‹ De l'espèce et de la classification en zoologieChapitre 24 sur 93 · RAPPORTS ENTRE LES INDIVIDUS · texte numérisé non relu

RAPPORTS ENTRE LES INDIVIDUS

physiques. Les rapports sur lesquels est fondée la conservation de l’espèce résultent, dans tout le règne animal, de l’universel antagonisme des sexes, et leur infinie diversité dans les différents types n’a réellement rien à voir avec les conditions extérieures de l’existence. Ce sont seulement des rapports d’individu à individu, en dehors des connexions qu’ont ces êtres avec le monde matériel dans lequel ils vivent. Comment, donc, ces rapports pourraient-ils être un produit des causes physiques, quand nous savons que les agents de cette nature ont une sphère d’action spécifique qui n’a rien de commun avec cette autre sphère de phénomènes?

Il est hors de doute que les rapports d’individu à individu sont, en très-grande partie, de nature organique et doivent être, comme tels, examinés au même point de vue que tout autre trait général de l’organisation; mais il y a aussi en eux quelque chose qui participe du caractère psychologique, en prenant ce mot dans sa plus large acception.

Quand les animaux se battent, quand ils s’associent pour un but commun, quand ils s’avertissent l’un l’autre du danger, quand ils viennent au secours l’un de l’autre, quand ils montrent de la tristesse ou de la joie, ils manifestent des mouvements de même espèce que ceux qu’on met au nombre des attributs moraux de l’homme. Leurs passions sont aussi fortes et aussi nombreuses que celles de l’âme humaine, et il m’est impossible d’apercevoir une différence de nature entre les unes et les autres, encore qu’elles puissent différer beaucoup dans le degré et dans l’expression. La gradation des facultés morales, dans les animaux supérieurs et dans l’homme, est tellement imperceptible que, pour dénier aux premiers un certain sens de responsabilité eîde conscience, il faut exagérer outre mesure la différence qu’il y a entre eux et l’homme. Il existe, en outre, chez les animaux, dans la mesure de leurs capacités respectives, tout autant d’individualité qu’il en existe chez l’homme. C’est là un fait dont peut témoigner tout chasseur, tout dompteur, tout éleveur ou tout fermier possédant une longue expé-

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rience des animaux, soit sauvages, soit dressés ou domestiqués (1).

Cela dépose fortement en faveur de l’existence, dans tout animal, d’un principe immatériel semblable à celui qui, par son excellence et la supériorité de ses dons, place l’homme si fort au-dessus des animaux (2). Ce principe existe sans au-

(1) Voy. divers ouvrages de J. E. Kidinger consacrés à la chasse, et qui ont paru sous différents titres, à Augsbourg, de 172(1 à 1778. — Geoffroy Saint- Hilaire et Fr. Cuvier, Histoire naturelle ries Mammifères. Paris, 1820-35, 3 vol. in-folio. — II. O. Lena, Gemeinnütiige Kalurgeschichte. Gotha, 1835, 4 vol. in-8. — W. Itingloy, Animal Hiography. Londres, 1803, 3 vol. in-8.

(2) Il est facile de démontrer que les opinions, généralement reçues, qui exagèrent la différence existant entre le singe et l'homme, proviennent de l’ignorance où étaient les anciens, et spécialement les Grecs auxquels nous sommes redevables de notre culture intellectuelle, de l'existence des Orangs- Outans et de Chimpanzés. Les animaux les plus voisins de l'homme que connussent les Grecs étaient le Patas, xt.Sg; ; le babouin, xuvGxs’çaXoç, et le Magot commun, iriOr.xGc. Une traduction moderne d'Aristote lui fait dire, il est vrai, que les Singes forment la transition entre l'homme et les quadrupèdes (Aristoleles, Naturgeschichte der Thiere, trad. du docteur F. Strack, Francfort- sur-le-Mein, 1810, p, 05) ; mais l’original ne dit rien de semblable. Dans VHistoire des animaux, liv. II, chap. V, on lit simplement : ëvix Si tüv Îmojv ÈrrajzcpGTtpt'ci TT.v qi’Joiv tw ri ivOproirt.» xxt tgï; ~ i~. CXT.'.C'.- 1 . Il y a une grande différence entre * participent à la fois de la nature de l’homme et de celle des quadrupèdes», et «forment la transition entre l'homme et les quadrupèdes ». Le chapitre tout entier est consacré à l'énumération des analogies de structure que ces trois singes présentent avec l’homme; mais l’idée d’une étroite affinité n'est pas même exprimée, et moins encore celle d’une transition entre l'homme et les quadrupèdes. L’écrivain, au contraire, insiste très-fortement sur les différences marquées qu’il y a entre eux, et il sait, aussi parfaitement que n’importe quel anatomiste moderne, que les singes ont quatre mains ; sjçei Si xxi /SpxxiGvxç, êtantf avOpurrc;,.... id’icj; Si TC’j; r.i Saj- stoi fip gigv ystps; jz.t-faii.ai. Kai ot <Îxxt’jXgi (ôartp ci tôiv ysipSiv, h jxt-ja; jxaxpîTXTGî' xat ri xar» tcO irct^oç ytipi ?o.oigv, rr/.rv tirt tb jxf,xo; tô ty,; y.ttpb; 4si ia fay.ara tsîvGv xaBairtp 5,'vap. Toùto Si ir’xxpov axXr.porêpGv, xxxü; xat àptuj'pûc pttjz.Gijjz.tvsv 7rTtpvviv.

il est étrange que ces distinctions claires et précises fussent si complètement tombées en oubli, au temps de Linné, que ce grand réformateur de l’Histoire naturelle dût avouer, en 174fi, qu’il ne connaissait pas de caractère par lequel on pût distinguer l’Homme du Singe ( Fauna Suecica, præfatio, p. 2) : « Nullum characlcrem adhuc eruere potui, unde homo a simia internoscatur. » Mais ce n’est pas seulement du point de vue des analogies et des différences de la structure que les rapports entre les animaux et l’homme doivent être envisagés. L’histoire psychologique des animaux montre que, si l’homme se rapproche d’eux par le plan de sa structure, à leur tour les animaux sc rapprochent de l’homme par le caractère de leurs facultés ; seulement, chez l’homme, celles-ci sont tellement transcendantes qu’elles indiquent d’abord la nécessité de rejeter toute idée d’une |>arenté quelconque entre lui et le règne animal. L’Histoire

l’a ML DES BÊTES.

cun doute; et qu’on l’appelle âme, raison ou instinct, il présente dans toute la chaîne des êtres organisés une série de phénomènes étroitement liés les uns aux autres. Il est le fondement non-seulement des plus hautes manifestations de l’esprit, mais encore de la permanence des différences spécifiques qui caractérisent chaque organisme. La plupart des

naturelle des animaux n’est donc pas complète tant qu’on se borne à étudier, aussi profondément que ce soit, la partie corporelle de leur nature. 11 y a positivement en eux une individualité psychologique qu’on n’a guère étudiée jusqu'ici, mais qui n’en est pas moins le lien qui les rattache à l'homme. Malgré cela, je ne partage pas l’opinion des auteurs qui voudraient séparer complètement l'humanité du règne animal et instituer pour l’homme seul un règne distinct, comme l’a fait Ehrenberg ( Das Nalurreich des Menschen, Berlin, 1835, in-folio) et, après lui, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire ( Histoire naturelle générale. Paris, 1856, t. 1, part. Il, p. 167). Cf., d’ailleurs, le chap. Il de ce livre où il est montré, pour chaque sorte de groupes du règne animal, que la somme des différences, qu’il y a de l’un à l’autre, ne suffit pas pour autoriser à en rejeter un seul dans une autre catégorie. Quiconque étudiera le chien avec attention pourra se convaincre que les impulsions auxquelles cède cet animal sont analogues à celles qui meuvent l’homme. Elles sont réglées de manière à mettre en évidence des facultés psychiques à tout égard de la même nature que celles de l’homme. Le chien exprime par la voix ses émotions et ses sentiments, avec une précision qui les rend aussi intelligibles à l'homme que le langage articulé d'un de ses frères. Sa mémoire a une puissance rélentive qui dépasse celle de la mémoire humaine. Sans doute, toutes ces facultés sont loin de faire du chien un philosophe ; mais certainement elles le mettent au niveau d’une portion considérable de la pauvre humanité. Que la voix des animaux se fasse comprendre des uns aux autres et que toutes leurs actions se rapportent à ces appels, c’est là encore un puissant argument en faveur de leurs facultés de perception et de leur aptitude à agir, spontanément et logiquement, d’après ces perceptions. Il y a un vaste champ ouvert à l’élude, dans les relations qui existent entre la voix et les actions des animaux, l'n sujet de recherches plus intéressantes encore est offert par ce qu’il y a de commun dans les , cycles particuliers d'intonations que chaque espèce animale d'une même famille est capable d’émettre. Autant que j’en puis juger, il y a entre ces cycles les mêmes rapports qu’entre ce qu’on appelle les différentes familles de langues. — Fr. Schlegel, Ueber die Sprache und Wcisheit der Indier. Heidelberg, 1808, 1 vol. in-8. — W. v. Humboldt, Ueber die Kawi-Sprache , auf der Insel Java. Berlin, 1836-39, 3 vol. in-û (Abh. Akad. d. IVissenschaft). — H. Steinthal, Grammatik, Logik und Psychologie. Berlin, 1855, 1 vol. in-8. — Tous les Canins aboient ; le hurlement du loup, l’aboiement du chien, le glapissement du renard, ne sont que différents modes de l’aboiement, comparables entre eux, sous le même rapport que peuvent l'ôtre les monosyllabes, les polysyllabes et les inflexions du langage humain. Les Félidés miaulent ; le rugissement du lion n’est qu’une forme du miaulement de nos chats et des autres espèces de la famille. Les Équins hennissent ou braient ; le cheval, l’hémione, le zèbre, le dauw, ont Une gamme peu différente. Notre bétail et les diverses espèces de taureaux sauvages ont des intonations d’une très-grande analogie ; leur beuglement n’est pas de nature diverse, mais seulement diversement

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arguments de la philosophie, en faveur de l'immortalité de l’âme humaine, s’appliquent également à la persistance de ce principe chez les autres êtres animés. Pourquoi n’ajouterais-je pas qu’une vie future dans laquelle l’homme serait privé de cette inépuisable source de plaisir et de progrès moral et intellectuel, qu’il trouve dans la contemplation des harmonies du monde organique, serait tristement amoindrie ? Ne devons-nous pas regarder ce concert spirituel que forme la combinaison des mondes et de tous leurs habitants en présence du Créateur, comme la plus haute conception possible d’un paradis?

Dualisme sexuel.

Les éludes les plus approfondies de la structure des animaux, celles qui constituent le triomphe de la science, nous ont appris à reconnaître parmi ces êtres certains traits communs. C’est ce que l’on appelle des affinités si l’on compare entre eux des animaux différant dans la totalité, et des homologies si l’on constate la correspondance des parties entre elles, soit dans le même individu, soit chez deux individus d’espèce différente. Il suffit de nommer ces deux vastes domaines de la Zoologie pour présenter immédiatement à l’esprit le tableau, plus complet chaque jour, des enchaînements qui font du régne animal tout entier un système étroitement lié dans ses parties. II faut ensuite rappeler ce qui a été dit sur les rapports des individus, entre eux et avec le monde ambiant, comme caractère de l’espèce; ce que l’on sait des rapports de structure, base de la distinction des genres; il faut mettre en évidence ces diversités de la

poussé. Les oiseaux, à cet égard, sont peut-être plus remarquables encore. Quel est l’homme qui ne sait pas distinguer la note d’une grive, d’un oiseau chanteur, d’un canard, d’un oiseau de basse-cour, etc. , et même celle qui est particulière à chacune de leurs espèces, si nombreuses soient-elles ? Qui pourrait méconnaître les affinités de la voix de ces animaux ? Et tout cela n’indiquerait pas une analogie semblable entre leurs facultés mentales?...

forme produisant la famille, énumérer ces complications de la structure d’où naissent le rang, l’ordre dans toutes les classes, retracer les plans nettement distincts et ces modes d’exécution divers, point de départ des divisions les plus générales de nos systèmes ; il faut rappeler tout cela, pour rendre sensible à quel point l’esprit humain s’est identifié avec la création, et combien de rapports, jadis inconnus, ont été par lui saisis et exactement appréciés. Même ainsi l’impression serait incomplète, si à tout cela l’on ne joignait encore ce que l’on connaît de l’organisation intérieure des animaux, de leur mode de développement, de leur successive apparition sur la terre à différentes époques, de leur distribution actuelle à la surface du globe. Or, à cette infinie diversité de rapports quelque chose s’ajoute qui ressort davantage et avec plus d’indépendance, imprimant à tout le monde organisé une physionomie spéciale; ce sont les caractères sexuels.

Toutes les fois qu’il s’agit de pénétrer la signification de phénomènes complexes, il est inutile, sinon dangereux, de s’attacher minutieusement aux faits de détail. La simple observation de la tendance générale de l’ensemble conduit bien plus directement à la vérité. Maintes fois, je me suis demandé quelle était l’importance de cette différence première, manifestée aussi bien par le règne végétal que par le règne animal, à laquelle on donne le nom de sexualité. J’ai vainement cherché une interprétation plausible des faits en étudiant la série des différences et la série des ressemblances que l’on observe, chez les individus de sexe différent, d’une part dans les traits extérieurs les plus généraux, d’autre part dans les particularités d’organisation des appareils reproducteurs. Cette étude ne conduit guère qu’à la connaissance de voies et moyens plus ou moins compliqués aboutissant tous constamment à un but unique, la perpétuation et la permanence de l’espèce.

Il y a cependant quelque chose de plus dans ces phénomènes, quelque chose qui affecte également les deux règnes de la nature et partage en quelque sorte le monde orga-

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nique en deux; si bien que, d’un côté, on pourrait placer une moitié du règne animal et, de l’autro, lui opposer l’autre moitié, sans avoir aucunement egard aux différences précédemment analysées constituant les embranchements, les classes, les ordres, etc. D’un côté se trouveraient les mâles, de l’autre les femelles, tant le dualisme de ce genre est universel. Car, bien qu’il y ait des hermaphrodites et que les sexes ne soient pas également répartis, il n’en est pas moins vrai que les différences sexuelles constituent une distinction fondamentale, qui se retrouve partout et semble l’emporter sur toutes les autres catégories de l’organisation. Ce trait de structure est bien plus considérable que les différences spécifiques. En effet, les individus d’une même espèce, bien que se ressemblant par tout ce qui constitue les caractères spécifiques, présentent néanmoins des différences sexuelles plus ou moins saillantes, lesquelles viennent se surajouter, si l’on peut dire, à ces caractères, à une époque plus ou moins avancée de la vie. Les individus d’une même espèce ont déjà vécu une fraction plus ou moins grande, parfois même la plus grande, de leur existence lorsqu’ils atteignent à ce degré de maturité qui précède et accompagne la reproduction, et c’est dans cette dernière phase de la vie que s’accentuent les traits, souvent si marqués, qui forment les différences sexuelles. Ces traits l’emportent également sur les caractères de genre, de famille, de classe, etc. En effet, à quelque degré de la coordination des caractères que l’on envisage la structure des animaux, et si profonde que soit la valeur des systèmes d’organes dont les rapports servent de base à ces groupes de la classification, toujours la sexualité marque son empreinte. Le développement cérébral, la charpente solide, les masses musculaires, l’amplitude de la respiration et de la circulation, l’énergie des appareils digestifs et sécréteurs, tout est modifié par cette influence mystérieuse dominant tous les organismes et imprimant à chacun d’eux le type mâle ou le type femelle.

Il est impossible de ne pas reconnaître, dans cette corré-

lation entre la sexualité et les catégories de la structure des animaux en général, quelque chose de hautement indépendant des influences extérieures désignées sous le nom d’influences cosmiques ou physiques. Ici, il ne s’agit plus que de relations d’individu à individu, de rapports indifférents pour la vie individuelle, mais d’où résulte pour les deux êtres réunis une vie commune. Pour peu qu’on médite sur les conditions indispensables à l’établissement d’un pareil ordre de choses, il est évident que cela suppose la prescience de ces rapports, l’appréciation de leurs dépendances mutuelles et la capacité de les mettre en harmonie avec l’ensemble des circonstances extérieures ou étrangères. En aucune manière cela ne peut être le produit fatal de forces brutes et inconscientes.

De tout temps, en tout lieu, à toute heure, les animaux de sexe différent se recherchent, et, dans leur rencontre, mettent en pleine évidence les traits saillants de leur être, manifestant en quelque sorte le pourquoi du dualisme qui partage tout le monde organique. La nature entière semble proclamer non-seulement que le but final de la création a été de placer au sommet de l’édifice un être supérieur, l’Homme; mais, en outre, que le seul fait capable, dans le plan donné, d’assurer le maintien et la continuité du Tout, ce sont justement ces rapports étroits d’individu à individu qui, culminant dans l’union de l’Homme et de la Femme, deviennent l’origine de la famille et le fondement des sociétés humaines.

11 n’est pas hors de propos d’examiner les traits les plus généraux de ces rapports d’individu à individu, dont le but est le maintien de l’espèce. Tout ce qu’il y a de caractéristique dans l’organisation animale est alors mis en relief; les détails de la symétrie du corps ressortent dans toute leur beauté, et ce qu’il y a de plus intime, soit dans leur harmonie, soit dans leur contraste, s’accuse et se prononce. Envisagé indépendamment de l’idée de sexe et pris comme représentant du Règne animal tout entier, l’Homme nous montre ces particularités caractéristiques de la structure qui

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font de la tête le centre de tout l’organisme et établissent entre les deux extrémités de la colonne vertébrale une opposition si remarquable; en lui se manifeste à un haut degré l'antagonisme entre le côté droit et le côté gauche d’où résulte, par la convergence de parties identiques opposées l’une à l’autre, une symétrie si parfaite ; en lui éclatent encore ces différences entre la région dorsale et la région ventrale mais ce serait écrire un traité d’anatomie philosophique que de pousser plus loin ces considérations. Or, comme représentant de la même espèce, la femme reproduit identiquement tous ces traits de la structure de l’homme. Au contraire, lors du rapprochement de ces deux êtres tout est changé.

