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LE VOLUME ET LA STRUCTURE

Rapport entre le volume des animaux et leur structure.

La relation pouvant exister entre le volume des animaux et leur structure est chose dont les naturalistes ne se sont guère préoccupés. Cependant l’examen le plus superficiel suïïit à faire voir qu’il y a entre ces deux côtés de l’organisation un rapport défini. Je suis loin de prétendre que le volume et la structure forment deux séries parallèles, et que tous les animaux d’un embranchement ou même d’une classe, d’un ordre, aient entre eux sous le rapport du volume, un lien fort étroit. Cet élément de l’organisation n’est pas renfermé dans de telles limites. Et pourtant, les Vertébrés pris en masse sont plus volumineux que les trois autres embranchements : les Mammifères sont plus gros que les Oiseaux ; les Crustacés plus que les Insectes; les Cétacés sont plus volumineux que les Herbivores, ceux-ci plus que les Carnivores, etc. Mais c’est dans les limites de la famille que le volume acquiert, dans l'organisation animale, une importance réelle; c’est-à-dire, dans les limites de ce- groupe essentiellement distingué par la forme, comme si, en ce qui concerne la structure de l’animal, la forme et la grandeur étaient corrélatives. A cet égard, une étroite analogie apparaît entre les représentants des familles naturelles; les extrêmes varient à peine de l à 40, et fréquemment la différence entre eux est seulement de i à 2. C’est ce que vont montrer quelques exemples choisis dans les familles les plus naturelles.

Laissons de côté l’homme, à cause des objections qu’on ne manquerait pas de faire contre l’idée que notre espèce se compose de races originellement diverses. Considérons les diverses familles de Singes, de Chauves-Sou ris, d’insectivores, de Carnivores, de Rongeurs, de Pachydermes, de Ruminants, etc. — Dans la classe des Oiseaux, voyons les Vautours, les Aigles, les Faucons, les Chats-huants, les Hirondelles, les

DE L’ESPÈCE

Bouvreuils, les Passereaux, les Oiseaux-mouches, les Pigeons, les Roitelets, les Autruches, les Hérons, les Pluviers, les Mouettes, les Canards, les Pélicans. Passons en revue : parmi les Reptiles, les Crocodiles, les familles diverses de Chéloniens, de Lézards, de Serpents, les Crapauds, les Grenouilles, etc. ; parmi les Poissons, les Raies et les Requins, les Harengs, les Morues, lesCyprinodontes, les Chétodontes, les Lophobranches, les Ostraciontes, etc. ; parmi les Insectes, les Sphingoïdes ou les Tinéines, les Longicornes ou les Coccinelles, les Bomboïdes ou les Rrachonides ; parmi les Crustacés, les Cancroïdes ou les Pinnilhéroïdes, les Limuloïdes ou les Cypridoîdes et les Rotifères (1); parmi les Vers, les Dorsibranches ou les Naioïdes; parmi les Mollusques, les Stromboïdes ou les Buccinoïdes, les Hélicinoïdes ou les Limnéoïdes, les Chamadés ou les Cycladoïdes ; parmi les Rayonnés, les Aslérioïdes et les Ophiuroïdes, les Hydroïdes et les Discophores, les Astræoïdes et les Actinioïdes.

Voilà quelques faits qui montrent bien quelles sont les limites dans lesquelles le volume et la structure sont en corrélation directe (2) . On en inférera naturellement que, puisque le volume est un caractère de l’espèce assez important pour embrasser le cercle des connexions de la famille et même davantage, il est aussi peu permis de croire le volume déterminé par les agents physiques que la structure ellemême, à laquelle il est si intimement lié. L’un et l’autre, en effet, ont avec ces agents une relation analogue.

(1) Dana, Crustacés, p. 1409 et 1411.

(2) Ces remarques, sur le volume moyen des animaux par rapport à leur structure, ne peuvent manquer de soulever plusieurs objections. 11 est bien connu, en effet, que, dans certaines circonstances, l’homme peut modifier la grandeur normale de beaucoup de plantes et d’animaux domestiques, et que, même à l’état de nature, le hasard offre parmi les êtres vivants des exemples de stature extraordinaire. Mais cela ne change pas la moyenne caractéristique, et ces cas ne touchent d’ailleurs en rien la question d’origine, ou même celle de la permanence de certaines espèces. Cela n’intéresse que les individus, à l'égard desquels je m’expliquerai plus loin, section xvi. Enfin, il ne faut pas oublier qu'il y a des limites à ces variations, et que, s’il arrive aux animaux et aux plantes de se trouver dans des conditions qui affectent leur volume en plus ou en moins, c’est principalement grâce à l’intervention de l'homme que ces modifications parviennent à leur degrc extrême (voyez plus loin, section xv).

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