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CONFORMITÉS DE STRUCTURE

au-dessus des autres êtres, c’est précisément le fait qu’il possède ces nobles attributs. Sans ces dons, portés à un trèshaut degré d’excellence et de perfection, aucun des traits généraux d’affinité qui unissent les grands types du règne . animal ou du règne végétal ne pourrait être ni perçu ni compris. Comment donc ces rapports auraient-ils pu être imaginés, si ce n’est à l’aide de facultés analogues? Si toutes ces relations dépassent la portée de la puissance intellectuelle de l’homme, si l’homme lui-même n’est qu’une partie, un fragment du système total, comment ce système aurait-il été appelé à l’être, s’il n’y a pas une Intelligence suprême auteur de toutes choses?

Correspondance dans les détails de la structure chez des animaux entre lesquels il n’existe d’ailleurs aucun lien.

Dans les dix premières années de ce siècle, les naturalistes commencèrent à étudier, chez les animaux, certains rapports qui avaient presque entièrement échappé à l’attention de leurs prédécesseurs. Quoique Aristote eut déjà reconnu que les écailles des Poissons correspondent aux plumes des Oiseaux (1), c’est seulement de nos jours que les anatomistes ont découvert la complète analogie qu’il y a entte toutes les parties de tous les animaux appartenant à un même type, quelque différentes que ces parties puissent paraître à première vue. Non-seulement l’aile de l’Oiseau est, quant à la structure, identique avec le bras de l’homme ou le membre antérieur d’un quadrupède, et elle correspond rigoureusement à la nageoire de la Baleine et à la nageoire pectorale d’un Poisson, mais encore tous ces organes correspondent

(1) Aristote, llisloria animalium, lib. I, cap. 1, sect. tv : 6 •jsj èv ifvifli lïTtplv, toüto sv i'/T'j'. ÈoT! — Cf. encore les ouvrages auxquels il est

renvoyé sect. iv, notes 1 et 2, et les nombreux traités, notices et mémoires auxquels leurs auteurs renvoient eux-mêmes. Le nombre eu est trop considérable pour qu'on les cite.

DE L’ESPÈCE

de la même manière aux extrémités postérieures. Une conformité organique non moins remarquable s’observe entre la boîte solide du crâne, les os immobiles de la face, la mâchoire inférieure de l’homme et des autres Mammifères et la structure de la charpente osseuse de la tête chez les Oiseaux, les Lézards, les Grenouilles et les Poissons. Mais cette correspondance n’est pas limitée au squelette. Chacun des autres systèmes d’organes montre, chez ces animaux, la même corrélation, la même identité, eu égard au plan de structure, quelles que soient d’ailleurs les différences dans la forme ou le nombre des parties et même dans leurs fonctions. Cette conformité dans la structure des animaux est ce qu’on appelle homologie ; elle est plus ou moins grande, suivant que les animaux dans lesquels on la cherche sont plus ou moins voisins les uns des autres.

La même correspondance existe entre les différents systèmes et leurs parties chez les Articulés, chez les Mollusques et chez les Rayonnés, à cela près que leur structure est respectivement fondée sur des plans différents; mais dans ces trois nouveaux types, les homologies n’ont point encore été étudiées aussi minutieusement que chez les Vertébrés. Il y a par conséquent, dans ces embranchements si curieux du règne animal, un vaste champ ouvert aux recherches. Même ainsi, de ce qui a été fait dans cette partie de la science, il ressort bien évidemment que l’identité de structure ne s’étend pas à l’ensemble des quatre embranchements du règne, et que, au contraire, chacun de ces grands types est construit sur un plan distinct, tellement spécial, que les homologies ne s’étendent pas d’un type à un autre et sont strictement restreintes dans le cercle de chacun d’eux. Les plus lointaines ressemblances qu’on puisse établir entre les représentants des embranchements différents sont fondées sur l’analogie (1) et non sur l’affinité. Tandis, par exemple, que la tête des Poissons présente l’homologie la plus frappante

(1) Voy. W. Swainson, On lhe Geography and Classification of Animais, London, 1855, in-12, p. 129, où ce point est parfaitement discuté.

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