Déjà quand l’homme rencontre son semblable, il l’aborde de front. Cet antagonisme absolu devient précisément le point de départ du rapprochement le plus intime. L’homme en présence de l’homme oppose face à face; les dos se tournent à l’inverse ; le côté droit se place vis-à-vis du gauche; les mains qui se cherchent traversent obliquement et à l’opposite le plan médian; tous les traits de la configuration, qui, dans une comparaison homologique, présentent un parallélisme rigoureux, se trouvent ici ramenés à des situations d’un antagonisme également absolu. Un mouvement d’assentiment ou d’antipathie, un salut, un coup de tête, décrivent un arc dont la courbe est, chez les deux individus en présence, en sens inverse; les regards se croisent, les paroles arrivent aux oreilles sous des angles opposés; l’appel des deux voix amies se fait en direction contraire; la flexion de toutes les articulations se produit avec une obliquité inverse ; toutes les saillies du corps de l’un s’opposent à celles de l’autre et sont contrastées ; les genoux s’abaissent et se rapprochent, les talons se soulèvent et s’éloignent, les pointes des pieds convergent; le sourire, qui est toujours plus accentué à droite qu’à gauche, se dessine en sens contraire. Ces traits, qui s’annoncent comme les indices des rapports généraux d’individu à individu, s’accentuent avec une intensité que rien n’égale dans la na-

ture lors du rapprochement des sexes. Ainsi, plus les rapports de cet ordre acquièrent de supériorité, plus complète est l’intimité de l'union qu’ils établissent, et plus aussi le contraste et l’antagonisme des individus de sexe différent se prononcent et deviennent marqués !

Or, n’est-il pas singulier de voir tout cela annoncé dans les temps géologiques les plus anciens, par la structure même de certains représentants du type des Vertébrés dont les débris sont parvenus jusqu’à nous? Tous les Sélaciens, dont l’existence remonte aux époques géologiques les plus reculées, présentent cette sorte de différences sexuelles qui fait du rapprochement face à face une nécessité de l’organisation. Le fait que des animaux de cette classe ainsi organisés sexuellement existaient dans les terrains siluriens, et cet autre fait, déjà reconnu comme axiome scientifique par Léonard de Vinci : Venerem supinam solùm homini convenue, n’indiquent-ils pas que les rapports les plus intimes de l’homme à la femme, le mode d’union de l’homme avec sa compagne sont annoncés, dans l’histoire des temps, dès la première apparition des Vertébrés. Ainsi, encore, de toutes les manifestations de l’amour la plus élevée, la plus noble et la plus pure, le baiser, par quoi l’union peut être parfaite sans rien perdre de sa chasteté et de son innocence, se trouve comme prévu, annoncé, préparé dès l’apparition sur la terre de Vertébrés incomplets et dégradés, précurseurs déjà de l’expression ultime à laquelle doit s’élever le type, lors du couronnement de la série. D’autre part, ce qu’il y a de plus haut, de plus immatériel et de plus grand dans l’homme, la liberté, la dignité, l’individualité, ce qui n’est en définitive que l’opposition du moi humain à un autre moi, s’exprime ainsi d’une manière purement physique, purement matérielle, dans l’opposition de la structure à la structure, de la forme à la forme.

Et ce n’est pas tout ! Il n’est pas dans l’immense clavier de la passion humaine une gamme, une note, un ton, qui ne se trouvent exprimés, isolément et à la plus haute puissance, dans la spécialité des rapports sexuels de quelque type en

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particulier. Seul un Goethe pourrait écrire avec toutes ses nuances ce chant de l’amour que l’ensemble de la création répète à toute heure !

11 serait inutile d’entrer ici dans les détails relatifs aux rapports sexuels des êtres qui composent les embranchements inférieurs; mais il n’est pas hors de propos de rappeler que, même chez les Rayonnés et les Vers, on a observé des manifestations de sentiment de la part de la mère pour sa progéniture, bien que l’on n’ait encore constaté aucun fait indiquant dans le rapprochement des sexes quelque chose de plus que l’impulsion organique. Ces rapports deviennent déjà très-variés et souvent très-intimes chez les Crustacés et les Insectes ; et quiconque a eu l’occasion d’observer les amours des Limaçons ne saurait mettre en doute la séduction déployée dans les mouvements et les allures qui préparent et accomplissent le double embrassement de ces Hermaphrodites. Parmi les Vertébrés, l’instinct qui rapproche les sexes peut être réduit à une poursuite lointaine, n’aboutissant pas même à la présence simultanée du mâle et de la femelle sur le lieu où les œufs sont déposés. Tel est le cas de certains Poissons; d’autres se recherchent de plus près, s’accostent, se heurtent même pour s’éloigner aussitôt l’un de l’autre. Il en est qui déploient toutes leurs grâces, tout l’cclat de leurs couleurs, toute l’énergie de leur empressement par les girations qu’ils accomplissent autour de leur femelle ; d’autres témoignent leur dévouement par la vigilance avec laquelle ils rôdent autour d’elle pour écarter tout rival. Le nombre des poissons proprement dits qui s’accouplent réellement est très-limité, et le rapprochement est superficiel et rapide comme chez les Oiseaux. Il Berait oiseux de passer en revue toutes les formes qu’affectent les relations des sexes; mais l’homme intelligent ne saurait de- ' meurer spectateur indifférent ou même insensible, en voyant la douceur, la tendresse, le charme prévenant des attentions de la colombe, ou la noble et fière expression, l’impérieuse exigence, la violence furieuse et cependant pleine d’égards de l’étalon ; l’implacable férocité du chat qui lacère

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

et dévore sa femelle, la lourdeur stupide du porc qui s’endort et s’appesantit-, la luxure etl’ignoble lubricité du singe; la voracité traîtresse de l’araignée, la brutale et impassible concupiscence des biches attendant froidement l’approche d’un vainqueur, etc.

D’où tout cela vient-il ? Qui donc affirmera que des expressions si diverses, des manifestations si richement variées d’un sentiment unique et d’un instinct, au fond toujours le même, résultent simplement d’un fait d’organisation physique, d’une spécialité de structure impossible d’ailleurs à concevoir, si l’on écarte l’idée d’un plan méthodiquement exécuté, prémédité à l’avance, où partout se révèle l’intention antérieure à la réalité.

Métamorphoses des animaux.

> L’étude de l’embryologie ne date que de nos jours. Les naturalistes du siècle passé, au lieu de scruter les phénomènes qui accompagnent la formation et le développement primitifs des animaux, se contentaient de vagues théories sur la reproduction (J). Il est vrai que les métamorphoses des Insectes étaient devenues de bonne heure le sujet des observations les plus remarquables (2); mais on se doutait si peu alors que tous les animaux, depuis la première phase de la vie jusqu’à parfait développement, eussent à subir des changements considérables, qu’on fit de la métamorphose un caractère distinctif des Insectes. Et comme il y a, à cet cet égard, même entre les Insectes, des différences très-prononcées, on établit une distinction entre ceux qui subissent

(1) G. L. Leclerc de Buffon, Discours sur la nature des animaux. Genève, 4754, in-12, et aussi les Œuvres complètes. Paris, 1774-1804, 30 vol. in-4.

(2) J. Swammerdam, Biblia natures, sive Historia inscctorum, etc. Leyde, 1737-38, 3 vol. in-folio, figures. — R. Aiit. de Rcaumur, Mémoires pour servir à l’histoire des Insectes, Paris, 1734-42, 6 vol. in-4, ligures. — A. J. P.œsel von Roscnhof, Inscctenbelustigungcn. Nuremberg, 1746-61, 4 vol. in-4, figures.

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une métamorphose complète, c’est-à-dire qui passent successivement par les trois formes de larve, de chrysalide et d’animal parfait, et ceux chez lesquels la transformation est moins complète, c’est-à-dire dont la larve diffère peu de l’insecte parfait. 11 est, du reste, quelques Insectes chez lesquels ces changements vont si peu loin qu’ils y sont parfois beaucoup moindres que chez certains représentants d’autres classes. On est fondé, par conséquent, à employer l’expression de «métamorphose» pour désigner tous les changements, grands ou petits, que les animaux éprouvent, en succession directe et immédiate (1), durant la croissance, pourvu qu’ils soient convenablement déterminés pour chaque type.

L’élude de l’embryologie, d’abord limitée à la recherche des changements que subit le poulet dans l’œuf, s’est graduellement étendue à tous les types du règne animal. On y a apporté un soin extrême et atteint à une grande perfection. En effet, le premier qui se hasarda à explorer largement dans toutes ses parties ce nouveau terrain, C. E. von Baer, parvint à présenter le sujet sous un jour si net, traça les conclusions avec une ampleur et un soin tels, que ceux qui ont depuis marché sur ses traces peuvent être regardés comme ayant simplement développé les faits signalés par lui dès le principe et les conséquences qu’il en avait déduites (2).

(1) Je dis avec intention en succession directe et immédiate, car les phénomènes de la génération alternante ne sont pas compris dans la métamorphose, et consistent surtout dans la production de nouveaux germes qui ont leurs métamorphoses propres. La métamorphose proprement dite s’entend seulement des changements successifs d’un seul et même germe.

(2) Sans rappeler ici les ouvrages des anciens auteurs, tels que de Craaf, Malpighi, Haller, Wolf, Mcckel, Tiedemann, etc., qui sont tous énumérés avec quelques autres à l’article « Entwickelungsgeschichte » de Bischoff, dans le « Handuôrterbuch der Physiologie » de Wagner, vol. 1, p. 8(10, je mentionne ci-dessous les travaux publiés depuis que, sous l'influence de Dollinger, l'embryologie a pris un nouveau caractère : C. E. v. Baer, Ueber Entiuickclungsgeschichte der Thiere, Kœnigsberg, 1728-37, 2 vol. in-4, figures, l’œuvre la plus importante qu’on ait encore publiée. La préface est un modèle de candeur et de sincérité et fait ressortir le mérite de Dollinger sous un jour aussi vrai qu’éclatant. Comme traités généraux, je citerai : — C. F. Burdach, Die Physiologie als Erfahrungsnissenchaft, Leipzig, 1829-40, 6 vol. in-8; en français, Paris, 1837-41, 9 vol. in-8. — J. Müilcr, Ilandbuch der Physiologie des ilenschen, Coblentz, 1843, 2 vol. in-8, 4' édition; en français, Paris,

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

Ce fut lui qui jeta les bases d’une généralisation plus compréhensive, à l’égard du mode de formation des animaux. Ce fut lui, en effet, qui, le premier, en 1827, découvrit l’œuf ovarien des Mammifères et, pour la première fois, démontra qu’il n’y a, essentiellement, aucune différence entre les animaux ovipares et les soi-disant vivipares, l’homme même se développant de la même manière que les animaux. L’existence des œufs chez tous les animaux, universellement, et l’unité de leur structure, qui fut presque aussitôt établie avec certitude, voilà, dans mon opinion, la plus grande découverte des temps modernes, dans les sciences naturelles (1) .

Et, vraiment, c'était faire un pas de géant que de démontrer une identité aussi remarquable dans le point de départ matériel du développement chez tous les animaux, quand déjà on savait que la structure anatomique des adultes révèle des plans aussi radicalement divers. Dès lors, la manière dont le germe se forme d’abord dans l’œuf et dont les organes sortent graduellement d’une masse homogène, les changements, les complications, les rapports, les fonctions qui s’établissent à chaque phase nouvelle, la façon dont, finalement, le jeune animal revêt sa forme et sa structure définitive et devient un être nouveau et indépendant, tout

1851, 2 vol. in-8 (plusieurs éditions depuis). — R, Wagner, Lehrbuch der Physiologie, Leipzig. 1839-42, 2 vol. in-8. — G. Valentin, Handbuch der Enlwickelungsgeschichte, etc. Berlin, 1835, 1 vol. in-8. — Lehrbuch der Physiologie des Menschen. Brunswick, 1843, 2 vol. in-8. — F. A. Longet, Traite de physiologie. Paris, 1850, 2 vol. in-8. — Alb. Kolliker, Microscopische Anatomie des Menschen. Leipzig, 1840-54, 2 vol. in 8, figures. — Voy . encore Owen’s Lectures, etc. ; Siebold et Stannius, Lehrbuch ; et Carus, Morphologie, etc., cités aux pages 24 et 38 ci-dessus. Je pourrais ajouter quelques autres traités de physiologie ; mais la plupart d’entre eux sont si évidemment de pures compilations ne dénotant aucune connaissance personnelle du sujet, que j'omets à dessein de mentionner davantage les ouvrages élémentaires.

(1) C. E. v. Baer, De ovi Mammalium et Hominis genesi. Kdnigsberg, 1827, in-4, figures. — J. E. Purkinje, Symboles ad ovi avium historiam ante incubationem. Leipzig, 1830, in-4, figures. — R. Wagner, Prodromus Historiœ generationis Hominis algue Animalium, etc. Leipzig, 1830, 1 vol. in-folio, figures. — /cônes physiologies. Leipzig, 1839, in-4, figures. — Voyez aussi A. Valenciennes et Fremy, Recherches sur la compoiition des œufs dans la série des animaux [Camp, rend., 1854, vol. XXXIX, p. 469, 525 et 570).

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cela devait être un sujet d’études des plus intéressants. La détermination de toutes ces choses, dans le plus grand nombre d’animaux possible et dans les types les plus différents du règne animal, devint immédiatement le but principal de tous les -travaux sur l’embryologie. On peut dire avec vérité que peu de sciences ont marché avec une rapidité aussi surprenante et donné des résultats aussi satisfaisants.

On n’a encore publié aucun traité général résumant les observations les plus récentes sur les phases constantes du mode de développement propre aux divers types du règne animal. Il me faut donc renvoyer aux ouvrages spéciaux sur ce sujet (1). Je suppose, d’ailleurs, qu’avant de former un jugement définitif sur les comparaisons, que je vais faire ci-après, entre les phases du développement des jeunes et les gradations de la structure chez les adultes ou avec l’ordre de succession des fossiles qui caractérisent chaque période géologique, je suppose, dis-je, que mes lecteurs auront acquis, sur ces changements, les lumières nécessaires et se seront rendu familier tout ce qui se rattache à ces phénomènes.

L’embryologie des Polypes a été fort peu étudiée jusqu’ici; tout récemment M. Lacaze-Duthiers a fait de forts beaux

(1) Le peu (l’aUenlion accordé, en Amérique, à l'élude de l’embryologie m’a engagé à énumérer les travaux relatifs à cette branche do la science plus complètement que tous les autres. J’espère faire naître ainsi le goOt de ce genre de recherches. Il existe sur cc continent un grand nombre de types d’animaux dont la connaissance, au point de vue de l’embryologie, ajouterait considérablement aux richesses de la science; tels sont l’Opossum, les Batraciens ichthyoïdes, le Lépidostée, l’Amie, etc. Je ne parle pas des circonstances favorables qu’un littoral de 1600 kilomètres, partout facilement accessible, offre aux investigations embryologiques, depuis le cercle polaire jusqu’au tropique. Inséparable de l’embryologie, la question de l’individualité se présente tout naturellement. Voy. à cet égard : — Rud. Leuckardt, Ueber den Polymorphisme der Jndividuen oder die Erscheinung der Arbsilslheilung in der Nalur. Giessen, 1851, in-4. — C. B. Reichert, Die monogene Fortpflansung . Dorpat, 1852. — Th. H. Huxley, Upoti Animal Individualily (Ann. et Mag. Nat. Hislory , 2 e série, 1852, IX, 507). — Ed. Forbes, On tlie supposed analogy beluieen the Life of an Jndividual and II te Duration of a Specics (Ann. and Mag. Nat. History, 2' série, 1852, X, 59). — Al. Braun, Des Jndividuum der Pflanze, cité ci-dessus. — Berlrachtungen über die Erscheinung der Ver jun gong in der Natur. Fribourg, 1849, in-d, ligures.

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX. 111

travaux sur cette classe. Ce qu’on sait du développement embryonnaire de ces animaux a trait principalement à la famille des Actinoïdes (1). Immédiatement après l’éclosion, le jeune a l’aspect d’un petit corps claviforme ou piriforme ; il ne tarde pas à revêtir toute l’apparence d’un adulte et n’en diffère alors que parce qu’il a un moins grand nombre de tentacules. Quant au mode de ramification et à la multiplication par bourgeons, ils ont été soigneusement et minutieusement étudiés dans cette classe (2). Les Acalèphes présentent des phénomènes tellement particuliers que j’en renvoie la discussion à plus tard, dans une section spéciale. Tantôt leurs jeunes (3) sont semblables â des polypes, d’au-

(1) M. Sars, Beskrivelser og Jagttagelser over nogle maerkelige eller nye • Havel ved den Bergenske H y si levende Dyr, etc. Bergen, 1835, in- A. — Fauna litloralis Norvegiœ. Christiania, 184(5, in-fol., figures. — H. Rathke, dans la Physiologie de Hurdach, vol. Il, 2' édition, p. 215. — Zur Morphologie, Reisebemcrkungen dus Taurien. Riga et Leipzig, 1837, in-4, figures.

— L. Agassiz, Twelve Lectures, etc., cité plus haut. — J. Haime, Mémoire sur le Lérianthe (Ann. sc. nat., 4 e sér. 1854, I). — Noie sur le développement des Actinies ( Comp . rend-, 1854, XXXIX, 437, 595).

