ; 435,000 dans les présides d'Afrique * à Femando-Po et. à Annobon. En 1810, la population continentale ne se montait p^s à 10 millions d'habitants; de sorte que, sousice rapport, la, nation est évidemment en progrès.

La capitale est Madrid , qui est peuplée de 282,000 habitants.

L'Espagne est divisée en 49 provinces qui sont : Alava, Albacète, Alicante, Alméria, Avila, Badajoz, les îles Baléares, Barcelone, Burgos, Cacerès, Cadix, les Canaries, Castellon de la Plana, Ciudad-Real, Cordoue, la Corogne, Cuença, Girone, Grenade, Guadalajara, Gui- Ci) On dit que la saperficie de TEspagne est de 694,555 kil. en projection horizontale, c'est-à-dire de 49,455,000 hectares ; mais on assure aussi qu'en y comprenant les montagnes et les vallées, elle est de pins du double; cette évaluation est évidemment exagérée, et l'on devrait faire l'arpentage.

ET Dff'SES CHEMINS DE FER. 11

puzcoa, Huelva, Huesca, Jaen, Léon^ Lerida, Logrdno, Lugo, Madrid, Murcie, Malaga, la Navarre, Oreïise, Oviedo, Palencia^ Pontevedrâ, Salamanque, Santander, Ségovie, Séville, Soria, Tarragone, Téruei, Tolède, Valence, Valladolid, Biscaye, Zamora et Saragosse.

L^organisation militaire comprend les 17 capitaineries générales de la Nouvelle-Castille, de Catalogne, d'Aragon, d'Andalousie, de Valence et Murcie, de Galice, de Grenade, de la Vieille- ^ Castille, d'Estramadure, de Burgos, Navarre, des. provinces basques, des lies Baléares, des Canaries, de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines.

L'Espagne se divisait autrefois en 1 4 provinces , qui presque toutes étaient qualifiées de royaumes, savoir : au nord, la Navarre, la Biscaye et les Asturies; à Touest, TEstramadure et la Galice; au sud, l'Andalousie, Grenade, Cordoue, Jaen et Murcie ; à l'est, l' Aragon et la Catalogne; au centre, Léon, la Vieille Castille et la Nouvelle-Castille.

La température de cette péninsule est distinguée en trois zones, qui chacupe donnent une végétation différente.

1* La Cantabre, ou région septentrionale, comprend i' Aragon, la Navarre, les provinces basques, les . Âsturies, la Galice, et quelques parties des deux Castilles et de la Catalogne. C'est un climat tempéré ; mais les hivers y sont froids et les printemps très-humides.

2* La zone centrale comprend les deux Castilles, une partie de Léon, de la Manche et de TEstramadure.

âo La zone méridionale comprend l'Andalousie, les provinces de Murcie, d'Alicante et de Valence. La température y est tropicale durant l'été ; mais les printemps et les automnes y sont plus agréables qu'en aucune partie du monde.

L'hiver, qui y est très-pluvieux, ne dure que quelques jours.

Près de la moitié de la superficie de l'E^agne est encore couverte de forêts, dont la majeure partie n'est peuplée que d'arbustes sauvages. Leur défrichement donnerait en plusieurs contrées un sol très-favorable à la culture des vignes ou des céréales.

fis. — Du caractère des Espagnols. — Qu*à la différence delà France, son antique origine a disparu.— Décadence de la classe aristocratique ou noble. >- Que la bourgeoisie est en bonne ▼oie. — Des qualités du paysan. — De la rare perfection de la femme.

te caractère et la figure de l'Espagnol indiquent le mélange du sang ronoain , du sang goâi et du sang arabe. Il n'y reste aucune trace de l'ancien Celtibère, ou naturel du pays* avant les colonisations phéniciennes et grecques, et les conquêtes des Carthaginois, des Romains , des Goths et des Maures. C'est une différence capitale avec la France, où la conquête des Romains et des barbares du Nord n'a presque point laissé de trace ; de sorte que le caractère national y est encore celui des anciens Gaulois.

