‹ De l'espèce et de la classification en zoologieChapitre 12 sur 93 · STRUCTURE SEMBLABLE D’UNE MÊME FAUNE · texte numérisé non relu

STRUCTURE SEMBLABLE D’UNE MÊME FAUNE

chaque espèce sans doute au chiffre qui en est la moyenne caractéristique et sur toute l’étendue de l’aire géographique qui lui est propre, que la surface en soit continue ou interrompue par la mer, des lacs, des rivières, des différences dans Je niveau des eaux, etc. Les détails de la distribution géographique des animaux présentent quelque chose de beaucoup trop judicieux pour qu’on puisse y voir, un seul moment, l’effet du hasard, c’est-à-dire le résultat des migrations accidentelles des animaux ou de la dispersion accidentelle des semences des végétaux. Plus l’uniformité de la structure est grande dans les organismes ainsi largement disséminés, moinsil paraît probableque leur répartition soit l’effet du hasard. J’avoue que rien ne m’a jamais autant surpris que de voir sous le microscope l’identité parfaite des détails les plus délicats de la structure, chez des animaux ou des plantes provenant des parties du monde les plus éloignées. C’est cette remarquable identité de la structure, dans le même type, cette indépendance absolue entre les caractères essentiels des animaux ou des plantes et leur distribution sous les climats les plus différents que nous connaissions sur la terre, qui m’ont amené à mettre en doute la croyance, presque universelle, que les êtres organisés sont influencés par les causes physiques à un degré susceptible de modifier essentiellement leurs caractères.

Structure semblable d’animaux vivants dans une même région.

Les premières recherches faites sur la faune de l’Australie eurent un résultat d’un très-grand intérêt : ce fut la découverte d’un type d’animaux, les Marsupiaux, qui prédomine sur ce continent et est inconnu dans presque toutes les autres contrées du globe. Il n’est pas d’étudiant en Histoire naturelle qui ne sache aujourd’hui qu’il n’y a pas de Quadrumanes à la Nouvelle-Hollande : ni Singes ni Makis ; —

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DE L’ESPÈCE

pas A' Insectivores : ni Musaraignes, ni Taupes, ni Hérissons; — pas fie vrais Carnivores (1) : Ours, Belettes, Renards, Civettes, Hyènes, Chats sauvages ; — pas A' Edentés : Paresseux, Tatous, Fourmiliers, Pangolins: — pas de Pachydermes: Éléphants, Hippopotames, Porcs, Rhinocéros, Tapirs, Chevaux sauvages; — pas de Ruminants : Chameaux, Lamas, Cerfs, Chèvres, Moutons, Bœufs, etc. Et cependant les Mammifères de l’Australie sont presque aussi variés que ceux de tout autre continent. D’après Waterhouse (2), qui a étudié ces animaux avec un soin particulier, « les Marsupiaux présentent une remarquable diversité de structure. Ils renferment des espèces herbivores, carnivores et insectivores. On y trouve positivement la représentation et l’analogue de beaucoup d’autres ordres de Mammifères. Les Quadrumanes y sont représentés par les Phalangers; les Carnivores , par les Dasyures; les Insectivores , par les petits Phascogales; les Ruminants , par les Kangurous ; et les Edentés, par les Monotrèmes. Les Chiroptères n’ont point de représentant connu parmi les Marsupiaux, et les Rongeurs n’y sont représentés que par une espèce seulement. Mais la lacune est comblée par des espèces placentaires, car les Chauves-Souris et les Rongeurs sont passablement nombreux en Australie, et, si l’on en excepte le Chien, qui, probablement, a été introduit par l’homme, ce sont les seuls animaux placentaires qu’on ait trouvés dans ce continent. s> Quoi qu’il en soit, tous ces animaux ont en commun quelques caractères anatomiques extrêmement remarquables, qui les distinguent de tous les autres Mammifères et leur donnent un cachet auquel ils doivent de constituer un des groupes les plus naturels de leur classe : tels sont le mode de reproduction, les rapports du jeune avec la mère, la structure du poumon, etc. (3).

(1) Ou n’est pas bien Axé encore sur l’origine du Dingo, le seul animal de proie de l'Australie.

(2) G. A. Waterhouse, Natural Histury of the Mammalia. Londres, 1848, 2 vol. in-8, t. I, p. 4.

(3) Voy. U. Owen, Marsupialia, in Todd's Cyclopœciia of Anatomy and Physiology (Londres, 1841, in-8) et plusieurs mémoires du même auteur et de quelques autres, y mentionnés.

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