(2) Dana, Zoophyles ; Milnc Edwards et Haime, Recherches, etc., cité plus haut, etc., p. 44, note 2.

(3) 0. Th. E. v. Siebold, Beitrlige zur Nalurgeschichte der wirbellosen Thiere, Neuesle Schriften der Naturforsch. Gesellschaft in Danzig. Dantzig, 1839, in-4, p. 1-35. — S. L. Loven, Beitrag zur Kennlniss der Gattungen Campanularia und Syncoryne; IVieÿman's Archiv, 1837, p. 249, 321; en français. Annales des sciences naturelles, 2* série, XV, 157. — M. Sars, Beskrivelser, précédemment cité. — Fauna litloralis, id. — Einige Worle über die Enlwickelung der Medusen (Arch. f. Nalurg., 1857, I, 117). — Al. v. Nordmann, Sur les changements que l'dge apporte dans la manière d'étre des Campanulaires, C.-R., 1834, p. 709. — J. Steenstrup, Ueber den Generations-Wechsel oder die Fortpjlanzung und Enlwickelung durch abwechselnde Generalionen , iibers. von Lorenzen. Copenhague, 1842, in-8, figures; en anglais, par G. Busk (Ray Society). Londres, 1845, in-8.

— P. J. Van Benedcn, Mémoire sur les Campanulaires de la côte d'Ostende, etc. (Mémoires de l'Académie de Bruxelles, 1843, XVII, in-4, figure»).

— Recherches sur l’embryogénie des tubulaires, ibid., 1844. — Fél. Dujardin. Observations sur un nouveau genre de Médusaires (Cladonema) provenant de la métamorphose des Syncorynes (Annales des sciences naturelles, 2 e série, 1843, XX, 370). — Mémoire sur le développement des Médusaires et des Polypes hydraires (Annales des sciences naturelles, 3 e série, 1845, IV, 257).

— I. G. Fr. Will, Ilorae lergeslinœ. Leipzig, 1844, in-4, figures. — II. Frey et R. Leuckardt, Bcilrbgc sur Kennlniss wirbelloser Tliiere, Brunswick, 1847, iu-4, ligures. — Sir J. G. Dalyell, Rare and Remarkable Animais of Scotland, etc., Londres, 1847, in-4, figures. — Ed. Forbes, Monography of the British Naked-e yed Medusce. Londres, 1847, in-folio,

DE L’ESPfcCE.

très fois ils ont avec le type de leur classe une ressemblance plus immédiate. Pour un petit nombre seulement la multiplication a lieu par développement direct et progressif. Quant aux Échinodermes, ils ont pendant longtemps échappé à

figures (Ray Society). — On the Morphology nf the Reproductive System of Sertutavian Zoophyles, etc. (Ann. and Mag. .Vu/, Hist., 1844, XIV, 385). — F. Leydig, Einige Bemerkungen über den Bau (1er llytucn ( Müller's Arch.,

1854, p. 270). — A. Ecker, Zur Lehre vom Bau und Leben der Konlraktilen Substans der niedersten Thiere. Bâle, 1848, in-4 ; et dans Zeitschr. f. w. Z ool., 1849, vol. I, p. 218. — Rouget, Mémoires sur l'Hydre. — L. Agassiz, Twelve Lectures, etc. — Ed. Desor, Lettre sur la génération médusipare des polypes hydraires {Ann. se. nat., 3 e sér., 1849, vol. XII, p. 204). — A. Krohn, Bemerkungen über die Geschlechtsverhilltnisse der Serlularinen ( Müller's Arch., 1843, p. 174). — Ueber die Brut des Cladodema radiatum und deren Enlwickelung sum Stauridium ( Müller’s Arch., 1853, p. 420). — Ueber Podocoryne carnea, Sars und die Fortpflanzungsweise ihrer medusenartigen SprOsslinge (H'iegm. Arch. , 1851, I, p. 263). — Ueber einige niedere Thiere (Müller’s Arch., 1853, p. 137). — Ueber die frulieslen Entivickelungsstufen der Pelagia noctiluca ( Müller’s Arch., 1855, p. 491). — A. KiiUiker, Die Schwimmpolypen , etc., cité plus haut. — W. Buscli, Beobachtungen über Anatomie und Enlwickelungsgeschichte einige wirbelloser Seethiere. Berlin, 1851, in-4, fig. pp. I, 25 et 30. — Gegenbaucr, Kollikerund Müller, llericht über einige im Herbste 1852 in Messina angestellle analomische Untersucliungen (Zeitschr. f. iviss. Z ool., vol. IV, p. 299). — C. Gegenbauer, Ueber die Enlwickelung von Doliolum, der Scheibcnquallen und von Sagitla (Zeitschr. f. wiss. Z ool., 1853, p. 13). , — Beitrtige zu nilhern Kennlniss der Schwimmpolypen (Siphonophoren) (Zeitschr. f. wiss. Zoo!., 1853, vol. V. p. 285). — Ueber Diphyes turgida, etc. ( Zeitschr . f. wiss. Z ool., 1853, vol. V, p. 442). — Ueber den Enlwickelungscyclus von Doliolum, etc. ( Zeitschr . f. wiss. Z ool.,

1855, vol. Vil, p. 283). — Bemerkungen über die RandkOrper der Medusen ( Müller’s Arch., 1856, p. 230). — Sludien über Organisation und Systemalik der Ctenophoren (Arch. f. Nats., 1856, 1, p. 163). — Al. v. Frantzius, Ueber die J un g en der Cephea (Zeitschr. f. wiss. Z ool., vol. IV, p. 118). — J. Millier, Ueber eine eigenthümliche Meduse des Millelmeeres und ihren Jugendsustaud (Müller's Arch., 1851, p. 272). — M. Scliultze, Ueber die mannlichen Geschteschtslheile der Campanularia gcniculata (Müller’s Arch., 1850, p. 53). — Th. Hincks, Notes on lhe Reproduction of the Campanulariadæ, etc. (.4 un. and Mag. Nat. Hist., 2* sér., 1852, vol. X, p. 81). — Further Notes on Rritish Zoophyles (Ann. andMag. Nat. Hist., 1853, vol. XV, p. 127). — G. J. Allman, On Hydroids (Rep. Brit. Ass. Adv. Sc., 1852, p. 50). — On the Structure of Hydratiridis (Proc. Brit. .Ass., 1853, p. 64). — A. Dcrbes, Note sur les organes reproducteurs et l’ embryogénie du Cyanea chrysaora (Ann. sc.nat., 3 e sér., 1850, vol. XIII, p. 377). — C. Vogt, Ueber die Siphonophoren (Zeitschr. f. wiss. Zool., 1852, vol. III, p. 522). — Untersuchungen über Thierstaaten. Frankfurt, 1851, in-8. — Siphonophores de Nice, cité plus haut. — Th. H. Huxley, On the Analomy and Aflinities of the Family of lhe Melusœ (Philos. Trans. Roy. Soc., 1849, II, p. 413). — An Account of Researches into the Analomy of the l/ydrostatic Açalephœ (Proc. Brit. Ass. Adv. Soc., 1851, p. 78). — R. Leuckart, Zoologische Untersuchungen. Giessen, 1853-54, in-4, fig., 1 er fasc. — Zur nilhern ivenn/niss der Siphonophoren van Nizsa

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

l’attention des embryologistes; mais enfin J. Millier publia sur cette classe (1) une série d’études très-importantes, et fit connaître la merveilleuse diversité du mode de développement, diversité qui existe non-seulement dans les or-

( Wiegm . Arch., 1854, p. 249).— Medusen von Nisza, cité section îx. — W. Stimpson, Synopsis of the Marine I nverlebrata of Grand Manan ( Smithscm . Contrib,, 1853, in-4, fig.). — Jos. Lcidy, Contributions towards a Knowledge oflhc Marine lnverlebrale Fauna, etc. ( Journ . Acad. Nat. Sc. Philad., 2' sér., 1855, vol. lit, in-4, fig.) — Voy. plus loin, sect xx. — Th. H. Gosse, Naluralist's Bambles on the Devonshire coasl. London, 1853, in-8. — A. de Quatrefages, Mémoire sur l'organisation des Physales (Ann. se. nat., 4° sér., 1854, vol. II). — Max. Schultze, Ueber der Bau dcr Gallerlscheibe der Medusen (Müller’s Arch., 1856, p. 311). — J. M’Crady, Description of Oceania nutricula and the embryological Ilistory of a singular Médusait larva found in the cavity of ils bell ( Proceed . Elliott Society, Charleston, S. C., 1857). — T. S. Wright, On Hydractinia echinala ( Edinb . new. Phil. Journ., nouv. sér., 1857). — Observations on Bri'ish Zoophytes (ibid.). — Observations on British Z oophylcs : Laomedea acuminata, Trichydra pudica, and Tubularia in divisa (Edinb. new Phil. Journ., nouv. sér., 1858). — On the Reproduction of Cydippe poraiformis (Edinb. new Philos. Journ., nouv. sér., 1856, vol. IV, p. 85). — C. W. Peach, Notice of a curious Metamorphosis in a ïoophyle-likc Animal (Edinb. new Philos. Journ., nouv sér., 1856, vol. IV, p. 162.

(1) Beskrivelscr, etc., p. 37. — Ueber die Enlwickelung dcr Seesterne (Wi'ejim. Arch., 1844, 1. 1, p. 169, fig.). — Fauna lilloralis, etc., p. 47. — J. Muller, Ueber die Larvenu. die Métamorphosé der Ophiuren und Sceigel(.lkad. d. Wiss., Berlin, 1848). — Ueber die Larven u. die Métamorphosé der Echinodermcn (2 e Alih . , A kad. d. IViss. Berlin, 1849). — Ueber die Larven und die Métamorphosé der [Jolothurien und Aslerien (Akad. d. Wiss., Berlin, 1850). — Ueber die Larven u. die Métamorphosé der Echinodermen (4 e Abh. , Ak. d. IViss. , Berlin , 1852 ). — Ueber die Ophiurenlarven des Adrialischen Meeres (A k. d. wiss. , Berlin, 1852). — Ueber den altgcmeinen Plan in der Enlwickelung der Echinodermen (Ak. d. IViss. , Berlin, 1853). — Ueber die Gattungen der Seeigellarvcn (7 e Abh., Akad. d. IViss., 1 855). — Ueber den Canal in den Eiern der Uolothunen (Müller's Arch., 1854, p. 60). — Fortsetzung der lleobachtungen über die Métamorphosé dcr Echinodermen (Müller’s Arch., 1855, p. 67). — (Des extraits, en langue française, eu ont été publiés dans Ann. sc. nat., 3“ sér., 1852-53, vol. XVII, XIX et XX ; 4' sér., 1854, vol. I, par C. Dareste) .

— Koren et Danielssen, Nyt Magasin for Naturvid., Christiania, 1847, vol. V, p. 253(Ann.sc. nat., p. 347).' — Voy. aussi Fauna lilloralis Norvegiæ, liv. 11.

— L. Agassiz, Twelve Lectures, etc., p. 13. — A. Derbès, Sur la formation do l'embryon chez l'Oursin- comestible (Ann. sc. nat., 3 e sér., vol. VIII, p. 80). — W. Bush, Beobachtungen , etc., — Ueber die Larve der Comatula (Müller’s Arch., 1849, p. 400). — A. Krohn, Ueber die Enlwickelung 1 1er Seeslern und /Jolothurien (Müller's Arch., 1853, p. 317). — Ueber die Enlwickelung einer lebendig gebtihrenden Ophiur ( Müller’s Arch., 1851, p. 338). — Ueber die Larve des Echinus brevispinosus (Müller's Arch., 1853, p. 361). — lleobachtungen über Ecliinodermcnlarven (Müller's Arcli., 1854, p. 208). — Ueber einen neuen Enlioickelungsmodus der Ophiuren (Müller’s Arch., 1857, p. 369). — M. Schultze, Ueber die Enltvickclung von Ophiolepis squamata (Müller's Arch., 1852, p. 37). — U. H. Gosse, Tcnby, a seasidc Holiday. London, 1856, in-8.

DE L’ESPÈCE

dres, mais encore dans les genres d’une même famille. Les larves de quelques-uns de ces Rayonnés ressemblent étonnamment à des Cténophores très-petits, et pourraient être rapportées à ce type des Acalèphes. Tout récemment, les recherches de mon fils ont dévoilé, entre tous ces types de développement en apparence si divers, une unité remarquable qui avait échappé à J. Muller. C’est avec bonheur que j’inscris son travail parmi les plus importants sur cette classe.

Comme j’aurai désormais à citer fréquemment les principales divisions du Règne animal, je dois bien établir ici que je n’adopte pas certains changements dernièrement proposés dans la délimitation des classes, malgré la faveur avec laquelle on les a presque partout accueillis. Le type indivis des Rayonnés me paraît constituer un des embranchements les plus naturels du Règne, et je considère la division en Cœlentérés et Échinodermes comme une exagération des différences anatomiques observées parmi ces animaux (1). En ce qui concerne le plan, leur structure ne diffère en aucune façon et elle est partout homologue. Je ne reconnais dans cet embranchement que trois classes : les Polypes, les Acalèphes et les Échinodermes. La différence entre les deux premières repose principalement sur ce que les cloisons rayonnées de la cavité principale des Polypes supportent les organes reproducteurs. De plus, la cavité digestive consiste, dans cette classe, en un refoulement intérieur, par l’orifice externe, du sac qui forme la masse du corps. Or, chez les Acalèphes, il y a, au moins à l’état médusiforme, des tubes rayonnés qui s’étendent jusqu’à la périphérie du corps où ils s’anastomosent et c’est dans la masse gélatineuse de celui-ci qu’est creusée la cavité digestive. C’est ce qui a lieu également chez les Hydroïdes, les Méduses propres et les Cténophores; mais rien de pareil ne se remarque chez les Polypes. Les Siphonophores, soit

(1) Je ne vois pas sans surprise que J. Miilier soit favorable à l’idée d’une affinité étroite entre les Polypes et les Acalèphes, et surtout qu’il incline à rapporter les Bryozoaires au type des Kayonnés.

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

que leur lignée médusaire devienne libre ou non, et les Hydroïdes ont cela de commun que, à l’état mcdusiforme, ils possèdent de simples tubes rayonnés réunis en un seul" cordon qui entoure le bord du disque campanulaire. Ces deux groupes constituent ensemble un ordre naturel, par opposition aux Méduses stécoplithalmes , dont les tubes rayonnés se ramifient vers le bord du corps et forment un réseau compliqué d’anastomoses. Au point de vue morphologique, les Acalèphes à l’état polypoïde sont aussi bien des Acalèphes que quand ils sont à l’état médusiforme (1); qu’ils se séparent ou restent unis, les rapports résultant de la structure sont toujours les mêmes. Une comparaison de l’Hydractinie, qui est l’IIydroïde le plus commun et le plus polymorphe, avec notre Physalie (Physalia) peut du premier coup d’œil faire apercevoir l’homologie des individus les plus multiformes (2).

L’embryologie des Mollusques a été l’objet d’études trèsétendues, et quelques-uns de ces animaux sont des mieux connus du Règne. Les limites naturelles de l’embranchement paraissent encore, cependant, un peu indécises. Je crois qu’elles doivent renfermer les Bryozoaires (3), qui

(1) Cela a été développé dans le 3' volume de mes Contributions à l'histoire naturelle des États-Unis. — Voy. encore mon Mémoire sur la structure et les homologies des Rayonnés, cité précédemment.

(2) Ainsi que je l’ai déjà établi plus haut, les Millépores ne sont pas de vrais Polypes, mais des Hydroïdes que leur structure et leur polymorphisme rapprochent étroitement des Hydractinies.

(3) G. J. Allman, On the présent Siale of our Knowledge of tlie fresh tvaler Polysoa (Proceed. Brit. Assoc. Adv. Sc., 20° meet., Edinburgh, 1850, p. 305). — Proceed. Irish Ac., 1850, vol. IV, p. 470. — Ibid., 1853, vol. V, p. 11. — Monograph of the fresh water Polysoa (Roy Soc.). — P. J. van Beneden, Recherches sur l'anatomie, la physiologie et le développement des Bryozoaires gui habitent la côte U'Ostendc (Nouv. .If cm. Acad. Bruce., 1845, vol. XVIII). — B. C. Dumortier et P. J. van Beneden, Histoire naturelle des Polypes composes d’eau doucc(Mcm. Acad. Brux., 1850, vol. XVI, in-4, fig.). — Th. Hincks, Noies on British Zoopliytes, with Descriptions of saine new Species (Ann. and Mag. Nat. Ilist., 2 e sér., 1851, vol. VIII, p. 353). — C. G. Ehrenberg, Die Infusionslhiere als vollkornmene Organismen. Leipzig, 1838, 2 vol. infol., Ilg. — F. Stcin, Infusionslhiere au f ihre Enlwickelungsgeschichte untersulch. Leipzig, 1854, 1 vol. in 1, fig. — Al. v. Frantzius, Analecta ad Ophrydii versalilis lûstoriam naturalcm. Breslau, 1849. — C. F. J. Lachmann, Ueber die Organisation der Infusorien, besonders der Vorticelle n ( Muller’s Arch., 1856, p. 340), et tous les travaux sur les Infusoires dans lesquels il est question des Vorticeliidés.

