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FIXITÉ DES PARTICULARITÉS SPÉCIFIQUES

tion. Et encore, ces quatre récifs concentriques sont seulement les plus distincts de cette contrée ; il y en a, un peu plus au nord, d’autres moins bien étudiés jusqu’ici ! De fait, la presqu’île tout entière de la Floride est simplement formée de bancs de coraux agglomérés, réunis les uns aux autres dans le cours des siècles et qui ne contiennent que des débris de coraux, de coquilles ou d’autres animaux, identiques avec ceux qui vivent actuellement sur les côtes de cette Péninsule. En admettant donc qu’une étendue de cinq milles géographiques soit le terme moyen du développement d’un banc de coraux, dans les circonstances où l’on voit se succéder les récifs concentriques de la Floride, et que la succession régulière des bancs se prolonge jusqu’au lac Ogeechobeë, sur deux degrés de latitude, on aurait environ deux cent mille ans pour la période de temps nécessaire à faire émerger de l’Océan la partie de la péninsule de la Floride située au sud du lac Ogeechobee, dans ses limites actuelles; et, durant cette immense période, aucune modi*fication n’aurait eu lieu dans les caractères des animaux du golfe du Mexique (1).

C’est nuire aux intérêts ies plus respectables de la science que de confondre des questions qui sont entièrement différentes, dans le seul but de justifier une théorie. C’est ce qu’on fait cependant toutes les fois qu’il s’agit de la fixité des espèces. De plus longues observations sur ce point ne seront donc pas déplacées ici.

Je ne veux pas entrer dans la question de savoir s’il n’y a pas quelque espèce qui se retrouve, identiquement la même, dans deux formations successives. J’ai déjà amplement traité ce sujet dans d’autres ouvrages (2). D’ailleurs,

une démonstration suffisante de l'immutabilité des espèces et qui croient ^ue ce qui n’a pas pu se faire dans l'espace de trento mille ans se fera dans une période plus longue, qu'il me soit permis de rappeler la charmante chanson de Charaisso, intitulée « Tragische Geschichle n qui commence ainsi : ’s war Einer dem’s zu lier zen ging.

(1) Comme on l’a vu par une note précédente, c’est le double de ce temps au moins qu’il faudrait dire.

(2) L. Agassiz, Coquilles tertiaires réputées identiques avec les espèces

agassiz. G

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quand, en définitive, cela s’observerait une fois ou l’autre, cela ne diminuerait en rien la valeur do ma thèse. Il est évident, en effet, que si celte identité était démontrée, cela prouverait d’une manière encore plus concluante combien tenaces sont les caractères de l’espèce, puisqu’ils peuvent persister malgré tous les changements physiques qui ont lieu d’une période géologique à celle qui la suit. De plus, cette identité une fois établie, il y aurait encore à mettre en doute que les représentants de l’espèce, à ces deux périodes consécutives, fussent descendus les uns des autres; car on a déjà un témoignage d’un grand poids en faveur de l’origine distincte de représentants d’une même espèce, qui vivent dans des aires géographiques séparées et distantes (1). Le cas d’espèces voisines mais différentes se rencontrant dans deux formations consécutives, chacune bornée d’ailleurs à son étage respectif, est, dans le sens de la durée, le parallèle de celui qui, dans le sens de l’espace, nous montre des espèces étroitement alliées — celles que j’appelle représentatives — occupant des aires distinctes. Or, dans ce dernier cas, il n’est pas un naturaliste judicieux qui fasse dériver les unes des autres. Il n’y a pas plus de raison pour supposer que des espèces alliées au même litre descendent les unes des autres, parce qu’elles se sont succédé dans le temps. Tout ce qui a été dit, dans les paragraphes qui précèdent, touchant les différences observées entre les espèces qu’on rencontre en des circonscriptions géographiques différentes, s’applique avec une force égale aux espèces qui se sont succédé les unes aux autres dans le cours du temps.

Quand on met en avant nos animaux domestiques et nos plantes cultivées comme fournissant la preuve de la mutabilité des espèces, il est une circonstance qu’on méconnaît

vivantes (Nouv. Mim. de la Soc. helvétique des Sciences naturelles ). Neufcliâtel, 1845, vol. VU, in-4, Apures. — Études critiques sur les Mollusques fossiles. Neufchâtel, 1831-45, in-4, figures. — Monographies i'Échinodcrmcs vivants et fossiles. Neufchâtel, 1838-42, â numéros in-4, Apures. — Recherches sur les poissons fbssi les. Neufchâtel, 1833-44, 5 vol. in*4, atlas infolio.

(1) Voyez section X, où l’on envisage le cas dos espèces représentatives.

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