‹ De l'espèce et de la classification en zoologieChapitre 38 sur 93 · LASSES · texte numérisé non relu

LASSES

diatement au-dessous des embranchements. Nous le verrons plus tard ; après les classes viennent les ordres, qui constituent en effet des groupes naturellement plus compréhensifs que les familles. Il ne nous est pas loisible d’intervertir cette hiérarchie, non plus que de donner à l’une de ces divisions le nom de l’autre, suivant notre fantaisie, comme le font constamment beaucoup de naturalistes.

Classes.

Avant que Cuvier n’eût fait voir que le règne animal tout entier est construit sur quatre plans différents de structure, les classes étaient le groupe le plus élevé qu’on connût dans les systèmes de Zoologie. De bonne heure, les naturalistes comprirent sur quoi les divisions de cette sorte devaient être fondées, pour rester naturelles. Mais ils ne surent pas toujours apprécier la valeur vraie des caractères d’après lesquels ils avaient établi le prototype de ce degré d’alliance. Linné, le premier, exposa le système des animaux, et, quoique trèsimparfaitement, il distinguait déjà, par des caractères anatomiques, les classes qu’il avait instituées. Après lui, tous les zoologistes systématisateurs se sont proposé de dresser un tableau, de plus en plus complet, des classes du règne animal, d’après les indications, de plus en plus nombreuses, fournies par l’étude de la structure.

La structure donc, voilà, pour reconnaître les classes, le grand critère. Le plus sûr moyen de découvrir les limites de ces groupes, c’est une connaissance approfondie de l’anatomie des animaux. Et cependant, avec ce prototype sous les yeux, les naturalistes n’ont pas pu s’entendre. Ils ne s’entendent pas encore, ni sur les limites à assigner aux classes, ni sur le nombre qu’il en faut admettre. Il est vraiment étrange que, appliquant aux mêmes objets la même mesure, les résultats de leur estimation aient pu varier de quantités si grandes. Celte réflexion m’a conduit à y regarder de plus

près et à rechercher si, au fond, cette apparente unité de mesure n’était pas plus imaginaire que réelle. La structure peut être envisagée de plusieurs points de vue. On y peut considérer : 1° le plan adopté par son auteur; 2° l’œuvre qu’elle a à accomplir et les voies et moyens employés pour l’édifler; 3° son degré de perfection ou sa complication qui peut différer grandement, Lien que le plan reste le même et que les voies et moyens employés pour l’exécution n’aient pas la moindre différence ; la forme de l’ensemble et celle des parties, qui n’ont aucune relation nécessaire, en tout cas aucune relation étroite, soit avec le degré de perfection de la structure, soit avec la manière dont le plan est exécuté, ou avec le plan lui-même ; comme on peut aisément s’en convaincre par une comparaison entre les Chauves-souris et les Oiseaux, les Baleines et les Poissons, les Holothuries et les Vers ; — enfin 5° le fini même, l’exécution des détails dans les pai lies individuelles.

Il ne serait pas difficile de prouver que le désaccord entre les naturalistes, quand il s’agit de la limitation des classes, provient de ce qu’ils considèrent indifféremment la structure à tous ces points de vue divers, sans distinction. Ils appliquent avec insouciance et sans le moindre discernement, les résultats ainsi obtenus à la définition des caractères des animaux. Ceux qui n’ont pas fait, entre le plan de la structure et le mode de réalisation de ce plan, celte opposition nécessaire, ont méconnu l’importance des grandes divisions fondamentales du règne animai. Ou bien, ils ont multiplié indûment le nombre de ces divisions, en se basant sur des considérations purement anatomiques; c’est-à-dire en s’appuyant, non sur la variété dans les modes du plan général de la structure, mais sur le développement matériel donné à ce plan. D’un autre côté, ceux qui ont confondu la complication de la structure avec les voies et moyens par lesquels une combinaison donnée de systèmes organiques entretient la vie, n’ont pas pu établir une différence convenable entre les caractères des classes et ceux des ordres. Aussi ont-ils maintes fois élevé les ordres au rang des classes.

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