DF. L’F.SPfeCE.

mènent graduellement, en passant parles Brachiopodes (1), aux Acéphales ordinaires. De plus, je me suis assuré qu’il convient de réunir les Vorticellidés aux Bryozoaires. D’un autre côté, les Céphalopodes ne peuvent pas être séparés des Mollusques propres comme embranchement distinct. La segmentation partielle du jaune, chez ces animaux, n’est pas davantage un motif de les séparer des autres Mollusques, que la segmentation totale du jaune chez les Mammifères ne serait une raison de séparer ceux-ci des autres Vertébrés. Enfin, les Céphalopodes sont, dans tous les détails de leur structure, homologues avec les .autres Mollusques. Les Tuniciers sont particulièrement intéressants; d’autant que les Ascidiens simples ont des jeunes pédoncules qui offrent la ressemblance la plus frappante avec les Bolténies, et forment en même temps un anneau de la chaîne à laquelle appartiennent les Ascidiens composés (’2). Le développement des Lamellibranches semble tout à fait uniforme; toutefois il y a dans la ponte de grandes différences. Les uns émettent leurs œufs avant que le germe soit formé; d’autres continuent à les porter sur leurs branchies, jusqu’à parfait achèvement du jeune (3). C’est ce qui s’observe particuliè-

(1) Je vois d’après une courte remarque de Leuchardt, Zeitschrift fiir wiss. Zoologie, vol. VII suppl., p. 115, qu’il a, lui aussi, aperçu l’étroite alliance des Brachiopodes et des Bryozoaires. Voy. aussi AU). Hancock, On the Organisation of the Rrachiopoda ( Proceed . Royal Society, London, 1857, p. 463).

(2) J. C. Savigny, Mémoires sur les animaux sans vertèbres, etc., op. cil. — Ad. v. Chamisso, De animalibus quibusdam e classe Vermium Linnoeana, fasc. I.

— De Salpa. Berlin, 1819, in-â, fig.— F. .1. Meyen, Beitrîige zur Zoologie, etc., l l ' r Abth. , Ueber Salpen [ S'ova Acta nat. cur., 1832, vol. XVI). — H. Milne- Edwards, Observations sur les Ascidies composées des côtes de la Manche. Paris, 18A1, in-4, fig. — M. Sars, Beskrivelser, etc. — Fauna litt., etc. — P. J. van Benedcn, Recherches sur l'embryogénie, l'anatomie et la physiologie des Ascidies simples ( Mém . Acad. Brux., 1847, vol. XX). — A. Krolin, Ueber die Eutwickelung der Ascidien (Müller’s Arch., 1852, p. 312). — A. Kolliker et Lowig, De la composition el de la structure des enveloppes des Tuniciers (Ann. sc. nat., 3 e sér., vol. V, p. 193). — Th. H. Huxley, Observations upon the Anatomy and Physiology of Salpa and Pyrosoma (Philos. Trans. R. Soc., 1851, t. II, p. 567). — D. F. Eschrichl, Anatomisk-physiologiske Udersügelser over Salperne. Copenh., 1840, fig. — J. Steenstrup, Ueber den Génération swechsel, op. cit. — C. Vogt, Rilder aus dem Thierleben. Francfort-s.-M., 1852, in-8.

— H. Millier, Ueber Salpen (Zeilschr. f. wiss. Zoo/., vol. IV, p. 329). — R. Leuckart, Zoologische Unlersuchungen. Oiessen, 1853-54, in-4, fig., 2 e fasc.

— C. Gegenbauer, Ueber die Entwickelung von Doliolum, etc., op.cit,, p. 104.

(3) C. C. Carus, Entwickelungsge.chichtc unserer Flussmuschel. Leipzig,

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

rement chez les Naïades, dont quelques-unes lâchent leurs œufs de très-bonne heure, tandis que d’autres les gardent pendant plus ou moins longtemps, dans une poche spéciale de la branchie externe, qui présente les formes les plus variées dans les différents genres de cette famille. On sait encore peu de chose sur le développement des Brachiopodes. Les faits observés jusqu’à ce jour semblent montrer, entre ce Type et celui des Bryozoaires, plus d’allinité qu’entre lui et les Acéphales proprement dits, auxquels les conchyologistes les ont réunis à cause de leur coquille bivalve. Les Gastéropodes (1) présentent, à cet égard, une

1832, in-4, fig. — Arm, de Quatrefages, Sur l'embryogénie des Tarets (dnn. sc. nat., 3' sér., 1849, vol. II, p. 202). — Sur la vie interbranchiale des petites Anodontes (/inn. sc. nat., 2 e sér., vol. V, p. 321). — S. L. Loven, Om Ulvecklingen of Mollusca acephala (Overs. Vet. Akad. Fiirhandl., Stockholm, 1849). — En allemand dans lesdrc/t. de Muller, 1848, p. 531, et de Wiegmann, 1849, p. 312. — J. L. Prévost, Delà génération chez la Moule des peintres (Ment. Soc. phys., Genève, 1825, vol. III, p. 121). — 0. Vogt, Bilder aus ilem Tltierleben. Frankfurt, 1852, in-8. — O. Schmidt, Ueber die Entuiickelung ion Cyclas calyculata (Drap.) (Muller't Arch., 1854, p. 428). —K. Leydig, Veber Cycl.is cornea ( Müller's Arclt., 1855, p. 47). — H. Lacaze-Duthiers, Recherches sur les organes génitaux des Acéphales lamellibranches (Ann. sc. nat., 4 e sér., 1854, vol. II). — Mémoire sur l’organe de Bojanus des Acéphales lamellibranches (An n. sc. nat., 4 ,: sér., 1855, vol. IVj, — Observations sur l’hermaphrodisme des Anodontes (Ann. jg. nat., 4 e sér., 1855, vol. IV).

— Mémoire sur te développement des branchies des Mollusques acéphales lamellibranches (Ann. sc. nat., 4 e sér., 1856, vol. V). — Histoire de l’organisation et du développement du Dentale (Ann. sc. nat., 4* scr., 1856, vol. VI).

— Davaisne, Reproduction de l’Huitre (Mém. de la Soc. de biol.).

(1) C. G. Carus, l'on den Sussent Lebensbedingungen der uieiss-und kaltblutigen Thiere. Leipzig, 1824, in-4, fig. — J. L. Prévost, De la génération chez la Limnée (Mém. Soc. phys. Genève, vol. V, p. 119). — M. Sars, Zur Entwickelungsgeschichle der Mollusken und loophyten ( Wiegm. Arch. , 1837, t. I, p. 402 ; 1840, t. I, p. 196). — Zustitze zu der von mtr yegebenen Dartslellung der Entwickelung der A' udibranchien [Wiegm. Arch-, 1845, t. I, p. 4). — Arm. de Quatrefages, Mémoire sur l'embryogénie des Planorbes et des Limitées (Ann. sc. nat., 2° sér., vol. Il, p. 107). — P, J. van Beneden, Recherches sur le développement des Aplysies (Ann. sc. nat., 2 e sér., vol. XV, p. 123). — P. J. van Beneden et Ch. Windischman, Recherches sur l’embryogénie des Limaces (Mém. Acad. Rr tu., 1841). — Em. Jacquemin, Sur le développement des Planorbes (Ann. sc. nat., voi. V, p. 117; Nova Acta nat. cur., vol. XVIII). — B. C. Dumorticr, Mémoire sur les évolutions de l’embryon dans les Mollusques gastéropodes (Mém. Acad. Brux., 1836, vol. X). — J. L. M. Laurent, Observations sur le développement de l’œuf des Limaces (Ann. sc. nat., vol. IV, p. 248). — F. A. Pouchet, Sur le développement de l'embryon des Limitées (Ann. sc. nat., 2* sér., vol. X, p. 63). — C. Vogt, Recherches sur l'embryologie de l'Actmon (Ann. sc. nat., 3 e sér., 1846, vol. VI, p. 5). — Beilrag zur Entwickelungsgeschichle eines Cephalophoren

diversité beaucoup plus grande que les Lamellibranches. Même parmi les Pulmonés, terrestres et aquatiques, il y a des différences frappantes. Quelques Pectinibrancbes sont remarquables par ce fait curieux, que les œufs éclosent, et que le jeune parvient à un degré avancé de croissance, avant d’être mis bas. Le Pyrula et le Strombus sont les exemples les plus extraordinaires de cette nidification organique.

(Zeitschr. f. wiss. Zoo/., 1855, vol. VII, p. 1G2). — M. Schultze, Ueber die Entwickelung des Tergipes lacinulalus [Wiegm. Arch., 1849, vol. I, p. 268).

N. A. YVarncck, Ueber die Rildung und Entwickelung des Embryo bei Gasteropoden (Eu/l. Soc. imp. Moscou, 1850, vol. XXIII, I, p. 90). —

O. Schmidt, Ueber die Entwickelung von Umax agrestis (Muller' s Arch., 1851, p. 278). — F. Leydig, Ueber Paludina vivipara, ein Eeilrag zur ntihern Kenntniss dièses Thieres in embryologischer, analomischer und histologischer Beziehung ( Zeitschr . f. wiss. Zoo/., 1850, vol. II, p. 125). — A. Kolliker, op. cit. (Zeitschr. f. tviss. Zoo/., vol. IV, p. 333-369). — J. Müller, Ueber verschiedene Formen von S eelhieren ( Müller's Arch., 1854, p. 69). — Ueber Synapla digitata und iiber die Erzeugung von Schnecken in llololhurien. Berlin, 1852, in-4, fig. 11 y a, pour ce cas remarquable, une explication à laquelle Müller n a pas songé. On sait que des Poissons ( Ophidium ) s’introduisent dans le c. rps des Holothuries par l’orifice postérieur (De Bosset, Nottce, etc., in Mém. Soc.sc. nal. Neuçh., 1839, vol. II, in-4). — J’ai observé le fait moi-même, dans la Floride. UEntoconcha mirabilis ressemble beaucoup à la coquille embryonnaire de plusieurs espèces de ütlorines, entre autres à celle de la Lacuna vincta, dont j ai eu occasion d’étudier le développement. Il est fort possible que plusieurs espèces de cette famille, dans laquelle il y en a beaucoup de trèspetites, fassent choix des Synapla pour y déposer leurs œufs et les y abandonner après la ponte. Les œufs auraient alors avec le Synapla une connexion analogue à celle du Gui ou de 1 Orobanche avec les plantes qui les supportent.

C. Gegenbauer, Beitrtlge zur EntwickelungsgesclUchte der Landgasleropoden (Zèitsehr. f. wiss. Zoo/., 1852, vol. fil', p. 371).— Untersuchungen iiber Pleropoden und Heteropoden. Leipzig, 1855, vol. 1, in-4, fig. — J. Koren et D. G. Danielssen, Bitrag lil Pectinibranchiernes Udviklim/shistorie. Bergen, 1851, in-4. (Ann. sc. nat., 1852, vol. XVIII, p. 257 et 1853’ vol. XIX, p. 89 ; Ibiegm. Arch., 1853, p. 173; voyez aussi Fourni lilloralts Norvegiœ, hvr.II). Al. \ . Nordmann, Versuch emer.Uonograp/iietionTergipesEdwardsii. Saint Petersbourg, 1844, in-4. — H. Leuckart, Zoologische Untersuchungen. Giessen, 1853-54, in-4, lig., 3 e fasc. — Th. II. Huxley, Ou the Morphology "< the Cephalous MoUusca. etc. (Phil. Trans. fi. Soc., 1853, vol. I., p. 29).

■ Jabez Hogg, On the Development and Growth of the Watersnail (Quart. Hier. Jouin., 1854, p. 91). — J. Reid, On the Development of the Ova of ll,e Nudibranchiate Mollusca (Ann. and Mag. Nat. Hisl., 1846, vol. XVII,

P. W- B- Carpenter, On the Development of the Embryo of Purpura

lapillus (Quarterly Micr. Journ., 1845, p. 17). — S. Lorenz, Ueber die Entwickelung ton Ch ton (Arch. nat., 1856, vol. I, p. 206). — A. Krohn, Ueber einer ncuen mit 11 impersegtln verschenen Gasteropoden (Arch. f. Nat., 18.)3, p 223). Beobachlungen aus der Ktittvickelungsgeschichle der Plero- POden, Heteropoden, Echinodermen (Müller's Arch., 1856, p. 515, et 1857, p. 459). .1. I). Macdonald, Remarks on the Anatomy of Macgillivraya

pelagica and Cheletropis Haselzi (Trans. Roy Soc., London, 1855, vol. II,

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

L’embryologie des Céphalopodes a été magistralement traitée par Kolliker (1).

Les naturalistes ne sont pas non plus d’accord sur les limites de l’embranchement des Articulés . Quelques-uns d’entre eux inclinent à faire des Arthropodes et des Vers deux embranchements distincts ; d’autres, au contraire, les réunissent en un seul. J’avoue que je ne vois pas de motif à une séparation des deux types. L’état vermiforme, qui est celui des larves de la majorité des Arthropodes, et l’homologie parfaite de ces larves avec les véritables Vers, ne permettent pas de douter, ce me semble, que tous ces animaux ne soient construits sur un seul et même plan, et n’appartiennent en conséquence à un seul embranchement. Celui-ci, si les principes exposés dans le second chapitre de ce livre sont exacts, ne doit renfermer que trois classes, celle des Vers, celle des Crustacés, celle des Insectes. Quant aux

p. 289). — Further Observations, etc., p. 295. — Ed. Claparède, Anatomie und Enturickelungsgeschichte der Neritina fluviatilis {Muller' s Arch., 1857, p. 109). — Beitrag fur Anatomie des Cyclostoma elegans {Muller’ s Arch., 1858, p. 1). — C. Semper, lleilrilge fur Anatomie und Physiologie der Pulmonalen [Zeilschr. f. w. Zoo!., 1856, vol. VIII, p. 340). — A. Sclineider, Ueber die Enlwickelung der Phyllirhoe buccphalum (Müller’s Arch., 1858, p. 35).

(1) Alb. Kolliker, Enlwickelungsgesduchte der Cephalopoden. Zurich, 1844, in-4, fig. — P. J. van Beneden, Itccherches sur l’embryogénie des Sépioles (Nouv. Mém. Acad. Itrux., 1841, vol. XIV). — Z. Coldstream, On the Ooa of S épia (Lond.and Edinb. Phil. Mag., oct. 1833). — Ant. Dugès, Sur le développement de l'embryon chei les Mollusques céphalopodes ‘ Ann. sc. nat., vol. VIII, p. 107).

— H. Rathke, Perolhis, ein neues genus der Cephalopoden (Mém. Akad. Saint- Pétersbourg , 1834, vol. II, p. 149). C’est le jeune de quelque Céphalopode loligoïde. — H . Milne Edwards, Observations sur les spermatophores des Mollusques Céphalopodes, etc. {Ann. sc. nat., 2 e sér., vol. III, p. 193). — A. Kolliker, ltectocotylus Argonautse (Delle Chiaje), und H.Tremoctopodis (K.), die Maunchen von Argonauta Argo und Treinoctopus violaceus (Ber. Zool. Anst., Würzburg, 1849, p. 69). — H. Müller. Ueber das Mdnnchen von Argonauta Argo und die Hectocolylcn ( Zeilschr . f. wiss. Zool., vol. IV, p. 1). — J. B. Verany etC. Vogt, Mémoire sur tes Ilectocotyles et les radies de quelques Céphalopodes (Ann. sc. nat., 3 e sér., 1852, vol. XVII, p. 147). — F, D. Roulin, De la connaissance qu’ont eue les anciens du bras copulateur chez certains Céphalopwles (Ann. sc. nat., 3 e sér., 1852, vol. XVII, p. 188). — R. Leuckart, Zool. Onters., op. cit.

— J. Sleeustrup, Die llectocolylenbildung bei Argonauta und Tremoctopus, etc. (Arch. f. Nat., 1856, vol. 1, p. 211). — F. H.Troschel, llemerkungen überdie Cephalopoden von Messma ( Arch.f . Nat., 1857, vol. 1, p. 41). — i. van der Hoeven, Beilrag zur Anatomie von Nautilus Pompilius, L., besonders des Mttnnlichen Thieres (Arch. f. Nat., 1857, vol. I, p. 77).

DE L’ESPÈCE

Protozoaires, je ne partage pas les idées généralement admises sur leur nature. Je me suis assuré que les Colpodes et les Paramécies sont les larves des Planaires, que les Opalins sont celles des Distomes, et je ne vois pas pourquoi les autres Infusoires dont Ehrenberg a fait sa division des Entérodèles (1) ne seraient pas, de la même façon, les larves de quelques Vers inférieurs dont le mode de développement nous aurait échappé jusqu’ici. En outre, une comparaison des premières phases de l’évolution chez les Entomostracés et chez les Rotifères suffirait à faire voir ce que Burmeister, Dana et Leydig ont prouve d’une autre manière, c’est-à-dire que les Rotifères sont de vrais Crustacés et non pas des Vers (’2). Le caractère végétal des Anentérés est bien établi. Je n’ai pas encore pu arriver à un résultat définitif pour les Rhizopodes; mais ils pourraient représenter, dans le type des Mollusques, la phase de segmentation du jaune chez les Gastéropodes (3). De toutes ces remarques on doit conclure que je ne considère pas les Protozoaires comme un embranchement distinct, pas plus que les Infusoires comme une classe naturelle (à).

(1) Il a été déjà établi précédemment que les Vorticellidés sont des Bryozoaires.

(2) Tout récemment l’histoire des Infusoires s’est enrirhie de beaux travaux dus à MM.'Balbiani, Claparède et Lachmann.

(3) Les travaux de Schultze et de Kolliker sur ce type les présentent sous un jour tout différent. — Voy. chap. III, section I.

