COÏNCIDENCES ENTRE I.E MONDE ORG. ET LE MONDE 1NORG
Reproduisons donc notre diagramme sous une autre forme, la troisième colonne indiquant les durées théoriques de révolution.
Neptune. .
Uranus. .
lo 500
Saturne. .
Jupiter. .
Astéroïdes.
Mars. . .
La Terre .
Vénus. . .
••ai
Mercure. .
On voit, par ce tableau, que deux intervalles séparent ordinairement chaque planète de celle qui la précède; si bien que l’ordre normal des fractions effectives est réellement : 1/2, 1/3, 2/5, 3/8, 5/13, etc., c’est-à-dire celle de l’arrangement des feuilles par la voie la plus courte. La Terre est exclue de cette série, tandis qu’elle forme un terme de la série d’ascension par la voie la plus longue. L’explication de ce fait proposée par Peirce est celle-ci : La tendance à la formation d’une planète n’est pas suffisante à la fin d’un intervalle simple, mais elle devient tellement forte, vers la limite d’un second intervalle, que la planète ne se rencontre qu’en dehors de cette limite. Ainsi Uranus est un peu trop loin du Soleil, relativement à Neptune; de même, Saturne relativement à Uranus, et Jupiter relativement à Saturne. Les planètes ainsi formées condensent autour de leur centre une quantité de matière proportionnellement trop considérable; c’est notamment le cas pour Jupiter. A l’égard des Astéroïdes, la force est suffisante à la fin d’un seul intervalle. Aussi l’astéroïde le plus extérieur n’est-il que bien
DE L’ESPÈCE
juste dans la limite de cet intervalle et toute la matière de ces corps est disséminée sur un espace immense, en masses séparées, au lieu d’être concentrée en une seule planète. En conséquence de cette dispersion des forces plastiques, la proportion de matière absorbée par les Astéroïdes est petite. Mars, qui vient ensuite, est déjà, quand il se forme, tellement en dehors de sa vraie place que, une fois l’intervalle suivant franchi, la force qui reste est assez puissante pour donner naissance à la Terre. Après quoi, la loi normale reprend son cours, sans plus de perturbation. Suivant celte loi, il ne peut y avoir de planète extérieure à Neptune, mais il peut en exister une intérieure à Mercure. .
Et maintenant , jetons un coup d’œil en arrière sur les traits généraux du règne animal que nous avons passés en revue. Laissons de côté les relations, plus simples, des êtres organisés avec le monde ambiant et celles d’individu à individu. Considérons seulement les différentes séries parallèles dont la confrontation nous a montré, dans chacun des grands types du règne, la mutuelle corrélation des phénomènes de la vie animale. Nous avons comparé soit le rang, tel que le détermine la complication de la structure, avec les phases de l’accroissement ou avec la succession des êtres à travers les âges; soit l’ordre de cette succession avec l’évolution embryonnaire ; soit enfin toutes ces relations, entre elles et avec la distribution géographique des animaux. Partout c’est la même série (1)! Les mêmes faits sont vrais dans toutes les grandes divisions du règne animal, aussi loin qu’on ail poussé les recherches. Et si, faute de matériaux, l’ enchaînement des témoignages est incomplet sur quelques points, il n’en suffit pas moins à prouver qu’une loi a été établie, et que, en vertu de cette loi, il existe, entre tous les traits généraux, une correspondance universelle qui relie, par un lien intellectuel et intelligible, tous les êtres organisés de tous les temps en ùn seul grand système. Qu’importe si quelques
(1) Cf. toutes les sections précédentes où chacun de ces points a été examiné isolément.