Mais en Espagne, la classe dite aristocratique ou noble a dégénéré comme partout, peut-être même plus qu'en France, et bien plus encore qu'en Italie. Cette classe n'a conservé quelques bonnes traditions qu'en Angleterre, à cause de la forte éducation qu'elle y reçoit.

La bourgeoisie, ou classe moyenne, s'améliore beaucoup depuis deux générations. C'est elle qui a voulu la liberté, et qui a su la

maintenir. Elle a généralement des traditions d'honneur et de probité^ et elle commence à se livrer aux grands travaux; qui seuls donnent l'aisance et l'indépendance. Puisse-t-elle ne pas tomber dans les vices d'une bonne portion de la bourgeoisie française qui, à plusieurs époques de notre histoire, s'est fait mépriser par les philosophes politiques, et exécrer par le peuple ï

Les paysans espagnols sont les meilleurs de l'univers : laborieux, compatissants, honnêtes et ardents patriotes. Ils ont une noble fierté sans être envieux du riche. Les révolutions dites sociales ne sont point à craindre dans ce pays; il n'y a de possible à présent que des révolutions de personnes ; ou plutôt, on tfy peut redouter que des révoltes d'intrigants et des émeutes d'insensés.

Quant à la femme espagnole, la beauté, la noblesse et la délicatesse la distinguent parti* culiërement parmi toutes celles de l'univers.

S 3. ^ Réfntation d'un dangereux travers des Espagnols. — Que les annexions se doivent faire tout naturellement, et qn*en les brusquant, on les rend impossibles aujourd'hoi. — Qu'il y a une hypocrite façon de conquérir. >

Le politique de sang-froid ne saurait combattre avec trop d'énergie un travers qui se voit en Espi^e : Tespérance de la prochaine anneanon du Portugal à ce royaume.

Les Portugais de tous les partis s'accordent à condamner cette malencontreuse idée ; et ce sont eux qui/' ont ici Maison. Une tentative d'annexion amènerait infailliblement la guerre entre les deux pays. Depuis des temps trèséloignés, le Portugal n'a été soumis & l'Espagne que durant soixante ans, et par la violence d'un tyran. Depuis plus de deux siècles il s'en est affranchi, et a mieux aimé demeurer sous la dure protection de l'Angleterre que de former une province espagnole.

La haine ou jalousie qui ronge les deux pays ne cessera donc qu'avec la conviction que nul n'en rêve la réunion. J'invite les écrivains qui en font si grand bruit à montrer plus de circonspection : leurs théories ne sont qu'une

arme cachée au service des discordes politiques, ou le fruit d'une naïve utopie. Quand on veut rendre impossible la réunion de deux pays, il faut la réclamer comme un droit ; mais si on laisse écouler le temps, si l'on prêche et pratique, la fraternité internationale, la fusion vient d'elle-même. Donc un peu de patience :

pratiquez le vrai droit des gens, et dans vingtcinq ans l'Espagne et le Portugal seront unis. A q»oi d'ailleurs servirait aujourd'hui l'unité de deux peuples qui ont chacun une langue différente et un glorieux passé Historique? Souvent ce qu'on nomme annexion n'est qu'une hypocrite façon de conquérir : quand un petit roi n'a pas assez de courage, ni de talents, ni d'argent pour agrandir, son royaume par la force des armes, il tâche de faire accroire que d'autres peuples ont voulu se donner à lui.

Chacun vote soi-disant librement pour ou contre l'annexion; mais tout citoyen qui a l'audace {l'annoncer qu'il veut conserver sa nationalité, est mis en prison ou assassiné par les sbires du monarque, nonobstant le suffrage universel... Figaro jouissait d'une liberté pareille, et ne s'en applaudissait pas beaucoup I

ET DE SES CHEMINS DE FER. Il

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