(4) M. Schultze, Beilrdgc sur Naturgeschichle rien Turbeliarien. Greifswaid, 1851, in-4, fig. — 1 oologische Skizzen (Zeilschr. f. wiss. Z.ool., 1852, vol. IV, p. 178). — J. Millier, Veber eine eigenthiimliche I Vurmlarve, etc. [Arcbiv., 1850, p. 485). — E. Desor, On the Embryology of Nemertes, with an Appendix on the embryonic Development of Polynoe (lioston Journ. Nat. Hist., 1850, vol. VI, p. 1 ; Müller's Arch., 1848, p. 511). — L. Agassiz, Colpoda and Paramecium are larvœ of Planariœ (Proceed. Ann. Assoc. Adv. Sc. Cambridge, 1849, p. 439). — Ch. Girard, Embryonic Development of Planocera elliptica [Journ. Acad. Nat. Sc. P hit., 2 e sér., 1854, voi. II, p. 307). — C. G. Ehrenberg, Üie Infusionsthierchen , etc., op. cit. — Microgeologie ; das Erder und Felsenschaffende Wirken des unsichtbaren kleinen selbslslandigen Lebens auf der Erde. Leipzig, 1854, in-folio. — Veber den Grünsand und seine ErUluterung des organischen Lebens [ Akad . d. miss., Berlin, 1855, in-4). — F. T. Kützing, Veber die Verwandlung der Infusorien in nisdere Algenformen. Nordhausen, 1844, in-4, fig. — A. Kolliker, Das Sonnenthierchen, Actinophrys sol ( Zeilschr . f. wiss. Zool., 1849, t. I, p- 198). — Ed. Claparède, Veber Actinophrys Eichomii [Müller’s Arch., 1854, p. 398), —

MÉTAMOKPHOSES DES ANIMAUX. 121

A prendre la classe des Vers dans sa plus large extension, elle embrasserait les Helminthes, les Turbellariés et les Annélides (1). L’embryologie de ces animaux a besoin d’être encore étudiée avec soin, malgré les recherches nombreuses dont ils ont été l’objet. Les Vers intestinaux continuent à dérouter les naturalistes, même aujourd’hui que les

C. Th. E. von Siebold, Ueber cinsellige Pflansen und Thiere (Zeilschr. wiss. Zool., 1849, vol. I, p. 270). — C. Naegeli, Gattungen einselliger Algen. Zurich, 1849, in-û, fig. — A. Braun, Algarum unicellularium généra nova et minus cognita. Leipzig, 1845, in-4 fig. — Ueber Chitridium, eine Gattungein Zellifer Schmarotsergeorttchse auf Algen und Infusorien (Akad. d. wiss., Berlin, 1855). — F. Cohn, Untersuchungen über dio Entwickelungsgeschichte der microscopischen Algen ( Nova Acta Acad. nat. cur., 1854, vol. XXIV, p. 101). — Beitrtige sur Entwickelungsgeschichte der Infusoren ( Zeilschr . f. wiss. Zool. , 1851, vol. III, p. 257). — Beitriïge sur Kennlniss der Infusorien (Zeilschr. f. wiss. Zool., 1854, vol. V, p. 420). — Ueber Encystirung von Arnphileptus fasciola ( ibid ., p. 434). — Observation sur V organisation et la propagation des Volvocinées ( Compt . rend., 1856, vol. XLIII, p. 1054). — ieber Fortp/lanzung von Nassula elegans (Zeilschr. f. wiss. Zool., 1857, vol. IX, p. 143). — M. Schullze, Ueber den organismus der Polythalamien. Leipzig, 1854, 1 vol., fig. — Beobachtungen über die Fortpflansung der Polythalamien (Müller’s Arch., 1856, p. 165). — Vie. d’Archiac, et J. Haine, Description des animaux fossiles du groupe nummulitique de l’Inde. Paris, 1853, in-4. — H. J. Carter, Description of some of the larger Forme of fossilised Foraminifera in Scinde (.Itin. and Mag. Nat. Ihst., 1853, p. 161). — W. B. Carpenter, Hesearches on the Foraminifera (Trans. Roy. Soc., London, 1856, I, p. 181; H, p. 547). — Th. H. Huxley, Zoological botes and Observations ruade on board H. M. S. Raltlesnake, upon Thalassicola, a new Zoophyle (Ann. and Mag. Nat. Hisl., 2 e sér., 1851, vol. VIII, p. 433). — J. Muller, Ueber Sphœrosoum und Thalassicola (Der. Akad. d. wiss., Berlin, 1855, p. 229). — Ueber die im Hafen von Messina beobachlelen Polycystimen (ibid., p. 671). — - Ueber die Thalassicolen, Polycyslinen und Acanthometren des Mittelmeercs (Her. Akad. d. wiss., Berlin, 1856, p. 474). — L. Auerbach, Ueber die Einzelligkcit der Amoeben ( Zeilschr f. wiss. Zool., 1855, vol. VII, p. 365). — Ueber Encystirung von Oxytricha pellionella (Zeilschr. f.iois. Zool., 1854, vol. V. p. 430). — Cienkowsky, Ueber cystenbildung bei Infusorien (Zeilschr. wiss. Zool., 1855, vol. VI, p. 301). — N. Lieberkühn, Ueber Protozoen (Zeilschr. f. wiss. Zool., 1856, vol. VIII, p. 30). — Beitrilge zur Entwickelungsgeschichte der Spongillen (Müller' s Arch., 1856, p. 1). — Zur Entivickelungsgeschichte der Spongillen, Nachtrag. (Miitler’ s Arch., 1856, p. 399). — Z usütze zur Entwickelungsgeschichte der Spongillen (Müller’s Arch., 1856, p. 496). — Beitrtige zur Anatomie der Spongien [Müller’s Arch., 1857, p. 376). — Beitrtige sur Anatomie der Infusorien (Müller’s Arch., 1856, p. 20). — A. Schneider, Beitrtige sur Na turgeschiclite der Infusorien ( Müller’s Arch., 1854, p. 191). — Max. Perty, Zur Kennlniss K/einsler Lebensformen, nach liau, Function, Syslematik. Berne, 1852.

(1) E. Blanchard, Recherches sur l’organisation des Vers. Paris, in-4. — Voyage en Sicile, par Milne Edwards, de Quatrelages et Blanchard.

DE L’ESPÈCE

traits généraux de leur développement sont déterminés. Les Némaloïdes ont une évolution très-simple, sans générations alternantes, et, comme quelques-uns sont vivipares, leurs changements peuvent être facilement décrits (1). Les Cestoïdes et les Cystiques ont été longtemps considérés comme des ordres d’Helminlhes distincts; mais on sait maintenant qu’il y a entre eux un rapport génésique direct, les Cystiques n’étant qu’une forme provisoire des Cestoïdes (2). On

(1) F. Stein, UeilrUge sur Entwickelungsgeschichte der Eingeweidewürmer (Zeitschr. für wiss. Zool., 1852, vol. IV, p. 196). — H. Nelson, On ihe Reproduction of lhe Ascaris mystax (Philos. Trans. R. Soc., 1852, II, p. 563).

— Allen Thompson, Ueber die SamenkOrperchen , die'Eier und die llefruchtung der Ascaris mystax ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1856, vol. VIII, p. 425). — E. Grube, Ueber einige Anguillulen und die Entwickelung von Gordius aquaticus (IViegmann’s Arch., 1849, I, 358). — C. Th. E. von Siebold, Ueber die IVandcrung der Gordiaceen (Uebers. d. Arb. und Ver. schles. Oes. f. valerl. Kulliir, 1850, p. 38). — G. Meissner, Beitrag sur Anatomie und Physiologie von Mermis albicans (Zeitschr. f. wiss. Zool., 1853, vol. V, p. 207).

— Beobachtungen iiber das Eindringen der Saamenclemente in don Douer ( Zeitschr . fur. wiss. Zool., 1855, vol. VI, p. 208 et 272). — BeilrUge sur Anatomie und Physiologie der Gordiaceen (Zeitschr. fur wiss. Zool., 1855, vol. VII, p. 1). — A. Koiliker, Beitriige sur Entwickelungsgeschichte wirbelloser Thiere ( Müller’s Arch., 1843, p. 68). — H. Baggc, Dissertatio inaug, de evolutione Strongyli auricularis et Ascaridis acuminatæ. Erlangen, 1841, in-4, fig. — Jos. Leidy, /I Flora and Fauna within living Animais ( Smithson . Conlrib., 1853, in-4, fig.). — H. Luschka, Ztir Saturgescliischte der Trichina spiralis ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1851, vol. III, p. 69). — Th. Bischoff, Ueber und Samenbddung und Befruchtung bei Ascaris mystax (Zeitschr. f. sviss. Zool., 1865, vol. VI, p. 377). — Wiederlegung des von Dr Keber bei den Xajadea und Dr. Nelson bei den Ascariden behaupteten Eindringens der Spermalosoiden in dos Ei. Giessen, 1854, in-4, fig. — Besttitigung des von Dr. Newport bei den Balrachiern und Dr. Barry bei den Kaninchen behaupleten Eindringens der Spermatosuiden in das Ei. Giessen, 1854, in-4. — G. Davaine, Sur la maladie du blé connue sous le nom de nielle, et sur les Helminthes qui occasionnent cette maladie (Compt. rend., 1855, vol. XLI, p. 435). — Ed. Claparède, Ueber EilAldung und llefruchtung bei den Semaloden ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1857, vol. IX, p. 106). — G. Walter, Beitriige sur Anatomie und Physiologie von Organis ornata (Zeitschr. f. wiss. Zool., 1856, vol. VIII, p. 1 63). — G. B. Wagner, Ueber Dicyema, Koll. ( Müller's Arch.. 1857, p. 354. — N. Lieberkühn, Beitriige sur Anatomie der Nematoden ( Müller’s Arch., 1855, p. 314).

(2) 1*. J. van Beneden, l.es Helminthes, Cestoïdes, etc. (Bull. Acad. Belg., vol. XVI et suiv.. ; Mem. Acad. Brux., 1850, vol. XVlt et suiv.) . — Sur les Cœnures ( Compt . rend., 1854, vol. XXXIX, p. 46). — A. Koiliker, Beitriige, etc., op. cil., p. 81. — C. Th. E. von Siebold, Ueber" den Generalionswechsel der Cestoden, etc. (Zeitschr. wiss. Zool., 1850, vol. Il, p. 198). — Ueber die Umwantllung von Dlasenwürmer in Bandwurmer ( Uebers . d. Arb. und Ver. d. schles. Ges. f. valerl. Kullur, 1852, p. 48). — Ueber die Ver-

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

observe chez les Trématodes les phénomènes de génération alternante les plus compliqués ; mais, comme aucune espèce encore n’a été suivie à travers toutes les phases successives de ses transformations, il reste des doutes sur l’enchaînement génésique de quelques-unes des formes qui paraissent faire partie du même cycle organique (1). C’est, de même, une question de savoir si les Grégarines et les Psorospermies sont ou non des formes embryonnaires, quoique des

wandlung des Cysticercus pisiformis in Tænia serrata (Z eitschr. f. wiss. Zool.,

1853, vol. IV, p. 400). — (Jeber die Verwandlung der Echinococcus-Brut in Tænien (ibid. , 1853, p. 409). — Ueber die Band und Blasonwürmer, nebst einer Einleilung über die Entslehung der Eingeweidewürmer. Leipzig, 1854, in-8, fig. (traduit dans les Ann. sc. nat., 4 e sér., 1855, vol. IV). — Th. H. Huxley, Onlhe Anatomy and Development o/'Echinococcus veterinorum (Ann. and Mag. Nat. Ilist., 2* sér., voi. XIV, p. 379). — Fr. Kücheinmeister, Ueber die Umwandlung der Finnen (Cyslicerci) in llandwürmer (Tæniæ) ( Prag . Vierteljahrsschr. , 1852, p. 106). — Extrait d’une lettre sur des expériences relatives à la transmission des Vers intestinaux chez l'espèce humaine [Ann. sc. nat., 4 e sér., 1855, vol. III). — Cas de transformation de Cysticerques cellulaires en Tænia solium dans l’organisme humain ( Compt . rend.,

1854, vol. 39, p. 1180). — R. G. YVagener, Die Enlwickelung der Ces loden. Bonn, 1855, 1 vol. in-4, iig. — Helminthologische Hemerkungen (Z eitschr. f. wiss. Zool., 1857, vol. IX, p. 73). — G. Meissner, Zur Entwickelungsgeschichle und Anatomie ier Bandwürmer ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1854, vol. V, p. 380). — K. Leuckart, Erziehung des Cysticercus fasciolaris aus den Eiern der Tænia crassicollis ( Zeitschr f. wiss. Zool., 1854, vol. VI, p. 139). — Milne Edwards, Nouvelles expériences sur la transmission et les métamorphoses de Vers intestinaux, et A. Valenciennes, Remarques au sujet de la précédente communication (Compt. rend., 1855, vol. XL, p. 997). — Lettre relative à de nouvelles expériences sur le développement des Vers intestinaux, (Ann. sc. nat., 4* sér., 1855, vol. 111). — Die Blascnbandwürmer und ihre Enlwickelung ( Zeitschr . im Beilrag. sur Kennlniss der Cysticercus leber.) Giessen, 1850, in-4. — H. Aubert, Ueber Gryporhynchus pusillus, eine freie Cestoden Anime ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1856, vol. VIII, p. 274).

(1) Al. von Nordmann, Alicrographische Beitrüge zur Nalurgeschischle der wirbellosen Tlûére. Berlin, 1832, in-4, fig. — L. Bojanus, Z erkarien und ihr Fundorl (Isis, 1818, vol. IV, p. 729). — Enthelminthica (Isis, 1821, p. 162). — Carus, Beobachlungen über einen merkwiirdigen Eingeweidewurm, Leucochloridium paradoxum (IVoea Acta Acad. nat. cur., vol. XVU, p. 85). — G, Th. E. von Siebold, Helminthologische Beitrüge (Wiegman’s Arch., 1835, vol. I, p. 45). — Ueber die Coujugaiion des Diplozoon paradoxum, etc, ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1851, vol. III, p. 62). — Gyrodactylus, ein ammendes Wesen ( Zeitschr . f. wiss. Zool., 1849, vol. I, p. 347). — J. Steenstrup, Generalionswechsel, etc., op. cil. —Th. llilharz, Ein Beilrag zur llelminlhographia Humana (Zeitschr. f. wiss. Zool., 1852, vol. IV, p. 59). — L. Agassiz, Zoologinal Notes, etc. (Amer. Journ. Sc. and Arts, 1852, vol. XIII, p. 425). — K.E. von Haer, Bcih üge zur Kennlniss der niederen Thiere (Nova Acta nat. cur., 1827, vol XIII). — II. Auber, Ueber das Wassergefass-syslem, die Geschlcchlsverhiil-

DE L’ESPÈCE

recherches récentes rendent probable l’affirmative (1). Le développement des Annélides, tels qu’on les circonscrit de nos jours, présente une grande variété (2). Quelques-uns, dans leurs métamorphoses, ressemblent davantage aux Nématoïdes ; d’autres, au contraire, les Sangsues par exemple, se rapprochent plus du type des Trématodes. Les Siponcu-

nisse, die Eibildung und die Entivickelung von Aspidogaster conchicola (Zeitschrf. wiss. Zool., 1855, vol. VI, p. 349). — Jos. Leidy, Description ofiwo neso Spccies of Distoma, wilh the partial History of one of them ( Journ . Acad. Nat. Sc. Phil., 1850, vol. I, p. 301, fig.). — A. de Lavalettc, Symbolæ ad Trematodum evolulionis historiam (diss. inaug.) Berolini, 1855, in-4. — Th. de Philippi, Mémoire pour servir à l’histoire génétique des Trématodes (Ann. sc. nat., 4 e sér., 1854, vol. II). — Quelques nouvelles observations sur les larves des Trématodes (/lnn. sc. nat., 4 e sér., 1856, vol. VI). — Ed. Claparède, Ueber die Kalkkôrperchen der Trematoden und die Gatlung Tetracotyle ( Zeilschr. f. wiss. Zool., 1857, vol. IX, p. 99).

(1) J. Millier, Ueber eme eigenthümliche krankhafte parasitische Bildung, etc. ( Müller’s Arch., 1841, p. 477). — Ueber parasitische Bildungen, etc. (Mülter's Arch., 1842, p. 193). — L. Dufour, Note sur la Grégarine, etc. (4nn. sc. nat, 1828, vol. XIII, p. 366, fig. ; — ibid., 2* sér., 1837, vol. VII, p. 10). — C. Th.(Ed. von Sieboîd, Beitrttge, etc., op. cil., 56-71. — C. Ed. Hammcrschmidt, Helminthologisehe BeitrUge (I sis, 1838, p. 351). — A. Kolliker, Die Lehre von der thierischen Zelle, etc. '(Zeilschr. wiss. Botanik, 1845, vol. I, p. 46 et 97). — BeitrUge sur Kenntniss niederer Thiere (Zeilschr. f. wiss. Zool., 1848, vol. I, p. 1). — J. Henle (Ueber die Gatlung Gregarma (Mülter’s Arch., 1845, p. 369). — Al. v. Frantzius, Observationes quœdam de Gregarinis. Berolini, 1846. — F. Stein, Ueber die Natur der Gregarinen (Muller' s Arch., 1848, p. 182, fig.). — C. Bruch, Einige Bemerkungen über die Gregarinen (Zeilschr. f. wiss. Zool., 1850, vol. II, p. 110). — F. Leydig, Ueber Psorospermien und Gregarinen ( Müller’s Arch., 1851, p. 221). — Jos. Lcidy, On the Organisation of the genus Gregarina (Trans. .dîner. Phil. Soc., 1851, vol. X, p. 233). — Some Observations on Ncmatoidea imperfecta and Descriptions of three parasitic Infusoria (Trans. Amer. Phil. Soc., 1851, vol. X, p. 241). — N. Lieberkiihn Ueber die Psorospermien ( Müller’s Arch., 1854, p. 1). — A. Schmidt, Beitrag sur Kenntniss der Gregarinen (Âbh. /.eut. Gesell., 1854). — Ueber parasitische Schltiuche auf einigen Inscklcnlarven (Miiller’s Arch., 1856, p. 494. — Cump., note 1, p. 122).

