‹ De l'espèce et de la classification en zoologieChapitre 31 sur 93 · SUCCESSION, RANO, DÉVELOPPEMENT, DISTRIBUTION · texte numérisé non relu

SUCCESSION, RANO, DÉVELOPPEMENT, DISTRIBUTION

ont prévalu aux temps passés, quelque rapport bien saillant. La classe des Mammifères fournit des exemples remarquables de ces deux sortes de connexions. En premier lieu, les Quadrumanes qui, après l’Homme, occupent le plus haut degré de la classe, sont tous des animaux des tropiques. Il est même digne de remarque que les deux types les plus élevés des Singes anthropomorphes, les Orangs-Outangs de l’Asie et les Chimpanzés de l’Afrique Occidentale, doivent à la coloration de leur peau une ressemblance de plus avec les hommes des races qui habitent les mêmes régions. Les Orangs sont cuivrés comme les Malais, et les Chimpanzés noirâtres comme les Nègres. Les Pachydermes, au contraire, occupent un des rangs inférieurs de la classe, quoiqu’ils vivent principalement sous les tropiques; mais ils constituent un groupe qui a été prééminent parmi les plus anciens Mammifères des époques antérieures. Parmi les Chéiroptères, les grandes espèces frugivores sont essentiellement tropicales, tandis que celles qui sont plutôt omnivores se rencontrent partout. Parmi les Carnivores, les plus volumineux, les plus puissants qui sont aussi du type le plus élevé, les Digitigrades, prédominent sous les tropiques; mais les Plantigrades les plus redoutables, les Ours, vivent dans la zone tempérée ou dans la zone arctique, et les Phoques, animaux du rang inférieur, sont des espèces marines des mers arctiques ou tempérées. Parmi les Ruminants, c’est dans les pays chauds que l’on trouve la Girafe et les Chameaux; les autres existent partout.

Dans la classe des Oiseaux, la gradation n’est pas si évidente que dans les autres classes ; cependant, c’est dans les contrées tempérées ou froides que se confinent les représentants les plus volumineux du type aquatique, et ce type est presque le seul dans la zone arctique, tandis que les Oiseaux de haut pays, qui sont d’un rang plus élevé, prédominent dans les pays chauds.

Chez les Reptiles, les Crocodiliens appartiennent exclusivement â la zone tropicale, la seule aussi où l’on trouve les grosses Tortues de terre ; les Cheloniens aquatiques, qui sont évidemment inférieurs à leurs congénères terrestres,

DE L ! ESPtCE.

s’étendent beaucoup plus haut vers le nord. Les Serpents à sonnettes et lesVipères remontent bien plus, en latitude ou en altitude, que les Boas et les Serpents non venimeux. La même chose est vraie encore pour les Salamandres et les Triions.

Les Requins et les Raies offrent, sous les tropiques, plus de variété qu’ailleurs.

C’est également sous les tropiques qu’on trouve les Lépidoptères diurnes les plus brillants; or, ils constituent l’ordre le plus élevé de la classe des Insectes.

L’ordre le plus haut parmi les Crustacés, celui des Brachyures, a de très-nombreux représentants dans la zone torride; mais Dana (1) a fait connaître ce fai'., complètement inattendu, que les Brachyures n’atteignent, néanmoins, leur plus haut degré de perfection que dans les contrées moyennes de la région tempérée. Les Anomoures et les Macroures, au contraire, sont presque également répartis CiRre la z^ne torride et la zone tempérée. Les Tétradécapodes, type inférieur, sont beaucoup plus nombreux sous les latitudes extratropicales qu’en dedans des tropiques.

Les Céphalopodes sont plus variés dans cette dernière région, et le Nautile est une réminiscence des âges anciens. Parmi les Gastéropodes, les Stromboïdes appartiennent aux tropiques; mais parmi les Acéphales lamellibranches, les Naïades, qui me paraissent occuper un rang élevé dans leur classe, trouvent leur plus grand développement dans les eaux douces de l’Amérique du Nord.

Les Échinodermes supérieurs, les Holothuriens et les Spatangoïdes, sont plus variés sous les tropiques, et les Echinus, les Étoiles de mer, les Ophiures s’étendent jusqu’aux mers arctiques. La présence du Pentacrinus dans les Indes Occidentales se rattache, sans aucun doute, à la prédominance des Crinoïdes dans les anciens temps géologiques. Les Madrépores, qui, de tous les Polypes Actinoïdes, sont les plus élevés, sont exclusivement tropicaux ; par contre, les Alcyonoïdes du rang supérieur (Renilla, Veretillum, Pennatula)

(t) Dsna, Crustaeés, etc., p. 1501.

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