LE VOLUME ET LA STRUCTURE
La vie suppose l'introduction, dans la structure de tout être organisé, d’un élément quantitatif aussi rigoureusement fixé, aussi exactement pondéré que n’importe quelle autre condition se rattachant surtout à la qualité des organes au de leurs parties. C’est là la preuve la plus claire qu’il existe dans chaque sorte d’animaux et de plantes un principe spécilique, immatériel; car tous les êtres commencent leur existence à l’état d’ovule microscopique, et pour tous la structure de cet ovule présente la similitude la plus merveilleuse. Cependant cet ovule, d’abord physiquement constitué d’une manière si identique chez tous les animaux, ne produit jamais rien qui diffère des parents. Toujours, après une succession de changements invariablement les mêmes, il aboutit à la production d’un nouvel être identique avec ses auteurs. Si donc les agents physiques, de par la toutepuissance de leur influence, façonnent les caractères des êtres organisés, comment se fait-il que nous n’observions pas trace de cette influence dans les cas innombrables où ces ovules sont abandonnés au sein des éléments dans lesquels ils subiront leur développement ultérieur, juste à une période à laquelle ils n’ont, encore assumé aucun des caractères définis qui, plus tard, distingueront l’animal adulte ou la plante parfaite? Les physiciens connaissent-ils quelque loi du monde matériel qui offre avec ces phénomènes une analogie quelconque et puisse être regardée comme ayant avec eux n’importe quel rapport?
A ce sujet, il faut se rappeler d’ailleurs que les cycles parcourus, par les volumes caractéristiques de familles différentes, sont entièrement divers pour des animaux de types divers, bieii que ces animaux vivent tous dans des conditions identiques.
DE L’ESPÈCE
Rapport entre le volume des animaux et les milieux ,i
dans lesquels ils vivent.
Je viens de faire remarquer que des animaux de lype différent, bien que vivant ensemble, ne présentent pas entre la structure et le volume un même et unique rapport. Cependant il y a entre la vie et les éléments naturels une combinaison tellement intime, que chaque lype, dans les limites qui lui sont propres, est, en ce qui concerne la taille, décidément en connexion avec ces éléments (1). Pris dans leur ensemble, les Mammifères aquatiques sont plus volumineux que les Mammifères terrestres; il en est de môme des Oiseaux aquatiques et des Reptiles d’eau. Dans les familles qui sont essentiellement terrestres, les espèces qui vont à l’eau sont plus grosses que celles qui ne quittent jamais la terre : par exemple, l’Ours polaire, le Castor, le Coypu et le Capybara. Ceux d’entre les Oiseaux que leurs habitudes attachent à la terre sont aussi plus petits que ceux qui vivent dans l’eau d’une façon permanente. Le même rapport s’observe chez les Insectes dont les familles ont des espèces terrestres et d’autres aquatiques. Il est, de plus, remarquable que, parmi les animaux aquatiques, les types habitant l’eau douce sont moins gros que ceux qui vivent dans les mers. Les Tortues marines sont plus grosses que les plus grosses Tortues de nos rivières ou de nos étangs. LcsTryonyx, plus aquatiques que lesÉmydcs, sont aussi d’un plus fort volume, et, parmi ces dernières, les Chélydres, plus aquatiques que les vraies Émydes, les surpassent en grandeur;
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(t) Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Recherches soologiques et physiologiques sur tes variations de la taille chez les animaux et dans les races humaines,
Paris, 1831, in-A. ■ — Voyez aussi mon mémoire sur les Relations naturelles entre les animaux et les éhhnents, etc., ci-dessus, sect. ix, noie, el A. von Befold, Untersuchungen über die Vertheiluug von M asser, organischer .« Malerie und anorganisclien Verbmàungcn im Thierreichc ( Zeitschrift für wiss. Zool., 1857, vol VIII, p. 487).