(2) E. H. Weber, Ueber die Entwickelung ton Hirudo medicinalis (MeckcTs Arch., 1828, p. 366, fig.). — Fil. de Filippi, Sopra l’anatomia e T) sviluppo delle Clepsine. Pavia, 1839, in-8, fig. — J. Loven, Bcobachlungen über die Metasnorphose einer Annelide (K. Vct. Akad. Uandl., 1840; — IViegmann’s Arch., 1842, vol. I, p. 302). — A. S. Oersted, Ueber die Entwickelung der Jungen bei einer Annelide, etc. (Wicgmann’s Arch., 1845, vol. I, p. 20). — M. Sars, Zur Enlwickehing der Anneliden ( U'Tepmaim's Arch., 1845, vol. I, p. 11). — A. Menge, Zur Hoth-Würmer Gatlung Euaxes (Wicgmann’s Arch., 1845, vol. 1, p. 24). — A. E. Crube, Zur Anatomie und Entwickelung der Kiemenwürmer. Kônigsberg, 1838, in-4. — Aclinien, Echinodermcn und Würmer, etc. Kônigsberg, 1843, in-4, fig. — Untersuchunge » über die Entwickelung der Clepsine. Dorpat, 1844. — U. Milne Edwards, Observations

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX. 125

loïdes montrent des rapports bien plus étroits avec les Annélides qu’avec les Holothuries (1).

La classe des Crustacés, au contraire de la précédente, peut être regardée comme une des mieux connues, pour ce qui est de ses caractères zoologiques et de l’évolution embryonnaire. Le seul point qui soit encore en question, c’est s’il faut y rattacher les Rotifères (2). Dans leur mode de désur le développement des Annélides (Ann. sc. nal., 3 e scr., 1845, vol. III, p. 145). — H. Koch, Einige Wtirte zur Entwickelungsgeschichte der Eunice, mil einem Nachworle von Külliker (N. üenkschr. Schw. Gesell., 1847, vol. VIII, in-4, fig.). — A. de Qualrefages, Mémoire sur l'embryogénie des Annélides (Annales sc. nal., 3" sér., 1848, vol. X, p. 153, fig.). — E. Desor, On lhe Embryology , etc., déjà cité. — Jos. Leidy, Descriptions of some American Annelida abranchia ( Journ . Acad. Nal. Sc. Phil., 1850, vol. Il, p. 43, fig.). Le Lumbricillus contenait plusieurs milliers de gros Leucophrys. — Le cas rapporté par Leidy me semble indiquer l’éclosion d'Opalina sortant des œufs des Lumbricillus, plutdt que la présence de Leucophrys parasites. — M. Schultzc, Ueber die Forlpflansung durch Theilung bei Nais proboscidca ( Wiegmann’s Arch., 1849, vol. I, p. 293 ; — ibid., 1852, vol. 1, p. 3). — Zoologische Ekizzcn, Arenicola pisca'.orum (Zeitschr. f. wiss. Zool., 1852, vol. IV, p. 192). — Abh. nal. Geseltsch. zu Halle, vol. IV. — W. Busch, Ileob. itber Anal, und Entw., déjà cité p. 55. — M. Muller, Observaliones analomicœ de Vermibus quibusdam matitimis. Berlin, 1852, iu-4 ( Muller' s Arch-, 1855, p. 323). — Ueber die weilere Enlwickelung von Mesotrocha sexoculata (Miiller's Arch., 1855, p. 1).

— Ueber Sacconereis helgolandica ( Mütler’s Arch., 1855, p. 13). — A. Krohn, Ueber die Erschcinungen bei der Forlpflanzung von Syllis (Wiegmann's Arch., 1852, vo). I, p. 60). — Ueber die SprOsslinge von Autolytus prolifer, Cr. (Miiller's Arch., 1855, p. 489). — 11. Leuckart, Ueber die ungeschlechtliche Vermehrung bei Nais proboscidca (Wiegmann's Arch., 1851, p. 134).

— Ueber die Jugendzustitnde einiger Anncliden ( Wiegmann's Arch., 1855, vol. I, p. 63). — A. de Qualrefages, Mémoire sur la génération alternante des syllis (Ann. sc. nal., 4 e sér., 1854, vol. II). — Note sur le développement des spermatozoïdes chez la Torrea vitrea (Ann. sc. «al., 4 e sér., 1854, vol. II).

— Ew. Hcring, Zur Anatomie wul Physiologie der Generalions-organe des Itegensu’urms ^ Zeitschr . f. wiss. Zool., 1850, vol. VIII, p. 400). — Pli. H. Cosse, Tenby, déjà cité. — J. d’Udekem, Nouvelle classification des Annélides Séligènes abranclies (Bull. Acad. Brvx., 1855, vol. Il, p. 533).

(1) W. Peters, Ueber die Forlpllanzungsorgane des Sipunculus (Miiller's Arch., 1850, p. 382). — M Millier, Ueber eine den Sipuneuliden verwandte Wurmlarve (Müller's Arch., 1850, p. 439). — A. Krohn, Ueber die Larve des Sipunculus nudus, etc. (Miiller’s Arch., 1851, p. 368). — L. Schmarda, Zur Nalurgeschichle der Adria Bonellia viridis (üenkschr. Wien. Akad., 1852, vol. IV, p. 117, fig.).

(2) C. J. Ehrenberg, Die Infusionslhierchen, etc., déjà cité. — J. Dalrymple, Description of an Infusory Animalcule allied lo lhe genus Notomma (Philos. Trans., 1844, t. I, p. 331). — H. Naegeli, Beilrdge zur Ëntwickelungsgeschichle der Haderlhiere (dissert, inaug.). Zurich, 1852, in-8, fig. — Fr. Leidig, Ueber den Bau und die systematische Stellung der Raderthicre (Zeitschr. f. wiss. Zool. , 1 854, vol. VI, p. 1) . — Zur Anatomie und Entwickclungs -

DE L’ESPtCE.

veloppement, les Lernéens, les Entomostracés propres et les Cirripèdes sont les uns avec les autres en pleine conformité, tandis qu’ils différent des Crustacés supérieurs. Cette conformité (1) est un fait du plus haut intérêt, car la situation inférieure qu’occupent les Entomostracés, dans la classe des Crustacés, est en concordance remarquable avec l’antériorité de leur apparition dans les temps géologiques. Au contraire, la forme des Cirripèdes adultes (2) et celle des

geschichte der Lacinularia social» ('Zeitschr. f. wiss. Zoo/., 1852, vol. III, p. 452).

— Ueber Hydatina scata (J füller’s Arch., 1857, p. 404). — F. Cohn, Ueber die Forlpflansung der Riiderthiere ('Zeitschr. f. wiss. Zoo/., 1855, vol. VII, p. A31). — Th. H. Huxley, Lacinularia socialis (Trans. M. Soc , Micr. Journ., 1852, p. 12). — W. C. Williamson, On the Anatomy of Medicerta ringcns (Quart. Micr. Journ., 1852, p. 1). — il. Burmeisler, Noch einige Worle über die systematische Stellung der Riiderthiere ('Zeitschr. f. wiss. Zoo/., 1856, vol. VIII, p. 152). — Th. H. Gosse, On the Structure, Functions and Homologies of the manducatory Organs in the class Hotifera (Phil. Trans. Roy. Soc., London, 1856, t. Il, p. /i 1 9).

(1) L. Jurine, Histoire des Monocles gui se trouvent aux environs de Genève. Paris, 1806, in-4, fig. — H. Milne Edwards, dans Cuvier, liègns animal, édition illustrée, Crustacés, figure du jeune Limulus. — E. G. Zaddach, lie Apodis cancriformis anatomia et hisloria evolutionis. Bonn, 1841, in-â,»fig.

— Al. von Nordmann, Microgr. Beitr , déjà cité. — Fr. Leydig, Ueber Argulus foliaceus, ein Bcitrag sur Anatomie, Histologie und Ènlwickelungsgeschichle dieses Thiercs ( 'Zeitschr . f. wiss. Zoo/. , 1850, vol. II, p 323). — Ueber Artemia salinaund Branchipus stagnalis (Zeitschr. f. wiss. Zoo/., 1851, vol. III, p. 280). — P. J. Van Bencden, Itecherches sur quelques Crustacés inférieurs (Ann. sc. nat., 3' sér., 1851, vol. XVI, p. 71). — Mémoire sur le développement cl l’organisation des Nicothocs (Ann. sc. nat., 3* sér., vol. XIII, p. 354). — C. Gegenbauer, Ueber die Entwickeluny der Sagitta (Abh. d. naturf. Gesells. su Halle, 1856, in-4, vol. IV, p. 1). — A. Krohn, Anatomischphysiologische Beobachtungen iiber die Sagitla copunctata. Hambourg, 1844.

— Nachtragliche Bemerkungen, etc. ( Millier’ s Arch., 1853, p. 266). — Wilms, Observationes de Sagitta mare Germanicum circa insulam Helgoland incolente. Berlin, 1846. — Th. H. Huxley, Observations on the genus Sagitta (Hep. Brit. Ass., 1851, p. 77). — Ch. Darwin, Obscrvationson the Structure and Propagation of the genus Sagitta ( Ann. and. Mag. Nat. Hist., 1844, vol- XIII, p. 1). W. Busch, Beobachtungen, — déjà cité. — J. Barrandc, Syst. sil., déjà cité (contient les premières observations sur les transformations des Trilobites).

(2) W. V. Thompson, Z oological Researches and illustrations, or Naturel History of nonriescript or imperfeetly known Animais. Cork, 1828-34, in-8, fig. — H. Burmeister, Beitriige sur Naturgeschichte der Rankcnfiisser (Cirripèdes). Berlin, 1834, 1 vol. in-4, fig. — J. Coldstream, art. Cirropoda, in Todd’s Cyclopœdia. Londres, 1836, vol. 1, p. 683. — H. D. S. Goodsir, On the Sexes, Organs of Reproduction, and Development of Cirripeds (Edinb. new Phil. Journ, 1843, No. 35, p. 88, fig.). — G. J. Martin Saint-Ange, Mémoire sur l’organisalion des Cirripèdes et sur leurs rapports naturels avec les animaux articulés (Ann. sc. nat., 1831, p. 366, fig.). — Ch. Darwin, A Monograph of

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

Lernéens ne permettraient guère de soupçonner leur proche parenté. Celle-ci a d’ailleurs été méconnue jusqu’à ce que l’embryologie eût révélé la véritable place de ces animaux parmi les Crustacés. Le rang plus élevé des Crustacés supérieurs (1) se manifeste pleinement dans leur développement ; et peu de types, dans leurs premières phases, montrent plus que les Brachyures une ressemblance directe avec les membres inférieurs de la classe.

Dans la classe des Insectes, je comprends les Myriopodes, les Arachnoïdes et les vrais Insectes; car, suivant les vues exprimées plus haut, ces groupes naturels ne sont que la même combinaison de systèmes organiques, à des degrés divers de complication. Ils doivent, par conséquent, être considérés comme les ordres naturels d’une seule et même classe. Quoique parfaitement étudiée au point de vue zoologique et anatomique, ainsi qu’à celui des mœurs de ses représentants, cette classe a besoin d’être encore beaucoup et patiemment observée. L’évolution embryonnaire y est en effet bien moins connue que les métamorphoses ultérieures (2). Le

the sul clans Cirripedia, wilh Figures of ail lhe Species. Londres, 1851,

2 vol. in-8 (Ray Society). — Spence Baie, On lhe Development of the Cirripedia(Ann. and Mag. Nat. Hisl., 2-' sér., vol. VIII, p. 324). — Th. H. Cosse, Tenby, déjà cité.

(1) H. Rathke, Untersuchungen liber dieBildung und Enhrickelung des Flusskrebses. Leipzig, 1829, 1 vol. in-fol., lig. — Beitrage sur Fauna Norveg ica (Nova Acla Acad. Leop, Cœs., vol. XX). — Beitrage sur vergleichenden Anatomie und Physiologie, Rcisebemcrkungen aus Skandinavlen. Dantzig, 1842, ' in-4. — Lur Morphologie, Rcisebenwrkungen aus Tuurien. Riga et Leipzig, 1837, in-4, fig. — L’eber die Enhrickelung der Decapoden ( Miiller's Arch., 1836, p. 187; Wiegmann's Arch., 1840, t. I, p. 241). — Beobachtungen und Belrachlungen iiber die Enhrickelung der Mysis vulgaris ( Wiegmann’s Arch., 1839, p. 195, fig.). — M. P. ErdI, Enhrickelung des Ilummereies. Munich, 1843, in-4, fig. — H. Mil ni' Edwards, Sur la génération des Crustacés (Anii.sc. nat ., 1829). — Observations sur les changements de forme que divers Crustacés éprouvent dans le jeune dge (Ami. sc.not., 2" sér., vol. ill, p. 321). — L. Agassiz, Zoological Notes, etc. (Amer. Jour ». Sc. and Arts, 1852, p. 426). — Recent Researclies , etc. (Amer. Jour h. Sc. and Arts, 1852, vol. XVI, p. 136). — Sp. Baie, On lhe British Edriophthalma (Report Itrit. Assoe., 1855, p. 18). — Lercboullet, Résumé, etc. (Ann. sc. nat., 4 e sér., 1854, vol. 1. — Th. Grosso, Tenby, déjà cite.

• (2) M. Herold, Enltcickelungsgeschichle der Schmelterlinge, etc. Casse! et

Marbourg, 1815, in-4, lig. — Disquisitümes de animalium verlebris carentium in oro format ione. Francfort s.-M., 1835, in-fol., fig.). — H. Rathke, Entiricke-

type des Arachnoïdes comprend deux groupes : celui des Acares et celui des Arachnoïdes propres, qui, dans leur classe, correspondent respectivement aux Entomoslracés et aux Crustacés supérieurs. L’embryon des Acares ressemble un peu à celui des Entomoslracés, tandis que celui des vraies Araignées (1) rappelle la métamorphose des Crustacés supé-

lungsgeschichte der Blatta germanica ( Meckel's Arch ., 1832). — Zur Entwickelungsgeschichtc der Maulwurfsgrille (Gryllotalpa vulgaris) ( Müller's Arch.,

1866, p. 27). — A. Kolliker, Observaliones de prima Insectorum genest. Zurich, 1862, in-6, fig. — G. Zartdacli, Die Enticickelung des Phryganiden Eies. Berlin, 1856, 1 vol. in-6. — R. Leuckart, Ueber die Micropyle und den feinorn Bau der Schalenhaul bei den Insekteneiern (Müller's Arch., 1855, p. 90). — G. Newport, On the Organe of Reproduction and lhe Development of Myriapoda ( Phil . Trans. B. Soc., 1862, t. II, p. 99). — On the Analomy and Development of Meloe (.4nn. and Mag. Nat. Ilist., 1868, vol. I, p. 377 ; vol. 11, p. 165). — Fr. Slein, Verg/eichende Anatomie und Physiologie der Insecten; Iste Monogr., Die weiblichcn Geschlechtsorgane der Kafer. Berlin,

1867, in-fol., fig.). — C. Th. E. von Siebold, Ueber die Forlpftanzung von Psyché (Z eitschr. f. lofas. Zoo/., 1868, vol. I, p. 93). — Wahre Parthenogenesis bei Schmelterlingen und Bienen (Ein Beitrag sur Fortpflanzungsgeschichte der Thiere).. Leipzig, 1856, in-8 ; voy. aussi Ann. sc. nal., 4 e sér., 1856, vol. VI). — Fr. Leydig, Einige Bcmerkungen Hier die Enlwickelung der Blaltlause (Z eitschr. f. wiss. Zoo/., 1850, vol. II, p. 62). — H. Meyer, Ueber die Enticickelung des Feltkorpers, der Trachéen und der keimbereitenden Geschlechtslheile bei den Lepidopteren {'/.eitschr. f. wiss. Zoo/., 1869, vol. I). — W, I. Burnelt Besearchcs on the Development of viviparous Aphides (Amer. Journ- Sc. ami Arts, 1856, vol. XVII, p. 62 et 261). — Fabre, Recherches sur l'anatomie des organes reproducteurs et sur le développement des Myriapodes (Ann. sc. nal., 6" sér., 1855, vol. III). — Étude sur l’instinct et les métamorphoses des Sphégiens (Ann. sc. nal., 6 e sér., 1850, vol. VI). — Henry de Saussure, Nouvelles Considérations sur la nidification des Guêpes (Ann. sc. nat., 6* sér., 1855, vol. III). — C. Scmper, Ueber die Bildung der Fliigel, Schuppen und liaare bei den Lepidopteren (Z eitschr , f. tviss. Zoo/., 1856, vol. V I i I , p. 326). — B. Leuckart, Die Fortpjlanzung und Enlwickelung der Pupiparen (Abh. d. naturf. Gesellsch. zu Halte, 1858, vol. IV, p. 165). Voyez, pour les métamorphoses des Insectes après l'éclosion de la larve, les travaux de Réaumur et de Rœsel, et les traités généraux d'entomologie. Les métamorphoses des Insectes des États-Unis sont minutieusement décrites dans llarris’s Rei>ort, cité précédemment.

(1) M. Herold, De generalione Arancarum in ovo. Marburgi, 1826, in-fol. , fig. — H. Rathke, Ueber die Enlwickelung des Scorpions (Zur Morphologie, déjà cité). — P. J. van Bcneden, Recherches sur l'histoire naturelle et le développement de l’Atax ypsilophora (Mcm. Acad. Brute., 1350, vol. XXIV, p. 666). — W. H. von Witlich, Observaliones quœdam de Aranearum ex ovo evolutione (diss. inaug.). Halæ Saxonum, 1865. — Die Enlslehung des Arachnideneies im Eierstock (Müller's Arch., 1869, p. 113). — J. V. Carus, Ueber die Enticickelung des Spin nencies (Zeilschr. f. wiss. Zoo/., 1850, vol. II, p. 97). — F. Dujardin, Mémoire sur des Acariens sans bouche, dont on a fait le genre Hypoptis, et gui sont le premier dge des Gamases (Ann. sc. nal..

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

rieurs. En se fondant sur cette analogie des jeunes, on a dernièrement rapporté au groupe des Arachnoïdes quelques animaux qu’on considérait autrefois comme des Vers (1); mais la limite entre les Mites aquatiques et les Pycnogonums n’a pas encore été bien définie.

Toutes les classes de l’embranchement des Vertébrés ont été largement étudiées, et, en ce qui concerne les types principaux, les particularités générales du développement sont assez bien connues. Il reste encore beaucoup à faire, cependant, pour déterminer les moindres modifications qui puissent caractériser des familles différentes. Il pourrait même arriver que des investigations ultérieures modifiassent grandement la classification générale de tout cet embranchement. La classe des Poissons (2) peut exiger une subdivision, car

1849, vol. XII, p. 243 et 259). — E. Blanchard, Observations relatives à la génération des Arachnides ( Comptes rendus, 1857, vol. XLIV, p. 741). — A. Scheuter, Einiges über Milieu ( Arch . f. Nalurg., 1857, vol. I, p. 104).

(1) Jos. Kaufmann, Ueber die Enlwickelung und zoologische Stellung der Tardigraden (Zeitschr. f. wisss. Zool., 1851, vol. 111, p. 220). — P. J. van Beneden, Recherches sur l'organisation et le développement des Lingualules (Pentastoma) ( Mém . Acad. Brux. , vol. XV, I, p. 188). — T. D. Schubert, Ueber Enlwickelung von Pentastomum tænioides (Z eilschr. f. tviss. Zool., 1852, vol. II, p. 117). — E. Wilson, Researches into the Structure and Development of anewly discovered Parasitic Animalcule of the Human Skin(Phil. Trans. R. Soc. 1844, p. 305). — C. Semper, Zur Anatomie und Entmckelungsgeschichle der Galtung Myzostoma ( Zeitschr . f. tviss. Zool., 1857, vol. IX, p. 48).

(2) G. Forchammer, De Blennii vivipari formatione et evolulione observationes. Kiel, 1819, in-4. — J. L. Prévost, De la génération chez le Séchot (Cottus Gobio) (Mém. Soc. Phys, et Hist. Nat. Genève, vol. IV, 1828, in-4). — H. Rathke, Beilrtlge zur Geschichte der Thierwell. Halle, 1820-27, 4 vol. 4lo, fig. — Abhandlungen zur Bildungs und Entwickelungsgeschichte des Menschen und der Thiere. Leipzig, 1832-33, 2 vol. in-4, fig. — Ueber das Ei einiger Lachsarlen ( Meckel . Archiv., 1832, p. 392). — K. E. v. Baer, Untersuchungen über die Entwickelungsgeschichte der Fische. Leipzig, 1835, in-4. — Enlw. der Thiere, déjà cité, vol. II. — J. Davy, On the development of the Torpédo (Philos. Trans. R. Soc., 1834). — Some observations on the ova on the Salmon, in relation to the distribution of specics (Trans. Roy. Soc. London, 1856, I, p. 21). — Fil. de Filippi, Memoria sullo sviluppo del Gobius fluviatilis (Annal, medic., Milano, 1841, in-8, fig.). — M. Rusconi, Sopra la fecondalione artificiale nei pesci (Giorn. dette sc. med.-chir. Pavia, vol. IX). — Lettre sur les changements que les œufs de Poissons éprouvent avant qu’ils aient pris la forme d’embryon (Ann. sc. nat., 2 e série, vol. V. — L. Agassiz, Histoire naturelle des Poissons d’eau douce de l'Europe centrale, vol. 1. Embryologie des Salmonés, par C. Vogt. Neuchâtel. 1842, in-8, atlas,

agassiz. 9

DE L’ESPÈCE

le développement des Plagiostomes diffère grandement de celui des poissons ordinaires; la différence qui distingue les Ganoïdes de ces derniers me paraît être aussi d’un ordre supérieur à celui qu’on lui a assigné jusqu’à présent. Telle qu’elle est établie aujourd’hui dans nos systèmes, la classe des Poissons est certainement la plus hétérogène de tout l’embranchement. Les divergences des auteurs, quant aux limites et à la valeur respective des ordres et des familles de cette classe, peuvent être attribuées, en partie, à ce que la classe elle-même n’est pas naturellement circon-

in-fol. Ces recherches ayant été faites sous ma direction et ma surveillance, comparez la préface de cet ouvrage avec la lettre publiée dans Z eitschr. f. wiss. Zoo/., 1855, vol. VII, p. 328. — J. Muller, Ueber den glalten H ai des Aristolelet, und über die Vcrschieienheden unter den Haiflschen und Hochen in der Entwickelung des Mes. Berlin, 1842, in-fol., fig. — F. S. Leuckart, Untersucltungen iiber die dussent h'iemcn der Embryonen von Rochen und llaien. Stuttgard, 1836, in-8, lig. — Fr. Leydig, Beilrüge sur microscopischen Anatomie und Enlwickelungsgeschichle der Rochen und Haie. Leipzig, 1852, 1 vol. in-8, fig. — C. G. Carus, Erlliulerungstafeln, etc., n° 3. Leipzig, 1831, in-fol. , fig. — J. Shaw, Account of some Expérimenté and Observations on the l'arr, etc. (Edinb. New Phii. Journ., vol. XXI, p. 99). — On the Development and Growlh of the Fry of the Salmon, etc., ibid., vol. XXIV, p. 165. (ilnn. Nat. Hist ., I, p. 75, et IV, p. 352.) — W. Yarrel, Growlh of the Salmon in Fresh Water (Ann. and Mag. Nat. Hist., IV, p. 334).— G. L. Duvernoy, Observations pour servir à la connaissance du développement de la Péciliede Surinam (Ann. sc. nat., 1844, 3* sér., I., p. 313, fig.). — P. Coste, Histoire générale et particulière du développement des corps organises. Paris, 1847-53, in-4., ail., 2° fasc., Épinoche. — Arm. de Quatrefages, Mémoire sur les Embryons des Syngnathes (Ann. sc. nat., 2' sér., vol. XVIII, p. 193, fig.). — Sur le développement embryonnaire des Blennies, etc. (Comptes rendus, vol. XVII, p. 32). — A. Valenciennes, Anableps in Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des Poissons. Paris, 1846, vol. XVIII, p. 245. — J. Wyman, Observations on the Development of Anableps Gronovii (Journ. Bosl. Nat. Hist., 1854, vol. VI, fig.). — On some peculiar modes of gestation observed in certain animais of Guiana (Proc. Bost. Nat. Hist., 1857). — L. Agassiz, Extraordinary Fishes front California, conslituting a new family (Amer. Journ. Sc. and A., 1853, vol. XVI, p. 380). — Embryology o/’l.ophius Americanus (Proc. Am. Ac. 1855). — A. Lereboullet, Recherches sur l'Anatomie des organes génitaux des animaux vertébrés (N. Acl. Ac. Nat. Cur., vol. XXIII, p. 1). — Résumé d'un travail d’embryologie comparée sur le développement du Brochet, de la Perche et de l’Écrevisse (Ann. sc. nat., 4 e sér., 1854, vol. 1). — H. Aubert, Beilrüge tur Entwickclungsgeschichte der Fische (Ze itschr. f wiss. Zoo/., 1853, vol. V, p. 94, 1855, vol VII). — G. Valentin, Zur Enlwickelungsgeschichle der Fische (Zeitschr. f. wiss. Z ool., 1850, vol. II, p. 267). — H. Leuckart, Ueber die allmahlige Bildung der Korpergcs/alt bei den Rochen (Zeitschr. f. wiss. Z ool., 1850, vol. Il, p. 258). — E. ilaeckel, Ueber die Eierder Scomberesoces (Huiler’ s Arcli., 1855, p. 23). — A. Hetzius,

métamorphoses des animaux.

scrite (I). Depuis quelques années, je m’occupe d’une manière suivie des métamorphoses des poissons, en vue de préciser leurs affinités, et déjà j’ai recueilli sur ce sujet une masse considérable de faits. Mais, comme je ne les ai point encore publiés, je me borne ici à mentionner un résultat général : c’est que, comme certains Batraciens, les poissons osseux subissent des métamorphoses très-considérables. Nonseulement la forme et la disposition des nageoires se modifient, mais aussi la forme générale du corps et la configuration du crâne et des mâchoires, sans parler des transformations des organes intérieurs. Quant aux Reptiles, il est dorénavant certain que les Amphibies et les Reptiles propres, si long-

Uebnr rien grossen Fellropfen in den Eiem der Fische ( Müller's Arch., 1855, p. 34). — C. Bruch, Ueber die Micropyle der Fische ( Zeitschr . f. tviss. Zool.,

1855, vol. Vil, p. 172). — K. B. Reichert, Ueber die Micropyle der Fischeier, etc. (Müller's Arch., 1856, p. 83). — Ueber die Muller- Wolffschen Kdrper bei Fischembryoncn, etc. ( Miiller’s Arch., 1856, p. 125). — Der Narh • ungsdotter des Hechteies eine contractile Substanz (Miiller’s Arch., 1857, p.46). — B. Dowler, Discoveryof a Viviparous Fish in Louisiana (Amer. Journ. Sc. and Arts, 1855, vol. XIX, p. 133, remarques de L. Agassiz, p. 136). — M. Schultze, Note sur le développement des Pétromysons ( Comptes rendus,

1856, p. 336, Ann. and Mag. Nat. Hist. 2 e sér., 1856, vol. XVII, p. 443). — A. Miiller, Ueber die Entwickelung der Ncunaugen (Uüller's Arch., 1856, p. 303 ou dans Ann. sc. nat., 4 e sér., 1856, vol. V. Les faits singuliers signalés dans ce mémoire portent è croire que l’AmpAtoætti représente l’état primitif de quelque Cyclostome marin). — Du Fossé, De l'hermaphrodisme chez certains vertébrés (Ann. sc. nat., 4* sér., 1856, vol. V).

(1) Ce n'est pas dans la petitesse des œufs et dans la connexion intime contractée avec la mère par l’embryon de quelques-uns d’entre eux, que consistent les particularités principales du développement des plagiostomes ; c’est bien plutôt dans le mode de développement lui-même. Malgré l’absence d’amnios et d'allantoïde, ce mode est, dans les premières phases, très-analogue à celui des vrais reptiles et des poissons, surtout en ce qui concerne la formation du système vasculaire, la présence d’un sinus terminons, etc. De plus, il y a entre les plagiostomes et les poissons osseux les différences anatomiques les plus sensibles, et, enfin, il faut remarquer que, chez les raies et les requins, comme chez les vertébrés supérieurs, l’ovaire est séparé de l’oviducte et les œufs sont saisis par une large trompe de Kallope. 11 est donc difficile de regarder les Plagiostomes simplement comme un ordre de la classe des poissons ; c’est ce que prouve déjà le fait qu’ils ne forment point avec les autres espèces de celte classe une série naturelle, le propose, par conséquent, le nom de Sélaciens pour une nouvelle classe distincte qui comprendra les Requins, les Raies et les Chimères. Des investigations récentes sur les cycloslomes montrent qu’eux aussi différent considérablement des poissons proprement dits et devraient en être séparés, comme formant une classe à part à laquelle conviendrait fort bien le nom de Myzoxtes.

DE L’ESPÈCE

temps réunis en une classe unique, constituent positivement deux classes distinctes. Essentiellement, l’évolution des Reptiles vrais est en étroite conformité avec celle des Oiseaux (1) , tandis que l’évolution des Amphibies ressemble davantage à celle des Poissons proprement dits (2). Dans aucune classe, des recherches embryologiques s’étendant à une certaine variété de familles ne sont plus nécessaires que dans la classe

(1) G. W. Volkmann, De Colubris n atricis generatione. Lipsiæ, 183*, in-4. — H. Rathke, Enlwickelungsgeschichte der Naller (Coluber natrix), Konigsberg, 1839, in-4, fig. — Untersuchungen über die Aortenwurfeln ( Denkschr . Ak. TVtes. Vieil, 1857, vol. XIII). — D. Weinland, Ueber den Eizahn der Ringelmalter (Wurt. Nat. Hist. Jahreshefle, 1855). — F. Tiedmano, Ueber das Ei und den Fœtus der SchildkrSle. Heidelberg, 1828, in-4, fig. — K. E. v. Baer, BeilrUge sur Enlwickelungsgeschichte der SchildkrOten (Muller’ s Archiv., 1834, p. 544). — H. Rathke, Ueber die Entwickelung der SchildkrOten. Brunswick, 1848, in-4, fig.

(2) A. J. Rosel v. Rosenhof, Hisloria naturalis flanarum noslratium, etc. Norimb., 1758, in-fol., flg. — A. F. Funk, De Salamandres terrains vita, évolutions, formations, etc. Berlin, 1826, in-fol., [fig. — H. Rathke, Diss. de Salamandrarum corporibus adiposis eorumque evolulione. Berlin, 1818. — Ueber die Enlstehung und Entwickelung der Geschlechtstheile bei den Urodelen (N. Schr.Dantx Naturf. Ges. , 1820). — L. Steinheim, Die Entwickelung der FrOsche. Hambourg, 1820, in-8, fig. — J. Conr. van Hasselt, Dissert, exhibens Observationes de melamorphosi quarumdam partium fiance lemporariœ. Gœttingue, 1820, in-8. — J. L. Prévost et Lebert, Mémoire sur la formation des organes de la circulation et du sang dans les Batraciens (dnn. sc. nat., 3* sér., vol. I, p. 193). — M. Rusconi, Développement de la Grenouille commune, depuis le moment de sa naissance jusqu'à son état parfait. Milan, 1828, in-4, flg. — Amour sdes Salamandres aquatiques et développement du Têtard de ces Salamandres, etc. Milan, in-4, fig. — K. E. v. Baer, Die Métamorphosé des Eies der Balrachier vor der Erscheinung des Embryo, etc. ( Miiller's Archiv , 1834, p. 481). — Enlwickelungsgeschichte, etc., vol. Il, p. 280. — K. B. Reichert, Das Entwickclungsleben im Wirbelthierreich. Berlin, 1840, in-4, fig. — Vergleichende Enlwickelungsgeschichte des Kopfes der nackten Amphibien, etc. Konigsberg, 1838, in-4, fig. — Ueber den Furchungsprocess der Balrachier-Eier ( Muller’s Archiv, 1841, p. 523. — G. Vogt, Untersuchungen über die Entwickelungsgeschite der Geburshelferkrûte. Soleure, 1841, in-4, fig. — Quelques observations sur l’embryologie des Batraciens ( Ann.sc . n., 3 B sér., vol. II, p. 45). — R. Remak, Untersuchungen über die Entwickelung der Wirbelthiere. Berlin, 1855, in-fol. — G. Newport, On the Imprégnation ofthe Ooiuminlhe Amphibia ( Philos . Trans. R. Soc. 1851, 1, p. 169; 1853, II, p. 233; 1854, II, p. 229). — W. H. v. Wittich, BeilrUge zur morphologischen undhistologischen Entwickelung der Harn und Geschlechtswerkzeuge der nackten Amphibien (ZeUschr. f. wiss. Zool., 1852, vol. IV, p. 125). — D. Weinland, Ueber den Beutel/rosch (Muller’s Archiv, 1854, p. 449). — J. Wyman, Observations on Pipa Americana(Am. Jour. Sc. and Arts, 2' sér., 1854, vol. XVII, p. 369). — A. Thomas, Note sur la génération du Pélodyte ponctué (Ann. sc. nat., 4 e sér., vol. I).

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

des Oiseaux, quoique l’évolution de ces animaux soit peutêtre mieux connue que celle d’aucun autre type (I). Il n’est pas surprenant que les progrès récents de l’embryologie aient suggéré des classifications, essentiellement basées sur l’étude des phases du développement, dans lesquelles l’appréciation des caractères de structure occupe une place subordonnée. Il y a longtemps que j’ai fait remarquer comment, au point de vue de leur développement, les Batraciens se rapprochent des Poissons plus que des Reptiles écailleux. L’absence d’amnios et d’allantoïde est le trait commun qui les réunit, comme l’existence de ces enveloppes fœtales rapproche des Oiseaux les Reptiles proprement dits. Assignant à cescaractéres une valeur classique, M. Huxley a divisé récemment le type des Vertébrés en trois classes seulement : Mammifères, — Oiseaux et Reptiles, — Batraciens et Poissons. La classe des Mammifères (2)

(1) Chr. H, Pander, Diss. sistens historiam melamorphoseos quant ovum incubalum prioribus quinque diebus subit. Wirceb., 1817, in-8. — Ueilrdge zur Enlwickelungsgeschichte des Hühnchens im Eie. Wurzb., 1817, in-fol., fig. — K. E. v. Baer, Enlwickelungsgeschichte, etc., vol. I. — H. Dutrochet, Histoire de l’œuf des Oiseaux avant la ponte (Bull. Soc. philom., 1819, p. 38). — John Hunier, Observations on Animal Development , edited , and bis Illustrations of lhat process in the Bird, described by R. Owen. London, 1841, in-fol., fig. — J. L. Prévost, Mémoire sur le développement du poulet dans l'œuf(Ann. sc. nat., 1827, vol. XII, p. 415). — J. L. Prévost et Lebert, Mémoires sur la formation des organes de la circulation et du sang dans l'embryon du poulet (Ann. sc. nat., 3° sér., t. I, p. 265 ; t. Il, p. 222, fig.; t. III, p. 96). — A. Baudrimont et G. J. Martin Saint-Ange, Recherches anatomiques et physiologiques sur le développement du fœtus. Paris, 1850, in-4. — H.Meckel v. Hemsbach, Die Bildung der für partielle Furchung bestimmten Eier der VOgel, etc. (Z eitschr. f.wiss. Zoo/. , 1855, vol. III, p. 420). — C. Dareste, Mémoire sur l’influence qu’exerce sur le développement du poulet l’application partielle d’un vernis sur la coquille de l'œuf (Ann. sc. nat., 4 e sér., 1855, vol. IV). — D. Weinland, On the Armature of lise Lower Bill of the Hatching Tringa Pusilla, Wils. (Proceed. Essex Instituts, Salem, vol. H, p. 33). — H. Hoyer, Veber die Eifollikel der Viigel (Muller’ s Arch., 1857, p. 52). — F. R. Borner, On some discoveries relative to the Chick in ovo, and ils libération from the shell (Proceed. Bril. Jssoc., 1853, p. 68).

(2) Consultez, pour les mémoires relatifs aux enveloppes fœtales et au placenta, aux différents systèmes d'organes, à un organe spécial et en général à l'embryologie humaine, l'article « Enlwickelungsgeschichte », dans R. Wagner, HandwOrierbuch der Physiologie, p. 867, où tout ce qui a été publié sur ce sujet avant 1843 est énuméré. Pour les recherches plus récentes, voy. Muller, Archives, Wiegman, Archives, Siebold etKolliker, Zeitschrift für Zoologie, Milne Edwards, Annales des Sciences naturelles, et les Revues d'histoire naturelle.

a eu clans BischofT l’investigateur le plus heureux et le plus complet (1).

Mais le but de l’embryologie n’est pas seulement de dér crire le développement individuel des animaux, la construction graduelle du corps, la formation des organes et tous les changements que subissent la structure et la forme. Elle doit encore comparer ces formes et les phases successives de toutes ces transformations dans tous les types du règne animal, de façon à pouvoir indiquer définitivement le rang à assigner à chacun d’eux, leurs affinités et les corrélations des organes et de toutes leurs parties. Les embryologistes ont jusqu’ici étudié trop exclusivement la métamorphose de l’œuf en un animal parfait; il leur reste encore un vaste champ à parcourir. 11 faut qu’ils déterminent les différents degrés d’analogie qui existent : — entre les formes successives que revêt un animal avant de compléter sa croissance et les formes diverses que présentent, à l’état adulte, les autres animaux du même type ; — entre les divers états de complication par où

(1) Th. L. W. BischofT, Enlwickelungsgeschichte des Kaninchen Etes. Brunswick, 1842, in-4, fig. — Enlwickelungsgeschichte des Hunde- Eies. Brunswick, *845, in 4, flg. — Enlwickelungsgeschichte des Meerschiveinchens. Giessen, \852, in-4, fig. — Enlwickelungsgeschichte des Relies. Giessen, 1854, in-4, fig. — J. L. Prévost et J. A. Dumas, De la génération chez les Mammifères, etc. (zlnn. sc. nat., 1824, vol. III, p. 113, lig.). — L. Bojanus, Obsercalio anatomica de fœlu canino 24 dierum, elc. (Acl. Acad. Nat. Cur., vol. X, p. 139, fig.). — P. Coste, Embryogénie comparée. Paris, 1837, in-8, atlas in-4. — Histoire particulière et générale du développement de > corps organisés, déjà cité. — Recherches sur ta génération des Mammifères et le développement de ta brebis ( Ann.sc . nat., 1835, vol. III, p. 78). — Recherches sur la génération des Mammifères. Paris, 1834, in-4, fig. — C. A. Bcrnhardt, Symbolat ad Oci Mammalium historiam ante pregnalionem, Vralisl., in-4 (Müller’s Arch., 1835, p. 228). — M. Barry, Researches in Embryology ( Phil . Trans. Roy. Soc., 1838, p. 301 ; 1839, p. 307; 1840, p. 229; 1841, p. 195). — K. E. v. Baer, déjà cité. — B. Owen, On the Ooa of the Ornilhorhynchus paradoxus (Phil. Trans., 1834, p. 555). — On the Young of the Ornithorhynclius paradoxus (Trans. ’lool. Soc., vol. I, p. 221 ; Proceed. Zool. Soc., vol. II, p. 43; Ann. sc. nat., 2° sér., vol. II, p. 303; vol. III, p. 299). — On the génération of the Marsupial Animais, etc. (Phil. Trans., 1824, p. 333). — On the Placenta of the Eléphant (Proceed. Rog. Soc., Londres, 1857, p. 471). — Ch. Meigs, Observations on the Reproductive Organs and on the Fœtus of Delphinus Nesarnak ( Journ . Acad. Nat. Se. Phil., nouv. sér., 1849, vol. I, p. 267). — J. Wyman, On the connection beticeen the Utérus and the Churion in Pigs (Proceed. Bost. Nat. Ilist. Soc., 1858).

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX. 135

passe la structure d’un être, et la structure définitive d’êtres voisins ; — entre les phases successives de la formation de toutes les parties et le plus ou moins de perfection acquis par ces parties, en d’autres groupes ; — entre le cours normal de l’entière évolution d’un type et ce même cours dans un autre type; — enfin, entre les plus petites variations que, dans la formation des tissus, présentent jusqu’à un certain point tous les animaux. Sans doute, des matériaux importants ont déjà été élaborés pour toutes ces parties de l’œuvre, mais je puis apprécier combien il reste à faire par le peu que j’ai pu recueillir moi-même, au moyen d’une recherche systématique dans cette direction.

Je suis depuis longtemps convaincu que l’embryologie fournit la mesure la plus exacte pour déterminer le rang des animaux entre eux. Une comparaison attentive des phases de l’évolution chez les Batraciens supérieurs donne, peut-être, l’exemple le plus frappant de l’importance d’un semblable examen. A l’état initial, les Têtards rappellent, par la structure et par la forme, ces Ichthyoïdes, dépourvus de membres ou n’en ayant que d’incomplets, qui tantôt possèdent, tantôt ne possèdent pas de branchies extérieures ; bientôt ils revêtent une forme qui fait songer davantage aux Tritons et aux Salamandres, puis leur structure est finalement celle des Grenouilles ou des Crapauds (1). La confrontation de ces deux dernières familles prouverait d’ailleurs que les Crapauds sont supérieurs aux Grenouilles, nonseulement parce qu’ils ont un genre de vie moins aquatique (voy. section XVl) , mais encore parce que la membrane embryonnaire qui, dans une certaine étendue, persiste entre les doigts des Grenouilles, disparaît entièrement chez les Crapauds, et peut-être aussi à cause des glandes développées dans l’intérieur de la peau de ceux-ci et qui n’existent pas chez celles-là. Un examen analogue des changements que subit une nouvelle Comatule, découverte dans la baie de Charleston (Caroline du Sud) par le Pr. Holmes, m’a mon-

(1) L. Agassiz, Twelve Lectures-, etc., p. 8»

DE L’ESPÈCE

tré quel rapport il y a entre ces états successifs et les types divers de Crinoïdes des époques passées. J’ai trouvé là un étalon de mesure pour la détermination du rang respectif de ces derniers. On ne peut douter, en effet, que les premières phases de l’évolution d’un animal ne présentent les conditions d’une infériorité relative, quand on les compare avec ce que sera l’animal adulte après son entier développement et avant qu’il ne soit entré dans celte autre phase, appelée le vieil âge, où l’on observe chez certains parasites des métamorphoses rétrogrades fort curieuses.

Il existe chez la jeune Comatule une tige par laquelle le petit animal adhère soit à des algues marines, soit aux cirres de la mère. La tige est d’abord simple et dépourvue de cirres; elle supporte une tête globulaire sur laquelle ce qu’on appelle les bras se développent bientôt et se complètent peu à peu en se bifurquant. En même temps, sur la tige ellemême apparaissent quelques cirres et graduellement le nombre en augmente, jusqu’à ce qu’ils forment une couronne entre la tige et les bras. En dernier lieu, celte couronne ayant revêtu tons les caractères d’une Comatule de petite dimension se détache, se sépare de la tige, et la Comatule devenue un animal indépendant se meut librement (1).

La classe des Crustacés et celle des Insectes sont particulièrement instructives à cet égard (2). Rathke et Fritz Millier ont décrit les transformations d’un si grand nombre de Crustacés que je ne puis mieux faire que de renvoyer à leurs nombreux mémoires sur ce sujet (3), pour le détail des changements que subissent ces animaux durant les premières phases de la croissance. J’ajouterai seulement que l’em-

(1) Récemment Thomson et Carpenter ont pubtié des détails très-intéressants sur les phases du développement des comatules d’Europe. Voyez aussi E. Forbcs, History of the British Starfishes , p. 10, et le 3 e volume de mes Contributions à l'histoire naturelle des États-Unis.

(2) L. Agassiz, Twelve Lectures, p. 62, et Classification of Insecls , elc., cité plus haut. J’ai l’espoir que l'embryologie fournira les moyens d'assigner à chaque famille sa place relative.

(3) Voy. ci-dessus, p. 127, ngte 1.

MÉTAMORPHOSES DES ANIMAUX

bryon des Crustacés tout à fait supérieurs, les Brachvures, ressemble par la forme et la structure aux types inférieurs de la classe, aux Entomostracés et aux Isopodes; après quoi, il prend la forme de ceux d’un ordre plus élevé, l’ordre des Macroures, et revêt enfin tous les caractères des Brachyures.

L’embryologie donne ainsi la mesure exacte des affinités vraies existant entre les animaux. Je ne prétends pas dire que les affinités ne peuvent être déterminées que par l’étude des embryons; l’histoire de la Zoologie est là pour prouver, au contraire, que, avant que l’étude de la formation et de l’évolution des animaux fût devenue une branche spéciale de la physiologie, les rapports généraux des animaux entre eux avaient été, pour la plupart, fixés avec un degré remarquable de certitude par le seul examen anatomique. Il n’est pas moins vrai que, dans quelques cas curieux, la connaissance des changements embryonnaires de certaines animaux a seule mis sur la voie de leurs affinités véritables. Dans d’autres cas, elle a très à propos fourni la confirmation d’une parenté qui pouvait bien paraître probable, mais qui ne laissait pas d’être fort problématique. Cuvier lui-même regardait les Anatifes comme une classe distincte qu’il rangeait parmi les Mollusques, sous le nom de Cirripèdes. Mais Thomson (1) démontra, et bientôt Burmeister, Martin Saint- Ange, d’autres encore, confirmèrent que le jeune Anatifeest, pour la forme et la structure, identique avec quelques-uns des Entomostracés les plus communs. Dés lors, leur véritable place dans le système des animaux put être marquée, et on les reporta dans la classe des Crustacés, parmi les Articulés. Même chose est arrivée pour les Lernéens, que Cuvier plaçait à côté des Vers. Nordmann a prouvé, par le témoignage de l’embryologie, qu’ils appartiennent aussi à la classe des Crustacés (2). Lamarck associait les Crinoïdes aux Polypes,

(1) Thomson, Zoo/. R esearchet, etc. — Burmeister, Beilrüge, etc. — Martin Saint-Ange, Item, sur l’organisation, etc., cités plus haut, p. 12d, note 2.

(2) Nordmann, Micrographischc Beilrüge, déjà cité.

138 DE l’espèce.

et quoique Cuvier les eût reportés dans la classe des Échinodermes, avant qu’on ne connût les métamorphoses de la Comatule (l), la découverte des jeunes pédonculés a, seule, fourni la preuve directe que c’était bien là leur véritable place.

L’embryologie donne en outre un critérium pour la distinction des analogies et des homologies. Elle fait voir que les vraies homologies ne franchissent pas les limites naturelles des grands embranchements du règne animal.

La distinction entre les homologies et les analogies, sur laquelle les naturalistes anglais insistèrent les premiers (2), a jeté une très-vive lumière sur les affinités réelles des animaux. 11 aurait été bien difficile auparavant de les apprécier d’une façon aussi nette. Grâce à cette distinction, nous avons appris à discerner l’affinité réelle, fondée sur la conformité de structure, de la similarité basée seulement sur la ressemblance extérieure delà forme et des fonctions. Mais, même après que cette confusion eut été bien clairement démêlée, il restait à fixer dans quelles limites les homologies pouvaient être recherchées. Les œuvres d’Oken, de Spix, de Geoffroy, de Carus (8) montrent à quelles comparaisons extravagantes pouvait entraîner le préjugé de l’unité. 11 fallut que Baer prouvât que le mode de développement dans les quatre embranchements du règne animal est essentiellement différent, pour qu’on (4) en vînt à soupçonner que des organes accomplissant des fonctions identiques pouvaient différer beaucoup quant à leurs rapports essentiels, les uns à l’égard des autres. Il fallut que Rathke (5) démontrât que, chez les Articulés, le jaune communique avec la cavité principale, par une ouverture située à la face dorsale du corps, et non à la face ventrale comme chez les Vertébrés, pour qu’on sût enfin sur

. (1) Thomson et Forbes, cités p. 126 et 127.

(2) Swainson, Gcography ani Classification, etc. — Voyez aussi section v.

(3) Voy. ci-dessus, section iv, notes.

(4) Baer, Entwickelungsgeschichle, vol. I, p. 160 et 224. L’étendue du savoir de Baer et le champ immense embrassé par ses vues n'apparaissent nulle part d’une façon plus remarquable que dans cet ouvrage.

(5) Rathke, Unters. iiber Bitd, etc., cité p. 127, note 1.

• aSÊTAMORrHOSKS DES animaux.

quoi établir solidement les limites naturelles de l’homologie véritable. A chaque pas fait par l’embryologie dans la voie du progrès, il devient de plus en plus évident que les homologies de la structure ne dépassent pas les bornes de chacun des grands embranchements du règne, et que l’homologie générale, rigoureusement démontrée, prouve l’identité d’embranchement, de même que l’homologie spéciale prouve l’identité de classe.

Les résultats de toutes les investigations modernes sur l'embryologie s’accordent à prouver, sur une échelle de plus en plus grande, que le développement des animaux est entièrement indépendant des causes extérieures. L’identité des métamorphoses, par lesquelles passent les animaux ovipares ou vivipares appartenant au même type général, en est la preuve la plus convaincante (1). On a supposé récemment que l’embryon pouvait être affecté directement par les influences extérieures, à un point suffisant pour que les monstruosités, par exemple, fussent attribuables à ces actions du dehors. L’observation directe a fait voir que ces accidents sont dus certaines particularités qui se produisent au cours

(1) C’est sans doute ici l’occasion la plus opportune de faire remarquer que la distinction établie entre les animaux ovipares et les animaux vivipares est mal fondée. Eu égard à l’origine première des animaux dans l’œuf, cette distinction est insoutenable. Elle est, de plus, anti-physiologique si elle a pour but d’exprimer l’idée d'une certaine affinité ou analogie basée sur l’un uu l’autre de ces modes de développement. Les poissons montrent, plus nettement que toute autre classe, que des animaux dont l’évolution se fait d’une manière identique, dans tous ses traits généraux, sont les uns vivipares et les autres ovipares. La différence résulte des connexions de l’œuf durant cette évolution et non delà façon dont celle-ci a lieu. En outre, des animaux vivipares ou ovipaies unt, dans des classes différentes, un mode d’évolution très-divers ; il n’y a de commun entre eux que ce seul point : la mise bas de petits vivants pour les uns ; la ponte d’œufs, pour les autres. Le seul trait essentiel sur lequel une généralisation de quelque valeur puisse être établie est uniquement le mode d’évolution du germe. Sous ce rapport, on remarque que les Sélaciens, dont les uns sont vivipares, les autres ovipares, ont entre eux une grande conformité ; c’est aussi le cas des poissons osseux et des reptiles, qu’ils soient ovipares ou non. Entre les mammifères même, placentaires ou aplacentaires, il y a conformité pour tout ce qui est essentiel dans leur mode de développement. On a accordé jusqu’ici trop d’importance aux connexions qu’a le germe durant son évolution, et trop peu aux traits généraux de son développement.

DE L’ESPÈCE

de l’évolution embryonnaire (1). Tous les Mammifères ont, dans le sein de leur mère où ils subissent leurs premières transformations, une couche si bien close et si parfaitement protégée contre l’influence immédiate des agents extérieurs, qu’il suffit de rappeler cette circonstance pour montrer combien, chez ces animaux, le développement est indépendant des conditions dans lesquelles la mère est placée. Cela est également vrai de tous les animaux vivipares, comme certains Serpents, certains Squales et les Poissons vivipares. Ajoutez que l’uniformité de la température dans les nids des Oiseaux, les précautions prises, contre tout ce qui pourrait atteindre les œufs ou les petits, dans les constructions si variées que les animaux établissent pour protéger leur progéniture (2), montrent bien visiblement que l’instinct les pousse à tenir à l’écart les agents physiques, ou à faire servir ces agents à leurs fins, comme c’est le cas pour les Huîtres. Les Reptiles et les Mollusques terrestres enterrent leurs œufs pour les soustraire à toute action variable. Les Poissons les déposent dans les endroits où les circonstances sont le moins changeantes. Les Insectes ont mille manières de préserver les leurs. Beaucoup d’animaux marins qui vivent sous des climats extrêmes pondent en hiver, quand les variations extérieures sont réduites à leur minimum. Partout on trouve la preuve que les phénomènes de la vie, manifestés au milieu des influences physiques les plus diverses, en sont rendus indépendants au plus haut degré. Les procédés les plus variés sont mis en œuvre par les animaux, soit pour se préserver euxmêmes, soit pour défendre leur progéniture de l’action des causes physiques qui sont inutiles ou fâcheuses.

(1) Th. L. W. Bischoff; dans R. Wagner, « HandwOrterbuch der Physiologie », article Enlwickelungsgeschichle, p. 885.

(2) Burdach, Physiologie, 2' éd., vol. II, sect. 334-8. — Kibby, etc., déjr citè. — Spence, Introduction, etc., cité plus haut.

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